- il y a 7 heures
Tous les acteurs de la santé s’accordent sur un principe : il faut investir dans la santé des femmes. Mais comment une innovation peut réellement transformer le parcours de soins ? Et dans quelles conditions ? Trois regards complémentaires pour répondre à ces questions : un médecin, un industriel et une représentante des pouvoirs publics.
Dans le cadre de MedInTechs, Pr Sofiane Bendifallah, chirurgien gynécologique, Norbert Nabet, en charge de la Santé publique au sein de Ziwig Biotech et Charline Avenel, Directrice générale adjointe de la région Ile-de-France analysent le cas du test de diagnostic salivaire de l’endométriose.
Dans le cadre de MedInTechs, Pr Sofiane Bendifallah, chirurgien gynécologique, Norbert Nabet, en charge de la Santé publique au sein de Ziwig Biotech et Charline Avenel, Directrice générale adjointe de la région Ile-de-France analysent le cas du test de diagnostic salivaire de l’endométriose.
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00:05Bonjour à tous les trois, merci de participer à cette table ronde innover au service de la santé des femmes,
00:11le test salivaire de diagnostic de l'endométriose, un cas d'étude.
00:15Donc aujourd'hui avec moi, monsieur Norbert Nabet, vous êtes en charge de la santé publique
00:19au sein de l'entreprise de biotechnologie ZEWIC Biotech qui a développé l'endotest.
00:24Bonjour.
00:25Bonjour.
00:25Charline Avenel, vous êtes directrice générale adjointe de la région Île-de-France au pôle développement économique, formation et innovation.
00:33Bonsoir.
00:35Et professeur Sofiane Bendifala, vous êtes chirurgien gynécologue à l'hôpital américain de Paris,
00:40mais aussi directeur médical de la session consacrée à la santé des femmes au congrès Made in Tech Society,
00:47dont c'est la première édition.
00:49Donc que ce soit ici à Made in Tech, dans toutes les discussions qui ont pu avoir lieu aujourd'hui,
00:53ou même dans le débat public, eh bien on entend beaucoup parler d'innovation en santé de la femme.
00:59Tout le monde est d'accord sur un principe, il faut investir.
01:03Mais nous, ce soir, on va aller un peu au-delà des discours et on va s'interroger concrètement
01:08comment est-ce qu'une innovation peut vraiment transformer le parcours de soins pour les femmes
01:12et dans quelles conditions. C'est pour ça qu'on vous a réunis tous les trois pour en discuter
01:17autour d'un cas d'étude assez précis, l'endotest.
01:20Donc c'est ce test salivaire de diagnostic de l'endométriose.
01:24Et l'idée, en fait, c'est qu'avec vos trois regards, on va avoir un pendu très complémentaire.
01:28Les industriels, mais aussi la pratique des médecins et puis aussi une représentante des acteurs publics
01:34qui peuvent accompagner la recherche.
01:36Dans un premier temps, pour savoir de quoi on parle, je me tourne vers vous, Norbert Nabé.
01:42Est ce que vous pouvez brièvement nous présenter l'endotest?
01:44Alors l'endotest, c'est un test, le premier test salivaire diagnostique de cette maladie
01:50qui est l'endométriose, spécifique de l'endométriose, qui analyse les micro ARN,
01:56l'ARN contenu dans la salive et qui arrive à en déterminer une signature qui, à 97% de performance,
02:04vous donne un diagnostic en quelques jours de cette maladie chronique.
02:08Alors, en tant qu'industriel, est ce que quand vous avez développé ce test,
02:12vous avez dû faire face à certains freins?
02:13La vie d'une entreprise par nature, c'est de lever des freins.
02:17Il y a tout un tas de difficultés.
02:20La première difficulté, c'est d'avoir l'idée, la vision, d'être sûr que le produit qu'on propose
02:27va régler un problème de santé.
02:29Bon, ça, Sophia n'aurait pu en parler largement aussi bien que moi, puisqu'il est en grande partie
02:34à l'origine de cette innovation sur la technologie et sur la prise en charge.
02:39Il faut donc ça, c'est la plus value de la vision, on va dire, de l'entreprise.
