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Plus de 130 personnes enlevées lors des attaques du 7 octobre sont encore retenues dans la bande de Gaza, malgré un accord conclu en novembre entre Israël et le Hamas qui a permis d’en libérer plus d’une centaine. Code source fait le point sur ces enlèvements.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : BFM TV

#Hamas #israel #otages

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Plus de 130 otages israéliens sont toujours captifs à la date du 13 décembre,
00:15depuis leur enlèvement par le Hamas le 7 octobre.
00:18Suite à l'accord annoncé le 21 novembre, une centaine d'otages ont été libérés en plusieurs fois.
00:24Parmi eux, 4 des 8 Français détenus, 3 enfants et une jeune femme.
00:28Codesource fait le point aujourd'hui sur ces enlèvements avec 3 journalistes du Parisien,
00:33Christelle Brigodeau qui s'est rendue en Israël à deux reprises depuis le 7 octobre
00:37et 2 journalistes de notre pôle actualité, Marianne Chenou et Enzo Guérini.
00:53Christelle Brigodeau, le mardi 24 octobre,
00:56alors que vous êtes depuis quelques jours en Israël pour le Parisien,
00:59vous vous rendez sur l'esplanade du musée de Tel Aviv,
01:02devenu depuis le 7 octobre un lieu de rassemblement et d'hommage aux personnes disparues
01:06après les massacres du Hamas.
01:09Décrivez-nous ce que vous voyez sur place.
01:10On voit une grande table dressée avec une grande nappe blanche.
01:14La table fait presque toute la longueur de la place.
01:16Elle symbolise les 240 otages qui sont présumés donc retenus à Gaza.
01:20Et on a sur chaque chaise une silhouette avec écrit « otage » dessus.
01:27Et en bout de table, on voit des chaises hautes avec des gobelets, des biberons
01:30qui symbolisent les enfants qui sont retenus également otages.
01:33Depuis ces enlèvements, la société israélienne est mobilisée pour soutenir les familles des otages ?
01:38Oui. Partout, on voit placarder dans les rues des portraits des otages
01:44avec toujours ce slogan « bring them home », donc ramenez-les à la maison.
01:48Il y a aussi des petits rubans jaunes que les gens portent soit au poignet
01:52ou qu'ils ont accroché à leur voiture.
01:54On le voit partout dans le pays.
01:55Il y a également des plaques que les gens portent en collier
01:59avec toujours ce slogan « bring them home ».
02:01C'est vraiment un traumatisme national qui se voit dans la rue.
02:04Il y a aussi un bureau qui a été ouvert à Tel Aviv pour coordonner cette mobilisation
02:08et pour accueillir et informer les familles.
02:10C'est une sorte de fourmilière où toutes les bonnes volontés vont se retrouver
02:15dès le lendemain de l'annonce des otages pour à la fois accueillir les familles
02:19et essayer de mettre en œuvre tout ce qui est possible.
02:22Ça peut être rechercher sur les réseaux sociaux n'importe quelle trace
02:25pour aider les recherches et savoir qui est effectivement à Gaza.
02:29Ça peut être aussi des anciens diplomates, ambassadeurs
02:32qui vont activer leur réseau, téléphoner partout dans le monde
02:36pour essayer d'accroître la mobilisation et d'obtenir des soutiens.
02:40Il y a des psychologues aussi qui aident les familles.
02:42C'est une vraie ruche qui va fonctionner tous les jours
02:44et qui fonctionne encore aujourd'hui.
02:50Alors avant d'aller plus loin dans cet épisode,
02:52rappelez-nous d'abord, Christelle Brigodeau,
02:53ce que l'on sait des enlèvements perpétrés par le Hamas le samedi 7 octobre.
02:58Oui, alors ils ont eu lieu à l'aube du 7 octobre
03:01dans plusieurs kiboutts qui se trouvent proches de la frontière de Gaza
03:05lors du festival de musique Supernova qui se trouvait aussi dans la même zone.
03:10Dans tous ces endroits, il y a eu une vague de massacres,
03:12de gens brûlés, assassinés, etc.
03:15Et une partie d'entre eux, quelquefois par dizaine
03:17ou parfois plus de 80 personnes dans un même village,
03:20qui ont été emmenées.
03:21On a vu une maman avec ses deux bébés être prise en larmes
03:25et emmenées à Gaza.
03:27Tout de suite, en fait, la question des otages
03:30est devenue assez centrale dans la guerre qui commençait avec le Hamas.
