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  • il y a 6 mois
Anne Brassié reçoit deux administrateurs de défense de la langue française qui révèlent le mauvais état de notre langue, les attaques subies de l'anglais mais aussi sa détérioration due à un enseignement qui n'a plus la langue française pour priorité. Monsieur Gusdorf et Monsieur Schroerder luttent pour la souveraineté du français qui dépend évidemment de la souveraineté de la France. Vaste sujet !

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:04Musique
00:22Chers amis de TV Liberté, bonjour.
00:25Nous avons la joie de recevoir ce matin M. Schroeder et M. Gussdorf
00:29pour parler de langue française.
00:33Ils appartiennent tous les deux à cette très belle association
00:36Défense de la langue française.
00:38Et ils vont nous présenter leur action
00:43et nous alerter sur un sujet qui quand même devient de plus en plus grave
00:48puisque le français est entièrement submergé de mots anglais.
00:53Ça devient une manie terrifiante.
00:55Et puis, comment peut-on réagir
01:02et comment peut-on inviter les français à parler leur langue
01:08et non pas un globiche insupportable.
01:12Alors, je sais qu'il y a une deuxième association,
01:15il y a Défense de la langue française et Avenir.
01:17Quelle est la différence ? Pourquoi deux associations ?
01:23En fait, il y en a plus que deux.
01:25Il y en a une bonne cinquantaine.
01:26Ah oui ?
01:27Une constellation un peu de…
01:30Ah, c'est bien.
01:31… d'associations plus ou moins confidentielles.
01:33Oui.
01:34Je dirais très simplement que nous, à DLF,
01:36on est les seuls qui aient des adhérents sur toute la France.
01:43Vous êtes un peu le navire école.
01:45Oui, avec notamment le support de cette revue qui est très bien faite
01:48et qui existe depuis 1958.
01:51C'est ça.
01:52Et c'est là.
01:52Elle est unique en son genre.
01:54Nous sommes la seule association à publier tous les trimestres
01:57un document comme celui-ci.
01:59Et pour finir de répondre à votre question, à LF, nous, nous connaissons tous.
02:03À l'avenir de la langue française, ce sont des gens très, très respectables
02:08avec à leur tête d'anciens gouvernants et un carnet d'adresses particulièrement fourni
02:14qui est très précieux.
02:15Pour politique, donc ?
02:15Oui, oui, oui.
02:16Qui permet d'avoir des contacts et des entrées,
02:20de pousser des dossiers de façon intéressante.
02:23Très, très bien.
02:24Ils sont plus dans l'institutionnel et nous, plus dans…
02:27On essaye de s'ouvrir le plus possible au grand public.
02:31Très, très bien.
02:31Il faut savoir qu'il y a quatre associations agréées
02:34par la Délégation Générale à la langue française et aux langues de France,
02:39dont Défense de langue française, Avenir de langue française,
02:43le Forum francophone des affaires et l'AFALE,
02:46qui est une association qui souhaite regrouper un petit peu toutes les autres.
02:50D'accord.
02:51Agréées pour rester en justice, entre autres.
02:53Pour rester en justice, c'est-à-dire pour attaquer en justice.
02:56Voilà.
02:56Parce que l'esté, c'est un mot du vocabulaire juridique
03:01qui n'est pas accessible à tout le monde.
03:04Nous évoquerons aussi ce livre.
03:06C'est quoi déjà le mot en français ?
03:08C'est un livre qui a été publié, écrit par Michel Feltin-Palace
03:14et qui évoque ce que je venais de dire, la colonisation linguistique.
03:21Alors, si vous voulez, pour rire un peu, on va commencer par faire un état des lieux
03:25et voir tout ce qui ne va pas de nos jours.
03:30On est sidérés et on a l'impression que c'est une marée montante qui ne cesse de monter.
03:35La marée en Normandie, elle s'arrête au mur, à la falaise, à la route.
03:41Là, ça continue, ça continue.
03:43Hier, je suis dans ma rue.
03:46Un magasin qui s'est installé de façon temporaire dans une boulangerie qui a fermé ses portes
03:51nous annonce, chers clients, notre pop-up va pouvoir continuer.
03:57Alors là, je m'interroge depuis hier.
04:01C'est lundi aujourd'hui, je ne vais pas pouvoir les interroger.
04:03Vous avez une idée de ce que c'est qu'un pop-up qui va pouvoir continuer ?
04:07Alors, il faut savoir que pour toute cette marée de vocables anglais
04:13qui nous casse les pieds à tous,
04:15il y a un organisme émanant du gouvernement qui est France Terme,
04:22qui propose, hélas, avec un délai qui nous paraît à tous énormément trop long,
04:28qui propose toute une série d'équivalents français quand il n'y en a vraiment pas.
04:32Et le pop-up, c'est la boutique éphémère, en fait.
04:34C'est ça. Mais pop-up, ça veut dire…
04:37Alors, un pop-up en anglais, ça veut dire qui surgit, par exemple.
04:40C'est ça, qui surgit.
04:41Les livres pour enfants, quand on l'ouvre, il y a quelque chose qui se déploie.
04:45Il y a des fenêtres qui peuvent apparaître sur des écrans.
04:48Et c'est ça.
04:48C'est ça. Mais enfin, pour le client de ma rue, là, je pense que ça doit être un peu
04:53obscur.
04:53C'est des boutiques qui sont actives pendant un mois, deux mois ?
04:56Vous parlez d'une vague montante.
04:59Oui.
04:59Il ne faut pas se laisser aveugler par une certaine illusion,
05:05dans la mesure où les termes anglais ou anglicisants qui nous envahissent
05:11sont propagés par une minorité de gens, c'est-à-dire les communicants.
05:16Oui, absolument.
05:16Les communicants, que ce soit des communicants en tant que journalistes,
05:20chroniqueurs politiques ou publicitaires,
05:22ce sont eux qui poussent les anglicismes.
05:25En revanche, la prise sur les populations est très faible.
05:30Il y a des sondages qui sont publiés régulièrement,
05:32notamment par la délégation générale à la langue française et aux langues de France,
05:36qui montrent qu'une majorité significative des personnes interrogées
05:41se disent agacées ou hostiles par les publicités en anglais.
05:44Oui, très bien.
05:45Ça, c'est une très bonne nouvelle.
05:46Merci, monsieur.
05:48Mais c'est vrai que plus il y en a et plus on est terrifié.
05:52C'est un peu ça qu'on essaye de servir.
05:55C'est-à-dire que si vous en avez assez des hashtags,
05:59alors qu'en français, on a le mot dièse qui a quand même une autre allure,
06:01si vous en avez assez de la to-do list,
06:03alors qu'il y a la liste de tâches que tout le monde comprend,
06:06si vous en avez assez de, etc., rejoignez DLF.
06:10Bon, ça, c'est une très bonne chose.
06:11Ça, c'est une bonne chose.
06:12On va donner des exemples, quand même, parce que...
06:17Alors, moi, la chose qui m'agace le plus, c'est le cinéma,
06:21les titres des films en anglais.
06:22Mais je croyais qu'il y avait une loi tout bon.
06:26Alors, il faut savoir que pour les films en anglais,
06:28il y avait obligation de traduction en français jusqu'à l'année,
06:31je ne sais plus combien, 1946 ou 1950, quelque chose comme ça,
06:35qui a été un des abandons.
06:37Oui, conséquence de la victoire.
06:41vis-à-vis des anglais.
06:42Oui, oui.
06:43Exactement, comme il y a eu abandon du français comme langue diplomatique
06:46à partir de... dans toute l'Europe, à partir de 1945, de la même façon.
06:50C'est 45, ça a vraiment été la...
06:52Ah oui, oui.
06:53Mais le passage décisif, c'est le tournant des années 90.
06:57À partir de là, on a vu des films qui, jusqu'à présent,
07:01s'obliger à avoir des titres français,
07:04sortir dans le titre original.
07:06Tranquille.
07:06Mais encore une fois, la loi Toubon, c'était pour contrer cela.
07:10Elle n'est pas appliquée ?
07:11Elle a disparu ? On la cherche ?
07:13La loi Toubon a été, il faut le dire,
07:15donc la loi du 4 août 1994,
07:17a été largement amputée de certains de ses éléments
07:22par le Conseil constitutionnel.
07:24C'est ça.
07:24En 1994.
07:25Ce qui fait qu'aujourd'hui, tu me coupes si tu le juges utile,
07:30elle a produit des effets tout à fait bénéfiques dans certains domaines
07:33et tout à fait insuffisants dans d'autres.
07:36Alors, quels sont les domaines où elle a produit des effets positifs ?
