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La confiance des Français dans la justice est en question. Dans cet entretien, Élisabeth Louvel, juriste et directrice générale de L'observatoire des décisions de justice, analyse les dérives d'un droit devenu obsolète. Témoignages de citoyens, affaires emblématiques, place du juge dans les grands enjeux politiques : elle revient sur un système qu’elle juge parfois marqué par le laxisme, l'opacité et l’idéologie. Quelles réformes pour restaurer la confiance et garantir une justice réellement impartiale ?
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00:05Bonjour à tous et bienvenue dans notre Zoom aujourd'hui en compagnie d'Elisabeth Louvel.
00:11Bonjour madame.
00:11Bonjour, merci pour votre invitation.
00:13Elisabeth Louvel est juriste et surtout directrice générale de l'Observatoire des Décisions de Justice,
00:21une association créée récemment, Elisabeth Louvel, en juin 2025.
00:27Pourquoi avoir créé un tel observatoire, madame ? De quel constat êtes-vous partie ?
00:33Oui, c'est cela. Nous avons créé l'Observatoire des Décisions de Justice en juin 2025.
00:38C'est une initiative citoyenne et indépendante.
00:41Nous n'avons pas de subvention publique, nous vivons exclusivement de dons.
00:45Et nous sommes partie de plusieurs constats.
00:49Des millions de Français font le même constat.
00:52Nous sommes plus de 80% à estimer que la justice est trop laxiste.
00:57Près de 86% à estimer qu'elle est trop lente.
01:0174% à estimer qu'elle est trop chère.
01:04Incompréhensible.
01:05Et plus grave peut-être pour la justice et la confiance des Français,
01:09c'est qu'ils estiment à près de 70% qu'elle est politisée.
01:14En effet, on peut le dire au bas mot qu'il y a un tiers des magistrats affiliés au syndicat
01:19de la magistrature.
01:20Le syndicat de la magistrature qui est tristement connu, célèbre pour son mur des cons, pour sa participation à la
01:27fête de l'humanité,
01:28pour ses magistrats dont la balance penche très à gauche, voire à l'extrême gauche,
01:34qui a récemment d'ailleurs sorti un communiqué scandaleux après la mort de Quentin de Ranque.
01:37Donc tout cela fait qu'un sondage est sorti disant même que plus de la moitié des Français ne font
01:44pas confiance dans la justice.
01:46Et s'en méfient même.
01:47Donc de ce constat qui est quand même problématique pour un pays comme le nôtre,
01:51et pour une justice qui est rendue au nom du peuple,
01:54nous sommes partis en nous disant que l'Observatoire des décisions de justice,
02:00à l'instar d'autres observatoires qui font un travail remarquable,
02:03je pense à celui des violences politiques, du journalisme, ou encore de l'immigration, de la démographie,
02:09eh bien nous allons travailler à veiller, analyser les décisions de justice,
02:13les rendre intelligibles pour les Français,
02:16et en révéler les failles et les défaillances.
02:19Les failles d'un droit qui est devenu obsolète aujourd'hui, face à la violence actuelle,
02:22et les défaillances aussi de ces juges, de ces magistrats,
02:27qui sont politisés ou qui font preuve parfois d'erreurs manifestes
02:32et qui ne sont pas, je dirais, sanctionnées pour cela.
02:35Cette dérive de la magistrature française, vous l'observez depuis combien de temps ?
02:39En tout cas, les plus graves exemples sont visibles depuis combien de temps ?
02:44– Alors, je ne saurais pas vous dire depuis combien de temps,
02:47moi, mes études de droit sont assez lointaines,
02:50mais il suffit de constater dans les décisions récentes de justice,
02:55des décisions révoltantes qui heurtent le bon sens,
02:58qui sont, je le disais, politisées.
03:00Il y en a beaucoup, nous y reviendrons,
03:01mais c'est vraiment un constat que nous sommes nombreux à faire
03:05et un observatoire de la sorte est bienvenu.
03:09C'est un projet qui a été vraiment bien accueilli par beaucoup de Français
03:13qui nous ont déjà fait confiance en nous envoyant des témoignages.
03:16Donc, nos missions s'articulent autour de tout cela.