03:35À ce moment-là, les autorités israéliennes estiment
03:38qu'il y a 240 otages israéliens détenus dans la bande de Gaza.
03:43Marianne Chenou, 9 jours après l'attaque du Hamas, le 16 octobre,
03:47le mouvement islamiste publie une vidéo
03:49montrant une jeune femme prise en otage.
03:52Elle s'appelle Miha Shem.
03:53D'abord, qui est-elle et qu'est-ce que l'on sait de sa disparition ?
03:56Miha Shem, c'est une jeune femme de 21 ans.
03:59Elle vit et elle a grandi dans la banlieue de Tel Aviv.
04:01Elle est franco-israélienne, son père est français.
04:04Elle aime les vêtements, elle aime le tatouage.
04:05C'est une de ses grandes passions et elle se destine à devenir tatoueuse.
04:09Et elle aime beaucoup aussi la musique.
04:11Et donc, logiquement, le 6 octobre,
04:13elle est partie au festival Tribe of Nova.
04:15Donc, elle était sur place au moment de l'attaque
04:17dans la nuit du 6 au 7, donc le samedi matin très tôt.
04:20C'est là qu'elle a été enlevée par le Hamas.
04:23Comment est-ce qu'elle apparaît sur ces images publiées par le Hamas ?
04:26Et qu'est-ce qu'elle dit ?
04:27On voit qu'elle a un bras en écharpe, le visage très cerné,
04:30elle a l'air fatiguée.
04:31Je m'appelle Miha Shem.
04:33Je suis maintenant à Gaza.
04:35Je demande seulement que quelqu'un puisse me ramener à la maison.
04:38Elle n'a pas l'air en danger de mort,
04:40mais en revanche, on voit qu'elle est effectivement mal en point.
04:43Et à ce moment-là, dans la vidéo,
04:45elle prend très brièvement la parole.
04:47Donc, exactement, elle dit qu'elle est à Gaza,
04:49qu'ils l'ont soignée et que l'opération a duré environ 3 heures.
04:52Donc, elle a eu notamment une blessure au bras.
04:54Et elle demande à sa famille de la ramener à la maison très vite,
04:58de la sortir d'ici le plus vite possible.
05:00C'est ça, à peu près, ces mots dans la vidéo.
05:02Je demande seulement que quelqu'un puisse me ramener à la maison
05:06le plus tôt possible auprès de ma famille,
05:08de mes parents, de mes frères et sœurs.
05:10S'il vous plaît, sortez-nous d'ici le plus vite possible.
05:13Quand ces images sont, ça fait 9 jours que sa famille n'a aucune idée de son sort.
05:17Ils ne savent pas si elle est vivante ou si elle est morte.
05:18Donc, pour sa famille, c'est un soulagement,
05:21mais qui n'est évidemment que partiel,
05:22parce qu'elle reste au main du Hamas.
05:29Le lundi 23 octobre, dans la soirée,
05:31le Hamas libère deux otages de la bande de Gazas
05:34qui portent à ce moment-là à 4 le nombre de personnes remises à Israël
05:38depuis le 7 octobre.
05:40Ce sont deux femmes âgées de plus de 80 ans.
05:43L'une d'entre elles témoigne pendant une conférence de presse
05:46dans un hôpital de Tel Aviv,
05:47conférence de presse à laquelle vous assistez, Christelle Brigodeau.
05:50Elle s'appelle Yoshida Velifchitz, elle a 85 ans.
05:53Comment est-ce qu'elle apparaît ?
05:54Alors, elle apparaît dans un fauteuil roulant.
05:56C'est une petite dame habillée tout en noir,
06:00très fluette.
06:00Et autour d'elle, c'est vraiment une espèce de grande confusion,
06:03parce que c'est la première fois qu'on va recueillir la parole d'une otage.
06:06Il y a tout un pays,
06:08beaucoup de gens dans le monde qui attendent cette parole.
06:10Donc, il y a tout un tas de journalistes
06:12qui se pressent dans ce hall d'hôpital.
06:14En plus, qui résonnent, donc on n'entend pas très bien ce qu'elle dit.
06:16Et là, elle va faire le récit, pour la première fois,
06:19vue de l'intérieur de ce qui s'est passé.
06:21Alors, qu'est-ce qu'elle dit de sa captivité ?
06:23Elle explique qu'elle revient
06:24de l'enfer, ce sont ses mots.
