Passer au playerPasser au contenu principal
Avec Luc Gras, Politologue

Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4

##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-03-17##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le fait du jour.
00:02Alors je reçois le politologue Luc Gras, nous allons discuter de la question que j'ai posée quand j'ai
00:07présenté le sujet qui couche avec qui,
00:09au deuxième tour des municipales, ces jeux d'alliances qui perturbent les consciences et les états-majors politiques.
00:14Luc Gras est un spécialiste de la question, d'ailleurs il disserte sur différentes ondes depuis hier sur la question,
00:20et là effectivement on est confronté à une situation inédite de recomposition, de concession, de reniement,
00:27pour sauver le siège, pour sauver le gagnant, pour sauver le sortant,
00:32et effectivement nous sommes confrontés à une situation inédite compte tenu des déclarations qu'avaient faits tous les états-majors,
00:37qu'il n'y aurait pas de concession, qu'on resterait sur nos vertus, qu'on resterait sur nos principes,
00:41et finalement tout s'écroule en cinq minutes.
00:44Luc Gras, vous n'avez jamais vu ça ?
00:45Et plus les... comment ça s'appelle ?
00:47Les accords techniques.
00:48Les accords techniques.
00:51Alors, cher ami, qu'on soit bien clair, je ne suis pas un spécialiste des coucheries en politique.
00:54On est bien d'accord.
00:55Mais je suis quand même un spécialiste de la vie politique depuis plus de 30 ans,
01:00et on n'avait effectivement jamais vu ça.
01:02Il y a aujourd'hui, je parle du lieu où je m'exprime, c'est-à-dire un défenseur de
01:08la démocratie,
01:09quelque chose de très dangereux pour notre pays, que sont les accords techniques.
01:13Un accord technique, en résumé, pour nos auditeurs et nos téléspectateurs éventuels,
01:18c'est une liste, deux programmes, et on divorce.
01:23C'est-à-dire qu'il n'y a plus du tout ce qui fonde la démocratie.
01:28La démocratie, c'est le pouvoir par le peuple, pour le peuple.
01:31En fait, ça m'arrange.
01:33En l'occurrence, c'est une sorte de combinaison, comme dirait Mélenchon,
01:36une combinaison de petits politiciens qui s'entendent entre eux pour arriver au pouvoir,
01:41mais qui ne partagent rien et qui n'arrivent même pas à faire un programme commun.
01:44On est loin de 1972 du programme commun Georges Marchais-François Mitterrand.
01:49Vous voyez comment la politique s'est abaissée d'année en année.
01:53Donc là, il y a une escroquerie morale, c'est l'accord technique.
01:56Je le distingue de l'accord politique, qu'à certains endroits, il y a un accord politique,
02:01c'est même tout à fait naturel, entre force de gauche ou force de droite, il n'y a pas
02:04de problème.
02:05Mais l'accord technique, il est à dénoncer.
02:07L'accord technique, ça veut dire, nous nous réunissons pour faire juste barrage,
02:11juste une liste pour gagner, pour gagner et faire barrage à l'adversaire,
02:15et dès le lendemain matin, on reprend nos billets et nos armes.
02:17C'est la fusion politique qui devient la fusion gamelle.
02:20C'est un déni de démocratie, parce que c'est un irrespect pour l'électeur,
02:23en disant, je ne vous dis pas pourquoi, vous votez pour moi,
02:26mais dès lundi matin, je reprends mes prérogatives et mes droits,
02:29et je ne vous ai rien promis, je ne propose rien, et ça n'aboutira à rien.
02:33– Exactement, alors ce n'est pas le premier déni de démocratie, malheureusement, dans notre pays,
02:38mais en tout cas, c'est le dernier en vigueur.
02:40Cette notion, ce concept a été inventé par quelqu'un qui ne comprend rien au fonctionnement de la démocratie.
02:46– Luc Gras, vous ne croyez pas que les électeurs français,
02:48déjà après le fiasco du Front Républicain,
02:50où on a vu que c'était juste pour faire barrage,
02:52empêcher que le RN est une majorité absolue à l'Assemblée nationale en 1924,
02:55pour reprendre le couteau dès le lundi matin,
02:58et beaucoup de gens m'ont dit, de gauche et de droite, on ne m'y reprendra plus.
03:01– Voilà, je ne tomberai plus dans le...
03:03Je pensais que c'était un Front Républicain pour gouverner avec un projet commun,
03:06même si on n'était pas tout à fait d'accord,
03:08c'était juste pour faire un barrage.
03:09Est-ce que vous pensez que là, l'électeur français est un peu chaudé
03:12par ce concept de fusion technique,
03:16autrement dit, juste faire barrage à l'adversaire,
03:18ou est-ce qu'il y a un effet dynamique qui fait qu'ils tomberont quand même dans le piège
03:21?