03:21– Justement, Elisabeth Louvel, ces missions que vos équipes sont chargées de réaliser,
03:25est-ce que vous pouvez nous en dire un mot sur quoi vous travaillez quotidiennement ?
03:29– Oui, bien sûr. Alors, depuis notre création, je ne suis pas seule,
03:32moi, je suis la porte-parole et la directrice,
03:34mais j'ai un directeur de publication qui est un universitaire.
03:37Nous avons aussi des professionnels du droit, des juristes,
03:40des étudiants aussi en droit qui nous aident,
03:43des contributeurs volontaires qui écrivent des articles aussi de façon bénévole
03:47ou des journalistes même.
03:49Donc, fortes de cette équipe de rédacteurs efficaces et sérieuses,
03:54nous pouvons analyser des décisions de manière juridiquement correcte, j'ai envie de dire,
03:58et ainsi, finalement, notre champ d'action est assez large
04:03puisque nous ne nous en tenons pas à l'ordre judiciaire uniquement
04:07et nous allons jusqu'à, voilà, nous intéresser aussi à l'administratif.
04:11– La justice administrative.
04:13– La justice administrative qui, il faut le dire,
04:16est quand même responsable d'un contentieux très important
04:20qui la submerge aussi, qui est le contentieux des étrangers.
04:23Donc, tout cela influe sur les politiques publiques
04:25et sur la vie des Français en général.
04:27Donc, c'est un champ d'action très vaste et nous avons beaucoup à faire.
04:31– Et justement, cette dichotomie entre une justice judiciaire
04:34et une justice administrative, vous trouvez cela normal ?
04:37On est un des seuls pays à, justement, opérer cette distinction ?
04:40– Oui, absolument.
04:40Il y a beaucoup de critiques là-dessus, sur cette dualité qui est parfois concurrente
04:45et qui n'est pas logique dans certaines décisions.
04:47– Les institutions publiques ne sont pas soumises au même droit que les civils ?
04:50– Alors non, parce que vous avez le droit administratif qui s'occupe des affaires
04:55entre l'État et les administrés et le judiciaire, lui,
04:58qui est plus directement, concerne plus directement les citoyens au civil et au pénal.
05:03– Et vous traitez toutes les branches civiles, pénales, commerciales,
05:07les décisions de justice de la CEDH, de la Cour européenne ?
05:10– Oui, qui sont contraignantes la plupart du temps pour la France,
05:12donc c'est important de les traiter.
05:14Et c'est, comme je vous le dis, un champ d'action assez vaste.
05:17Nous avons un site internet qui relaie déjà beaucoup d'analyses
05:20et sur des décisions emblématiques, des décisions d'actualité.
05:24Nous avons également une lettre d'information hebdomadaire
05:27que nous envoyons à nos abonnés et qui retrace un jugement qu'on a expliqué
05:32ou un thème que nous abordons, qui est passé sous les radars
05:37ou alors qui a fait polémique.
05:38Nous avons beaucoup d'abonnés également sur les réseaux sociaux qui nous suivent
05:41et nous en avons de plus en plus parce que c'est vrai que cette façon de faire,
05:45d'expliquer les décisions avec des mots, je dirais, accessibles
05:49et pas forcément qui ne parleraient qu'aux juristes,
05:52c'est important aussi d'expliquer les décisions.
05:54C'est aussi parce que la justice n'est pas intelligible
05:57qu'elle manque, que les Français n'ont pas vraiment confiance en elle.
06:01– Vous évoquiez tout à l'heure une publication du syndicat de la magistrature
06:07sur l'affaire Quentin-de-Ran.
06:10Est-ce que vous pouvez nous expliquer quelles sont les affaires,
06:13les dossiers importants sur lesquels vous travaillez ce mois-ci aujourd'hui ?
06:16– Oui, alors nous avons déjà rendu un excellent dossier.
06:20Nous avons eu de très bons retours sur le Conseil constitutionnel
06:23d'environ 120 pages où nous avons apporté des propositions
06:27pour démocratiser le Conseil constitutionnel.
06:29Et à l'instar de ce dossier, nous allons sortir bientôt un autre dossier,
06:33lui, sur le syndicalisme et la magistrature.
06:36Donc évidemment, nous allons évoquer le syndicat de la magistrature,
06:38mais qui n'est pas le seul syndicat dans la magistrature française.