06:26Elle raconte qu'après avoir été enlevée
06:28sur une moto, elle s'est retrouvée
06:30dans les tunnels du Hamas,
06:32donc dans un dédale, elle décrit ça.
06:34Ensuite, elle explique
06:36qu'elle a été bien traitée,
06:38et les gens qui étaient avec elle aussi,
06:40qu'ils ont reçu des soins, qu'on leur avait prévu du shampoing,
06:42etc. En fait, elle raconte une attaque
06:44qui avait été, selon elle,
06:47coordonnée de très longue date,
06:48que tout était prévu.
06:49Et en fait, elle a des mots très durs,
06:51plutôt contre le gouvernement israélien.
06:53Il faut savoir que cette dame,
06:55comme beaucoup d'autres gens, d'ailleurs,
06:57qui habitaient dans les kiboutts
06:58qui ont été attaqués,
07:01étaient plutôt des militants de la paix
07:02et des militants de gauche,
07:03donc hostiles au gouvernement.
07:05Et donc, ces paroles vont créer une polémique
07:07en Israël.
07:08Et d'ailleurs, le directeur de la communication
07:10de l'hôpital sera licencié
07:11deux jours après son intervention,
07:12parce que c'est perçu comme intolérable
07:14d'avoir une otage qui arrive
07:16en expliquant que le Hamas
07:17l'a relativement bien traité
07:18et que le gouvernement israélien
07:20l'a abandonné.
07:21Le 19 novembre,
07:22le Parisien fait sa une
07:23avec les visages
07:24des huit otages
07:25de nationalité française.
07:27Enzo Guérini
07:27avec Marianne Chenou.
07:29Vous avez tous les deux
07:30brossé leur portrait.
07:31On a déjà parlé plus tôt
07:32de la jeune Miachem.
07:34Qui sont les autres
07:35et qu'est-ce qu'on sait
07:36de leur enlèvement ?
07:37Alors, il y a des membres
07:38de deux familles
07:39et puis il y a des otages
07:39qui ont été enlevés seuls.
07:41Il y a la famille Calderon, d'abord.
07:42Donc, il y a deux frères et sœurs,
07:43Erez et Sahar Calderon
07:45qui ont 12 et 16 ans
07:46et leur père Ofer, 53 ans.
07:48Il y a aussi la famille Yalomi,
07:49donc Ethan Yalomi,
07:5012 ans,
07:51et son père Oad.
07:52Ces cinq personnes
07:53sont du même kibbutz.
07:54Le kibbutz Niros
07:55qui se situe à quelques centaines
07:56de mètres de la bande de Gaza.
07:57Les cinq ont été enlevés
07:58donc dans le même kibbutz
07:59le 7 octobre.
08:00Et puis ensuite,
08:01il y a encore deux autres jeunes.
08:03Elia Toledano, 27 ans,
08:05qui a été enlevé
08:06au Festival Nova,
08:07qui est un ami de Miachem,
08:08d'ailleurs.
08:09Et il y a aussi
08:09Orion Hernandez Radu,
08:1132 ans,
08:12c'est le seul des otages français
08:13à voir la nationalité israélienne.
08:15Il est franco-mexicain
08:16et il a également été enlevé
08:17au Festival Nova.
08:18Vous échangez à plusieurs reprises
08:19avec les proches
08:20de ces disparus
08:21pour écrire ces portraits.
08:22On imagine
08:23qu'ils sont dans l'angoisse ?
08:24Les familles,
08:25elles ont évidemment très peur.
08:26Toutes.
08:26À chaque fois que j'ai parlé
08:27à un des proches des otages,
08:29c'était toujours le même ressenti,
08:30une voix tremblotante,
08:31beaucoup d'inquiétudes,
08:33beaucoup de je ne sais pas
08:34dans les réponses.
08:35Je ne sais pas,
08:35j'aimerais en savoir plus,
08:36j'aimerais vous en dire plus,
08:37mais je ne sais pas,
08:38je suis en manque d'informations.
08:39Les familles ne parlaient pas
08:40que des otages
08:40qui les concernaient directement.
08:42Elles parlaient également
08:42des 240 otages israéliens
08:44avec ce fameux slogan
08:46« Bring them home »
08:47qui a été répété sans cesse,
08:48sans cesse, sans cesse.
08:49Pendant que l'inquiétude grandit,
08:51en coulisses,
08:52il y a des négociations indirectes
08:54entre Israël et le Hamas.
