00:03De Saint-Etienne à New York en passant par Tokyo, en 20 ans, la galerie Sesson et Bénétière s'est
00:10construite une place sur la scène artistique internationale.
00:14Pourtant tout a commencé dans la Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes.
00:17Comment cette galerie a-t-elle réussi à s'exporter aux quatre coins du monde, tout en restant profondément attachée
00:23à son territoire rencontre avec l'un de ses fondateurs ?
00:26L'École des Beaux-Arts a toujours été extrêmement active à Saint-Etienne et a créé des générations d'artistes
00:30très conséquentes dans les années 80 notamment.
00:33Otoniel, Favier, Pifaretip, pour citer des exemples.
00:35Le musée et les musées de Saint-Etienne, Bernard Sesson avait repris dès 1974 le musée d'art de l
00:40'industrie,
00:41qui est un des premiers musées au monde à remontrer Franck Stella.
00:44Le musée d'art moderne, bien sûr que Bernard a inauguré en 87, est encore très actif, deuxième collection de
00:49France.
00:49Donc on va dire que l'art infuse dans la culture stéphanoise et fait assez partie de la vie ici.
00:55En 2006, un petit local s'est libéré dans une petite rue un peu crasseuse de Saint-Etienne.
01:00On a pris ce petit lieu et on a fait une expo pour essayer.
01:03Mais au départ, on s'est dit on va voir ce que c'est.
01:06On ne savait pas du tout ce que c'était d'être galeriste et vraiment pas d'ailleurs pour vous
01:09dire.
01:10Donc on a fait cette première exposition de Claude il y a 20 ans.
01:13Et on a été heureusement surpris de voir qu'on en vendait quelques-unes.
01:17On s'est dit que ce métier a l'air intéressant quand même.
01:19Et puis assez rapidement, on a développé, on s'est un peu spécialisé là-dedans,
01:22même si au début on continuait un peu le commissariat et l'édition à côté.
01:26Et après, fort naturellement, les lieux se sont enchaînés.
01:28C'est-à-dire qu'on a ouvert deux ans après au Luxembourg pour, pareil, des raisons de connaissance et
01:31de marché.
01:32Après, on a ouvert à Paris, on a ouvert en Suisse, on a ouvert après à New York, à Tokyo,
01:37etc.
01:38Mais les choses se sont faites de manière très naturelle.
01:40On a beaucoup invité des artistes américains en Europe.
01:43Notamment, on a monté une résidence en Auvergne où ils peuvent venir travailler, etc.
01:47Donc, on fait régulièrement ce pont-là.
01:49Et notre galerie new-yorkaise a aussi servi très longtemps à accueillir des expositions d'artistes français.
01:53Il y a vraiment cette idée de bouger un petit peu, que les gens se reconnaissent et se croisent.
01:58On a eu aussi l'opportunité de créer ce très grand lieu qu'on a fait sortir de terre en
02:022021,
02:03dont on est propriétaire et qui est notre navire amiral,
02:06où on a concentré notre sèche sociale, notre comptabilité, notre logistique.
02:10On veut garder cet ancrage aussi parce que ça crée une spécificité de la galerie.
02:13Ça crée aussi une possibilité de faire des expositions extraordinaires dans une ville
02:16qui est très identifiée quand même pour l'art contemporain avec un musée très actif.
02:21Et puis, c'est assez paradoxal, mais on a une galerie à Paris depuis presque 14 ans
02:25et les gens nous assimilent encore vraiment beaucoup plus comme des Stéphanois.
02:29Et donc, on ne va pas renier notre spécificité.
02:32En fait, cette galerie, quand on l'a créée, on changerait peut-être quelque chose aujourd'hui,
02:37mais était un peu l'aboutissement de nos réflexions sur ce qu'on voulait que soit une galerie.
02:40C'est-à-dire des grandes salles très efficaces, aussi des lieux d'accueil, de restauration, etc.
02:45Il y a aussi une lecture commerciale, très claire.
02:48C'est-à-dire qu'il y a énormément de collectionneurs en région.
02:51Les gens sont très actifs aujourd'hui, ont peut-être moins le temps qu'avant de faire les foires,
02:56de se déplacer, etc.
02:58Et nous, on a fait le pari qu'il ne fallait pas forcément attendre que les gens se déplacent à
03:01Paris
03:01ou sur les foires pour découvrir les œuvres et qu'au contraire, ils seraient heureux qu'on leur les amène.
03:06En Saint-Etienne, c'est vrai qu'on y a fait nos armes depuis longtemps, on est assez connus ici,
03:09on est assez identifiés.
03:11Mais aujourd'hui, le marché a explosé, c'est-à-dire qu'en termes géographiques, j'entends.
03:15C'est-à-dire que là, sur l'exposition de Vialla, peut-être la moitié des œuvres qui seront vendues
03:19ne seront, voire les trois quarts, pas des Stéphanois.
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