06:41Il y a aussi d'autres syndicats, même dans l'ordre administratif.
06:46Donc nous allons retracer un peu tout cela, l'histoire du syndicalisme,
06:50faire un comparatif avec les pays étrangers, notamment l'Allemagne,
06:53qui a interdit les syndicats politisés.
06:56Et nous aurons également des témoignages exclusifs de magistrats
06:59qui apporteront leur avis et leur conseil là-dessus,
07:05afin également de réformer ce système de syndicalisme.
07:08– Comment est-ce qu'on interdirait aujourd'hui,
07:10comment est-ce qu'on motiverait une interdiction de syndicalisme
07:13dans la magistrature aujourd'hui ?
07:15– Je pense qu'il y a quelque chose de très concret à faire,
07:17qui serait de revoir le règlement de la neutralité des magistrats.
07:23C'est-à-dire que vous avez des règles normalement de neutralité,
07:25puisque c'est quand même une des qualités essentielles de la justice,
07:30et qu'elles soient impartiales et indépendantes.
07:32Il faudrait revoir ces règles de neutralité en interdisant
07:35l'appartenance à un mouvement politique pour un magistrat,
07:38parce que ça doit peut-être choquer certains téléspectateurs,
07:41mais ce n'est pas le cas.
07:42Et en interdisant aussi, je le crois,
07:45certaines participations à des manifestations
07:47ou à des conférences qui seraient politisées.
07:50Ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce serait déjà un grand pas
07:53pour contrer la politisation de la magistrature.
07:56– Certaines personnes aussi, c'est le cas en Angleterre,
07:59où je crois qu'il est obligatoire de devoir manifester
08:04son appartenance à des réseaux d'influence,
08:07style franc-maçonnerie.
08:08Est-ce que cela vous parle, vous, dans votre observatoire ?
08:11– Oui, absolument.
08:11D'ailleurs, dans notre dossier syndicalisme et magistrature,
08:14nous allons parler justement de ces conflits d'intérêts
08:16et de ces déclarations de transparence qui sont essentielles.
08:18et notamment, nous allons parler du sujet du déport des magistrats
08:24lorsque des décisions, justement, sont peut-être juridiquement
08:28trop proches de leur appartenance.
08:29Et je pense notamment, ça me fait rebondir sur l'attentisme judiciaire
08:34du Conseil d'État s'agissant de la jeune garde,
08:36ce groupe usule d'extrême-gauche qui a été tristement célèbre,
08:39qui est responsable de la mort de Quentin.
08:42Cet attentisme judiciaire du Conseil d'État, justement,
08:44nous y sommes intéressés en nous intéressant aux rapporteurs
08:48qui sont en charge du dossier et qui, selon nous,
08:52enfin, c'est selon nous, selon toute vraisemblance,
08:55sont très proches du Parti Socialiste,
08:58en étant d'anciens contributeurs, justement, à la mairie de Paris,
09:03en tant que maire adjoint également,
09:05une rapporteuse qui est maire adjoint à la mairie de Paris.
09:07Donc, c'est quand même assez… voilà, ça interroge fortement.
09:11– Oui, les magistrats sont les personnalités parmi les plus influentes,
09:17les plus puissantes en France.
09:18On leur donne tout pouvoir, ils n'ont aucune responsabilité.
09:23C'est ce que, parfois, ceux dont les Français peuvent se plaindre,
09:26quand quelqu'un se fait tuer parce qu'un détenu a été libéré par un juge,
09:32personne ne pointe du doigt ce juge en lui disant
09:34« Mais vous êtes responsable de cette situation ».
09:36– Absolument, c'est comme si les magistrats aujourd'hui en France
09:39avaient une infaillibilité magistraturale, on va dire,
09:43et qu'ils ne souffraient aucune critique.
09:45J'ai vu notamment, je crois pas plus tard que ce matin,
09:47c'est la maire d'Elias qui demande à ce que les magistrats
09:50qui ont commis des erreurs rencontrent les proches des victimes
09:54et les victimes quand elles sont encore là, pour s'expliquer.