08:55Comment ça se passe concrètement ?
08:57Alors, il y a un médiateur
08:58très important qui est le Qatar
09:00qui permet justement
09:01de mener des négociations
09:02entre Israël et le Hamas
09:04et donc l'intermédiaire
09:05qui est le Qatar
09:05et également les Etats-Unis.
09:07Les Etats-Unis,
09:07c'est un contact évidemment
09:09privilégié pour le gouvernement israélien.
09:10Les Etats-Unis entretiennent
09:12de bonnes relations avec le Qatar.
09:13Il y a aussi l'Égypte
09:14qui joue un rôle
09:15dans ces négociations-là
09:16parce que l'Égypte,
09:17c'est évidemment le seul pays
09:18à avoir une frontière
09:19avec la bande de Gaza,
09:20hors Israël évidemment.
09:21Et donc le poste frontière de Rafa
09:23est très stratégique
09:24pour l'entrée de l'aide humanitaire
09:25et pour la sortie des otages.
09:27Donc c'est une négociation
09:28qui se fait à quatre,
09:29comme ça,
09:29Etats-Unis, Qatar,
09:31Égypte, Israël.
09:32Les négociations,
09:33elles sont longues,
09:34elles sont compliquées,
09:35mais au bout de cinq semaines,
09:37on va commencer à voir
09:37les contours d'un accord
09:38se dessiner entre Israël
09:40et le Hamas.
09:41Le mardi 21 novembre,
09:43le Premier ministre israélien,
09:45Benjamin Netanyahou,
09:46annonce qu'un accord
09:47de trêve
09:48et d'échange de prisonniers
09:49est sur le point
09:50d'être finalisé avec le Hamas.
09:52Que prévoit cet accord ?
09:54Alors cet accord,
09:55il prévoit deux choses.
09:56Une première,
09:57c'est une trêve des combats
09:58qui va durer quatre jours
09:59dans la bande de Gaza
10:00et donc une autorisation
10:02d'acheminement
10:02d'aide humanitaire
10:03dans l'enclave palestinienne
10:05et puis cet accord
10:07prévoit également
10:08la libération
10:08d'otages israéliens
10:10par le Hamas.
10:11Les otages israéliens
10:12qui vont pouvoir être libérés
10:13seront des enfants
10:14et des femmes,
10:15essentiellement des femmes âgées
10:16ou les mamans des enfants
10:17concernées.
10:18Ces libérations,
10:19elles se font en échange
10:20d'autres libérations
10:21de prisonniers palestiniens,
10:23des femmes et des enfants
10:23qui sont détenus,
10:24eux, en Israël.
10:25Pour être très précis,
10:27l'accord veut que
10:28pour un otage israélien libéré,
10:30Israël doit de son côté
10:31libérer trois prisonniers palestiniens.
10:33Christelle Brigodeau,
10:34à ce moment-là,
10:34que se passe-t-il en Israël
10:36quand l'information tombe
10:37de la libération à venir
10:38d'otages israéliens ?
10:39C'est tout un pays
10:40qui retient son souffle
10:41parce que les gens
10:42sont très méfiants
10:43vis-à-vis des annonces
10:44du Hamas
10:44ou des promesses
10:45qui peuvent être faites
10:46par le Hamas.
10:47Les gens attendent
10:49dans l'angoisse.
10:49Moi, à ce moment-là,
10:50je suis dans le kiboutz de Béry
10:51qui a été extrêmement
10:52durement touché
10:53par l'attaque.
10:54Il y a eu énormément
10:55de morts
10:55et plusieurs dizaines
10:57de personnes
10:57qui ont été enlevées.
10:59Parmi elles,
11:00une jeune fille
11:03du Hamas
11:03et je vois sa grand-mère
11:04qui est revenue
11:05pour la première fois
11:06ce jour-là.
11:07C'est un peu un hasard
11:07mais dans son kiboutz
11:09où les maisons
11:09de ses voisins
11:10sont détruites.
11:11À côté,
11:11il y a les chars
11:12de l'armée israélienne
11:13qui sont en train
11:13de faire des opérations
11:14à Gaza.
11:15On voit au loin
11:16des panaches de fumée
11:18qui montrent
11:19les attaques
11:20de missiles israéliens
11:22sur la bande de Gaza.
11:23Donc, on est quelque part
11:23en plein milieu de la guerre
11:24et de l'attente.