02:45Et puis ensuite, il faut beaucoup de rigueur, un travail très précis d'évaluation et de démonstration
02:51par la preuve scientifique dans des publications, si possible dans des revues, dans des revues
02:56à comité de lecture, donc des revues indépendantes et si possible internationales, si on veut
03:01que cette innovation un jour ait une vie au delà d'un écosystème domestique.
03:06Et donc ça, c'est beaucoup, beaucoup une question de compétence, d'argent, de relation
03:10avec les professionnels de santé.
03:11Mais c'est aussi et surtout une question pour une entreprise jeune, une question d'argent.
03:15Et d'ailleurs, c'est un refait du hasard.
03:18Mais les premières études de la société ZEWIC, donc il y a 5 ans, 6 ans, ont été
03:23financées par la région Île-de-France et c'est les seules subventions publiques
03:26qu'on ait reçues, d'ailleurs.
03:27Et c'est grâce à ça que c'est grâce à ça que le professeur Bendifala a signé
03:32les premiers papiers qui ont témoigné de la démonstration scientifique objective
03:37de l'efficacité de ce test.
03:39Alors évidemment, ça prend beaucoup de temps puisqu'il faut plusieurs publications successives,
03:44indépendantes sur des cohortes différentes de validation, etc.
03:46Mais globalement, la démarche est celle là.
03:48Et donc, il y a un effet, il y a un levier financier qui est complètement central.
03:54Après, il y a beaucoup, beaucoup de challenges.
03:57Il y a tous les aspects légaux, tous les aspects institutionnels, le fait d'être en
04:03bonne connexion avec l'environnement administratif qui va réussir à faire un
04:08parcours qui fait qu'on ne va pas passer 20 années à faire le développement de ce
04:11produit.
04:12Oui, mais même quand on connaît tout ça et même en y mettant énormément d'intensité,
04:15ça prend encore un temps fou entre l'idée, la preuve, l'usage et le déploiement qui
04:22permet à l'entreprise de se développer, qui permet à la technologie de ne pas partir
04:25à l'étranger.
04:26Parce que pendant ces moments de difficulté, cette fameuse vallée de la mort, les entreprises
04:31sont toutes dans un éveu de vulnérabilité important.
04:34Et quand on n'arrive pas à faire son chemin dans son marché domestique, il y a une tentation
04:39colossale de céder aux sirènes étrangères des Etats-Unis, de la Chine, etc.
04:44Des gens qui ne lésinent pas sur le fait de prendre des risques, d'accompagner, de faire
04:48le développement pour eux-mêmes et ensuite après de tirer les bénéfices évidemment de
04:51la commercialisation de tout ça.
04:53Aujourd'hui, vous êtes sorti de la vallée de la mort, ça y est, ça commence à être
04:56largement déployé.
04:58Alors je vais me tourner vers vous, professeur Bendy Fala.
05:00Aujourd'hui, comment est-ce que l'endotest améliore concrètement la pratique des médecins
05:05comme vous ?
05:06La question est très simple.
05:07En réalité, revenons à la problématique de fond.
05:10La problématique de fond, c'est qu'on a des patients qui, à ce stade-là de la prise
05:14en charge, attendent en moyenne entre 7 et 10 ans avant d'avoir une réponse dont la
05:20précision est relativement moyenne entre j'ai des symptômes et on comprend enfin ce
05:25que j'ai.
05:26Et ces 7 à 10 ans sont marqués par 3 conséquences majeures.
05:29Des conséquences sur la notion de douleur et sa chronicisation et donc des conséquences
05:34sur la vie quotidienne.
05:36Un deuxième point qui est celui de la fertilité qui, durant ces 7 années de non prise en charge,
05:42va décliner.
05:42Et un troisième élément, c'est que le ressenti global, et ça, c'est un élément
05:46qui revient très régulièrement quand on interroge les patientes, c'est que presque
05:5090% d'entre elles vous disent bien qu'un diagnostic précoce aurait changé leur vie.
05:57Et une fois que vous avez pris en compte cette problématique de fond, qui est non résolue
06:01depuis presque maintenant 3 décennies, on a un outil qui nous permet assez simplement,
06:07de façon pas très intrusive, c'est-à-dire sans avoir besoin d'opérer la patiente, sans avoir
06:12besoin de répéter des examens complémentaires, échographie et IRM, de dire à la patiente
06:16tout simplement, vous avez ou pas l'endométriose.