09:56Et c'est aussi ce que nous voulons faire avec l'observatoire
10:00des décisions de justice, c'est responsabiliser les magistrats,
10:05justement, en nommant certains magistrats, dont les données sont publiques,
10:08ce ne serait pas mettre une cible dans leur dos
10:09et trouver des informations confidentielles,
10:12mais il y a des noms de magistrats, de hauts magistrats notamment,
10:14qui sont connus, et nous voudrions justement présenter cela aux Français
10:19pour qu'ils se responsabilisent aussi de leurs décisions.
10:22et c'est vrai que c'est quelque chose de révoltant.
10:27Voilà, que ce soit le seul finalement, dans tout le corps professionnel,
10:32c'est un peu la seule profession qui ne rend pas de compte
10:37lorsqu'il commet des erreurs ou qu'il y a des défaillances manifestes.
10:41Alors, comme pour les parents d'Elias,
10:43vous recevez de nombreux témoignages de Français
10:46qui ont été confrontés à la justice,
10:48de quoi se plaignent les Français
10:50quand ils sont pris entre les mains de la justice ?
10:54Alors, beaucoup se plaignent de l'opacité de la justice,
10:58de son silence.
10:59Ils sont victimes soit d'injustice,
11:02soit justement d'abandon de la justice.
11:04Ils sont confrontés à un mur.
11:05Donc, on a beaucoup de gens comme ça qui interpellent la justice,
11:09qui portent plainte, qui relèvent des choses
11:12et qui n'ont aucune réponse.
11:15Donc ça, c'est beaucoup de témoignages de la sorte.
11:18Nous avons aussi des témoignages...
11:19Les magistrats se couvrent entre eux, c'est-à-dire ?
11:21Oui, ou alors il y a un mépris de la demande citoyenne,
11:24du citoyen lambda qui demande justice.
11:27Je pense notamment à une personne
11:29qui a relevé un cas de corruption dans son entreprise
11:34et elle bataille depuis des années
11:36pour connaître la réponse de la justice.
11:39Et elle réalise aussi un système de corruption, etc.
11:43Donc, c'est des Français qui nous envoient ce genre de témoignages.
11:46Ils sont intéressants.
11:47Et notamment, j'ai eu aussi le cas d'un témoignage de policiers
11:50qui nous parlait des classements sans suite,
11:52qui sont une vraie honte en France,
11:55puisque je ne sais pas si vous le savez,
11:56mais il existe un mécanisme assez bureaucratique de code
12:01que le parquet peut utiliser pour classer sans suite une affaire.
12:04Donc, vous avez par exemple le code 72
12:06qui classe l'affaire quand la procédure arrive
12:09après un délai trop tardif.
12:11Vous avez le code 75 qui classe la procédure
12:14quand l'auteur n'est pas vraiment identifié,
12:16quand les preuves ne sont jugées pas assez probantes.
12:21Et donc, on classe en cochant cette case.
12:24Et ainsi, finalement, vous avez les statistiques
12:26du ministère de la Justice qui augmentent,
12:29alors que c'est en fait des statistiques artificielles
12:32qui sont créées par ce code-là,
12:34qui classent sans suite, sans avoir rendu justice à personne.
12:36– Et vous dénoncez tout à l'heure la lenteur de la justice
12:40dans certains cas, mais dans d'autres,
12:42la justice peut être très rapide.
12:44C'est ce qu'on avait d'ailleurs constaté
12:46à l'époque de l'affaire Fillon,
12:48quand le parquet national financier avait été très rapide.
12:53Madame Eliane Oulette, qui présidait cette instance,
12:57avait déclaré avoir reçu des pressions
12:59venant de l'exécutif et l'assommant
13:03d'aller très vite dans la résolution de cette affaire.
13:07– Oui, oui, il y a des affaires qui vont très vite.
13:09C'est pour ça qu'on parle aussi de justice à deux vitesses.
13:11Vous avez aussi une affaire qui a révolté
13:14beaucoup de Français concernant le squat.
13:17Quand vous avez un citoyen lambda qui se plaint d'un squat,
13:20il doit attendre jusqu'à presque deux ans, voire beaucoup plus.
13:23Et quand c'est un magistrat qui se fait squatter
13:25sa résidence secondaire, tout d'un coup,
13:27la justice est beaucoup plus rapide.
13:29Voilà, donc ça, c'est des cas de justice à deux vitesses.
13:31Nous en avons beaucoup également.
