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Le dispositif test « portable en pause », appliqué à tous les collèges à la rentrée 2025, exige de prélever les téléphones portables des élèves dès le seuil de l’établissement.
Dans cet épisode de Code Source, Frédéric Gouaillard, journaliste au service société du Parisien, revient sur les débuts laborieux de cette initiative.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti, Clara Grouzis, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 10 avril, la ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, avait annoncé une mesure concernant tous les collèges de France
00:19pour la rentrée 2025.
00:20Les portables devront rester hors de portée des élèves pendant la journée dans des casiers ou des pochettes sécurisées.
00:28Un dispositif baptisé portable en pause, censé renforcer l'interdiction des téléphones déjà en vigueur au collège depuis 2018.
00:38Un peu plus d'un mois après la rentrée scolaire, Codesources fait le point sur cette mesure.
00:43Elle n'est pas appliquée dans la grande majorité des établissements.
00:46Cet épisode de Codesources est raconté par Frédéric Goyard, spécialiste éducation au sein du service Société du Parisien.
00:59Frédéric Goyard, est-ce qu'on sait combien de temps, en moyenne, passe un ado français sur son téléphone portable
01:04chaque jour ?
01:05Il y a eu plusieurs études sur le sujet ces dernières années.
01:08La plus récente remonte à l'année dernière, en fin 2024.
01:12C'est Ipsos qui a mené une étude auprès des jeunes.
01:14Et ce qu'on voit, c'est que les jeunes, et notamment les 15-17 ans, passent quasiment 5 heures
01:19sur leur portable,
01:20ce qui est énorme par jour, bien sûr.
01:22C'est en hausse pour cette tranche d'âge.
01:24En revanche, chez les 11-15 ans, là, on est plutôt à 2 heures, un peu plus de 2 heures,
01:31voire presque 3 heures.
01:32Donc on voit que c'est quand même des chiffres conséquents,
01:35sachant qu'on parle là que des portables et qu'on ne prend pas en compte, par exemple, l'ordinateur
01:40ou même la télévision,
01:41même si on sait que les jeunes la regardent beaucoup moins aujourd'hui.
01:46Quels sont les problèmes que ça peut causer au niveau scolaire, dans les collèges ou les lycées ?
01:50Alors la liste est assez longue.
01:52Elle a été établie ces dernières années, notamment par les enseignants,
01:56qui constatent que dans leur classe, il y a des pertes de concentration, bien sûr,
02:00puisque quand un élève va être amené, par exemple, à répondre à une notification qu'il va avoir sur son
02:05téléphone portable,
02:06et bien sûr, il lâche un petit peu l'enseignement qui est en train d'être donné.
02:10Parfois, il peut y avoir des problèmes de RICS,
02:12qui peuvent être liés à des choses qui ont été véhiculées sur les téléphones portables,
02:16et notamment sur les réseaux sociaux.
02:17Il peut y avoir des incivilités dans la cour de récréation, des vols de portables.
02:22Donc on voit qu'il y a toute une série d'effets néfastes qui sont liés à l'usage du
02:27téléphone portable au collège.
02:28En janvier 2024, le président Emmanuel Macron a demandé un rapport sur l'impact de l'exposition des jeunes aux
02:34écrans
02:35à une commission d'experts.
02:36Frédéric Goyard, présentez-nous cette commission.
02:38Alors il faut savoir que le sujet téléphone portable et jeunesse intéresse personnellement Emmanuel Macron,
02:44se souvient qu'ils avaient fait voter une loi interdisant l'inscription des mineurs de moins de 15 ans sur
02:49les réseaux sociaux,
02:50sauf avec l'accord d'un parent.
02:51Et donc là, on est en début 2024, Emmanuel Macron donne une grande conférence de presse
02:57où il revient sur le sujet du téléphone portable et des adolescents.
03:01On a tous dit que c'est bien de développer les écrans dès le primaire pour accéder au savoir,
03:04mais on n'a pas mis de limites.
03:06Et donc il y aura peut-être des interdictions, il y aura peut-être des restrictions.
03:09Et c'est suite à, dans la droite ligne de cette conférence de presse,
03:13que va être créée cette commission qu'on va appeler la commission écran,
03:17qui donc est présidée par Sarvan Mouton, qui est une neurologue assez chevronnée,
03:23et Amine Benyamina, qui est lui un psychiatre addictologue,
03:27c'est-à-dire qu'il reçoit par exemple dans son service des jeunes qui sont accros aux écrans
03:31ou par exemple aux jeux vidéo.