07:39Il y a d'abord la protection du consommateur,
07:41avec la nécessité, quand vous achetez un bien électroménager,
07:47électronique ou autre, d'avoir une notice qui soit en français.
07:51Oui, c'est vrai, oui.
07:51Alors, en général, aujourd'hui, quand vous achetez ce genre de biens,
07:54vous avez une notice qui a 6, 7, 8 langues.
07:57Oui, absolument.
07:58Donc ça, ça a eu un effet très positif.
07:59Un autre effet positif, c'est en matière de relations de travail,
08:02de droits du travail, avec l'obligation d'avoir des contrats de travail en français
08:09et des contrats entre entreprises, également sur le territoire français, en français.
08:15En revanche, il y a des effets très insuffisants,
08:18ou plutôt des mesures très insuffisantes,
08:19qui font qu'aujourd'hui, nous assistons à cette invasion de l'anglais en matière publicitaire.
08:25Parce que la loi Toubon a du pouvoir et une relative influence dans le domaine public.
08:33Et hélas, dès le démarrage, les juges ont estimé qu'ils n'étaient pas concernés
08:38pour tout ce qui concerne la publicité.
08:42Il y a deux réflexions.
08:43C'est un, pourquoi le Conseil constitutionnel a trouvé utile de limiter la loi Toubon.
08:51Mais enfin, quand on voit les décisions du Conseil constitutionnel,
08:54c'est toujours à l'encontre de la France qu'elles sont faites.
08:58Donc c'était la première chose.
09:00Et puis, deuxièmement, je ne vois pas pourquoi les juges,
09:09même réflexion que pour le Conseil constitutionnel,
09:13les juges ne sont pas particulièrement préoccupés du français moyen.
09:18C'est le moins qu'on puisse dire.
09:19– Alors ils ont décrété que cette loi était imprécise,
09:23ou que cette loi était mal rédigée, etc.
09:26– C'est ça.
09:27– Du coup, on essaye de l'améliorer.
09:29– Alors il y a également la question des autorités de régulation.
09:32Pourquoi est-ce que ça fonctionne en matière de protection du consommateur,
09:36avec les notices en français ?
09:37C'est grâce à la DGCCRF,
09:40Direction générale de la concurrence de la consommation
09:42et de la répression des fraudes,
09:44qui fait respecter ça avec des amendes à l'appui.
09:48– C'est ça.
09:48Et nous, pour la langue française, il n'y a pas cet organisme ?
09:51– Ça marche également en matière de droit du travail,
09:54parce que vous avez des syndicats qui sont intransigeants
09:56et des entreprises qui s'exposent à de fortes amendes
09:58si elles ne respectaient pas ces notions de contrat en français.
10:03En revanche, pour ce qui concerne la publicité
10:06et pour ce qui concerne le langage des médias,
10:10nous avons des autorités de régulation
10:12qui sont, comme le dit Jacques Toubon, compréhensives.
10:16– C'est ça, oui.
10:17– C'est-à-dire que nous avons d'une part l'autorité de régulation professionnelle
10:20de la publicité pour tout ce qui est texte publicitaire
10:23et de l'autre, l'ARCOM, qui ne sont pas enclines à prendre des mesures
10:28très vigoureuses pour le respect des langues françaises.
10:31– Non, non, absolument.
10:32– C'est pour ça que nous militons avec d'autres,
10:35pour que cette loi Toubon soit modernisée.
10:38– Oui.
10:38– Et on comptait bien le faire l'an dernier, en 2024 plutôt.
10:41– Il y avait 30 ans de la loi Toubon.
10:43– Ah oui.
10:43– L'ARCOM, quand on en parle, le sobriquet,
10:46que tout le monde connaît de ceux qui ont entendu parler de l'ARCOM,
10:49c'est le gendarme des médias.
10:51– Oui, oui.
10:51– Et eux proclament en permanence,
10:54mais intervention après intervention,
10:56nous ne sommes pas le gendarme des médias.
10:58– Oui, oui.
10:58– Non, parce que le gendarme…
10:59– C'est à désespérer.
11:00– C'est à désespérer.
11:00– A très mauvaise réputation,
11:01donc ils ne veulent pas assumer leur rôle de régulateur.
11:06– Mais continuons, alors il y a le cinéma,
11:08il y a la publicité qui inonde partout,
11:12et alors pour des enseignes de très grand public,
11:17Auchan…
11:19– Mais toutes les marques.
11:21– Et en France, enfin bon bref.
11:24Il y a aussi les universités,
11:27puisque toutes les maîtrises et thèses
11:30doivent être maintenant publiées en bilingue.
11:33Bonjour l'écoute.
11:35– Et puis alors, il y a une chose qui est amusante,
11:39c'est l'intelligence artificielle,
11:44qui malgré tous les espoirs que l'on peut porter sur elle,
11:50n'est quand même pas tout à fait au point.
11:53J'écoute pas mal de vidéos.
11:56Et alors c'est très amusant,
11:58vous avez donc un texte qui est lu par des voix artificielles,
12:01très belles d'ailleurs,
12:02mais vous avez un texte en dessous.
12:05Et alors je vous donne quelques exemples.
12:07Fra Angelico, ça devient Fra Helico,
12:11avec un H, comme les hélicoptères.
12:13Il hocha la tête,
12:15O-A-U-C-H-A-T quand même.
12:20– Un tableau de Guardi et de Corot,
12:23ça devient de garde et de Corot,
12:26C-O-R-A-U-X.
12:28Là on est en plein…
12:30Et sans tasse, ça devient 100,
12:33le chiffre 100, et tasse plus loin.
12:35– Ah, pas mal, pas mal.
12:36– Alors, c'est connexe à notre sujet,
12:40mais c'est quand même très intéressant
12:42de voir que la langue française
12:44n'est absolument pas respectée là non plus.
12:47– Oui.
12:49– Là non plus.
12:50Donc l'écriture, il n'y a plus de liaison,
12:53il n'y a plus aucune liaison,
12:55il y a des fausses liaisons,
12:57enfin c'est un langage qui est,
12:59pour moi, professeur,
13:01qui est absolument agressif et fou.
13:05Bon, fin de l'intelligence artificielle.
13:11Mais, et puis bon,
13:14venons-en à cette initiative
13:18qui était de M. Macron, je crois,
13:21la cité internationale de la langue française
13:24à un vilaire concret
13:27pour célébrer l'anniversaire
13:29de ce décret de François 1er,
13:35qui, voulez-vous nous donner l'impression
13:38que vous en aviez tirée en sortant de ce…
13:42– Je vais rester relativement prudent
13:44pour ce qui concerne la cité internationale
13:47de Villers-Cotterêts,
13:47la cité de la langue française.
13:49Je relève néanmoins que des critiques
13:51se font entendre de plus en plus
13:53sur, d'une part, la conception même
13:57de certains éléments de cette cité
13:59et de l'autre sur son succès auprès du public.
14:02– Absolument.
14:03– Nous avons notamment Jean-Marie Roir
14:05qui s'est élevé fortement
14:08contre la façon dont cette cité
14:10était organisée et gérée.
14:11Il y a des articles de presse qui sont sortis.
14:14Je pense que ça n'est pas terminé.
14:16– Oui, oui.
14:17Moi, j'y suis allée.
14:19J'étais toute contente de cette initiative
14:21et je me suis dit,
14:22enfin, je vais pouvoir dormir en paix.
14:25– Et en fait, j'ai été hérissée
14:27tout le long de la promenade
14:31sans être violente.
14:32Toute la partie début de la langue française
14:36est fort bien faite.
14:37Nous avons des grands personnages qui parlent,
14:39des portraits d'abord.
14:41Et puis ensuite, le problème,
14:42c'est qu'après, il y a des vidéos.
14:44Et on a fait la part belle
14:46aux populations qui, à travers le monde,
14:49parlaient le français
14:51et on a donné la parole,
14:53non pas à ceux qui étaient contents
14:55de parler le français,
14:56mais à ceux qui utilisent la langue française
15:00comme un argument
15:01sur l'oppression de la colonisation.
15:04Alors là, on est absolument effarés,
15:07d'autant plus que j'ai suffisamment étudié
15:11ces domaines pour savoir que j'ai enseigné en Afrique.
15:17Le français a été un élément d'unité
15:21à travers tous ces peuples
15:24qui n'avaient pas du tout le même dialecte.
15:27Donc, ils ne pouvaient pas se comprendre.
15:28Ils ne pouvaient se comprendre
15:29qu'en utilisant le français.
15:30Donc, c'était un grand lien.
15:33Et puis, il faut souligner
15:34le rôle d'un certain nombre
15:36de grammairiens
15:38et beaucoup de prêtres
15:40qui ont créé des lexiques,
15:43notamment en Martinique,
15:46pour que les gens prennent possession
15:48de leur propre langue.