13:33– C'est quoi les décisions de justice
13:35les plus emblématiques que vous ayez eues
13:38à traiter, vous et votre équipe ?
13:39– Alors, les plus emblématiques, je ne sais pas,
13:43en tout cas celles qui ont été les plus fortement,
13:45qui ont révolté le plus fortement l'opinion publique
13:47et qui ne sont pas forcément médiatisées,
13:49mais qui sont passées sous les radars,
13:52reflètent évidemment le laxisme
13:54dans l'application du droit qui existe.
13:57Mais pourtant, en fait, vous voyez des différences
13:59entre ce qui existe dans le droit, dans le code,
14:01ce qui est requis même parfois par le procureur
14:03et au final, ce qui est exécuté.
14:05Et c'est là aussi, c'est ça qui est révoltant également.
14:09Et on voit par exemple, c'est une affaire très récente,
14:12vous en avez sans doute parlé ici à TV Liberté,
14:15cette jeune femme qui s'est fait percuter en moto
14:19par deux personnes,
14:22qui manifestement étaient en violation du code de la route
14:24et qui roulait beaucoup trop vite,
14:26enfin bref.
14:26Elle s'est fait tuer sur sa moto,
14:28elle avait 32 ans,
14:29Estelle Root,
14:30et sa mère est indignée
14:33parce que les deux assassins
14:34n'ont pris qu'un an de prison ferme aménageable.
14:37Donc ces deux chauffards
14:39ne passeront même pas une nuit en prison
14:41et ont une peine de prison aménagée
14:43alors qu'ils sont multirécidivistes.
14:46Donc ce sont des choses qui choquent les Français.
14:49Vous avez le jeune Théo
14:50qui a été assassiné dans une boutique ou de télécom
14:52par un homme qui est venu lui planter un couteau
14:56qui a été jugé irresponsable pénalement.
14:59Et ça veut dire qu'il ne sera pas jugé,
15:00il n'y aura pas de sanction,
15:02il n'y aura pas de prison,
15:02il va aller en hôpital psychiatrique.
15:04Les juges ont conclu à son abolition totale de discernement.
15:08C'est terrible pour les familles des victimes
15:10qui ont perdu quelqu'un
15:11parce que la justice là-dessus n'est pas rendue.
15:14Vous évoquiez un petit peu tout à l'heure,
15:16Elisabeth Louvel,
15:17cette complaisance de la justice
15:18à l'égard de l'extrême-gauche,
15:21notamment dans le cas de l'affaire Quentin de Ranck.
15:24Tous les magistrats ne sont pas de gauche.
15:27Cette complaisance est-elle totale
15:29dans les décisions de justice ?
15:30Et ne saluez-vous pas parfois
15:32des décisions de justice qui vous semblent correctes ?
15:35– Si, absolument.
15:36Tous les juges, bien sûr,
15:37ne sont pas complaisants envers l'extrême-gauche.
15:39Je parlais de Quentin de Ranck
15:41parce que je parlais du syndicat de l'administrature
15:43qui avait fait un communiqué honteux là-dessus.
15:46Mais il y a bien sûr des juges
15:48et d'ailleurs nous les nommons
15:51quand ils font un travail
15:53qui est tout à fait honorable.
15:54Je sais bien que le travail de magistrat est difficile.
15:57On n'est pas tout le temps en train de leur taper dessus.
15:59Et je pense notamment à une affaire à Brest
16:00où un policier a été blessé par un tir de mortier.
16:04Et c'est le procureur
16:05qui a requis une peine exemplaire
16:08que la juge n'a pas suivie d'ailleurs.
16:10Mais il faut relever tout de même
16:12que le procureur, lui, avait voulu frapper fort.
16:14Et après, c'est une question justement de…
16:17– D'appréciation par le juge.
16:19– Oui, parce que vous avez des juges
16:20qui partagent cette idéologie anti-fruits
16:23des mêmes racailles qu'ils doivent juger.
16:26Donc on a cela très clairement dans certaines affaires.
16:29– Vous êtes également penché à l'observatoire
16:33sur le droit des étrangers.
16:35Il occupe près de la moitié
16:37du contentieux administratif en France.
16:39Comment vous appréciez les décisions
16:42de la Cour nationale du droit d'asile ?