03:32Et dans cette commission, il y a notamment des psychologues, des enseignants,
03:36des spécialistes de la protection de l'enfance,
03:38ou encore un épidémiologiste de l'INSERM, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale.
03:44Le rapport est rendu le 30 avril 2024.
03:46Qu'est-ce qu'il dit en résumé ?
03:48Un chiffre que donne ce rapport qui est assez stupéfiant,
03:51il parle de 10 écrans en moyenne par foyer,
03:54quand on prend les téléphones portables, bien sûr, les tablettes, les ordinateurs,
03:57c'est-à-dire qu'un enfant, son environnement, il les fait d'écran à la maison.
04:01Ce que préconise cette commission, c'est assez long, il y a beaucoup, beaucoup de recommandations,
04:07mais je vais en citer deux ou trois qui me semblent assez importantes,
04:10c'est pas d'écran avant 3 ans, des écrans et des jouets connectés déconseillés avant 6 ans,
04:15pas de smartphone avant 11 ans, un accès contrôlé à Internet entre 11 et 15 ans,
04:22et bien sûr une recommandation qui est de ne pas inscrire les enfants avant 15 ans sur les réseaux sociaux.
04:28Frédéric Goyard, en ce qui concerne les collèges, une règle a été mise en place depuis 2018,
04:34expliquez-nous laquelle ?
04:35Alors c'est l'interdiction de l'usage du téléphone au collège,
04:38mais cette interdiction, elle existait plus ou moins déjà,
04:41c'est-à-dire que depuis 2010, le téléphone au collège est interdit dans toutes les activités d'enseignement,
04:46c'est-à-dire que le téléphone jusque-là était autorisé dans les couloirs ou dans la cour,
04:51on va dire, mais il était interdit en salle de classe.
04:54La loi de 2018, elle nous dit désormais l'usage du téléphone au collège,
04:58c'est terminé partout que vous soyez en classe, que vous soyez dans la cour,
05:02ou que vous soyez dans les toilettes par exemple.
05:05Et est-ce que cette règle est appliquée dans l'ensemble, dans les collèges ?
05:07Dans l'ensemble, elle est plutôt respectée, mais on sait qu'il y a des détournements de la loi,
05:13c'est-à-dire que des élèves peuvent l'utiliser aux toilettes par exemple,
05:16et puis parfois, il est sorti dans la cour de récréation pour regarder une notification.
05:22Plus rarement aussi, il y a les sonneries intempestives en cours,
05:25donc on voit que par moment, cette loi est contournée.
05:28L'une des reporters de Code Source, Anaïs Godard,
05:31s'est rendue devant un collège de plus de 700 élèves en proche banlieue parisienne.
05:36Forcément, comme vous le dites, une partie des élèves ne respectent pas toujours cette règle,
05:40comme nous le raconte cette collégienne que nous appellerons Daphné pour préserver son anonymat.
05:44C'est interdit de regarder les téléphones dans ton col,
05:47mais il y en a, ils vont en discrétion, ils regardent,
05:51ils s'amènent sur les réseaux sociaux, ils envoient des messages,
05:55ils appellent des copains, comme ça.
05:57T'as l'air bien renseignée, ça t'est déjà arrivé ou pas ?
05:59Moi ? Oui.
06:01Et en fait, c'était mes amis, elle m'avait proposé de prendre une photo.
06:04On était quatre, on était encerclés, on avait nos téléphones,
06:07on était comme ça et on prenait tous une photo en même temps.
06:09Sauf qu'elle a écramé que moi, je sais pas pourquoi.
06:12Et du coup, elle a ramené mon téléphone et après, mon père, il m'avait dit qu'il fallait plus
06:15ou jamais refaire.
06:16Et plus jamais, je l'ai emmené à l'école.
06:17Daphné, qui a donc été repérée par une surveillante,
06:20mais une autre collégienne, rencontrée par Anaïs Godard,
06:23que nous appellerons, elle, Jeanne, 13 ans,
06:26se félicite de l'interdiction du portable pendant les journées de classe,
06:30interdiction qui est globalement respectée, selon elle.