11:25C'est très silencieux,
11:26c'est assez bizarre.
11:27Camélia,
11:28la grand-mère de Galie,
11:29fait sa valise
11:33un sentiment à l'autre
11:34depuis la veille,
11:35depuis qu'elle a appris
11:36par la télévision
11:37la libération possible
11:38d'une première vague d'otages.
11:40Peut-être que parmi
11:40cette première vague,
11:42il y aura sa petite-fille,
11:43elle n'en sait rien.
11:44Donc, elle aussi,
11:45entre espoir,
11:46angoisse,
11:47c'est un vrai supplice.
11:49La trêve entre en vigueur
11:50le vendredi 24 novembre
11:52à 7h du matin.
11:53Marianne Chenou,
11:54les premiers otages
11:55sont libérés
11:56en fin d'après-midi.
11:57Effectivement.
11:58Une fois qu'ils étaient
11:59sur le sol israélien,
12:00l'armée israélienne
12:00et le gouvernement
12:01avaient tout prévu,
12:02c'est-à-dire une prise en charge
12:03dans six hôpitaux
12:04répartis dans le pays.
12:05C'est-à-dire qu'il y avait
12:06par exemple un hôpital
12:07spécialisé pour les
12:08prises en charge pédiatriques.
12:09Il y avait également
12:10un hôpital plus proche
12:11de la bande de Gaza
12:12si la personne avait besoin
12:14de soins urgents.
12:15Et il y avait aussi
12:16auprès de chacun
12:17de ces hôpitaux
12:17des structures prévues
12:19pour accueillir les familles.
12:20Puisque une fois
12:21que le gouvernement israélien
12:22avait la liste des otages,
12:23il prévenait les familles
12:25des otages concernés
12:26et celles-ci étaient amenées
12:27à se rendre dans les hôpitaux
12:28pour pouvoir retrouver
12:29leurs proches
12:30le plus vite possible.
12:31Évidemment,
12:31c'est ce qu'elles attendaient
12:32depuis sept semaines
12:32à ce moment-là.
12:36Christelle Brigodeau,
12:37vous, à ce moment-là,
12:38vous êtes au Forum
12:38des familles à Tel Aviv,
12:40donc ce bureau
12:40qui aide les familles
12:42des otages.
12:43Pour les proches
12:43de ceux qui ne sont pas libérés,
12:45j'imagine que c'est
12:46un moment d'angoisse ?
12:47Oui, complètement.
12:48Ce qu'on entend tout le temps
12:50aussi de la part
12:51des familles des otages
12:52qui ont été libérés,
12:53c'est de dire
12:54on n'oublie pas les autres,
12:55on est ensemble
12:56et on sera soulagé
12:57le jour où le dernier
12:58sera libéré.
12:59Mais on sait que ce sont
13:00des paroles qui sont
13:01un peu vaines
13:02parce que pour les gens
13:03qui voient d'autres
13:04être libérés,
13:05c'est extrêmement difficile
13:06et j'ai en mémoire
13:07une maman d'un jeune homme
13:09âgé d'un peu plus de 20 ans.
13:11Elle sait très bien
13:11qu'il n'est pas prioritaire,
13:13qu'il fera peut-être partie
13:14des derniers à être libérés
13:15et elle dit
13:16un peu au bord des larmes
13:17« Oui, je suis heureuse pour eux,
13:19mais je suis tellement jalouse »
13:20et on la comprend.
13:24Le samedi 25 novembre,
13:26vous rencontrez la mère
13:27de Mia Shem chez elle,
13:29dans sa maison,
13:29pas très loin de Tel Aviv,
13:31alors que le nom
13:32de la jeune franco-israélienne
13:33n'apparaît toujours pas
13:34dans les listes
13:35des otages
13:36qui vont être libérés.
13:37Que vous dit cette maman ?
13:39Elle dit qu'elle est
13:40dans une attente perpétuelle.
13:42Dans son salon,
13:43on voit d'ailleurs une photo
13:44de Mia
13:44avec une petite bougie
13:46à côté.
13:47La bougie n'a pas cessé
13:48d'être allumée
13:49depuis le début
13:50de sa captivité.
13:51La petite sœur de Mia
13:52aussi qui est là,
13:53qui ressemble beaucoup
13:53à sa grande sœur
13:54et qui demande souvent
13:55à sa maman
13:56quand est-ce qu'elle va revenir.
