00:00Il est 7h47, drôle d'époque Eric Revelle.
00:03Bonjour Patrick.
00:04Oui, je le dis tous les matins mais c'est vrai, drôle d'époque.
00:07Alors, on va se déporter sur le détroit d'Hormuz pour savoir ce qui va se passer.
00:14Parce que Trump avait demandé de l'aide, là il fait machine arrière sur l'aide européenne,
00:19notamment les françaises, pour débloquer ce détroit.
00:22Et pour cause, parce que les Européens et Emmanuel Macron en tête ne veulent pas être impliqués dans ce conflit.
00:27Ben oui, alors on a du mal à suivre Donald Trump, il faut le dire.
00:31Il fait beaucoup de conférences de presse et on a l'impression que la conférence de presse suivante
00:36dit un peu le contraire ou revient ce qu'il avait dit sur la précédente.
00:39Mais le sujet c'est débloquer le détroit d'Hormuz.
00:42Oui, 25% du pétrole passe par là, une partie du commerce international.
00:46Bon, les Européens ont décliné pour plusieurs raisons.
00:49La première, c'est qu'ils estiment que ce n'est pas leur guerre.
00:52Ce n'est pas la guerre de l'Europe.
00:54D'ailleurs, nombre de leaders européens font remarquer, via des coups de téléphone à Donald Trump,
00:59qu'on ne les a pas prévenus.
01:01On ne les a pas prévenus en amont qu'il y allait y avoir cette guerre.
01:04Donc les Européens disent...
01:05Pas complètement faux.
01:06Nous, on ne se sent pas engagés.
01:08Bon, alors il y a la haute représentante de l'Union Européenne,
01:12qui s'occupe des affaires étrangères.
01:14Bon, vous allez oublier son nom aussi vite.
01:16Elle s'appelle Kaja Kalas.
01:17Bon, alors elle s'est exprimée au nom de l'Europe.
01:19Puis elle a eu cette formule, elle a dit, ce n'est pas la guerre de l'Europe.
01:23Il n'y a aucune raison d'étendre nos missions maritimes européennes actuelles au détroit d'Hormeuse.
01:29Bon, elle prend le pas évidemment sur le président de la République
01:32qui a envoyé notre porte-avions avec des frégates,
01:34mais il y a aussi d'autres frégates européennes.
01:36Deuxième raison pour laquelle les Européens,
01:38ils ne veulent pas aider Donald Trump ou les Etats-Unis.
01:40Ben, ils disent, attendez, nous, on continue d'être loyaux.
01:45On continue, en Allemagne, au Royaume-Uni, en France,
01:48de considérer qu'il y a un droit international.
01:51Que l'ONU incarne ce droit international.
01:54Que le Conseil de sécurité incarne ce droit international.
01:57Or, il n'a pas été saisi.
01:58Il y a une petite phrase du chancelier allemand Frédéric Merz,
02:01qui affirme qu'il n'y a jamais eu de décision conjointe sur une intervention,
02:06rendant donc toute contribution militaire européenne,
02:09de l'OTAN, de l'Union Européenne,
02:11ben, pas valide, puisque l'Union Européenne n'a pas été saisie.
02:14Et puis, petite pierre, grosse pierre dans le jardin de Donald Trump,
02:17ce qui s'est passé hier, la démission, je ne sais pas si vous l'avez vu, aux Etats-Unis,
02:21du monsieur, du patron de la lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis.
02:26Démission avec perte et fracas, il a adressé une lettre au président américain,
02:30il s'appelle Joe Kent,
02:31Joe Kent, qui était quelqu'un d'important dans le dispositif antiterroriste aux Américains,
02:35qui estime que l'Iran ne menaçait pas les Etats-Unis,
02:38et que Trump n'avait pas à intervenir dans ce conflit.
02:41En tout cas pour des attentats.
02:42Ah, c'est ce qu'il dit, oui.
02:44Enfin, l'une des raisons pour lesquelles,
02:46ça sent un peu l'enlisement à la guerre irakienne,
02:48l'une des raisons pour lesquelles Trump est intervenu,
02:50c'est qu'il avait estimé qu'il y avait peut-être des missiles à longue portée
02:53qui pouvaient toucher les Etats-Unis.
02:55Le patron de la lutte antiterroriste Joe Kent,
02:57qui vient de démissionner aux Etats-Unis, dit pas du tout.
03:00Et puis, il y a une autre raison, il faut aussi le dire,
03:03c'est qu'on craint en Europe quand même,
03:06vous parliez d'attentats, j'en parlais,
03:08on craint que nos pays, s'ils rentraient frontalement,
03:12soient ciblés par des attentats terroristes,
03:14et on connaît la puissance des proxys des MOLA
03:18pour faire des actes terroristes ailleurs.
03:21On en a connu en France, Patrick.
03:22Bien sûr, pas les années 80.
03:24Il ne faut jamais l'oublier.
03:25Mais il y a quand même derrière tout ça aussi la dépendance de l'Europe
03:30au pétrole du Moyen-Orient.
03:32Ce pétrole qui passe par ce fameux détroit d'Ormouse quand même.
03:36Eh bien oui.
03:36Donc on en revient à la question de l'argent,
03:39de la crise économique, de la crise pétrolière.
03:41Oui, il y a une dépendance énergétique
03:43qui d'ailleurs, bien que l'Europe et les Etats-Unis s'en défendent,
03:48elle est bien plus importante en Europe,
03:50cette dépendance au pétrole du Moyen-Orient qu'aux Etats-Unis.
03:54Parce que les Etats-Unis, il n'air de rien,
03:55ils ont le fameux pétrole de schiste.
03:57Oui, oui, c'est vrai.
03:58Bon, s'il y a une crise dans le Golfe,
04:00ils peuvent toujours se rattraper sur leur propre pétrole.
04:02Donc vous avez raison, Patrick.
04:04Les Européens ne veulent pas, ne veulent plus,
04:06ne veulent pas intervenir dans les Trois-Dormous.
04:09Trump a expliqué que de toute façon, il n'en avait pas besoin.
04:12Il dit un peu tout et son contraire.
04:13Mais la vraie question, c'est combien de temps
04:15va-t-on pouvoir continuer à payer aussi cher le baril de pétrole
04:18qui aura un impact forcément sur notre économie,
04:21en Europe et en France,
04:22sur notre croissance, donc sur le chômage.
04:26Merci Éric Revelle pour ces explications très claires.
04:29Comme d'habitude, Éric Revelle et son écharpe blanche,
04:32ce n'est pas aussi célèbre que celle de Barbier,
04:34mais pas rouge.
04:37Il reviendra, il sera avec nous tout à l'heure aussi à 8h30
04:40pour le grand débrief avec Elisabeth Lévy.
04:42Après votre invité politique, bonjour Jean-François Ackili.
04:45Bonjour Patrick, ce sera Agnès Pannier-Runacher,
04:49la députée d'Ensemble pour la République du Pas-de-Calais,
04:51ancienne ministre de la Transition écologique.
04:53Que vont faire les soutiens d'Emmanuel Macron à Paris,
04:58mais également dans les autres grandes villes de France ?
05:00Les macronistes, comme on dit,
05:02qui placent leur espoir sur Bordeaux désormais.
05:05Oui, absolument.
05:07On va tout vous expliquer sur ce coup de théâtre à Bordeaux
05:11dans le journal de 8h,
05:13évidemment juste après celui qui va tout nous révéler,
05:16tout nous révéler sur les municipales.
05:19Restez bien à l'écoute,
05:20c'est Régis Maillot,
05:21le Maillot réveille, comme chaque matin.
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