00:00Depuis un mois, la petite Berechia, 23 mois, a disparu sans laisser de traces.
00:06Sa mère, Kelan Obon Eimei, vit depuis ces jours une attente insoutenable entre espoir et désespoir.
00:14Elle a multiplié les démarches, alerté les autorités, mobilisé les réseaux sociaux, mais reste sans réponse.
00:22Ce soir, elle a accepté de témoigner pour que personne n'oublie le nom de sa fille.
00:28Kelan Obon Eimei, bonsoir.
00:30Bonsoir.
00:31Comment vivez-vous cette absence, l'absence de votre fille depuis un mois ?
00:36Très mal.
00:39Pouvez-vous nous décrire votre fille, la petite Berechia ?
00:42Berechia, c'est une petite fille très adorable et très, très compliquée.
00:50Elle n'accepte pas les gens facilement.
00:53Elle n'accepte pas les gens.
00:54Elle est très intelligente, parce que même les téléphones, elle manipule, elle-même.
01:00Elle manipule les téléphones, elle-même a choisi ce qu'elle veut mettre dans l'honnette.
01:07C'est comme ça qu'elle est.
01:09Et elle prend encore même le biberon, parce qu'elle est encore un bébé.
01:13Quel souvenir fort gardez-vous d'elle ? C'est vrai qu'elle n'est pas là depuis un mois.
01:16Je me souviens que je d'abord, je me souviens aujourd'hui, où elle a disparu, parce qu'elle était sur ma poitrine en train de regarder le descendant au téléphone.
01:31C'est ça.
01:32Et elle m'a dit, maman, tu peux au travail ?
01:34Je l'ai vu, je n'ai pas au travail.
01:36Maman, au revoir.
01:39Parce qu'elle parle très bien.
01:41Et qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là ?
01:43J'étais au travail.
01:46En rentrant le travail pour ma maison, on m'appelle pour me dire qu'on ne retrouve pas l'enfant.
01:53On ne retrouve pas l'enfant comment ?
01:55Je suis arrivée en courant.
01:57Je trouvais, mais maman était déjà en train de chercher.
02:00On m'a cherchée.
02:02La seule explication qu'on m'a donnée, c'est qu'on a fini de la laver.
02:06Parce que je l'avais déjà défait les tresses.
02:09On l'a fait le shampoing.
02:10Parce qu'on devait la tresser le lendemain.
02:16Donc, on l'a fait le shampoing.
02:18On l'a habillée.
02:19Elle a demandé le biberon.
02:21Au moment où maman part dans la maison pour faire le biberon,
02:25parce qu'elle sort, elle ne retrouve plus l'enfant.
02:27C'est comme ça qu'elle a disparu.
02:31Quelles ont été vos premières réactions après sa disparition ?
02:36Chercher dans tout le quartier.
02:39Aller partout.
02:40C'était ça.
02:43C'était l'amour, c'est-à-dire.
02:45Et depuis un mois, quelles sont les démarches que vous avez entreprises ?
02:49Je suis partie à la DGR, j'ai porté plainte.
02:52Je suis partie à la PJ, j'ai porté plainte.
02:55Je suis partie au tribunal.
02:57Même chose.
02:58Jusqu'à Lorient.
03:00Aucune nouvelle, aucune suite.
03:01Les autorités administratives n'ont pas répondu ?
03:06Non, depuis là, rien.
03:09Sachant que c'est un bébé, ce n'est pas une grande personne.
03:12Même si c'est une grande personne.
03:14Depuis là, rien, je ne sais pas là où l'enfant se trouve, aucune démarche.
03:17Je me prouve qu'ils sont en train de me chercher.
03:20Est-ce que depuis la disparition de votre fille, avez-vous le sentiment d'être écoutée ?
03:26Non, je n'ai pas le sentiment d'être écoutée, parce que tout le monde est au courant de cette histoire, mais rien.
03:34Je n'ai pas le sentiment d'être écoutée.
03:36Est-ce qu'il y a eu des pistes ou des indices récents ?
03:40Oui, il y a eu des indices.
03:43J'ai même communiqué avec des agents de la DGR, mais rien depuis là, ils ne font rien.
03:50Quel indice avez-vous à votre portée ?
03:53Son père.
03:54Parce que lui, il est d'abord très, c'est quelqu'un de très violent.
03:59Et depuis là, il est très calme.
04:01Parce que le jour où l'enfant disparaît, mon oncle appelle pour lui demander de venir passer.
04:06C'est comme s'il attendait le coup de fil.
04:08Il a dit, ok, j'arrive, chose qu'il ne fait jamais.
04:12Il est arrivé, il est calme dans son coin.