13:58Et Keren,
13:58la maman de Mia,
14:00lui dit toujours
14:01« T'inquiète pas,
14:02ta sœur va rentrer,
14:02mais elle-même ne sait pas. »
14:04Et en fait,
14:05elle n'a pas beaucoup
14:06d'informations.
14:06Elle se tient un petit peu
14:07à l'écart
14:08des autres familles d'otages.
14:10Elle ne participe pas
14:11tellement aux événements
14:12à Tel Aviv.
14:13Elle reste dans son salon
14:15avec tous ses voisins
14:16et ses amis
14:17qui lui apportent
14:18beaucoup de soutien
14:18qui lui apportent
14:19à manger, etc.
14:20Et elle est en permanence
14:21devant sa télévision.
14:22La télé est allumée
14:23tout le temps
14:23et elle regarde
14:24minute après minute
14:26le déroulé des événements
14:28en espérant
14:28le coup de fil
14:29qui lui annoncera
14:30la libération de sa fille.
14:33Enzo Guérini,
14:34le lundi 27 novembre,
14:35pour la première fois,
14:36des otages
14:37de nationalité française
14:38sont libérés.
14:39De qui s'agit-il ?
14:40Il s'agit des trois
14:41otages mineurs français
14:42qui ont tous été kidnappés
14:43dans le kiboutz Niroz.
14:45Donc il y a les frères et sœurs
14:46Erez, Essar, Calderon
14:47qui ont 12 et 16 ans
14:48et le petit Etania Lomi
14:50qui a lui aussi 12 ans.
14:51Marianne Chenoux,
14:52vous, à ce moment-là,
14:53vous réussissez à avoir
14:54un contact avec la famille Calderon.
14:56Effectivement,
14:57toute la journée,
14:57on entend bruisser
14:58le fait que
14:59les jeunes français
15:01pourraient être
15:01dans la liste du jour
15:02et le coup de fil
15:04tombe vers 17h,
15:05heure israélienne.
15:06Leur mère, Hadass,
15:07qui est un des visages
15:08du forum des familles
15:09et qui est très impliqué
15:10pour leur retour,
15:11reçoit un appel.
15:12Et là,
15:12un de leurs proches
15:13nous a transmis
15:14une vidéo
15:14dans laquelle on la voit
15:16éclater de joie.
15:16Vraiment,
15:17c'est très émouvant.
15:21Elle est dans un centre commercial
15:24israélien
15:24et en fait,
15:25on l'entend crier sa joie
15:26vraiment au milieu des magasins,
15:28monter sur la table
15:28d'un restaurant
15:29pour dire
15:30« Merci mon Dieu,
15:31ils rentrent à la maison,
15:32ils reviennent,
15:33ouvrez le champagne ».
15:37Ses proches nous l'ont dit,
15:38ils ne l'avaient pas vue
15:39comme ça depuis des semaines.
15:44Dans les jours qui suivent,
15:45est-ce qu'on sait
15:45comment se passe
15:46le retour à la vie
15:46pour les otages français ?
15:48Au fur et à mesure,
15:49les langues se délient
15:50un petit peu
15:50et on comprend
15:51que les enfants,
15:52même s'ils sont globalement
15:53en bonne santé physique,
15:54ils sont extrêmement marqués.
15:56On nous évoque
15:57une torture mentale,
15:58on nous dit
15:59qu'ils ont vécu l'enfer.
16:00On comprend bien
16:01que ces enfants,
16:02même s'ils n'ont pas été
16:03forcément maltraités physiquement,
16:05ils ont vécu des choses
16:05très très dures
16:06durant cette semaine
16:07de captivité.
16:08C'est difficile
16:09pour le moment
16:10d'en savoir plus
16:11sur le détail
16:11de ce qu'ils ont vécu.
16:12Enzo Guérini,
16:14Etan qui a 12 ans,
16:15Etan Yalomi,
16:16a dit quelques mots
16:17sur ces conditions
16:18de détention.
16:19Et il a surtout raconté
16:20avoir vu
16:21les images du 7 octobre,
16:22les images du massacre
16:23du Hamas en Israël
16:25et avoir vu ces images,
16:26ça l'a traumatisé.
16:27C'est ce que nous racontent
16:28ses proches
16:29et c'est ce que nous racontent
16:29également
16:30le personnel hospitalier
16:31qui l'a reçu
16:32à l'hôpital
16:32après sa libération.
