00:00...
00:00Je vais laisser la parole tout de suite à Prisca Thévenot, députée,
00:10qui va nous lèver son regard notamment sur les sujets d'infertilité et de PMA.
00:17Applaudissements
00:18Bonsoir, bonsoir, décidément, je passe trop de temps dans l'hémicycle.
00:25Bonjour à toutes et j'ai envie de dire à tous aussi,
00:30parce que je suis contente de voir, et ce que je regardais là tout à l'heure,
00:33qu'il y a aussi des messieurs qui sont là.
00:36Alors pas nombreux, mais j'aimerais déjà vous remercier d'être présents,
00:39parce que ce dont nous parlons aujourd'hui ne nous concerne pas nous toutes,
00:42mais elle nous concerne nous tous.
00:44Parce que je crois que l'origine de chacun de nous vient du même endroit,
00:48du corps de la femme, et que nous devons en prendre soin,
00:50pouvoir y travailler, et pas simplement quand les bobos sont arrivés.
00:55Alors je ne vais pas redire tout ce qui a été dit brillamment avant sur la table ronde,
00:59sur la santé des femmes et des jeunes filles en général,
01:01et le phénomène de recul en arrière qui se passe dans le monde,
01:05et sur lequel nous, continuons nous, la France, à être un phare au milieu d'un océan quand même très sombre.
01:12Et donc sur ça, je voulais vraiment remercier le think tank Marie-Claire de toujours être présente,
01:16pour nous donner des moments pour parler, pour expliquer, pour briser des tabous ensemble,
01:20parce que oui, le danger c'est le tabou.
01:22Le danger c'est le tabou, encore plus, c'est toujours sur nous, c'est comme ça,
01:27mais visiblement nous aimons parler, et nous continuerons à le faire,
01:31à parler ici pour pouvoir agir à quelques pas d'ici.
01:34Et vous voyez très bien de quoi je parle, je vous parle de l'Assemblée nationale.
01:39A l'Assemblée nationale, malgré tout ce qu'on peut dire, tout ce qu'on peut entendre,
01:44et bien il y a un consensus qui se dégage en général,
01:46et je le dis en regardant ma collègue Stéphane Eriste qui est ici,
01:49et vraiment elle sait de quoi je parle,
01:51il y a un consensus qui se dégage sur la santé des femmes et le droit des femmes.
01:55Bien sûr, quand je dis les femmes, je parle aussi des jeunes filles.
01:58Et jusqu'à présent, depuis 2022 en tout cas,
02:00tous les sujets que nous avons portés ensemble sur les droits des femmes ont été votés à l'unanimité.
02:07Sans débat, polémique, et sans prise de bec, sans hurlement.
02:12Et ça, je tiens à le dire aujourd'hui.
02:13Alors c'est vrai qu'on a tendance de temps en temps à me voir,
02:16à aller faire des punchlines ou des petits jeux de mots
02:18face à mes collègues de l'opposition sur les plateaux,
02:21mais je dois aussi reconnaître qu'il y a des choses qui fonctionnent.
02:24On n'en parle pas assez dans les médias, il faut qu'on continue à le dire.
02:27Et donc merci à Marie-Claire de pouvoir le mettre ici.
02:31Un sujet qui est tabou, au-delà de ce qui a été dit avant, c'est l'infertilité.
02:34Alors vous allez me dire, oui, l'infertilité ne concerne pas que les femmes.
02:38Vous avez raison.
02:39Ça concerne 30% dans les cas des femmes, 30% des hommes,
02:43et 30% un sujet mixte, et puis 10% raisons inconnues.
02:48Mais comme, de façon assez commune, il est entendu qu'il s'agit d'un sujet féminin,
02:53alors pardonnez-moi mesdames, mais on va se garder ça pour en parler entre nous.
02:57Eh bien non.
02:58Non, parce que derrière, il y a des souffrances, derrière tout ça, il y a des silences,
03:02et derrière tout cela, il y a des joies et des bonheurs interdits pour celles et ceux qui le souhaitent.
03:09Et donc j'ai récemment à l'Assemblée nationale porté une loi qui a été,
03:14et je le redis encore parce que c'est important de redorer un peu le blason de notre Assemblée nationale,
03:19qui a été portée, qui a été votée à l'unanimité, sans dépôt d'amendement,
03:24et qui est passée deux semaines plus tard au Sénat, votée à l'unanimité.
03:28Une loi sur les femmes, pour les femmes, votée en moins d'un mois.
03:33C'est possible, ça passe sous les radars, mais c'est possible.
03:35Quelque part, ce n'est pas plus mal, en fait.
03:38Et donc oui, je voulais vous parler de la PMA et de l'infertilité dans le cadre du travail.
03:42Parce que vous le savez sûrement toutes et tous,
03:46quand on est en embauche, quand on est en profession,
03:49que ce soit dans le privé ou dans le public,
03:51d'ailleurs, disons-le franchement,
03:53quand on annonce qu'on est enceinte,
03:56bon, on est un peu protégé,
03:58mais ça n'a pas toujours été le cas.
04:00Et puis, quand ça se passe bien,
04:02on a quand même un peu le côté du,
04:03bon, elle nous annonce qu'elle est enceinte,
04:05on est content aujourd'hui, mais qu'elle galère pour après.