15:50Donc, ces langues étaient des langues orales
15:52et ils ont inscrit ces langues dans le marbre.
15:56Donc, à tous les points de vue,
15:58la langue française a tout de même été
16:01extrêmement bénéfique.
16:02Donc, que ce point de vue-là
16:04n'ait pas été souligné,
16:06c'est quand même...
16:08– Comme souvent,
16:09c'est aussi une question d'ignorance coupable de l'histoire
16:12parce qu'il y a des témoignages...
16:13– Oui, cher monsieur,
16:15l'ignorance, non, non.
16:16On a donné l'organisation
16:19de cette exposition
16:22sur les deux derniers siècles
16:24à des gens qui pensent...
16:25– Une politisation.
16:26– Qui pensent que la France est une horreur,
16:29les Français sont des affreux colonisateurs et tout.
16:32– Je voulais dire qu'il y a des témoignages
16:34qu'on devrait diffuser plus.
16:37– Évidemment.
16:37– En 1962, quand il y a eu l'indépendance
16:39d'un grand nombre de pays africains,
16:41au Sénégal,
16:42Léopold Sander Senghor,
16:43qu'on ne nous présente plus,
16:45qui était un gassier normalien,
16:47camarade de Pompidou,
16:49a dit au général de Gaulle
16:50qu'il les félicitait,
16:52vous êtes enfin un pays indépendant et tout et tout,
16:54il s'est tourné vers lui,
16:55il lui a dit,
16:55« Mon général, la langue française,
16:57est-ce qu'on peut la garder ? »
16:58– C'est joli, très très joli.
17:00– Il voyait bien que c'était...
17:01– Senghor, c'était quand même un sacré personnage.
17:04Et alors, sur la couverture
17:08de votre belle revue,
17:11« Défense de la langue française »,
17:12il y a une citation de Boilem Sansal,
17:15« Faire du français une cause nationale,
17:18une affaire de sécurité nationale,
17:21c'est une question de toute première importance,
17:24de vie et de mort. »
17:26– C'est clair ?
17:27– Tout à fait, tout à fait.
17:28C'est notre secrétaire général,
17:30Guimet Mouren Véret,
17:32qui a décidé,
17:34et c'est une excellente idée,
17:35de mettre des citations de Boilem Sansal
17:37en couverture de toutes les revues
17:39correspondant à sa durée d'emprisonnement.
17:41– Oui, c'est très juste.
17:43Il le sait bien,
17:44puisqu'en Algérie,
17:45on a supprimé le français.
17:47– Oui, oui, oui.
17:48– On essaye.
17:48– Ils essayent, oui, c'est vrai que...
17:50Vous avez raison.
17:51– Alors que le français regagne du terrain
17:53dans d'autres pays d'Afrique.
17:55– Oui, oui.
17:55– Et le français regagne du terrain.
17:57Mais c'est très étonnant que...
18:01Alors, que pensez-vous de l'enseignement du français ?
18:04On va le dire tout de suite.
18:07On va continuer sur le globish,
18:10sur cette invasion de l'anglais.
18:15Qu'est-ce que vous en pensez ?
18:17Qu'est-ce que vous avez à dire sur ce sujet ?
18:19– Alors, au démarrage de tout,
18:23contrairement aux autres pays,
18:24parce que toute l'Europe,
18:26de même que le reste du monde,
18:28est soumise à cette...
18:30– Absolument.
18:31– À cette...
18:32– invasion.
18:33– À cette marée montante,
18:34comme vous disiez.
18:35Mais les autres pays font des efforts formidables
18:38– Oui, pour garder.
18:38– Pour nationaliser les mots.
18:40– Carrément, oui.
18:41– Rien qu'en Italie, rien qu'en Espagne,
18:44il y a beaucoup d'exemples.
18:45Nous, par paresse, au démarrage de la paresse,
18:49arrive le mot anglais, un nouveau mot,
18:51d'une nouvelle utilisation, d'une nouvelle technologie.
18:54Donc, on le gobe tout cru, sans le nationaliser.
18:58– Oui, c'est très intéressant,
19:00ce qui prouve bien qu'il y a une identité nationale
19:04qui demeure dans un certain nombre de pays de l'Europe,
19:07et pas du tout...
19:09– Et alors, à ça s'ajoute par la suite,
19:11la cuistrerie,
19:13m'as-tu vu ?
19:14Regarde comme je parle bien anglais,
19:16donne une couleur...
19:18– Lors d'une réunion qui a eu lieu
19:19il y a une quinzaine de jours au Sénat,
19:24M. Sauvé, qui est un ancien vice-président
19:25du Conseil d'État,
19:27a eu un terme très éloquent à ce sujet,
19:29il a parlé de trahison d'éclairs.
19:31– Carrément.
19:32– C'est le titre de l'ouvrage de Julien Banda,
19:34qui date maintenant, mais qui est toujours...
19:37– Voilà.
19:37– Toujours d'actualité.
19:38– Il a été repris par un livre de Georges Suffer,
19:42paru dans les années 70,
19:43« Les intellectuels en chaises longues ».
19:45– Il m'en souvient très bien.
19:45– Donc, cette trahison d'éclairs,
19:47ça montre bien le comportement,
19:50donc on a parlé des communicants,
19:53mais également des politiques,
19:55qui n'ont plus le sens de ce qu'est
19:58la nécessité de défendre la langue française.
20:00Je prends un exemple très précis et très bref.
20:02Nous avons eu, voici 18 mois à peu près,
20:05une conférence de presse de la ministre des Sports,
20:08qui s'appelait à l'époque Amélie Oudea Castera,
20:12sur des événements qui s'étaient produits
20:13au Stade de France peu auparavant.
20:15– Et au cours de cette conférence de presse,
20:17la première question a été posée en anglais
20:19par un journaliste britannique,
20:21ce qui était une volonté de discourtoisie.
20:24– Bien sûr.
20:25– On sait très bien ce qui se serait passé
20:27si cet incident avait eu lieu dans les années 60
20:30ou même 70.
20:31On aurait prié ce monsieur de bien vouloir reformuler
20:34sa question en anglais.
20:35Non seulement Mme Oudea Castera n'a rien dit,
20:38mais elle a répondu en anglais.
20:40Et comme elle avait du mal à rassembler ses idées,
20:42à les traduire correctement,
20:44ça s'est terminé par une certaine confusion linguistique.
20:48Voilà, c'est l'exemple même de ce qui se passe
20:51au niveau du pouvoir,
20:53où on a des gens qui sont plus soucieux
20:55d'essayer de se faire comprendre par le plus grand nombre.
20:58Vous voyez le discours de Macron à Davos,
21:00qui était peut-être un bon discours.
21:02– Il était en anglais, absolument.
21:04– C'est un anglais d'une prononciation.
21:06– Quand j'ai découvert ça.
21:08– Tout à fait.
21:08Que d'avoir, que de montrer un certain sens de l'État
21:11en défendant la langue française.
21:12– C'est ça.
21:13Non, non, c'est ça.
21:14C'est quand même une habitude qui vient de très haut.
21:17Et c'est pour ça que j'ai appelé cette émission
21:19« L'esclave parle la langue du maître »,
21:23qui est une phrase de Paul-Marie Couteau
21:25dans un très beau livre qui a déjà, je crois, 20 ans aussi,
21:29et qui est à lire parce qu'il exprime bien
21:33cette espèce de soumission hallucinante.
21:37Alors, on n'a pas encore parlé de la presse féminine,
21:40mais je ne résiste pas à…
21:43Alors, c'est une presse que je ne connais pas du tout
21:45parce que je ne m'en occupe pas.
21:48Et alors, eh bien, les femmes ont une skin routine,
21:57un plan de skin care.
22:00Ça, le care, c'est un mot qui revient tout le temps.
22:02C'est le soin.
22:04– Voilà.
22:05– Elles utilisent un gloss, éventuellement un gloss powder.
22:10– Ah là.
22:11– Et donc, elles ont toutes une daily routine.
22:17Et toujours sur les femmes, il y a une fashion week.
22:20– Oui.
22:20– Ce qui est quand même hallucinant
22:21parce que ce sont les Français qui étaient jadis
22:24tout à fait en haut du podium.
22:28On aurait très bien pu dire la semaine de la mode,
22:31ce n'était pas difficile.
22:32Eh bien non, ça devient la fashion week.
22:34– Tout à fait, oui.
22:36– C'est tout de même…
22:38– C'est une soumission.
22:39– C'est une soumission.