06:20Et là, vous commencez à structurer le véritable parcours de la patiente, puisque d'abord,
06:24vous mettez un nom sur une pathologie.
06:27Ensuite, vous reconnaissez enfin que son parcours d'errance n'est pas un parcours d'errance
06:33qui est dénué de suite, parce que vous allez dès lors pouvoir les prendre en charge correctement.
06:38Et c'est là que tout commence.
06:40Et justement, dans cette innovation, c'est un bon exemple que cette innovation ne peut
06:44pas exister sans les médecins, puisque ce test n'est pas indiqué pour toutes les
06:48patientes.
06:49À ce stade-là de la prise en charge, le test est indiqué pour un sous-groupe de patientes.
06:54Et peut-être qu'il faut revenir à l'explication de pourquoi on l'utilise chez ces patientes-là.
06:58Partons du principe que l'endométriose est une maladie complexe.
07:01Et dans cette maladie, vous avez 70% des formes qui sont indétectables.
07:07Et même si vous opérez les patientes et que vous ouvrez le ventre, elles restent indétectables.
07:12Et donc, vous avez une maladie qui concernerait 10% des femmes en âge de procréer.
07:1670% de ces formes sont indétectables.
07:18Et vous arrivez à une équation simple, c'est que c'est un problème de santé publique.
07:22Nous avons donc en France, dans le monde, des millions de femmes sans diagnostic.
07:27Et voilà que maintenant, nous avons un test qui est capable de répondre à la problématique
07:32de oui, non-gène-endométriose.
07:34Et donc, à partir de là, vous avez résolu 90% des problèmes de ces patientes, au minimum, au départ.
07:43Et justement, là, on parle de cette innovation.
07:45Vous nous dites que c'est super, tout le monde nous dit que c'est super, mais elle est évaluée.
07:49Je crois très sérieusement, c'est aussi important, quand on lance une innovation, de pouvoir l'évaluer.
07:54Qu'est-ce qui est fait en ce moment pour être sûr que cette innovation fonctionne ?
08:00Pour ma part, en tout cas, pour tout type d'innovation, et c'est en fait le cœur de cette
08:03innovation,
08:04c'est que les patientes, quand vous les interrogez, ça a été bien rapporté dans un rapport
08:08où on a interrogé les patients, notamment en Australie.
08:11Et elles ont 5 axes d'amélioration dans leur parcours de soins.
08:14Et l'un d'entre eux, c'est celui où on aimerait être soigné avec des preuves scientifiques.
08:19C'est-à-dire qu'elles aimeraient ne pas être le cobaye de produits de santé,
08:24de dispositifs médicaux et de parcours de soins non structurés, non coordonnés et non évalués.
08:30Et donc, du coup, cette problématique de la preuve scientifique, elle est fondamentale en médecine.
08:34Et encore plus pour un test innovant et encore plus pour un test qui, dans ce contexte de problématique,
08:40vient globalement résoudre une problématique qui jusque-là n'était même pas envisagée et envisageable.
08:46Donc évidemment que la preuve scientifique, c'est le cœur de tout, mais ça ne suffit pas en pratique.
08:51Et ça a été finalement tout le travail scientifique que l'on a mené, qui a été celui de développer
08:56un test,
08:56de dire, écoutez, regardez, on a une présomption dans la salive, on a des biomarqueurs de l'endométriose.
09:04Génial. Puis on a validé ce résultat en montrant que sur d'autres patientes, ça fonctionne.
09:10Puis maintenant est arrivée l'étude EndoBest qui s'intéresse au service médical rendu.
09:15C'est ça, la réalité. C'est à la fin, quand vous avez une innovation, qu'est-ce que vous
09:19résolvez ?
09:20Quel est le service que vous rendez aux patientes ?
09:22Et ça a été finalement, pour moi, quelque chose d'assez incroyable parce que pour la première fois,
09:28notamment en santé de la femme, une innovation a été évaluée à large échelle
09:32et on a travaillé sur cette question de l'outil existe, il est précis, il a été validé
09:38et maintenant on évalue chez les patientes en pratique courante ce que ça donne.