06:32En fait, je pense qu'on regarderait nos téléphones et qu'on jouerait aux jeux vidéo en étant ensemble,
06:36mais du coup, on se parlerait pas et il y aurait moins de rapports à la sociabilité,
06:41à rester ensemble, etc.
06:43On serait plus sur notre téléphone en permanence
06:46et on profiterait moins de notre enfance en quelque sorte.
06:49Et le téléphone, on peut l'utiliser chez nous,
06:51donc en soi, autant profiter d'être avec ses potes en cours.
06:54Après, on se voit pas par ou pendant les cours et quelques fois le week-end, du coup,
06:58je trouve que c'est bien.
07:02Frédéric Goyard, on l'a dit, les portables sont interdits dans les collèges depuis 2018,
07:07mais pendant l'année 2024-2025, environ 200 collèges de France
07:12ont participé à une expérimentation, pour aller encore plus loin,
07:16expérimentation baptisée « pause numérique ».
07:18Quelle était l'idée de ce test ?
07:20C'est Nicole Belloubet qui était alors ministre de l'éducation,
07:24elle était ancienne rectrice aussi, qui a eu l'idée de cette expérimentation.
07:28L'idée, c'est que désormais, vous n'avez plus le droit en tant qu'élève
07:32d'avoir votre téléphone sur vous au collège, ou même dans votre sac.
07:36L'idée, c'est que vous le laissiez quand vous arrivez au collège.
07:39Ça peut être dans un casier, ça peut être dans une pochette,
07:42ça peut même être dans une valise ou dans une boîte.
07:45Mais l'idée, c'est que l'élève n'a plus son téléphone sur lui.
07:49Tout au long de la journée, il le récupère à la fin quand il quitte le collège.
07:55Est-ce que vous pouvez nous décrire ces pochettes pour y stocker les portables ?
07:58De quoi on parle ?
07:59Ce sont des sortes de housses, on va dire, où le téléphone est placé à l'intérieur
08:04et il y a en haut une sorte de verrouillage.
08:07Donc l'élève va appuyer sur ce bouton quand il arrive le matin au collège,
08:12après avoir déposé le téléphone.
08:15et il ne peut plus ouvrir la pochette tout au long de la journée.
08:18Donc le téléphone, on va dire, est emprisonné dans cette pochette.
08:22Et à la fin de la journée, quand il quitte le collège,
08:25il doit démagnétiser et à ce moment-là, il peut récupérer son téléphone portable.
08:30200 collèges de France ont donc participé à l'expérimentation pause numérique.
08:34Est-ce que ça a été un succès dans l'ensemble ?
08:36Le ministère a fait une sorte de bilan l'année dernière, en février 2025.
08:42Donc on était à peu près à mi-expérimentation.
08:46Et les collèges qui ont utilisé ce procédé se sont dit plutôt satisfaits.
08:51C'est-à-dire que les chefs d'établissement ont noté qu'il y avait un meilleur climat scolaire dans
08:55leur collège.
08:56Ils ont noté aussi qu'il y avait beaucoup plus d'interactions entre les élèves.
09:00C'est-à-dire que les élèves se parlaient plus.
09:02Pour ce qui est de la concentration en cours, là, ils étaient un peu plus réservés.
09:05Ils ont dit qu'il fallait sûrement expérimenter de manière un peu plus longue ce dispositif
09:11pour en voir tous les effets bénéfiques.
09:13Mais dans l'ensemble, ils étaient plutôt satisfaits.
09:18Frédéric Goyard, le 10 avril au Sénat, la nouvelle ministre de l'Éducation,
09:22l'ancienne chef du gouvernement Elisabeth Borne, fait une annonce.
09:26Je souhaite que la pause numérique soit généralisée à tous les collèges à la prochaine rentrée.
09:32Elle répond à un sénateur LR ce jour-là sur le caractère nocif du portable.
09:38Et à ce moment-là, Elisabeth Borne annonce que l'expérimentation va être généralisée à tous les collèges.
09:45C'est-à-dire que dès la rentrée 2025, tous les collèges devront mettre en œuvre la pause numérique.
09:50C'est-à-dire que les téléphones portables devront être déposés quand les élèves arriveront.
09:54Et elle ajoute que les modalités de cette mise en œuvre seront laissées à l'appréciation des chefs d'établissement.
10:00Le soir même, vous publiez un article dans Le Parisien sur la réaction des conseils départementaux à cette mesure.