22:40– Qui n'a même pas de sens économique
22:44parce que la mode française reste quand même très prestigieuse
22:50et rappeler dans une manifestation de ce genre
22:54que c'est le français et la mode française,
22:57ça aurait tout son sens.
22:58– Bien sûr.
22:58Non, non, mais il y a l'écrasement total,
23:01la soumission, les quatre pattes en l'air.
23:03– Alors, vous avez un contre-exemple.
23:04Je te rends la parole tout de suite.
23:06Un contre-exemple remarquable,
23:07c'est ce qui se passe au Québec.
23:09– Oui, oui, il y a une lutte…
23:11– Le Québec a une créativité lexicale
23:14tout à fait vivace et tout à fait puissante.
23:17Et comme disait Jean-Marc un instant à propos de France Terme,
23:23France Terme, c'est un organisme qui dépend du ministère de la Culture
23:27et qui cherche les équivalents français aux mots anglo-saxons
23:31ou d'une autre langue qui paraissent régulièrement.
23:35Jean-Marc parlait précisément des délais excessifs
23:38dans lesquels ces traductions étaient proposées,
23:41ces équivalents français étaient proposés.
23:42Au Québec, nous avons quelque chose d'extrêmement réactif,
23:46de très puissant et de très fort.
23:48– Oui, mais enfin, les Québécois sont habitués
23:50depuis longtemps au combat.
23:53Et un Québécois, il vit dans un climat très froid,
23:56c'est un être assez costaud et tout ça fait des gens
24:00qui ont le sens du combat.
24:01Nous, en France…
24:02– Absolument.
24:03Nous avons des exemples en matière de publicité
24:05où Evian, qui a fait une campagne en Europe
24:07sur The Mountain of Youth,
24:10au Québec, ils ont été contraints de la décliner
24:13sous le nom La Montagne de la Jeunesse.
24:15– Évidemment.
24:16– Et vous avez également un organe de presse
24:18qui s'appelle partout The Conversation
24:21et au Québec, c'est La Conversation.
24:23Par contre, en France, c'est The Conversation.
24:25– Mais oui, non, non, c'est très, très juste.
24:28– Mais juste pour terminer là-dessus,
24:29l'argument principal qu'on nous met dans les oreilles
24:34à chaque fois, c'est…
24:35Oui, mais on met ça en anglais
24:36parce qu'il faut bien le mettre dans la langue internationale.
24:39Dans la langue internationale.
24:40– Non, non, la langue internationale.
24:41– La cible, en fait, c'est les jeunes.
24:43C'est la clé.
24:44– Oui, bien sûr.
24:45– Tous les jeunes à qui je demande,
24:46mais est-ce que le français est une langue internationale ?
24:48Oh non !
24:49– Oui, c'est ça.
24:50– Ils ne sont pas au courant de la francophonie ?
24:52– Non, non.
24:52– Ils ne sont pas au courant qu'on ait la deuxième langue
24:54qui est présente sur tous les secteurs ?
24:55– Non, ils sont déjà vendus.
24:56Écoutez, ils marchent en Nike
25:00et ils ont tous des jeans sur les fesses,
25:03que ce soit les hommes ou les garçons.
25:05Donc, il n'y a aucune raison qu'ils reviennent
25:07à une vision française des choses.
25:09– Ne désespérons pas.
25:11– Non, mais moi, je déprime un peu, j'avoue.
25:14Ce qui est très amusant, c'est que vous avez rendu écho,
25:19donné écho à ce prix de la carpette anglaise
25:22qui avait été créé par Philippe de Saint-Robert.
25:24et vous la remettez cette année à, ça c'est quand même l'année dernière,
25:33à Madame Stéphane Palaise, PDG de la Française des Jeux,
25:38cet organisme qui pompe l'argent des pauvres gens,
25:41avec le loto là,
25:44et qui décide de rebaptiser la FDJ en FDJ United.
25:50Ça, c'est quand même délicieux.
25:52United de quoi ? On ne sait pas très bien.
25:54Juste pour signifier une ouverture à l'international.
25:59Mais est-ce qu'on gratte les petits tickets en Angleterre ?
26:03Les petits tickets de la FDJ à Londres ou à… ?
26:06– Bonne question.
26:07– La Française des Jeux a eu une implantation internationale aujourd'hui.
26:10– C'est vrai ?
26:10– Oui, tout à fait.
26:11Ils ont racheté un certain nombre d'entreprises
26:14de même activité à l'étranger.
26:17Mais je ne vois pas pourquoi
26:19on gratterait plus facilement sous le nom de FDJ United
26:22que sous le nom de Française des Jeux.
26:24– Oui, oui, non, non, c'est le snabisme.
26:26Et alors vous, monsieur Guesdorf,
26:28vous avez fait un article que j'ai beaucoup aimé,
26:30c'est DealDeal.
26:32Deal, D-E-A-L.
26:34Et ça, c'est fantastique.
26:36Est-ce que vous pouvez en parler ?
26:37– C'est assez extraordinaire.
26:38Nous vivons une époque où tout le monde pointe du doigt
26:42à tort ou à raison, peut-être à raison, plus qu'à tort,
26:46le président des États-Unis, Donald Trump,
26:48qui est quand même, bon,
26:52qui est un petit peu la bête noire des médias,
26:56s'agissant de ses initiatives dans de multiples domaines.
27:00Mais très curieusement, cette espèce de,
27:04comment dirais-je, d'hostilité à l'égard de Trump,
27:06se double d'une adoption assez systématique de son vocabulaire ?
27:12Aujourd'hui, dans les médias, on n'entend plus marché,
27:15on n'entend plus accord, on n'entend plus les mots de ce genre,
27:18on n'entend que deal.
27:19– Absolument, c'est très bien ça.
27:20– On parle même maintenant, j'ai entendu à plusieurs reprises
27:23sur l'audiovisuel de service public,
27:27parler de deal face-to-face.
27:28– Ce qui est proprement consternant.
27:32– C'est l'apothéose.
27:34– Oui, on a du mal à voir en quoi l'hostilité à l'égard de Trump
27:41devrait se conjuguer par l'adoption de son vocabulaire.
27:44– À partir du moment où Bruxelles promeut le Green Deal
27:49et que tous les médias français reprennent Green Deal
27:52au lieu de Pacte Vert,
27:54s'il n'y a pas trop à se demander, pourquoi ?
27:56– Alors, ce qui m'amuse, c'est que nous sommes à une époque
28:01où les convertisseurs de linguistique sont extrêmement répandus.
28:05On vend des petits appareils, 35 à 40 euros,
28:11dans lesquels vous parlez dans votre langue
28:13et immédiatement, la phrase sort dans la langue que vous lui demandez.
28:17Donc, il y a un progrès.
28:20Alors, ne parlons pas de ces conférences internationales
28:23où il y a cinq traducteurs dans des salles vitrées
28:27et qui envoient dans les oreilles des participants
28:31le texte dans la langue qu'ils veulent.
28:34Donc, c'est quand même vraiment une volonté,
28:38c'est ça qui me fascine, c'est la volonté de suprématie.
28:42Cela dit, la volonté de suprématie des anglo-saxons,
28:46on la connaît depuis des siècles.
28:47Donc, le pire, c'est peut-être pas ça.
28:51La volonté de suprématie, je ne suis pas sûr qu'elle soit si présente
28:56ou si délibérément présente.
28:57Le pire, c'est quand même le panurgisme et la servilité des médias.
29:04Des médias français.
29:05Des médias français.
29:06Qui n'ont pas besoin de se voir imposer quoi que ce soit de l'extérieur
29:12pour s'exprimer de cette façon-là.
29:14Vous avez tout à fait raison.
29:16Mais je tiens quand même à cette idée de suprématie.
29:19J'ai beaucoup voyagé.
29:21Vraiment, j'ai tourné ma bosse.
29:22J'ai toujours essayé, dans la langue du pays,
29:25de parler en espagnol, en anglais dans les pays anglo-saxons,
29:28ou en italien.
29:30Toujours.
29:30Je suis frappée quand je me promène à Paris.
29:33J'ai une tête souriante.
29:34Alors, on vient me demander, dans un parfait américain,
29:37où est ceci, où est cela ?
29:38Et je suis obligée de répondre toujours, en anglais,
29:41est-ce que je suis supposée par les Américains ?
29:44Alors là, il y a un blocage.
29:48Mais c'est...
29:51Ils sont chez eux partout.
29:53Ils ont tellement infiltré les esprits
29:57que les journalistes, aujourd'hui,
29:59font des citations de phrases anglaises.
30:02C'est ça.
30:02Sans traduction.
30:03Carrément, maintenant.
30:04Oui, oui.
30:04Parce que tout le monde est censé comprendre l'anglais.
30:08Alors, est-ce qu'il n'y a pas...