09:42Et la réalité, c'est que les résultats ne vont pas tarder à être disponibles,
09:47mais au quotidien, au plus près des malades, je peux vous dire que pour avoir délivré
09:53avoir eu la chance de délivrer environ 200 tests, que le retour des patientes est incroyable.
09:59J'ai vu des patientes pleurer, j'ai vu des patientes pleurer de bonheur,
10:03j'ai vu des patientes pleurer de déception, mais j'ai vu des patientes me remercier,
10:07me remercier d'avoir mis des mots sur leur maladie.
10:10Et ça, pour un praticien que je suis, ça n'a pas de valeur.
10:13Donc là, on a parlé de tout ce que ça peut apporter en tant que médecin,
10:16mais aussi bien évidemment aux patientes.
10:18Est-ce que cette étude endobeste aussi pour vous, en tant qu'industriel,
10:22c'est important aussi de pouvoir faire une sorte de démonstration médico-économique ?
10:26Ça veut dire montrer, oui, notre innovation fonctionne,
10:29mais en plus, elle peut vivre dans le système de santé.
10:32Elle n'est pas trop lourde, elle est soutenable pour le système de santé.
10:36Alors, il y a plusieurs niveaux dans l'évaluation.
10:38Il y a l'évaluation scientifique.
10:39Celle-là, elle est publiée dans des revues, dans des revues internationales,
10:43dans les meilleures revues, le New England Journal of Medicine.
10:46Ensuite, il y a l'étude endobeste.
10:48C'est une étude d'utilité clinique, c'est-à-dire comment est-ce que ça s'intègre
10:51dans la pratique des gynécologues ?
10:53Est-ce que les médecins l'utilisent ?
10:55Est-ce que ça a un impact sur le fait qu'ils arrêtent d'opérer ?
10:59Est-ce que de faire moins d'examens, d'orienter la patiente vers la bonne prise en charge
11:03alors qu'avant, c'était un peu on va essayer ce traitement,
11:07on va voir ce que ça donne, etc.
11:08Donc, c'est ça un peu les questions qui sont posées.
11:10Et ensuite, on a transmis ces données à l'assurance maladie
11:14qui, elle, va faire une évaluation économique de l'affaire
11:17pour essayer de mettre des chiffres vraiment sur ce parcours
11:20et de voir un peu ce que ça donne en termes de retour sur investissement,
11:24si on voulait parler un peu en vocabulaire économique.
11:29Et nous-mêmes, on a mis en place une cohorte,
11:31une étude qu'on appelle AndoLife.
11:32Alors, ça fait beaucoup d'études, mais je pense qu'il faut évaluer,
11:36il faut apporter la preuve de ce qu'on raconte en permanence
11:39sur la qualité de vie, sur les impacts que ça peut avoir
11:42sur la trajectoire à long terme des patients, etc.
11:45Et donc, on a une espèce d'écosystème d'évaluation
11:49à destination de publication, de preuves objectives,
11:52parce que sinon, on ne sort pas de la polémique.
11:54Évidemment, il y a les gens qui sont pour, les gens qui sont contre
11:56et on ne s'en sort jamais.
11:57Et le seul moyen de tracer un chemin,
12:01en tout cas, la ligne la plus droite entre ces deux points,
12:03c'est la démonstration de preuve.
12:05Donc, c'est vraiment central.
12:06Le principe de l'étude clinique, c'est indissociable,
12:11c'est consubstantiel de l'innovation.
12:13On ne peut pas prétendre faire de l'innovation
12:15de manière raisonnable.
12:16Il suffit déjà, j'ai fait une idée, j'ai essayé, c'est génial.
12:19Ça, ça marche au début, mais si on n'a pas fait tout le reste,
12:21je pense que ça ne peut pas marcher.
12:22Vous avez parlé de l'assurance maladie.
12:24Ça nous amène au fait que le public aussi,
12:26les acteurs publics sont très importants
12:28dans le développement de toutes ces solutions innovantes.
12:30Donc, je vais me tourner vers vous maintenant, Charline Avenel.
12:33Justement, selon vous, quel peut être le rôle des pouvoirs publics
12:37pour encourager ces innovations au service de la santé des femmes?
