00:00– Exactement, et donc c'est absolument épouvantable ce qui se passe,
00:04parce qu'on attend de la part de l'État que la main ne tremble pas,
00:10je me souviens de Gabriel Attal qui avait invité les maires
00:15qui avaient été sinistrés, dont je faisais partie,
00:17et qui nous avait assuré que la main ne tremblerait pas,
00:20pas plus que la truelle de la reconstruction,
00:22et on attend aussi, aussi la reconstruction de la mairie.
00:26Mais pour revenir aux événements qui se sont passés,
00:28c'est quand même extraordinaire.
00:29– Elle n'est toujours pas reconstruite la mairie ?
00:30– Toujours pas, toujours pas trois ans après.
00:33Donc on voit bien, on attend l'aide de l'État, l'aide qui a été promise,
00:38et moyennement quoi, les collectivités, régions et métropoles
00:42qui se sont engagées à aider, mais aider après l'intervention de l'État.
00:45L'État n'intervenant pas, on n'est toujours pas reconstruit.
00:48– Où sont vos bureaux désormais ?
00:51– On est rapatriés dans des locaux de fortune,
00:56mes bureaux importent à la limite pas tant que ça,
00:58mais c'est surtout les locaux du service à la population.
01:02Pourquoi ? Parce que ce qui a été incendié,
01:05c'est rien que des chevaliers baillards,
01:06ils s'en sont pris de nuit à un CCAS.
01:09Donc on voit bien…
01:10– On voit les images de votre maire, il a un centre d'action sociale.
01:12– Un centre d'action sociale, voilà.
01:14C'est-à-dire un public particulièrement fragile.
01:17Et donc c'est un désarroi le plus total,
01:19puisque tout a été brûlé.
01:20On a des pauvres gens qui venaient en pleurs,
01:22puisque du coup on a perdu tout l'historique et l'accompagnement.
01:26Et donc dans un premier temps, on a réussi à trouver,
01:30et d'ailleurs je tiens à saluer le travail fait par les services de police,
01:35qui après une enquête très approfondie et remarquable,
01:38ont réussi à trouver un certain nombre d'empreintes.
01:40Ces empreintes ont permis d'identifier, pas un mineur cette fois-ci,
01:44c'est un majeur, donc pas d'excuse de minorité.
01:46Donc on s'est dit, là, normalement, l'exemplarité devrait pouvoir frapper.
01:51Donc qu'est-ce qui s'est passé ?
01:53En première instance, eh bien la personne a écopé d'un sursis d'un an.
02:00Donc sursis d'un an.
02:02Moyennant quoi, avec le procureur,
02:05moi j'ai demandé au procureur d'intervenir pour interjeter appel,
02:09de façon à ce que le compte n'y est temps pas,
02:13puisque en définitive, il y a plus de 6 millions de dégâts.
02:15Là-dedans, donc il faut absolument qu'on puisse avoir une peine exemplaire.
02:22Là, ça ne l'est manifestement pas.
02:24Donc on fait appel, on est jugé, là, récemment.
02:28La décision vient d'intervenir le 9, là.
02:31Il y a quelques jours.
02:32En mars, exactement.
02:33Et donc, qu'est-ce qui s'est produit ?
02:35Eh bien, en définitive, relax.
02:37Relax, c'est-à-dire que le juge en appelle,
02:40alors même que j'ai demandé à être auditionné devant la cour d'appel,
02:44de façon à ce que ça ne passe pas parmi d'autres affaires,
02:48en disant, imaginez à quel point,
02:50et je l'ai dit aux trois juges qui étaient devant moi,
02:53je leur ai dit, écoutez, en fonction de votre décision,
02:56vous donnerez un signal très fort.
02:59Mais ça recommence à Freyne.
03:00À Freyne, ils doivent être bien tranquilles.
03:02Bien tranquilles.
03:03Et si elle n'est pas exemplaire,
03:04vous me demandez de ramener le drapeau français,
03:08ma mairie constituant un poste avancé de la République.
03:11Et donc, à ce moment-là,
03:13s'il n'y a aucune réponse,
03:15qu'elle soit judiciaire,
03:17ou en termes de recomposition du paysage autour,
03:21pour éviter que ma mairie reste en plein milieu d'un ghetto,
03:25parce que là aussi, c'est un des problèmes,
03:27puisque rien n'a été réglé non plus
03:30pour faire que ce quartier ne soit plus un ghetto.
03:34Donc, on met de facto la mairie de Villeneuve-le-Roy en danger,
03:38quand bien même on la reconstituerait.
03:40Donc, on voit bien que c'est une chaîne de défaillance
03:43quant à l'exemplarité,
03:45quant aux causes qui sont toujours en place
03:48pour que ça se reproduise le jour où on reconstruit,
03:51et aussi quant aux aides,
03:54puisqu'en définitive,
03:55non seulement l'État n'a pas donné son aide
03:57à ce jour, trois ans après,
03:59mais de surcroît,
04:00il vient de, il y a deux jours,
04:02m'annoncer que l'État ne respectait pas son engagement
04:06de rembourser la taxe professionnelle.
04:08Autrement dit,
04:09on interdit même aux citoyens
04:13de pouvoir eux-mêmes effectuer les travaux,
04:15puisque c'est à hauteur de 500 000 euros.
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