30:12Est-ce qu'il n'y a pas, au départ,
30:14comme je vous l'ai dit, je suis un ancien prof,
30:16est-ce qu'il n'y a pas un défaut de la transmission
30:19et de l'admiration de la langue française ?
30:22Est-ce que cette idée de faire apprendre l'anglais
30:25dès 3 ans, là, ça m'horripile ?
30:27Non, à 3 ans, un enfant apprend sa langue,
30:30il n'apprend pas l'anglais.
30:32Est-ce que les profs n'ont pas baissé les bras ?
30:35Les profs de français ?
30:36Je suis extrêmement déçu par le...
30:39Le corps enseignant.
30:39Moi aussi, je suis un ancien enseignant,
30:41par le corps enseignant,
30:43qui baisse les bras,
30:44mais de manière presque systématique.
30:47C'est une vraie horreur.
30:48Alors, ils viennent de supprimer l'enseignement du passé simple.
30:53Oui, carrément.
30:54C'est au-dessus d'eux, ils n'y arriveront pas.
30:57Ils n'y arriveront pas.
30:58C'est ça, oui.
30:58Ah bon ? Ils n'y arriveront pas.
30:59Oui, alors que le problème d'un prof,
31:01c'est justement d'aller au-delà des capacités.
31:03Si on n'a pas cette idée-là au départ,
31:05on va rétrograder très vite.
31:07On doit tirer les élèves vers le haut.
31:09Absolument.
31:10Comme le dit...
31:10Ça, c'est une chose.
31:11Mais juste pour terminer sur les profs,
31:12en histoire, j'ai été particulièrement choqué
31:15de lire un jour une interview
31:16de deux professeurs d'histoire, collègues,
31:18qui disaient aux journalistes qui nous l'interviewaient
31:21« Attention, nous, on n'est pas là
31:22pour faire aimer l'histoire de France. »
31:24Oui, oui.
31:25J'ai envie de leur répondre.
31:27Vous êtes là pour quoi ?
31:28Qu'est-ce que vous faites là au milieu ?
31:29Je vais le dire en anglais,
31:29il y a une erreur de casting.
31:31Complète.
31:31De distribution, de distribution.
31:33Il y a un monsieur tout à fait remarquable
31:36qui s'appelle Rachid Santaki
31:37et qui popularise les dictées.
31:40Oui.
31:40Les grandes dictées publiques
31:42dans tous les secteurs,
31:44que ce soit bien sûr dans l'établissement scolaire,
31:46mais également sur la voie publique.
31:48Oui, oui, dans les théâtres.
31:49C'est le fait de la délégation réalisée, etc.
31:50Et il a une formule très juste.
31:52Écoutez, si vous trouvez
31:54que la langue française est trop difficile
31:55et qu'il faut la simplifier,
31:57dans ce cas-là,
31:58provenons l'équivalent en athlétisme,
31:59supprimons le 5 000 mètres et le 10 000 mètres
32:02et obordons-nous à faire des 100 mètres.
32:04Là, vous me ravissez
32:05avec cette comparaison sportive.
32:07Voilà.
32:07C'est...
32:08Exactement.
32:08C'est quelqu'un de remarquable.
32:09Oui, la Napurna, c'est inaccessible aussi.
32:11Tout à fait.
32:12Il faut faire le Mont Blanc
32:14ou la butte Montmartre.
32:15C'est très...
32:18C'est très, très juste ce que vous dites.
32:20Mais on a l'impression
32:21qu'ils ont perdu la foi.
32:23Parce que, bon,
32:24si on se destine à l'enseignement du français,
32:27c'est qu'on aime sa langue,
32:28c'est qu'on l'a choix,
32:31c'est qu'on l'aime
32:33dans son habit le plus beau,
32:38c'est-à-dire la poésie.
32:40Et en plus de ça, ça marche.
32:42Ça marche.
32:43Bien sûr.
32:44Il y a encore 3 ou 4 ans,
32:45j'étais prof dans un petit collège
32:49d'un certain lieu
32:52et je faisais une initiation
32:56à l'expression orale par la poésie.
32:58Et je distribuais à tous les enfants
33:01des poèmes, 5 ou 6 poèmes,
33:04et ils choisissaient celui
33:05qui résonnait en lui.
33:07Et après, je l'appelais sur les strates.
33:10Il n'y a pas des strates, mais...
33:12Au tableau noir.
33:13Il n'y a plus de tableau noir.
33:14Devant, il n'y a plus de tableau noir.
33:17Je le mettais face à la classe
33:19pour qu'il crache son texte,
33:21pour que celui qui est au bout l'entende.
33:24Et je leur disais,
33:25si vous ne savez pas dire un texte oral,
33:27vous ne pourrez pas travailler nulle part
33:29parce que vous ne serez pas entendus.
33:30Donc, c'est important.
33:32Et puis, on les voit,
33:34le théâtre et l'expression orale
33:36chez les enfants, c'est une joie folle.
33:38On voit des enfants qui sont recroquevillés,
33:40les épaules rentrées,
33:41qui baissent les yeux,
33:42tout d'un coup s'épanouir
33:44parce qu'ils ont trouvé un poème
33:46qui dit leur joie, leur peine,
33:49leurs aspirations.
33:50C'est très étonnant.
33:52Or, la poésie a complètement disparu.
33:54Hélas.
33:55La poésie a pratiquement disparu.
33:57On ne va pas être pessimiste,
33:59il me dira M. Gussdorff.
34:00Elle s'est réfugiée un peu dans la chanson.
34:02Hein ?
34:02Elle s'est réfugiée un peu dans la chanson.
34:04Oui, absolument.
34:06Absolument.
34:06Mais enfin, quand c'est du slam,
34:08ça devient...
34:08Ah non, je parle de la chanson.
34:10Il n'y a plus de grammaire.
34:11Alors, le problème de la grammaire,
34:13c'est qu'elle est nécessaire.
34:14Il n'y a plus de grammaire.
34:16La grammaire aussi est considérée comme la Napurna
34:19et on doit l'éliminer.
34:21Mais je crois que les profs ont tout en main.
34:24Bien sûr.
34:24Bien sûr, oui.
34:25Ils ont toujours eu et ils ont toujours...
34:26Ils ont toujours eu et ils ont toujours...
34:28Oui, ils ne sont plus tellement persuadés de cette mission.
34:31C'est une question de mentalité générale,
34:33en fait, dans toute la population
34:34et chez tous nos gouvernants.
34:36Il faudrait réhabiliter, et fort d'une part,
34:38et réhabiliter l'idée de ce patrimoine que nous avons
34:41qui est parmi les plus prestigieux du monde.
34:45Quand on voit le patrimoine littéraire que nous avons
34:48et les grands auteurs que nous avons...
34:50Et la suprématie que nous avions dans ce domaine.
34:54Juste le fait qu'on soit le premier pays touristique du monde,
34:57c'est un des indices qui marquent qu'il y a un amour
35:00de cette petite connaissance quand même
35:03de nos auteurs français dans le monde entier.
35:05De la culture française.
35:06Oui.
35:07Mais le problème, c'est qu'on va devenir un pays touristique
35:09et qu'on va demander à tous les commerçants vendeurs de drapeaux
35:14de parler en anglais.
35:15Et comme ça se passe dans les pays...
35:19Oui, mais...
35:20Mais comment expliquez-vous, plus généralement,
35:24cette baisse de la foi en son identité et son amour de son pays ?
35:32Comment est-ce que vous l'expliquez l'un et l'autre ?
35:34S'agit-il d'un phénomène général ou d'un phénomène circonscrit
35:38au monde de ce qu'on appelle la culture, de la communication,
35:42des choses comme ça ?
35:44Moi, je crois que c'est très politisé, en fait.
35:46Que c'est un marqueur, un gros marqueur de la mentalité de gauche.
35:51C'est ça.
35:52J'ai peut-être tort en disant ça, mais...
35:54Non, non, je...
35:54J'ai une impression forte que...
35:55Je crois aussi.
35:56D'une certaine gauche.
35:57D'une certaine gauche.
35:58D'une certaine gauche.
35:59Qui a renoncé...
36:00Monsieur est de gauche et il ne voudrait pas être accusé.
36:03Non, mais la gauche actuelle n'a plus grand-chose à voir
36:05avec la gauche de la Révolution française,
36:07qui était quelque chose qui aimait profondément la France et sa population.
36:11Oui, oui, oui.
36:12La gauche française a été quand même assez dangereuse en 89,
36:16donc j'aime autant qu'elle ait évolué.
36:21Mais c'est tout de même un syndrome terrifiant.
36:25Il y a autre chose aussi, c'est que la catégorie des enseignants
36:30comme la catégorie du reste des journalistes,
36:32on retrouve un peu le même phénomène.