16:34Marianne Chenou,
16:35à ce stade,
16:36qu'est-ce que l'on sait
16:36des conditions
16:37de captivité des otages
16:38de leur quotidien sur place ?
16:39À ce moment-là,
16:40peu d'éléments filtrent.
16:42Pour une raison évidente,
16:42c'est qu'il reste
16:43beaucoup d'otages,
16:44mais on arrive quand même
16:45à déceler quelques grands points.
16:46Un élément principal,
16:47c'est qu'on sait
16:47que tous les otages
16:48ont manqué de nourriture.
16:49Les médecins
16:50qui ont examiné
16:51les ex-otages
16:52dans les hôpitaux
16:52sont catégoriques là-dessus,
16:54ils sont tous
16:54en sous-nutrition.
16:56Certains ont perdu
16:56entre 10 et 15 kilos
16:58durant cette semaine
16:58de captivité,
16:59ce qui est colossal.
17:00Après,
17:01on n'arrive pas encore
17:02à savoir très bien
17:03où ils étaient tous
17:04en captivité.
17:05On sait que certains
17:06n'ont pas vu la lumière du jour
17:07pendant toute
17:07leur période de détention.
17:09D'autres ont peut-être
17:10été passés de maison en maison,
17:11ce n'était pas extrêmement clair.
17:13Ce qu'on sait aussi,
17:14c'est que tous les otages
17:15n'ont vraisemblablement
17:16pas été traités
17:16de la même manière.
17:17Certains ont dit
17:18qu'ils n'avaient rien
17:19pour s'occuper,
17:20qu'ils n'avaient ni lecture,
17:21ni stylo,
17:22qu'on leur a refusé par exemple
17:23d'utiliser un stylo
17:23pour dessiner
17:24parce que le Hamas avait peur
17:25qu'ils communiquent entre eux.
17:26Mais d'autres,
17:27comme les enfants Calderon,
17:28on sait qu'ils ont vu la télé
17:29parce qu'ils ont rapporté
17:31avoir vu leur mère à la télé
17:32et c'est comme ça
17:33qu'ils ont compris
17:33qu'elle était encore vivante
17:34après les massacres.
17:35Donc il y avait
17:36plusieurs groupes de détention
17:37et on sait également
17:38que probablement
17:40les pères n'ont pas été détenus
17:41avec leurs enfants.
17:42Ils ont été séparés
17:43dès le départ
17:43et retenus avec
17:45probablement les autres hommes.
17:46Enzo Guerini,
17:47pourquoi c'est compliqué
17:48aujourd'hui en tant que journaliste
17:49de savoir comment vivent
17:50réellement les otages
17:51détenus par le Hamas ?
17:52Les otages
17:53qui ont été libérés
17:54par le Hamas
17:55ont reçu la consigne
17:56de la part de l'armée israélienne
17:57et des services de renseignement
17:58intérieur israélien
17:59de ne pas parler
18:00à la presse
18:00pour la simple et bonne raison
18:01qu'il reste encore
18:02de très nombreux otages
18:03dans la bande de Gaza
18:04et que donc
18:05divulguer des informations
18:06sur les conditions de détention,
18:08les lieux de détention,
18:09ça pourrait mettre en péril
18:10la libération des otages
18:11qui sont encore
18:12dans l'enclave palestinienne.
18:13Donc les otages
18:14ne peuvent pas parler,
18:15les proches des otages
18:16n'ont pas le droit non plus
18:17de parler à la presse
18:18et donc ça a donné
18:19des scènes un petit peu
18:21particulières,
18:21notamment une qu'on a vécue
18:22avec Marianne,
18:24on faisait un zoom,
18:24donc une réunion en ligne
18:26avec un proche
18:27d'otage libéré,
18:28il y avait plusieurs journalistes.
18:30Pendant cette réunion,
18:31il y a une de nos consoeurs,
18:32une journaliste suisse
18:32qui a posé une question
18:33au proche
18:34d'une otage libéré
18:35qui lui a demandé
18:36est-ce que vous pouvez nous dire
18:37ce qu'elle mangeait
18:39pendant la détention
18:40ou comment est-ce qu'elle dormait ?
18:41Donc deux questions
18:42qui a priori
18:42ne relèvent pas
18:43du secret défense
18:44et le proche d'otage
18:46a refusé de répondre.