03:21– Moi, je crois que d'abord, les sondages montrent d'année en année
03:24et que le sentiment de colère et de ras-le-bol est totalement présent,
03:29quelles que soient les études d'opinion qu'on puisse faire chez les Français.
03:32La colère, c'est un des sentiments qui vraiment...
03:35Et la lassitude sont les sentiments qui habitent le plus les Français.
03:38Mais il y a encore...
03:39On va encore plus loin avec l'accord technique par rapport au Front Républicain.
03:42Le Front Républicain, au moins, se drapait dans une forme de valeur morale,
03:48faire face...
03:48– Une certaine vertu, voilà.
03:49– Mais comment vous voulez expliquer ça dans les accords,
03:52quand vous êtes face à des personnes comme Jean-Michel Aulas,
03:55qui est un papy, à peine rentré en politique, il est déjà papy.
03:59C'est pas un fasciste, Aulas.
04:01Donc, on se drape dans les vertus de l'antifasciste
04:04pour des raisons principalement d'intérêt politicien.
04:07– La déclaration, c'était mon humeur tout à l'heure,
04:11d'Olivier Faure, avec pas d'accord national.
04:14Comment est-ce qu'on peut se moquer aussi cyniquement du peuple français ?
04:19Surtout, déclaration pas d'accord national,
04:21sur une municipale, on comprend l'astuce,
04:23pour être démenti immédiatement par les cas de figure les plus importants
04:27qui étaient ceux des grandes villes où il y a eu...
04:29Comment est-ce qu'on peut aujourd'hui avoir un dose de cynisme
04:33et l'annoncer avec tant de solennité ?
04:35– Alors, je vais vous prendre un revers pour bientôt vous rejoindre.
04:39C'est qu'Olivier Faure n'avait pas fait un mauvais parcours
04:41depuis la dissolution catastrophique de 2024.
04:43Il avait réussi à sauver les meubles du Parti Socialiste.
04:47– En vendant son âme.
04:47– En vendant son âme, mais il avait réussi à sauver...
04:49– C'est vrai, 68 sièges.
04:50– Bon, il a quand même sauvé 68 sièges.
04:53– Et il veut encore les sauver.
04:55– Il veut encore les sauver.
04:56– Mais là, la comparaison est tellement sévère
05:00quand on voit les discours d'avant et les discours d'après,
05:03Johanna Roland, etc., qui sont tous sur les réseaux sociaux, etc.
05:07Je crois qu'il n'est plus digne d'être,
05:09et vous voyez que ce n'est pas du tout partisan,
05:11ce n'est pas mon rôle,
05:12mais il est digne d'être comme Grégoire Oupayant,
05:15de dire pas d'alliance avec ceux qui ont flirté,
05:19qu'on le veuille ou non, avec des idées nauséabondes,
05:21et au moins de prendre position.
05:23Donc, ce qui est acceptable en démocratie,
05:26c'est soit vous faites une alliance,
05:27elle est sur un texte,
05:28soit vous ne faites pas d'alliance au nom de principes et de valeurs,
05:31comme l'a fait Grégoire à Paris,
05:33mais alors, l'entre-deux, cette espèce de...
05:36On ne fait pas d'accord national,
05:37mais on peut faire des petits accords locaux,
05:40mais ça s'appelle, comme dit très bien Jean-Luc Mélenchon,
05:42des combinaisons de boutiquiers.
05:44Ça n'arrangera pas la participation,
05:46il y aura des gens qui iront voter, bien sûr,
05:48mais on voit bien que le taux d'abstention qui ne cesse d'augmenter
05:50procède du fait que l'électeur est totalement désabusé, dégoûté, écœuré.
05:54Vous avez raison de souligner ce point,
05:56c'est qu'il y a une participation à peu près de 56%,
05:59ce qui est très bas.
06:01Sous la Ve République, au début, au grand temps héroïque du général de Gaulle,
06:06on montait à 80, les premières fois, c'était au-dessus de 80%.
06:09Puis, au fur et à mesure des années, on a fait 70%, 60%, on est à 56%,
06:14exception faite de 2020, la dernière fois,
06:17où c'était encore plus fait, puisqu'il y avait l'histoire du Covid.
06:19Mais en tout cas, effectivement, cette élection,
06:22qui est la première dans le cœur des Français,
06:24même elle, ne réunit aujourd'hui plus qu'un Français sur deux.
06:27Je me souviens, j'avais 18 ans en 1977,
06:30il y avait eu un raz-de-marée de gauche au municipal,
06:32et il y avait une participation de 84% au 85%.
06:37Luc Gras, deux petits coups de théâtre qui viennent de surgir dans l'actualité,
06:42donc, M. Delogu se retire,
06:44la liste de la France Insoumise de Marseille,
06:47qui est la ville où Mélenchon a été élu,
06:50où Bompard est élu.