36:35C'est des gens qui sont quand même maintenant
36:37beaucoup moins bien payés qu'à une époque,
36:39beaucoup moins bien considérés qu'à une époque.
36:40Absolument.
36:42Je suis d'accord, oui.
36:43Chez les journalistes, ça se traduit par le fait que,
36:46aujourd'hui, il n'y a plus de grands journalistes,
36:51à quelques exceptions près, spécialistes d'un domaine.
36:54Aujourd'hui, les journalistes sont souvent des toutologues,
36:57c'est-à-dire des gens qui sont capables de parler de tout et n'importe quoi.
37:01Des chiens crevés.
37:02On choisit uniquement, non pas par leur connaissance du terrain,
37:05mais par leur façon de se servir d'Internet,
37:07ce qui coûte beaucoup moins cher.
37:09Et bientôt, ils feront faire leurs articles par l'intelligence artificielle, bien sûr.
37:14Mais il faudra qu'ils corrigent l'IA, c'est ça le problème.
37:17Non, mais ils ne seront pas capables de le faire.
37:22C'est vrai que l'idée de fierté de soi-même est quelque chose qui s'en va en France.
37:29C'est quand même tout à fait consternant.
37:31C'est le début du suicide, enfin, c'est…
37:32Complètement.
37:33Dans certains milieux, tous les milieux ne sont pas…
37:36Vous avez raison.
37:38À partir du moment où l'enseignement…
37:40Moi, j'ai vécu ça, parce que quand j'ai commencé à travailler,
37:44je me suis rendu compte que la manucure du coin gagnait plus que moi.
37:47Alors, donc, bon, cela dit, j'étais très heureuse de faire mon métier
37:51et de faire progresser les enfants, ça m'a paru toujours magique.
37:55Et ça marche, c'est ça qui est étonnant, c'est que ça marche.
38:00Quand on a des impulsions de perfection
38:05et quand on a soi-même un amour de sa langue, ça marche.
38:11Mais…
38:12Et puis, je me suis rendu compte que dans la salle des profs,
38:15on ne parlait que des vacances.
38:16C'était le premier…
38:19Première…
38:20Sujet de préoccupation.
38:21Voilà.
38:21Et si jamais il y avait des stages de…
38:24Moi, j'ai voulu, à un moment donné,
38:25faire des stages d'enseignement par l'audiovisuel.
38:28J'avais 20 ans, donc j'étais prise par le progrès.
38:35Et on m'a beaucoup critiqué,
38:36parce que je faisais ça sur le temps de mes vacances.
38:39Il fallait que je le fasse sur le temps scolaire.
38:42Et je dis, mais que vont devenir les élèves ?
38:44Ce n'est pas leur problème.
38:46Donc, il y avait vraiment…
38:47Vous avez raison, il y a un problème de désaffection de ce métier,
38:53qui est quand même le plus beau métier du monde.
38:55C'est un métier de vocation, c'est un métier de…
38:58– De fait.
38:58– Et puis, c'est un métier qui tient un pays.
39:01S'il n'y a plus d'enseignants, il n'y a plus de pays.
39:03Il n'y a plus de…
39:05Ça va très, très loin.
39:06– Sachant que la langue française a toujours été,
39:08enfin, depuis au moins les hussards noirs,
39:10c'est particulièrement flagrant.
39:11– Mais sûr.
39:12– Un facteur d'unité sociale du pays irremplaçable.
39:17– Et de monter dans l'échelle sociale.
39:18– Oui, d'ascenseur sociale.
39:19– De monter dans l'échelle sociale, c'est hallucinant.
39:22Alors qu'aujourd'hui, il n'y a pas du tout de montée.
39:25Le type qui parle mal, va continuer, adulte, à parler mal.
39:31Et c'est un marqueur social qui ne le rattrape pas.
39:33Qui ne le rattrape pas.
39:35C'est quand même…
39:38Tout est fait.
39:38Alors qu'au début du siècle, comme vous dites,
39:41les hussards noirs, avec leur loi de fer,
39:46c'était fantastique parce que tous les enfants
39:48avaient un niveau extraordinaire.
39:50– De tous les milieux sociaux.
39:52– De tous les milieux sociaux.
39:53Moi, j'ai récemment redécouvert un journal intime
39:57de ma grand-mère qui est devenue institutrice
39:59dans toute petite ville.
40:01Sotteville-les-Rouans.
40:02– Ah oui.
40:03– Sous Bon Secours, à côté de Rouen.
40:06Un milieu extrêmement simple.
40:08Son père était contre-maître à la SNCF.
40:11Eh bien, son journal est écrit absolument
40:14comme le meilleur des écrivains d'aujourd'hui.
40:18C'est d'une élégance, d'une souplesse.
40:22J'étais éblouie.
40:24– Sur le fond comme sur la forme, j'imagine.
40:26– Bien évidemment.
40:27Je ne parle pas du fond.
40:29– Et on faisait attention de ne pas faire de fautes d'orthographe.
40:32Alors qu'aujourd'hui, les échanges dans le monde du commerce,
40:35les gens écrivent à voler, envoient immédiatement sans se relire.
40:39C'est-à-dire qu'il y a des correcteurs d'orthographe
40:42qui leur donnent l'illusion que toutes leurs fautes vont passer,
40:46vont être effacées.
40:47– C'est une hérésie.
40:48– C'est une erreur.
40:49Et puis, ils ne se posent jamais la question de la règle.
40:52Comme la machine leur parle, ils appliquent et ils passent à autre chose.
40:57Mais encore une fois, je suis contente d'être arrivée à cette conclusion.
41:02Tout dépend des professeurs.
41:04Et il faudrait peut-être moins engager de fonctionnaires sur la voirie
41:09et payer davantage les fonctionnaires, les écoles.
41:13De ne pas freiner les écoles privées, parce que ça, c'est la grande mode.
41:16Aujourd'hui, ils apprennent le français, ça, c'est pas bien.
41:20Qu'est-ce qu'on peut faire encore ?
41:22– Il y a plein de choses.
41:22Vous avez un excellent ouvrage qui est paru récemment
41:24de M. Joaquin Lefloc-Imad sur l'éducation nationale
41:28et qui fait un constat tout à fait terrifiant de la situation,
41:33mais qui propose des moyens pour l'améliorer.
41:37Donc, il y a plein de choses à dire, plein de choses à faire.
41:40– Qu'est-ce que vous vous souvenez de ces moyens ?
41:42– Alors, il y a différentes choses.
41:45Il y a, d'une part, je pense également au sénateur Brisson,
41:50qui est un sénateur qui est spécialisé dans l'éducation,
41:53justement l'éducation nationale.
41:55Lui, il dit quelque chose de très simple, il dit qu'il faut laisser plus d'autonomie
41:59aux établissements pour qu'ils puissent développer eux-mêmes des moyens,
42:05des innovations permettant de…
42:07– Bien sûr, bien sûr. La centralisation est une horreur.
42:09– Voilà, de faire émerger les bonnes pratiques et les bonnes méthodes.
42:13– Oui, oui.
42:13– Mais il y a plein d'autres choses.
42:16Le problème de l'éducation nationale, c'est aussi que c'est un ministère
42:18qui est co-géré avec les syndicats.
42:20– Absolument.
42:21– Il y a la question des salaires, comme vous disiez, de toute façon.
42:23– Il y a la question des salaires.
42:24Et puis, si on rend les établissements indépendants,
42:27ils peuvent mieux choisir leur prof, dégager celui qui ne fait pas l'affaire,
42:33parce que…
42:33– Pour mille raisons possibles.
42:35– C'est la panique dans sa classe.
42:37Non, mais tout le monde n'est pas capable.
42:39Il faut… Tenir une classe, c'est conduire un 15 tonnes.
42:42Je n'ai jamais conduit de 15 tonnes, mais c'est une image pour moi.
42:45Mais c'est une… On est épuisé à la fin d'une heure de…
42:49Et aujourd'hui, encore plus qu'il y a 30 ans,
42:54puisque comme il n'y a plus aucune autorité en classe,
42:57aucune exigence dans la famille,
43:00on arrive avec l'espèce de petite pile
43:03qu'il est extrêmement difficile de mettre en file.
43:06Donc, cette dépendance centralisatrice
43:13fait que les mauvais profs restent, restent en classe.
43:17Et ils font des carrières et ils massacrent des têtes de population.
43:22– Vous avez une grande inertie dans le fonctionnement de ce ministère,
43:25qui est aggravée par le fait que les ministres,
43:29aujourd'hui, ils restent combien de moyennes ces dernières années ?