04:15Moi, j'ai l'impression que c'est lui qui a cet enfant-là.
04:19Est-ce que vous avez eu des problèmes avant ?
04:21Oui.
04:21Vous portez, vous portez, qui pourrait vous faire comprendre qu'il a en sa possession l'enfant et qu'il ne veut pas que…
04:29Léon a eu des problèmes avant.
04:31Parce qu'il était parti, il nous portait plainte au centre social du Bas des Gégés pour la garde des enfants.
04:37J'avais dit non, on avait décidé de ne pas lui donner les enfants là-bas.
04:42On m'a donné la garde.
04:44C'était une garde alternée.
04:45Là, c'est mon droit parce qu'on a deux ensemble.
04:47Le droit de récupérer le petit d'une fois après deux semaines pour le week-end et le ramener.
04:54Et la petite, il faisait juste 30 minutes avec elle à la maison chez moi.
04:58Il repartait.
04:59Il n'a jamais accepté ça parce qu'il avait dit devant les agents qu'il préfère que les enfants aillent à l'orphelinat si je ne retourne pas avec lui ou bien qu'il récupère les enfants.
05:09Donc, pour vous, il n'y a pas à s'inquiéter parce que la petite Berekia est vivante.
05:19Oui, je sais qu'elle est vivante.
05:20Mais qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
05:22Parce que je le sens bien qu'elle vit encore.
05:24Et donc, elle serait chez son père.
05:26Oui.
05:27Mais quel est le message que vous voulez lancer aujourd'hui pour que votre enfant revienne ?
05:32Est-ce que vous avez discuté avec votre ex-conjoint ?
05:35Oui, j'ai discuté avec lui.
05:37Et il est calme.
05:40Il ne dit rien.
05:43Ce que je demande juste que les gens m'aident à la retrouver.
05:48Qu'ils essayent un peu de fouiller partout, partout.
05:51Je sais qu'il ne peut même pas déposer cet enfant à la chenille.
05:54Parce qu'il est déjà un homme très, très, très intelligent.
05:58On m'aide à la retrouver.
06:00Si possible, même l'attraper.
06:02Mais parce que depuis là, on essaie de dire aux agents d'essayer de l'attraper.
06:06Rien.
06:07Il se balade, il part au travail, il vit sa vie tranquillement.
06:12Qu'on puisse la retrouver.
06:15Qu'on puisse la retrouver.
06:16Si possible, le président n'a fait qu'à mettre aussi les agents dehors.
06:19Mettre la pression pour qu'on la retrouve.
06:22Parce que ça, il y a des douleurs.
06:23Un mois qu'elle n'est pas à la maison.
06:25Elle n'est pas à la maison.
06:26On comprend votre douleur.
06:33Je voudrais vous demander pourquoi vous avez choisi de médiatiser cette affaire, de parler devant les caméras.
06:38Je l'ai choisi parce que je pense que c'est le meilleur moyen pour que ça puisse aller vite.
06:46Parce que j'ai l'impression d'être abandonnée.
06:50Abandonnée.
06:51Personne ne m'aide.
06:54Personne.
06:55C'est comme si c'était...
06:56Je ne sais pas.
06:57Et si Bérykia vous entend quelque part, que voudriez-vous aujourd'hui lui dire ?
07:09Qu'elle soit forte.
07:13Qu'elle soit forte parce que je prie Dieu qu'on va la retrouver.
07:17Qu'elle soit forte.
07:19Et j'ai ce moment à rire de chercher.
07:21D'accord.
07:22Et une dernière question et on va mettre fin à cette interview.
07:29Beaucoup vont vous écouter ce soir.
07:31Vous êtes une mère en détresse.
07:33Qu'aimeriez-vous qu'ils retiennent de cette histoire ?
07:42Soufflez.
07:48Soufflez, il n'y a pas de problème.
07:52On doit tous se soutenir.
07:54On doit tous se soutenir.
07:57L'enfant n'est pas seulement l'enfant de la mère et du père qui l'ont mis au monde.
08:00L'enfant est l'enfant de tout le monde.
08:03On doit tous se soutenir pour que richesse rentre à la maison.
08:10Voilà.
08:11Le message est passé.
08:12Chaque jour, Kélan espère un signe, un appel, un miracle.
08:20La disparition de Berekia rappelle que derrière chaque photo d'enfant manquant, il y a une mère, une histoire, une vie suspendue.
08:31Un cri qui ne demande qu'à être entendu.
08:34Kélan, on vous souhaite bonne chance.
08:38Merci.
08:39On espère que très vite, on retrouvera la petite Berekia.
08:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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