18:46C'est excusant
18:47de ne pas pouvoir répondre
18:48expliquant qu'on lui avait demandé
18:50de ne pas divulguer d'informations
18:51mais donc c'est pour vous expliquer
18:52à quel point
18:53ils doivent garder le silence.
18:56La trêve est prolongée
18:57deux fois
18:58pour libérer d'autres otages.
18:59Au total,
19:00110 otages seront relâchés,
19:0280 Israéliens
19:03et 30 étrangers.
19:04Marianne Chenou,
19:05le jeudi 30 novembre,
19:07la veille de la fin de la trêve,
19:09on apprend que la franco-israélienne
19:11Mi Hachem
19:11va être libérée.
19:13C'est sa mère,
19:14Kéren,
19:14qui nous confirme
19:15qu'elle a bien été appelée
19:16par les autorités israéliennes
19:17et quelques heures plus tard,
19:19on a eu accès à une vidéo
19:21où on la voit hurler de joie
19:23dans la maison familiale.
19:24Elle est assise sur le canapé
19:25et elle raccroche le téléphone.
19:29Elle est en pleurs
19:30et elle se met à hurler
19:32et à courir
19:32dans la chambre de son fils,
19:34à sauter sur le lit
19:35et à dire que Mia va rentrer.
19:37Elle est vraiment
19:38dans un état d'euphorie totale.
19:40C'est vraiment très émouvant à voir.
19:42Et Mi Hachem est libérée
19:43juste après.
19:44Effectivement,
19:45dans l'après-midi,
19:45vers 16h,
19:46une vidéo de propagande du Hamas
19:48est relayée sur les réseaux sociaux.
19:50On voit en fait
19:50le Hamas remettre
19:52à la Croix-Rouge
19:53les otages libérés.
19:54Mi Hachem est libérée
19:55aux côtés d'une femme de 40 ans,
19:57Amitsousana.
19:57Sur ces images,
19:58on voit la jeune femme de 20 ans
20:00extrêmement marquée.
20:01Elle a le teint blême,
20:02on a l'impression
20:03qu'elle est un peu perdue,
20:04le regard à gare.
20:05On sent qu'elle est
20:06très très fatiguée
20:07par ses conditions de détention.
20:08Elle ne parle pas vraiment.
20:10Mais en tout cas,
20:11elle marche seule.
20:11Et ça déjà,
20:12c'est quand même un élément
20:13qui tend à prouver
20:14que sa santé physique
20:15reste convenable.
20:22Marianne Chenoux,
20:23on estime qu'il y a encore
20:24130 otages
20:25entre les mains du Hamas.
20:26On n'est pas sûr du chiffre,
20:27évidemment.
20:28En grande partie,
20:29il s'agit d'hommes,
20:30dont 4 Français.
20:31Est-ce qu'il y a un espoir
20:32qu'ils soient libérés bientôt ?
20:34J'ai rencontré
20:35la semaine dernière
20:35les familles
20:36de 4 otages israéliens
20:38toujours détenus.
20:39Et vraiment,
20:40c'est qu'ils espèrent
20:41que leurs proches vont bien,
20:43qu'ils vont ressortir
20:43et qu'on va aboutir
20:45à une libération,
20:45qu'on va ramener
20:46tout le monde à la maison.
20:47Vraiment,
20:47c'est le mot
20:48ramener tout le monde
20:48à la maison.
20:49En revanche,
20:50diplomatiquement,
20:51on sait que c'est plus compliqué.
20:52Les combats ont repris
20:53de façon très intense.
20:54Le Hamas a expliqué
20:55qu'aucun otage
20:56ne sortirait sans négociation
20:58et sans échange
20:59de prisonniers palestiniens,
21:00qui est leur principale revendication.
21:01Or,
21:03c'est une condition
21:04qui ne convient pas
21:04au gouvernement israélien
21:05et qui complique évidemment
21:07leur éventuelle libération.
21:20Merci à Marianne Chenou,
21:22Christelle Brigodeau
21:22et Enzo Guérini.
21:24Code Source
21:24est le podcast d'actualité
21:26du Parisien.
21:27Cet épisode a été préparé
21:28par Thibaut Lambert,
21:29production Raphaël Pueyo,
21:31Barbara Gouy
21:32et Clara Garnier-Amouroux.
21:34Réalisation,
21:34Pierre Chaffanjon.
21:35Si vous aimez Code Source,
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21:48du Parisien,
21:49Crime Story,
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21:53Sous-titrage Société Radio-Canada
21:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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