43:33– Oui, puis ils sont nommés pour des raisons XY ou Z
43:35qui n'ont strictement aucun rapport avec l'enseignement.
43:38– Absolument.
43:39– C'est un autre problème.
43:41Et puis, il n'y a pas cette bonne volonté,
43:47cette volonté de bien faire,
43:49cette volonté de résoudre le problème.
43:52Bon, on ne va pas aller jusqu'à l'histoire atroce de Sanary,
43:55avec l'enfant qui veut trucider son prof de dessin.
44:01Le professeur de dessin, ça doit être un endroit harmonieux.
44:06où, bon, l'individu qui ne veut pas dessiner,
44:10qui ne peut pas, doit être dégagé voie 13 dès le départ.
44:14Mais on ne doit pas garder dans la classe un individu
44:17qui est capable d'un geste pareil.
44:20Mais vous avez tout à fait raison.
44:23La centralisation est sûrement l'un des dangers.
44:28Et puis, alors, insistons, ça va jusqu'à l'interdiction
44:33des écoles qui marchent, c'est-à-dire les écoles hors contrat.
44:36Alors là, on est en plein essor de ce comportement.
44:42Vous voulez faire une école ?
44:46Oui.
44:46Alors, vous avez les lois républicaines,
44:48vous avez, bien sûr, l'éducation à la sexualité,
44:52vous avez l'éducation à la République, aux valeurs de la République,
44:57vous avez, enfin, tout ça, c'est très gentil.
45:00Mais d'abord, ça n'a rien à y faire.
45:03Et deuxièmement, ça mange le temps de l'enseignement.
45:07Et ça demande du temps.
45:08Mais d'un autre côté, malgré toutes ces critiques
45:10à l'égard de l'enseignement privé,
45:11critiques qui sont abondamment relayées par les médias bien-pensants,
45:16le succès de l'enseignement privé ne se dément pas.
45:18Bien sûr.
45:19C'est critique, donc peu de prise.
45:22Oui, c'est vrai.
45:23On est d'accord, mais l'avis des écoles privées est insupportable.
45:26Une grande école, que je connais bien,
45:29puisque c'est là où j'ai été élevée,
45:31m'a dit qu'ils avaient des inspections toutes les semaines.
45:34Toutes les semaines.
45:35Comme pire que les agriculteurs.
45:37C'est quand même...
45:38Qu'est-ce que c'est que ce pays qui envoie des inspecteurs, nous ?
45:41Alors, nous, nous devrions envoyer des inspections
45:45dans tous les ministères pour savoir qui est payé,
45:48comment, pendant combien de temps, jusqu'à sa retraite,
45:52au dernier degré de l'échelon, bien évidemment,
45:56juste avant de partir.
45:57Mais on est là, on va très mal.
46:00Mais je suis très contente que nous soyons arrivés à cette conclusion.
46:08Il faut de nouveau redonner la parole aux professeurs qui aiment la langue française
46:15et les choses rentreront dans l'ordre.
46:18Messieurs, merci beaucoup.
46:19– Il n'y a pas que moi.
46:21– M. Schroeder, merci beaucoup.
46:25Chers amis de TV Liberté, abonnez-vous à Défense de la langue française.
46:29Moi, j'éprouve beaucoup de plaisir à vous lire.
46:32Jusqu'à présent, je vous lisais sur Internet.
46:35Parce qu'il y a mille et une choses passionnantes.
46:40Et tous ceux qui sont amoureux de la langue française,
46:42et je sais que dans cette émission, il y a beaucoup d'amoureux de la langue française.
46:47Donc, il faut vous abonner.
46:50On donne une adresse ?
46:52– 222 avenue de Versailles, il y a toutes les coordonnées dedans.
46:55– Oui, à Paris, c'est-à-dire l'arrondissement.
46:57Il y a toutes nos coordonnées et toutes nos activités.
47:00– Eh bien, écoutez, merci beaucoup et bravo pour ce beau travail que vous faites
47:05et cette défense de notre si belle langue et partant de notre identité.
47:10– Merci, nous avons invité.
47:11– Merci beaucoup.
47:12– Au revoir, chers amis de TV Liberté.
47:15– Chers amis de TV Liberté, nous filons au cinéma.
47:24Nous, toujours avec Renaud Debourloff et ses bonnes idées.
47:28– Bonjour Anne et merci pour les bonnes idées.
47:30– Et il a eu la suggestion d'évoquer des films religieux
47:38puisque nous sommes au milieu du carême.
47:41– Exactement, une chronique cinéma avec une thématique un peu particulière pour changer.
47:46– C'était une très bonne idée, c'était une très bonne idée.
47:48Alors, je vous écoute Renaud.
47:50– Alors évidemment, comment commencer une chronique sur les films de carême ?
47:54Sans commencer évidemment par la plus grande référence, je parle bien sûr de La Passion du Christ,
47:59un film que je vais revoir encore une fois avant la fin du carême puisque depuis que je l'ai
48:05vu,
48:06j'ai pris la résolution de le voir chaque année pendant cette période de l'année.
48:10– C'est une jolie idée.
48:11– C'est un film vraiment…
48:13– Il passe en salle ou…
48:16– Il y a parfois des cinémas qui font des projections.
48:19Il est possible, vous savez, dans un cinéma de privatiser une salle pour une projection.
48:24– Ah oui.
48:24– Donc ça se fait, après ça se fait aussi beaucoup dans des maisons associatives.
48:29– Et comment on fait pour privatiser ? Il faut payer la location de la salle ?
48:32– Ah oui, oui, c'est une location de salle, oui.
48:33– Oui, une location de salle, oui.
48:35– C'est organisé, ça a déjà été organisé à Paris.
48:37– Mais il est en CD, il est en DVD.
48:39– Ah mais il existe en DVD de toute façon, donc ça vous pouvez le regarder aujourd'hui
48:42quand même assez facilement.
48:43– D'accord.
48:44– Tout a été dit, bien sûr, donc on peut juste en dire un mot très rapidement.
48:51Je veux dire, c'est un film qui vraiment nous accompagne, quand on assiste au chemin
48:55de croix, vraiment on peut avoir en tête vraiment les images du film.
48:58– Je suis tout à fait d'accord.
49:00– Alors, j'ai eu l'idée aussi de vous parler d'un chef-d'œuvre méconnu sur le thème
49:05de la confession.
49:06C'est un film intitulé « La loi du silence » d'Alfred Hitchcock.
49:09– Ah oui.
49:10– Alors dans ce film qui se passe à Québec, un prêtre, joué par Montgomery Clift,
49:15qui était au sommet de sa notoriété à l'époque, qui faisait fondre le cœur
49:19de toutes les spectactrices, sauf qu'il a évidemment eu le rôle d'un prêtre,
49:21donc il n'est pas censé jouer le rôle d'un séducteur.
49:24Le prêtre est dérangé tardivement par un paroissien qui lui demande de l'entendre
49:29en confession.
49:29– Ce paroissien lui avoue en confession avoir commis un meurtre.
49:33– Oui.
49:35– Dans les premiers jours qui vont suivre, à la suite d'un concours de circonstances,
49:41d'un certain faisceau d'indices, c'est le prêtre qui va être suspecté.
49:46– Je vais rentrer dans les détails parce que le film est un peu trop compliqué
49:51à résumer comme ça, mais il est suspecté, lui c'est très simple, il connaît, le coupable
49:55il connaît, mais il est hors de question de le dire parce que ce serait une atteinte
50:00tout simplement envers sa foi, envers son sacrement de l'ordre, il ne peut pas rompre le secret
50:04de la confession et donc il se mûre dans le silence et son silence va renforcer la suspicion
50:08autour de lui et nous voyons en fait, dans ce film, nous voyons un héros qui est un
50:15prêtre, son héroïsme ça va être de porter sa croix en fait.
50:19Il y a une scène magnifique dans le film qui est peut-être un des plus beaux moments
50:23du film, c'est quand le prêtre se dirige vers le commissariat en sachant qu'il y va
50:27pour être accusé injustement, il passe un moment sur le chemin, dans la rue, il passe
50:34devant une église et nous voyons en arrière-plan le prêtre qui marche vers sa possible condamnation,
50:40sa condamnation injuste, alors qu'il est innocent et nous voyons, en premier plan, nous
50:44voyons le chemin de croix.
50:45C'est beau, oui.
50:46Très très intelligent comment c'est filmé, le parallèle entre le prêtre qui porte sa croix
50:50Merci.
50:51Comme le Christ.
50:52Merci de ce conseil, je vais le rechercher.
50:53Il est sur internet ?
50:55On peut le trouver, on peut le trouver en DVD, ça c'est sûr.
50:58On peut le trouver en DVD, d'accord.