10:06Ce sont eux qui ont la charge du bon fonctionnement matériel de tous les collèges.
10:11Le titre est frappant.
10:12Banco, mais il faut banquer.
10:14Oui, c'est Marc Godet qui est le président du département du Loiret, qui a le sens de la formule.
10:19Qu'est-ce qu'il veut dire à ce moment-là ?
10:21Il veut dire, eh bien d'accord, oui, oui, moi je suis d'accord.
10:24Je trouve que cette mesure est très bonne, mais je refuse de la financer en tant que président de département.
10:30Il ajoute d'ailleurs à ce moment-là qu'il a 68 collèges dans son département, qu'il a 31
10:35000 élèves.
10:35Il nous dit que s'il doit financer cette mesure, c'est 300 000 euros pour son département.
10:40Et lui, il n'est pas en capacité de débourser une telle somme.
10:44À ce moment-là, vous parlez aussi avec des chefs d'établissement.
10:47Qu'est-ce qu'ils vous disent de l'extension de cette mesure qui va être baptisée « Portable en
10:51pause » ?
10:51Les chefs d'établissement, ils oscillent entre fatalisme et colère.
10:56Pour eux, c'est une mesure de plus qui tombe d'en haut du ministère et avec laquelle ils vont
11:02devoir se débrouiller.
11:03Pour la plupart, ils ne voient pas vraiment comment ils vont faire pour la mettre en œuvre.
11:08Et puis, il faut savoir que depuis quelques temps, ils ont été malmenés.
11:11Il y a eu beaucoup de mesures qui sont venues s'ajouter les unes aux autres.
11:15Je pense notamment aux groupes de niveau qu'on a appelés ensuite les groupes de besoin.
11:19Je pense par exemple aussi au pacte, c'est-à-dire à ces heures en plus que devaient faire des
11:25enseignants pour remplacer leurs collègues absents.
11:28Donc tout ça, c'est une série de mesures qu'ils doivent mettre en œuvre.
11:30Et « Portable en pause », c'est une mesure en plus.
11:33Et ils n'ont pour la plupart pas envie de s'y frotter.
11:36On en arrive à la rentrée 2025, le lundi 1er septembre.
11:40Comment ça se passe concrètement concernant cette fameuse mesure ?
11:43Ça ne se passe pas, tout simplement.
11:45Dans très très large majorité des établissements, il ne se passe rien.
11:50J'ai été dans le sud de la France, à côté de Toulouse, à la fin de la première semaine.
11:54Je crois qu'on était le 5 septembre, le vendredi 5 septembre.
11:57Dans ce collège situé en banlieue toulousaine, la principale, en l'occurrence, n'avait absolument rien mis en place.
12:03Et les élèves me disaient que rien n'avait changé par rapport à l'année dernière.
12:06C'est-à-dire que le portable était toujours interdit, mais il n'y avait ni pochette, ni casier, ni
12:10valise où ils pouvaient mettre leur smartphone.
12:13Les principaux et principales de collège, ils ont reçu des aides pour installer des casiers ou des pochettes ?
12:18Non.
12:19Ou alors, à la marge, lorsqu'il y a eu l'expérimentation l'année dernière de la pause numérique,
12:24certains établissements ont reçu une aide de la part de leur département.
12:29Je me souviens d'un collège dans le Loiret, d'un petit collège.
12:33Parce qu'en général, cette expérimentation a eu lieu dans des collèges de 100-150 élèves,
12:37parce que c'était plus simple aussi à mettre en place.
12:39Donc ce collège avait reçu une aide de son département pour acheter des pochettes, en l'occurrence.
12:45C'est quand même 10 euros à chaque fois, la pochette.
12:48Donc c'est très très rare que des départements aient financé.
12:51D'ailleurs, le département de France, c'est l'association qui regroupe tous les départements,
12:55elle notait à la rentrée qu'il y avait eu une ou deux demandes de collège pour des aides à
13:00leur département.
13:03Et dans l'ensemble, les chefs d'établissement avec qui vous parlez dans les premières semaines après la rentrée,
13:08vous expliquent que selon eux, la mesure n'est pas vraiment utile finalement.
13:12Ils ne comprennent pas très bien pourquoi on a mis en place cette mesure.
13:16Pour eux, la loi de 2018 suffit.