12:42Alors, on peut un peu, mais on ne peut pas tout seul.
12:45Et donc, le rôle des pouvoirs publics,
12:47typiquement sur une innovation de ce type,
12:49eh bien, il est limité, il est pesé.
12:54Il est là où c'est intéressant.
12:55Et donc, au fond, qu'est ce qu'on peut faire
12:57sur une innovation de ce type?
12:59On peut financer lorsqu'il y a une faille de marché.
13:02C'est ce qu'on a fait là.
13:03Et je vous dirais ce que nous nous apprêtons à faire.
13:06On peut orienter stratégiquement dans les investissements.
13:11Et puis, on peut fédérer parce que ce qui fait
13:14qu'une innovation de ce type fonctionne,
13:16eh bien, c'est quand on fédère l'ensemble de l'écosystème.
13:19Donc, financer, on ne peut pas se substituer
13:22aux investisseurs privés.
13:24Mais par contre, on peut commencer à investir.
13:27On peut faire une coalition d'investisseurs.
13:30Et donc, ça, c'est tout le sens de nos aides
13:32dont vous avez bénéficié au tout début de votre projet.
13:35Donc, très important dans la phase de préamorçage
13:38et puis ensuite d'amorçage.
13:40Et ce que nous venons d'annoncer aujourd'hui à Medintex,
13:43c'est la création d'un fonds d'investissement
13:45sur la santé des femmes qui va être doté
13:47de 50 millions d'euros, 5 millions à portée de la région.
13:50Et donc là, on va se lancer dans la phase de levée de fonds.
13:53Et ça, ça va permettre d'accompagner des startups
13:55dans leur premier stade de vie
13:58sur des solutions qui vont être des biotech,
14:01de la Medtech, des applis.
14:04Et on répond là vraiment à une faille de marché
14:07parce qu'il y a un sous-investissement
14:09et ça n'est pas un marché de niche.
14:12C'est quelque chose de très important
14:13sur lequel il faut investir.
14:16Donc, nous, on est les premiers en Europe
14:18à dire il faut un fonds santé des femmes.
14:21Et donc, c'est ce que nous faisons.
14:23Orienter, c'est donner un cap clair.
14:25Et donc là, c'est dire la santé des femmes,
14:28c'est une priorité stratégique régionale
14:31et on peut devenir les champions de la santé des femmes.
14:34Pas nous, tout seul, la région.
14:36Nous, avec l'ensemble des acteurs,
14:38en faisant quoi ?
14:39En fédérant un écosystème.
14:41Parce qu'une entreprise comme SeaWig,
14:43eh bien, ce qui est intéressant,
14:45c'est qu'on puisse la mettre en relation
14:47peut-être avec une ETI,
14:49peut-être avec des grands groupes,
14:50avec l'offre de soins,
14:52de manière à diffuser sa solution.
14:56Et donc, voilà, c'est dans ces interstices
14:59que se situe, je crois,
15:00le plus utilement notre action.
15:03Alors, vous parlez justement de ce fonds.
15:05Comment est-ce que la région de France
15:07décide qu'un projet innovant
15:09mérite son soutien par rapport à un autre ?
15:12Alors, déjà, je dirais pourquoi on a décidé
15:15de faire de la santé des femmes
15:16une stratégie prioritaire,
15:18une logique absolument prioritaire cette année
15:21et de passer la démultiplier.
15:23Pourquoi ?
15:24Eh bien, d'abord, parce qu'on faisait beaucoup,
15:27on fait beaucoup sur de l'offre de soins,
15:30sur de la recherche,
15:32sur de l'innovation,
15:33en accompagnant des startups.
15:34Mais beaucoup, ce n'est pas assez.
15:35Et ce n'est pas assez
15:36parce qu'il y a un sous-investissement
15:38criant dans la santé des femmes.
15:40Et donc, c'est en créant ce fonds,
15:42en se rendant compte
15:43de l'immensité des besoins
15:45que nous nous sommes dit
15:47que ça coûtait très cher de ne pas investir.
15:50À l'échelle du monde,
15:51ça coûte 1 000 milliards d'euros
15:53chaque année
15:54de ne pas investir
15:56dans la résolution
15:57de l'inégalité
15:59entre les hommes et les femmes
16:00en matière de santé.