50:58On peut le trouver aussi dans quelques, il y a toujours quelques salles qui font des projections,
51:01je sais qu'à Paris, il y en a un certain, à Paris ou à Lyon, vous avez pas mal
51:04de,
51:05et dans d'autres villes de France, bien sûr, vous avez beaucoup de cinémas qui diffusent
51:09ces fameux grands classiques du 7ème art et celui-là, on peut bien sûr en se le trouver.
51:14D'accord.
51:14C'est vraiment un petit chef-d'oeuvre qui a été totalement oublié dans la filmographie
51:19du maître Alfred Hitchcock et c'est bien dommage.
51:21Et on était en plein dans son âge d'orveille, on était en plein dans les années 50,
51:23très bien.
51:24juste après l'inconnu du Nord Express et avant Fenêtre surcourt et tout ce qui m'en suit.
51:28Bravo.
51:28Occasion de rendre hommage aussi à nos prêtres et il y a eu…
51:32D'autant plus d'actualité que le sacrement de la confession est évidemment en ligne
51:39de mise de la République parce qu'ils veulent avoir accès à cette source d'information
51:45qui, désolé, ne dépend pas d'eux.
51:48Ils entendent le remettre en question pour des motifs qui sont mensongers,
51:53penser que ça va résoudre le problème de la pédophilie.
51:56Et ils doivent mal connaître le problème de…
51:59– Non mais ça c'est le…
52:00– Le problème puisque de toute façon, un coupable dans ce cas,
52:04soit il pourrait même renoncer à se confesser,
52:06soit il irait se confesser de façon anonyme,
52:09donc ça n'avancerait en rien l'enquête,
52:10même si on met en place ces mesures, ça n'avancerait en rien de toute façon.
52:13– Bien sûr, non mais de toute façon, la République veut tout gérer, tout.
52:17– Donc justement, ce film pourrait être vu justement à l'aune de ce débat.
52:20– À cette lumière-là, absolument.
52:23– On peut rendre hommage aussi à nos prêtres à travers d'autres films
52:26un peu plus récents, il y a le documentaire Baroudeur du Christ,
52:29dont j'avais parlé lors d'un précédent numéro.
52:31– Qui est un beau film, oui.
52:31– C'est un documentaire sur les prêtres, les missions étrangères de Paris.
52:35– Oui, oui, oui.
52:36– Il y a aussi le dernier film de Cheyenne-Marie Caron aussi,
52:38qui y va le coup d'œil.
52:39Il y a l'agneau sur un prêtre, là aussi injustement soupçonné d'agression.
52:43– Le titre, c'est l'agneau.
52:43– L'agneau, oui.
52:44– Oui, oui, oui.
52:45– Et il y a aussi le film qui est librement inspiré du père Jacques Hamel,
52:50qui malgré quelques petites réserves qu'on peut avoir,
52:56parce que Cheyenne-Marie Caron a parfois des réflexions théologiques surprenantes,
53:01malgré quelques réserves, c'est un film qui vaut vraiment le coup d'œil.
53:04On y montre le quotidien d'un vieux curé.
53:06– Parce que le père Hamel, Cheyenne, a aussi travaillé sur le père Hamel.
53:10– Elle a fait un film fictif,
53:14mais dont le personnage principal s'inspire énormément du père Jacques Hamel.
53:17– Et comment il s'appelle ?
53:18– Que notre joie demeure.
53:20– La vie du père Hamel.
53:21– Qui est librement inspirée.
53:23– Librement inspirée, c'est un très joli titre, oui.
53:25– C'est effectivement un beau titre.
53:27Et puis, ce carême de l'année 2026,
53:31ça permet aussi de rendre hommage au Christéros,
53:34parce que c'était en 1926, les guerres des Christéros,
53:38et donc, occasion de voir ce très beau film,
53:40très beau film Christéros,
53:41qui nous raconte l'histoire de ces Mexicains
53:43qui se sont soulevés contre les mesures anti-religieuses
53:46du gouvernement, menées par Cayès.
53:49– Un gouvernement totalement républicain,
53:52soutenu par qui, devinez, chers amis,
53:54les Américains protestants.
53:57– Et le film s'ouvre avec le martyr du père Cristobal Magalanes,
54:02joué par Peter Uthul dans un de ses derniers rôles.
54:05Et nous y voyons plusieurs très belles figures,
54:08notamment une figure particulièrement émouvante,
54:10Saint-Rosé-Louise Sanchez-Elrio, martyrisée à 14 ans.
54:14– Oui.
54:14– Un film vraiment poignant,
54:17qui allie l'émouvant et le spectaculaire.
54:21– Oui, oui, c'est un très, très beau film,
54:22je suis d'accord avec vous.
54:23– Et voilà.
54:24On pense, bien sûr, à notre Christéros français,
54:29je peux annoncer un colloque qui va avoir lieu
54:36à la chapelle Basse-Mer, organisée par Reynald de Sécher,
54:39bien sûr, sur les Christéros.
54:41– Tout à fait, oui, nous en avons parlé récemment.
54:44– Voilà, et ça sera à l'automne, fin septembre.
54:47Donc on en reparlera.
54:49– Très, très bien.
54:51– Moi, je peux vous signaler la société de production Sage Production,
55:00qui est une source de films que l'on peut acheter sur Internet
55:04et qui sont de très grande valeur.
55:08Je vous rappelle, je vous en ai souvent parlé,
55:12mais cette histoire de cette sainte italienne qui…
55:16– Ah oui, vous aimez beaucoup en parler, en effet.
55:19– Oui, j'aime beaucoup en parler, parce que, je vais vous dire,
55:22c'est un…
55:25En un temps où on parle sans arrêt du féminisme
55:29et des femmes dans l'église et de ceci et de cela,
55:34c'est un film très beau d'une religieuse italienne
55:38qui est dans un couvent en Italie,
55:41mais qui a un peu trop d'énergie pour ce couvent,
55:43et elle veut partir en mission.
55:45Chacun a un charisme.
55:49Chaque religion a un charisme.
55:50Il y a des religieux qui sont bien dans une paroisse,
55:53il y en a d'autres qui sont bien dans un couvent,
55:55et le troisième qui sont bien sur les routes indiennes,
55:59chinoises ou comme Saint-François-Xavier.
56:04Et elle, elle veut créer une mission en Chine.
56:08Alors, elle va voir son évêque qui lui dirait,
56:11tiens-toi tranquille ma petite,
56:12elle va voir le pape,
56:14et elle se dit,
56:17et le pape lui dit,
56:20écoutez, écoutez, non, la Chine, non,
56:22on n'a pas besoin de vous en Chine,
56:23mais par contre, on a besoin de vous à New York.
56:25Et elle va être envoyée à New York,
56:28à une époque terrible,
56:30où les Italiens qui sont employés à construire New York,
56:35sont logés par les wasps dans les sous-sols.
56:39Donc, ils ont froid,
56:41ils sont dans l'humidité,
56:43et les familles sont détruites par la mort des parents.
56:47Il y a beaucoup d'orphelins, beaucoup de malades.
56:49Et elle va s'occuper de ses enfants,
56:54et elle va créer des orphelinats,
56:56puis des hôpitaux,
56:57et son œuvre va se répandre dans le monde entier.
57:00Et l'évêque,
57:03qui l'avait mal accueilli à son arrivée,
57:06la félicitera,
57:09en lui disant, bravo,
57:11bravo,
57:12quelle grande œuvre,
57:15quelle belle œuvre.
57:20Et elle répond,
57:22ce que j'ai fait,
57:23aucun homme,
57:24j'aimerais avoir plus d'hommes pour faire cela.
57:28Et elle répond,
57:29ce que j'ai fait,
57:30aucun homme ne le ferait.
57:31Et je vous dis que j'ai une petite fille,
57:33déjà un peu féministe à 10 ans,
57:35qui a été absolument enthousiasmée
57:37par cette réponse.
57:40Donc, si vous voulez,
57:41le voir avec des enfants,
57:44c'est très intéressant de voir leurs réactions.
57:46Voilà.
57:47Et je vante la vision de ces films en vidéo,
57:52à la maison,
57:53avec vos enfants et les petits-enfants autour.
57:55Voilà pourquoi j'aime ce film.
57:57Voilà.
57:57Très bonne suggestion.
57:59Plus toutes les vies de sains,
58:01toutes les vies de sains qui sont données,
58:02dans le catalogue de sages.
58:06Merci beaucoup, Renaud.
58:07Bonne fin de carême.
58:09Bonne fin de carême à vous aussi, Anne.
58:10Chers amis de TV Liberté,
58:12à très vite.
58:12Sous-titrage Société Radio-Canada
58:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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