04:08Je vous passe le détail de,
04:10quand vous annoncez potentiellement que vous voulez essayer d'être enceinte,
04:14ou que vous voulez essayer d'avoir un enfant,
04:17parce que ça concerne aussi les hommes.
04:18Là, franchement, vous compliquez un peu la vie.
04:21Et celles et ceux qui ont osé,
04:23et je dis ceux aussi,
04:24qui ont osé dire ça,
04:26au mieux, ils sont mis au placard,
04:28au pire, ils sont très gentiment poussés vers la sortie.
04:32Pourquoi ?
04:33Parce qu'en plus, ils n'étaient jusque-là,
04:35il faut que j'apprenne à parler maintenant au passé,
04:37ils n'étaient jusque-là pas protégés par le code du travail.
04:40Pour la simple et bonne raison,
04:41c'est que la protection pour les couples ou les femmes
04:44qui veulent rentrer dans un parcours PMA,
04:47eh bien, étaient calées, les protections,
04:49sur le régime de grossesse.
04:52Ce qui est une aberration,
04:53puisque vous le savez très bien,
04:54vous pouvez être dans un parcours PMA
04:55sans jamais arriver à ce moment de bonheur,
04:59d'être enceinte,
05:00ou de voir votre compagne enceinte.
05:02Et donc, nous avons pu créer un code spécifique
05:04pour protéger les femmes et les hommes,
05:07parce que ce n'était pas forcément indiqué,
05:09puisque c'était calé au process de grossesse,
05:11pour être protégées aujourd'hui
05:12dans leur parcours professionnel,
05:15sur les embauches,
05:16mais également sur la capacité
05:17à prendre des congés
05:19pour pouvoir suivre leur traitement.
05:22Et c'est pour ça que j'insiste,
05:23c'est valable pour les femmes,
05:25et maintenant, c'est valable pour les hommes.
05:27Parce que si le tabou de l'infertilité
05:29existe pour les femmes,
05:29je ne vous parle même pas des hommes.
05:31Donc, merci, messieurs, d'être là.
05:32Et de manière plus générale,
05:34pour vous dire que ça continue à avancer,
05:36on est en train de poser et travailler aussi
05:38sur un autre sujet
05:39de texte législatif
05:41qui est sur la santé des femmes.
05:42Parce que oui, il faut en parler,
05:44maintenant, il faut aussi écrire des choses
05:44dans la loi.
05:46Parce que là où,
05:46de l'autre côté de l'Atlantique,
05:48on enlève le mot femme,
05:49le mot jeune fille
05:50et d'autres mots encore des discours,
05:52nous, ici, en France,
05:53il faut qu'on puisse les écrire
05:54et les graver dans la loi.
05:56Parce que ce que la loi a fait,
05:57seule une loi pourra le défaire.
06:00Et donc, nous avons une loi
06:01qui va être portée en fin d'année
06:03de cette année-là
06:04sur la santé des femmes et des jeunes filles
06:07avec des parcours très spécifiques
06:08pour adresser les sujets
06:10bien sûr des règles,
06:12les sujets de la santé mentale
06:13parce que les femmes et les jeunes filles
06:15sont beaucoup plus touchées que les autres,
06:17mais aussi sur la prévention cardiovasculaire
06:19avec tout un point sur la santé au travail,
06:21sur la santé à l'école.
06:23Et puis, un autre enjeu,
06:24et je le dis encore une fois là,
06:25sur la ménopause
06:26en saluant le travail de Stéphanie Riste
06:28qui nous aide beaucoup.
06:30Je dois vous le dire,
06:31si en général,
06:32on arrive pour vous dire
06:33que tout va mal,
06:34tout est dramatique,
06:35j'ai envie de vous dire,
06:36sur ce sujet-là,
06:37on a vraiment de quoi agir
06:38pour les deux prochaines années.
06:39On l'a parce qu'on a le soutien
06:41du président de la République
06:42qui n'a pas démérité depuis 2016.
06:45On l'a parce qu'on a un président de groupe,
06:46et là je le dis,
06:47pardon,
06:47je fais un peu de pub,
06:48à l'Assemblée nationale
06:49qui est très allant
06:51et vraiment
06:52qui nous pousse
06:53pour qu'on aille encore plus loin
06:54que ce qu'on ose penser
06:56de temps en temps
06:57qui s'appelle Gabriel Attal.
06:58Et j'ai envie de finir par là,
07:00on a une ministre
07:00qui est très disponible
07:02et qui en plus
07:03brise les tabous avec nous
07:04qui s'appelle Catherine Vautrin.
07:06Et donc sur tout ça,
07:07on a un chemin d'espoir
07:08qui se dresse.
07:09Donc merci à tous
07:10de continuer à en parler,
07:11de continuer à nous bousculer,
07:12de continuer à nous challenger
07:13parce qu'on a deux ans
07:15de travail à faire
07:16et pas des moindres
07:17pour nous,
07:18mais aussi pour celles et ceux
07:19qui aujourd'hui
07:20sont dans ce phénomène
07:21de backlash,
07:21notamment aux Etats-Unis.
07:22Merci à toutes.
07:23Applaudissements
07:24Sous-titrage Société Radio-Canada
07:36Merci à tous.
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