06:51Il se retire, donc il joue la carte de la gauche,
06:54il se sacrifie pour la gauche,
06:55on pense qu'il se fait violence,
06:57vous allez vous expliquer pourquoi,
06:59et il semblerait qu'à Paris,
07:01il semblerait qu'à Paris,
07:05Mme Knafot déjà hésite elle-même,
07:08et Chikirou se retire.
07:11Dans cet océan de petites combinaisons,
07:15ce ne sont pas des mauvaises informations,
07:16au sens où les deux socialistes qui ont quand même un peu de tenue
07:19en décidant de ne pas s'allier avec LFI,
07:21pour des raisons notamment de déclaration,
07:23et notamment courageux,
07:25et bien là, vous voyez que c'est payant,
07:27c'est déjà payant,
07:28puisque ça oblige leurs concurrents éventuels
07:30à prendre des positions.
07:32A Marseille, le cas est particulier par rapport à Paris,
07:35à Marseille, c'est Alizio,
07:36qui est aujourd'hui candidat du RN.
07:38Donc le discours antifasciste
07:40tient plus la route que contre Rachida Dati,
07:42ou contre M. Douma,
07:43ou contre M. Olas.
07:44C'est un ancien républicain.
07:45Il est au RN ou il n'est pas au RN ?
07:47Il est au RN.
07:47Donc il fait un moment, il faut assurer.
07:48On ne va pas dire,
07:50vous savez,
07:51Gérard Longuet était ordre nouveau
07:52au début de sa vie,
07:54Madeleine, etc.
07:55Ils ont fini centristes avec les hotards.
07:57Donc il y a un moment,
07:58ce qui compte, c'est le présent.
07:59Et dans la vie, de toute manière,
08:00c'est le présent qui compte.
08:01Donc concrètement,
08:02De Logu, il avait beaucoup à perdre
08:03parce que Payan,
08:04il est dans une dynamique anti-RN,
08:07parce que c'est un combat d'année,
08:08et donc il allait gagner.
08:11Et donc qu'est-ce qu'il allait faire ?
08:12De Logu, il allait être patron
08:13d'un groupuscule à Marseille
08:16qu'il aurait eu du mal lui-même à animer
08:18parce qu'il n'a pas d'expérience.
08:20Au risque de perdre en ce moment-là.
08:21Au risque de perdre des voix.
08:22Parce qu'évidemment qu'une partie
08:23des électeurs de De Logu du premier tour
08:25dans le front antifasciste
08:26auraient rejoint Payan.
08:27Et Payan va être élu
08:29et au moins il va être élu dans la clarté.
08:32Bon, à Paris,
08:33ce n'est pas exactement la même chose.
08:34On a une figure qui se veut nationale
08:35qui est CNAFO.
08:36Elle aurait pris beaucoup de risques
08:38toute sa vie, on lui dise,
08:39vous avez fait perdre la droite à Paris.
08:41Donc ce n'est pas encore officiel,
08:42mais elle devrait,
08:43en toute logique,
08:43en cohérence,
08:44dire,
08:45je ferai tout
08:46pour faire gagner la droite
08:47et je ne ferai rien
08:48pour l'affaiblir.
08:50Et donc,
08:50il est logique qu'elle se retire.
08:52Elle est dans une dimension nationale.
08:54Elle n'insulte pas l'avenir.
08:56Et évidemment que ça va renforcer
08:58Rachina Dati,
08:59mais ça va quand même être difficile
09:00parce que Grégoire,
09:01il est passé 32 à 38%
09:03dans les résultats,
09:04dans les urnes.
09:04Donc il est dans une dynamique.
09:06Et n'oubliez jamais,
09:07cher Perico,
09:08qu'en politique,
09:09la dynamique est essentielle.
09:11Et Mme Chikirou,
09:12là-dedans,
09:12quel rôle ?
09:13Mme Chikirou,
09:14elle est dans une vision nationale.
09:15Donc elle n'est pas du tout
09:16comme De Logu.
09:17De Logu,
09:17c'est un candidat à Marseille
09:18pour Marseille.
09:20Mme Chikirou,
09:21elle a des vérités
09:22beaucoup plus nationales.
09:23Et donc elle,
09:23elle essaye de prendre des prises.
09:25Pourquoi ?
09:25Pour pouvoir demain
09:26s'opposer au maire de Paris,
09:30quel qu'il soit.
09:30Merci Lugrin de nos amours éclairés
09:32sur ces enjeux politiques,
09:34sur ces mauvaises alliances
09:35et ces accords techniques.
09:37Je pense qu'on aura l'occasion
09:38de vous solliciter
09:39pour décrypter
09:39les résultats du deuxième tour.
09:41Merci d'avoir été avec nous.
09:42Dans un instant,
09:42juste après nos perles,
09:43nous allons nous demander
09:44quelle...
Commentaires

Recommandations