13:19Je me souviens d'une conversation avec une principale de collège de Loise, en zone rurale.
13:25Elle me disait que si on mobilisait toute la communauté éducative et aussi également les parents,
13:32parce que pour elle c'était important,
13:34eh bien ça suffisait pour faire respecter cette loi de 2018 d'interdiction du téléphone au collège.
13:40Frédéric Goyard, fin septembre, en préparant un nouveau reportage sur le sujet,
13:44vous échangez longuement avec le principal d'un collège de Rouen, en Normandie,
13:47et il vous explique notamment ne pas pouvoir appliquer cette mesure.
13:51Oui, c'est un établissement de centre-ville, il y a environ 600 élèves, 570 de mémoire,
13:58et il a par exemple, il me disait 300 casiers.
14:01Donc il me dit, si on veut appliquer la mesure, il m'en faudrait 600, c'est-à-dire un
14:05casier par élève.
14:06Il me dit, je n'ai pas l'argent déjà pour acheter ces casiers,
14:09et il me dit, et surtout je n'ai pas la place, parce que ces casiers sont déjà dans la
14:13cour,
14:14c'est un établissement de centre-ville, c'est une toute petite cour,
14:17comme souvent ce qu'on trouve dans les villes.
14:19Et donc il me disait, voilà, matériellement par exemple, je n'ai pas la place ni l'argent pour appliquer
14:23cette mesure.
14:24Et d'autres chefs d'établissement ont le sentiment que les principaux ont été livrés à eux-mêmes
14:28pour essayer d'appliquer cette mesure.
14:30Oui, c'est un peu le sens de l'impréparation, on va dire, de cette mesure,
14:34c'est-à-dire qu'on fait tout reposer sur le chef d'établissement,
14:37on lui dit, c'est à vous d'imaginer le meilleur système,
14:41et en fait ils sont un peu livrés à eux-mêmes.
14:43Et s'ils n'ont pas l'argent, on leur dit, vous pouvez aller chercher dans vos fonds de roulement,
14:47ce qu'ils ne veulent pas faire, puisqu'ils préfèrent destiner cet argent à d'autres activités pédagogiques.
14:53Frédéric Goyard, vous parliez tout à l'heure des parents.
14:56Adèle, l'une des collégiennes rencontrées par la reportère de Code Source Anaïs Godard,
15:00lui a expliqué que son téléphone est bloqué en journée,
15:03une limitation qui a été mise en place par son père grâce à une application.
15:07C'est un contrôle parental, et sur le contrôle parental,
15:10il y a l'option de pouvoir mettre des heures d'école, ou des heures pendant la nuit.
15:14Et moi du coup, la nuit, j'ai mon téléphone qui est bloqué,
15:16et la journée également, c'est bloqué.
15:19Et du coup, je ne l'ai que de 16h50 à 21h30,
15:23et le matin de 6h30 à 8h15, ça dépend de quand je commence.
15:28Là concrètement, quand tu veux l'utiliser avant 16h50, qu'est-ce qui se passe ?
15:33Je ne peux rien faire, c'est un écran avec écrit « là, vous ne pouvez pas l'utiliser, c
15:37'est l'heure d'école ».
15:38Je peux appeler, mais mon père m'a autorisé les messages au cas où j'ai un problème,
15:42et du coup, il me laisse juste leur écrire des messages, et c'est tout.
15:45Je ne peux rien faire d'autre.
15:46Frédéric Goyard, les principaux et les principaux de collège,
15:48ils vous parlent souvent du rôle des parents ?
15:50Pour eux, les parents ont un rôle primordial, au même titre que l'équipe pédagogique.
15:55Souvent, les principaux nous disent que quand ils interceptent un jeune avec un téléphone portable,
16:00ils le confisquent. Ce téléphone est donc déposé dans le bureau du principal ou de la principale,
16:05et ensuite on demande aux parents de venir le chercher.
16:09Et c'est là qu'on rappelle la règle de l'interdiction du téléphone portable,
16:12et où on fait œuvre, on va dire, pédagogique.
16:14Et il y a des chefs d'établissement qui disent,
16:16on nous demande, nous, d'appliquer une mesure dans le collège,
16:20qui n'est pas respectée à la maison finalement.