16:01Et donc, c'est ce constat-là
16:03qui a fait que nous avons décidé
16:06de faire de ce sujet une priorité.
16:09Et pourquoi on décide
16:10de financer tel ou tel projet ?
16:13Eh bien, parce qu'il va correspondre
16:16à des sous-priorités.
16:18Par exemple, le sujet de l'endométriose,
16:20beaucoup a été dit récemment,
16:23mais beaucoup reste à faire.
16:25Et donc, c'est vraiment une priorité
16:26dans les années à venir.
16:28Mais on pourrait parler aussi
16:29de tout ce qui est cardiovasculaire
16:31en matière de santé des femmes,
16:32qui est un sujet sous-investi.
16:34Donc, on s'est priorisé
16:36en fonction de là où sont les besoins.
16:38Et puis ensuite, évidemment,
16:39ce qu'on va regarder,
16:40c'est le succès possible,
16:42l'impact possible d'une solution.
16:46Donc, c'est l'impact, le succès.
16:47Et puis, ce qu'on va essayer de faire,
16:49c'est d'accompagner ce succès.
16:51Et j'espère que dans les mois à venir,
16:53on pourra aussi faire des annonces
16:54sur la manière dont on accompagne
16:56les entreprises, les startups,
16:58pour qu'elles traversent
17:00cette vallée de la mort,
17:01pas seulement sur le plan du financement,
17:03mais sur le plan de l'accompagnement.
17:05Et il y a toujours cette question,
17:07quand on développe des projets
17:08pour la santé de la femme.
17:10Vous, je pense que vous pouvez le voir
17:11avec des patientes.
17:12On a toujours ce risque
17:13que ces innovations ne profitent
17:15qu'à une seule partie des femmes,
17:16celles qui sont déjà bien suivies,
17:18celles qui font déjà de la prévention.
17:20Comment est-ce que vous,
17:21vous arrivez à développer des projets
17:23qui vont aller casser un peu
17:25ces barrières,
17:26ces inégalités d'accès aux soins ?
17:28Alors, ça, c'est un axe
17:30qu'on développe fortement
17:32plutôt sur la partie offre de soins
17:34sur laquelle la santé,
17:35sur laquelle la région a fait
17:38quelques investissements.
17:39Donc, on fait deux choses.
17:41On va là où les femmes sont les plus fragiles
17:43et on va là où les femmes sont.
17:46Donc là où les femmes sont les plus fragiles,
17:48eh bien, c'est par exemple
17:50dans le soutien aux femmes de victimes
17:52de violences sexuelles.
17:55On a fortement soutenu l'émergence
17:58de la maison de la santé des femmes
18:00de Saint-Denis,
18:02mise en visibilité par le formidable film
18:05sorti cette semaine.
18:08C'est aussi l'hébergement
18:09et le suivi médical des femmes
18:11qui sont sans abri
18:12à la maison région solidaire des femmes.
18:15Donc, voilà, on va vers les plus fragiles
18:17parce qu'on sait que c'est là
18:18où se creusent vraiment les inégalités.
18:21Et puis, on va aussi là où les femmes sont.
18:23Et de ce point de vue,
18:25on soutient des dispositifs
18:26qui sont dans des dispositifs d'allées verts.
18:28Donc, c'est par exemple le cas du frottibus
18:31pour le dépistage gynécologique
18:33qui sillonne les routes d'Île-de-France,
18:36la ruralité,
18:37mais aussi des territoires urbains délaissés.
18:40Le bus du coeur
18:41pour prévenir les risques cardiovasculaires.
18:43Le bus des femmes
18:43qui propose des consultations gratuites
18:46et son rendez-vous.
18:47Donc, voilà, l'objectif, c'est très simple.
18:49C'est rapprocher la santé des femmes
18:52de la vie réelle
18:54et de là où elles sont.
18:57Et je me tourne vers vous,
18:59professeur Sainte-Bendifala,
19:00puisqu'on l'a dit,
19:00vous êtes directeur médical
19:02de la partie sur la santé des femmes
19:04du congrès Made in Tech Society,
19:06qui est une première édition.