16:45– Oui, alors le contentieux administratif
16:47représente près de 46% des affaires
16:49en droit administratif, ce qui est énorme.
16:51On ne vous dira pas, voilà, à la rentrée,
16:54j'entendais le président du Conseil d'État,
16:57M. Tabuteau, dire que les affaires
16:58sont de plus en plus nombreuses, etc.
17:00Mais il ne vous dira pas, voilà,
17:02que c'est lié au contentieux des étrangers aussi,
17:03qui écrase tout le travail administratif
17:06et qui fait justement attendre des Français
17:09pour des questions d'urbanisme.
17:11Actuellement, je crois qu'il faut 5 ans
17:13pour un recours contre un refus de construire.
17:16Donc tout cela freine et paralyse le pays.
17:19Et la Cour nationale du droit d'asile,
17:21elle, je dirais, est un véritable législateur
17:24dans tout ça, puisqu'on a l'impression
17:26qu'ils font le droit, en tout cas le droit,
17:29je veux dire, en politique migratoire,
17:32sans passer par des lois,
17:34ou par le législateur, ou par le peuple.
17:36Et la Cour nationale du droit d'asile
17:39est terrible là-dessus,
17:39parce qu'on a constaté ces dernières années
17:42qu'elle ouvrait un droit d'asile
17:45à des groupes sociaux
17:46qu'elle invente la plupart du temps,
17:48qu'elle interprète.
17:49Et récemment, dans une décision,
17:51je crois que c'était en janvier 2026,
17:53elle a donné un droit d'asile
17:55à une femme trans-péruvienne,
17:57en décrétant donc que les trans-péruviens
18:00étaient des réfugiés
18:00et qu'il fallait les accueillir en France.
18:03L'Observatoire de l'immigration et la démographie
18:05a estimé à 580 millions
18:07les personnes qui seraient susceptibles
18:09d'avoir le droit d'asile en France,
18:11et 7% de la population mondiale.
18:13Donc je pense qu'il faut se calmer un peu
18:14et que la Cour nationale du droit d'asile,
18:17dirigée d'ailleurs par M. Thomas Andrieux,
18:21Énarque, fils d'Énarque,
18:22gendre d'Énarque, époux d'Énarque,
18:24et qui est passé par les cabinets mystérielles
18:27de M. Valls, M. Héros,
18:29sous Hollande.
18:30Je pense que ce monsieur,
18:31oui, on peut le dire,
18:32est légèrement
18:34idéologisé
18:36par l'accueil inconditionnel de l'autre.
18:38Est-ce que vous proposez,
18:39Elisabeth Louvel,
18:40au sein de votre observatoire,
18:42des réformes pour avoir une justice
18:44qui commencerait en France
18:45à ressembler à une vraie justice ?
18:47– Oui, pour commencer,
18:48le début d'un commencement,
18:50je dirais que je vais les classer en trois ordres.
18:53Évidemment, des réformes juridiques,
18:55il en faut énormément.
18:56La loi SURE portée par M. Darmanin,
18:59qui est sanction utile, rapide, efficace,
19:01ça fait rêver,
19:03mais apporte des bases finalement assez minimes.
19:05Il veut limiter les aménagements de peines lourdes.
19:08Il veut limiter les sursis.
19:10Moi, je dirais que c'est la base.
19:11Il faut aller plus loin.
19:12Il faut reconsidérer la légitime défense,
19:15qui est un article qui apporte
19:17beaucoup de décisions révoltantes.
19:20L'excuse de minorité.
19:21Je pense au papa de Benoît Vasselet,
19:23qui a été assassiné le 31 mai 2025
19:25et qui m'a fait confiance
19:27en me racontant son histoire et sa situation.
19:30Et qu'il veut, lui,
19:32que la suppression de l'excuse de minorité
19:35soit vraiment réelle.
19:37– Ça date de l'ordonnance de 1945,
19:39c'est ce que vous parlez ?
19:40– Alors, l'excuse de minorité, oui.
19:43Et il est grand temps de la supprimer
19:44quand vous avez des...
19:46Enfin, je dis des ados,
19:47même moi, je parle comme eux,
19:48mais quand vous avez des types
19:50qui assassinent à 16 ans,
19:51je pense qu'on peut les juger
19:53comme des adultes deux ans plus tard.