16:22C'est un peu ça, c'est-à-dire qu'une fois passées les grilles du collège,
16:26les élèves rallument tout de suite leur téléphone portable,
16:29et on voit que l'usage du téléphone portable, finalement,
16:32il a lieu moins au collège que dans la rue, ou surtout chez eux, à leur domicile.
16:38Frédéric Goyard, un représentant de la FCPE,
16:41la principale association de parents d'élèves, interrogé dans Le Parisien,
16:45estime qu'il faudrait des cours de sensibilisation à l'usage des portables.
16:48Grégoire Rancel, le vice-président de la FCPE, imagine un programme
16:52qui serait en fait bâti sur celui de l'éducation à la vie affective,
16:57relationnelle et à la sexualité,
16:59mais là, qui serait spécialement dédié à l'usage du numérique.
17:03C'est une idée intéressante, mais qui, pour l'instant, n'existe pas.
17:06C'est-à-dire qu'il n'y a aucun programme aujourd'hui au sein de l'éducation nationale
17:10qui existe ou qui est en cours d'élaboration, j'ai envie de dire.
17:15Donc, ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que cette sensibilisation
17:18ou numérique, elle existe déjà plus ou moins.
17:21C'est-à-dire que dans les cours d'éducation morale et civique,
17:23on parle quand même des réseaux sociaux.
17:26Dans l'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité,
17:29on parle aussi de l'usage des téléphones portables
17:32et des méfaits qu'il peut y avoir avec certaines vidéos.
17:35Donc, c'est un peu une éducation transversale
17:37qui existe déjà au sein des collèges et des écoles et des lycées.
17:42Un mois après la rentrée, le syndicat majoritaire de chefs d'établissement
17:46dresse un bilan peu flatteur de cette généralisation du dispositif portable en pause
17:52annoncé en avril par la ministre Elisabeth Borne.
17:55À peine 8,5% des établissements ont appliqué la mesure, nous dit le syndicat.
18:02C'est-à-dire que si l'on considère les 5300 collèges publics aujourd'hui en France,
18:07c'est 450 collèges à peine qui ont appliqué la mesure.
18:10Et encore, dans tout ça, on ne compte pas les 1900 collèges privés
18:13qui eux aussi sont censés appliquer cette mesure
18:16et pour lesquels on n'a aucune statistique.
18:18À votre avis, qu'est-ce qui va se passer dans les mois qui viennent
18:20ou comment cette idée va finalement se traduire dans les établissements ?
18:23Si l'on s'en tient aux directives ministérielles,
18:25les chefs d'établissement ont jusqu'à la fin du mois de décembre,
18:29c'est-à-dire encore 3 mois, pour mettre en œuvre la mesure portable en pause.
18:33C'est-à-dire qu'ils auront encore, on va dire, une dizaine de semaines
18:36pour la rendre effective.
18:37Mais on voit bien qu'il ne se passera pas grand-chose,
18:40tout simplement parce qu'environ 2 chefs d'établissement sur 3,
18:44là je cite encore le principal syndicat des chefs d'établissement,
18:47ne veut pas ou ne peut pas appliquer la mesure.
18:50Donc ça veut dire qu'on voit bien que d'ici la fin décembre,
18:54on va rester sur la loi de 2018 d'interdiction du téléphone portable au collège.
18:58Est-ce que ça aura au moins eu le mérite de faire parler de ce sujet ?
19:01C'est une des vertus, si on peut en trouver une, à ce dispositif.
19:06C'est-à-dire qu'on resensibilise les élèves, mais aussi les familles,
19:09au méfait de l'usage du téléphone portable au collège,
19:13mais aussi à la maison.
19:14Donc ça c'est plutôt positif de se dire qu'à un moment donné,
19:18on en reparle.
19:19S'il y a une vertu, c'est qu'on ouvre une autre voie,
19:22et pourquoi pas dans les années futures,
19:24une interdiction du téléphone portable dans les lycées.
19:36Merci Frédéric Goyard.
19:38Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Grosis,
19:41Clémentine Spiller, Pénélope Gualquierotti et Thibaut Lambert,
19:45réalisé par Pierre Chaffanjon.
19:47Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
19:51N'oubliez pas Crime Story,
19:52chaque samedi une affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
19:56avec Damien Delseny,
19:58le chef du service police-justice du Parisien.
20:01Merci pour vos commentaires,
20:02vos notes ou vos petites étoiles sur les applications audio,
20:05ça nous aide à remonter dans les recommandations.
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