19:08Et le but de ce congrès,
19:09c'est de mettre autour de la table
19:11à la fois des médecins,
19:12des chercheurs, des industriels,
19:14mais aussi des décideurs,
19:16avec l'idée de partir
19:17des besoins cliniques réels,
19:20des patientes et des médecins
19:21pour innover.
19:22Et justement,
19:23je voulais un petit peu clore sur ça.
19:25Pour vous,
19:25quels sont les quelques chantiers
19:27prioritaires là,
19:28aujourd'hui,
19:29sur la santé de la femme ?
19:30Écoutez,
19:31les chantiers sont au nombre de 5
19:33et en pratique,
19:34ils ont été bien formalisés
19:37par les patientes elles-mêmes.
19:38Il y en a un premier
19:39qui est celui de la lutte
19:40contre l'inégalité homme-femme,
19:42puisque ça a été rappelé
19:43et multi-rappelé,
19:44mais une femme va vivre
19:46quasiment 25% de son temps
19:48en moins bonne santé qu'un homme.
19:50Donc,
19:50c'est une problématique,
19:52on va dire,
19:53assez systémique
19:53dans notre pays
19:54et dans plein d'autres pays d'Europe.
19:56L'autre élément,
19:57c'est celui de l'inégalité
19:58entre les femmes elles-mêmes.
20:00Et ce que vient de nous être rappelé
20:02est assez clair.
20:03On a dans le territoire
20:04des zones,
20:06pas forcément toutes rurales,
20:08où vous avez un accès aux soins
20:10et notamment aux soins gynécologiques
20:12et de la santé de la femme
20:12qui sont à ce stade-là,
20:15même pour un pays
20:15comme le nôtre développé,
20:18très,
20:18on va dire,
20:20préliminaire.
20:21Troisième élément,
20:22c'est celui de la qualité de la recherche
20:23et de la recherche spécifique
20:25dédiée aux femmes.
20:26Et de ce point de vue,
20:27il y a de nombreuses études
20:29qui relatent bien les choses.
20:30La prise en compte biologique
20:32de la femme
20:33n'a pas eu lieu
20:34sur les 30 dernières années.
20:35Et donc,
20:36l'accompagnement des traitements,
20:38l'accompagnement des actes chirurgicaux
20:40a souvent été fait
20:41sur des hommes.
20:42Et donc,
20:43la problématique
20:44n'est pas du tout la même
20:44que celle d'accompagner
20:45la fertilité,
20:47la chirurgie
20:47et puis tout l'environnement.
20:49Donc,
20:50la recherche
20:50et l'innovation
20:51sont un troisième élément.
20:52Le quatrième point
20:53est assez clair.
20:54Il y a
20:57une chose
20:57qui est pour les patientes
20:59assez évident.
21:00Et quand vous les interrogez,
21:01elles vous le disent.
21:01Elles veulent un changement,
21:03un vrai changement
21:04de paradigme
21:05de la façon
21:05dont on les prend en charge.
21:07Elles ne veulent plus
21:07être traitées
21:08comme des patientes
21:09pour un frottis,
21:10une pilule
21:10ou une mammographie.
21:12Elles veulent des parcours
21:12de soins structurés,
21:15coordonnés,
21:15qui puissent être capables
21:16de prendre en compte
21:17tout ce que représente
21:19la santé de la femme.
21:19Et à ce stade-là
21:21de la prise en charge
21:21en France,
21:22on n'y est pas encore.
21:23Donc,
21:24vous voyez que lorsque
21:24on s'intéresse simplement
21:26à ce qu'elles veulent,
21:27il ne s'agit pas
21:27de tout révolutionner.
21:29Il s'agit de mettre
21:30des petites touches
21:30d'innovation
21:31et beaucoup
21:32sont simplement
21:33des petites retouches
21:35du système de soins
21:36tel qu'il existe.
21:37Et en termes d'investissement,
21:38c'est simplement
21:39un investissement
21:39en termes de changement
21:41des pratiques
21:41plus qu'un investissement
21:42en termes de milliards
21:43de pratiques.
21:45Eh bien,
21:46je vous remercie
21:46à tous les trois
21:47d'avoir participé
21:47à cette table ronde
21:48et pour nos échanges.
21:49Merci.
21:49Merci à vous.
21:50Merci beaucoup.
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