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  • il y a 1 semaine
Dans son édito du 01/01/2026, Paul Sugy revient sur les vœux d'Emmanuel Macron. 

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00:00Politique, tous les matins avec vous, Paul, on s'est déjà souhaité nos voeux, voilà, mais voilà, bonne année à vous et à nouveau à tous les spectateurs de CNews, bien sûr.
00:08Vous avez écouté attentivement les voeux du président de la République hier, il y avait évidemment un petit goût, et encore petit, c'est un euphémisme, petit goût de fin de règne cette fois.
00:19Oui, un air crépusculaire, je l'ai même écrit en toutes lettres sur les bandeaux de votre chaîne, alors ça n'est pas encore Giscard qui se lève sur un air de marseillaise en disant au français au revoir,
00:28mais ça commence à y ressembler. Je serai là jusqu'à la dernière seconde de travail, a dit le président de la République, donc en évoquant déjà à mots couverts la fin de son second mandat.
00:37Pour la première fois, en fait, il a parlé de sa disparition programmée du paysage politique, en montrant aussi le caractère subi de cette disparition, puisqu'il n'a pas la possibilité de se représenter.
00:47À la fin de l'année, a-t-il dit, quand le moment sera venu, s'ouvrira peu à peu la prochaine campagne pour l'élection présidentielle de 2027, la première à laquelle je ne participerai pas depuis dix ans.
00:57Alors cela dit, l'exercice supposait de promettre, ou au moins d'essayer de faire croire, que cette fin de second quinquennat ne serait pas vaine.
01:04Et c'est là que le président de la République a utilisé peut-être ce qui est à mes yeux l'une des plus funestes illustrations de ce que peut faire la politique,
01:11et qui renforce encore ce sentiment de fin de règne, puisqu'il a parlé, de manière appuyée, prononcée, du vote à venir de la loi sur l'euthanasie.
01:20– Alors, il n'aurait pas dû parler de la fin de vie, ce qu'on appelle pudiquement le projet de loi fin de vie hier soir,
01:26parce qu'en réalité, ce n'est pas un projet de loi fin de vie. La fin de vie, ça existe déjà en France, forcément.
01:31– Oui, chacun meurt déjà, effectivement.
01:32– Oui, et on l'a organisé, c'est organisé déjà. Donc c'est un projet de loi pour autoriser l'euthanasie et le suicide assisté en France.
01:41Il n'aurait pas dû en parler ?
01:42– Je ne trouve pas, non. Je crois que même c'est assez inélégant. Vous imaginez, vous, au réveillon avec votre famille, dire à votre grand-mère
01:49« Eh, mémé, si tout va bien, à la fin de cette année, tu pourras décider de passer l'arme à gauche si tu veux et quand tu veux. »
01:54Non, je trouve que c'est extrêmement terrible d'un point de vue du symbole politique. Je ne connais rien même de plus à contre-courant
02:00de l'exercice traditionnel des voeux de bonne année où la coutume veut que l'on se souhaite bonne santé. Là, c'est quand même tout l'inverse.
02:06Le symbole politique me semble délétère. Imaginez que, certes, Emmanuel Macron est à la recherche de l'inscription de son nom en toutes lettres,
02:12dans l'histoire de la Ve République. Et donc, il veut une loi qui puisse marquer le coup. François Hollande avait le mariage pour tous.
02:20Lui, il veut l'euthanasisme. Ce n'est pas la constitutionnalisation de l'IVG qui suffira à faire d'Emmanuel Macron un grand réformateur progressiste.
02:27Donc, on comprend très bien l'intérêt politique qu'il essaye de retirer du vote de cette loi sur la fin de vie.
02:31Mais imaginez le présage politique de dire qu'une fin de règne, qui est, comme vous l'avez déjà dit, crépusculaire,
02:37qui est marquée par une très forte insatisfaction des Français, une très forte défiance à l'égard du président de la République,
02:42le symbole, le présage politique qu'il choisit pour cette nouvelle année, c'est de dire tout va bien,
02:47on va légiférer sur le suicide assisté. De là à y voir une forme de suicide politique, le pas est quand même rapidement franchi.
02:56On en est où du parcours de cette loi sur la fin de vie, de loi euthanasie, suicide assisté ?
03:02Elle va revenir bientôt au Parlement ?
03:03Oui, c'est ce qu'avait annoncé le gouvernement au mois d'octobre.
03:06Donc, les deux propositions de loi, vous savez qu'il y en a une en même temps sur les soins palliatifs,
03:09et une sur l'aide à mourir, le terme qui a été gentiment utilisé pour parler d'euthanasie,
03:15qui ont été liés ensemble pour essayer de forcer la main des parlementaires.
03:18Donc, ils ont déjà été examinés en première lecture à l'Assemblée nationale,
03:20ils devraient y revenir en seconde lecture, a priori, en février.
03:24C'est le calendrier qu'a donné le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifousse.
03:27Mais, c'est vrai que le Sénat fait un peu des siennes.
03:30Pour l'instant, les sénateurs n'ont toujours pas examiné en première lecture le texte.
03:33D'aucuns disent que les républicains qui tiennent le Sénat
03:36font en sorte de différer le plus possible l'examen de ce texte.
03:40En principe, il devrait arriver quand même au Sénat fin janvier,
03:42donc pour un second examen à l'Assemblée nationale en février.
03:47Certains s'impatientent un petit peu.
03:49C'est le cas d'Oivé Falorni, par exemple, qui est très engagé derrière ce texte.
03:53Et ces gens-là, on appelle même à un référendum
03:56pour éventuellement forcer la main du président de la République
04:00et puis des adversaires du texte
04:02si jamais ils devaient mettre trop de temps à arriver de nouveau devant le Parlement.
04:06Merci beaucoup, Paul Sujit.
04:07La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs
04:10a communiqué cette nuit et dit que cette légalisation,
04:16si elle devait être engagée,
04:18apparaît davantage comme une régression pratique et éthique.
04:22qui parle de régression.
04:25Sur la forme, effectivement, on va regarder à nouveau les images
04:28de ces voeux d'Emmanuel Macron.
04:31C'est vrai que je ne sais pas qui est le réalisateur qui a fait ça,
04:33qui a probablement un énorme talent,
04:35mais est-ce que c'est fait exprès ou pas ?
04:37On a l'impression qu'il n'y a pas un bruit derrière.
04:39C'est lugubre.
04:40C'est lugubre, en fait.
04:41En crépusculaire, on l'a dit, mais il faut beaucoup,
04:43mais je trouve ça lugubre.
04:45Moi, à titre personnel, j'aime bien le fond
04:47qui fait effectivement un peu soirée de réveillon,
04:50mais c'est vrai qu'il tire la tête.
04:51C'est surtout ça, moi, qui m'a marqué.
04:52Et tout en noir.
04:53Il a l'étré tiré et il a un visage qui, effectivement,
04:57ne respire pas l'optimisme et l'espérance.
04:59L'espérance, c'est quand même beau comme mot,
05:00ce qu'il a employé à la fin de ses voeux.
05:03Ça ne transpire pas l'espérance, le regard qui nous renvoie.
05:06Ja, on m'aime dire.
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