19:55Donc ça, ce sont des réformes
19:56sur le plan juridique.
19:57Il faudrait une réforme,
19:58évidemment, structurelle.
19:59Il faudrait plus de moyens
20:00et plus de prison.
20:01Plus de moyens,
20:02parce que c'est quand même
20:03une fonction régalienne centrale
20:05dans notre État.
20:06Et c'est la moins dotée.
20:07La moins dotée en France et en Europe.
20:09Donc, sur 1 000 euros,
20:11je crois, des dépenses publiques,
20:13vous avez 7 euros qui vont à la justice.
20:14C'est rien du tout.
20:15Et plus de prisons, évidemment.
20:17On a vu un record historique
20:19de plus de 86 000 détenus
20:21pour 63 000 places de prison.
20:24Il est grand temps de construire des prisons
20:26au lieu de construire des cadas
20:27et des villages pour mineurs isolés étrangers.
20:30C'est quand même une des priorités
20:31du gouvernement.
20:32Et enfin, une réforme
20:34que je qualifierais d'institutionnelle,
20:36ce serait, et justement,
20:38pour rendre responsables les magistrats,
20:40ce serait qu'ils soient responsables
20:42devant un organe indépendant.
20:43Ce qui n'est pas le cas du CSM aujourd'hui.
20:45Un organe...
20:46C'est supérieur de la magistrature.
20:47Oui, absolument.
20:48Qui est composé de pairs.
20:50Donc, il y a un corporatisme,
20:51voilà, étouffant
20:52et qui fait qu'ils sont rarement
20:57sanctionnés entre eux.
20:58Donc, il faut un organe indépendant
20:59et qui réponde de sa responsabilité lui-même
21:02devant le Parlement.
21:03Je pense que cela,
21:04ça peut se faire
21:07si un dirigeant
21:09ou les décideurs de demain,
21:10parce que l'observatoire
21:11des décisions de justice
21:11appelle aussi les politiques
21:13et les candidats
21:14à prendre, justement,
21:15des décisions concrètes
21:16et urgentes là-dessus.
21:17Je pense que ce sont déjà
21:19des premiers pas effectués
21:20qui changeraient beaucoup
21:21le visage de la justice.
21:23Vous avez un site internet,
21:25Elisabeth Louvel.
21:27Oui.
21:28Est-ce que vous pouvez nous rappeler
21:29l'adresse
21:30et puis surtout nous expliquer
21:32comment les téléspectateurs
21:34de TV Liberté
21:35pourraient vous aider ?
21:36Oui.
21:37Alors, l'adresse,
21:38si je suis bien claire,
21:39c'est observatoire-justice
21:42arrobase...
21:43Non, il n'y a pas d'arrobase,
21:44c'est une adresse même.
21:45Oui.
21:45Je récapitule.
21:47Observatoire-justice.org,
21:49tout simplement.
21:50Et sur notre site,
21:51vous trouverez nos décisions.
21:52Et comment nous soutenir
21:53en vous abonnant
21:54à notre lettre d'information,
21:56en, évidemment,
21:56en effectuant un don
21:57pour notre observatoire
21:59et en contribuant peut-être
22:01avec un témoignage
22:02que vous avez été victime
22:04de l'injustice
22:06ou vous avez des histoires
22:08à nous rapporter.
22:09Alors, c'est ainsi
22:10que vous pouvez aussi
22:11nous aider et nous faire vivre.
22:13Elisabeth Louvel,
22:13vous êtes la directrice générale
22:15de l'Observatoire
22:16des décisions de justice
22:18et d'ailleurs,
22:19j'informe à nos téléspectateurs
22:21que votre directeur
22:22de la publication
22:23est un habitué
22:25de TV Liberté.
22:26On ne le nommera pas,
22:27mais il est déjà venu
22:28sur nos plateaux.
22:29Oui, parfaitement.
22:30Je peux nommer
22:30son dernier livre quand même
22:31et puis on vous le retrouvera facilement.
22:33La République des juges
22:34contre la nation
22:35que je vous invite à lire
22:36et qui résume un peu
22:38l'esprit de notre observatoire.
22:39Merci, madame.
22:40Merci à vous.
22:42Sous-titrage Société Radio-Canada
22:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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