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Coordinateur de La France Insoumise, Manuel Bompard était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Europe 1, c'est Manuel Bompard.
00:03Bonjour à vous, coordinateur de la France Insoumise.
00:06D'abord, évidemment, l'économie. Nous allons vivre probablement un choc pétrolier.
00:10Le quatrième depuis 1973, avec une répercussion dès ce week-end sur les prix à la pompe.
00:14Je ne sais pas si vous avez une voiture, si vous êtes plein de temps en temps.
00:17J'en ai une, même si je ne l'utilise pas souvent.
00:19Et je pense que tout le monde a observé, effectivement, l'augmentation des prix.
00:21Vous avez vu à quel prix sont les litres de goazole, par exemple ?
00:24Le goazole a augmenté de 30 centimes, quasiment, le litre.
00:28Ça dépend évidemment des stations-service.
00:30Donc, bien sûr qu'il faut agir sur ce sujet.
00:32Alors, qu'est-ce qu'il faut faire, Manuel Bompard ?
00:33Vous proposez, je crois, un blocage des prix à la pompe.
00:35Bien sûr.
00:36En quoi est-ce que ça serait efficace ?
00:37Ça serait efficace, puisque ça permettrait de bloquer les prix au niveau auquel ils étaient avant,
00:43ce qu'on observe là, qui sont en vérité des mécanismes de spéculation.
00:46Et c'est la seule solution qui permet de protéger le pouvoir d'achat des Françaises et des Français.
00:50Donc, vous bloquez les prix, vous avez la possibilité de le faire.
00:53Il y a un décret qui peut être pris en vertu d'un article du Code du commerce.
00:58Et c'est la seule solution possible.
00:59Parce que le gouvernement, qu'est-ce qu'il propose pour l'instant ?
01:01Rien.
01:02Il nous dit, on va faire 500 contrôles.
01:04Il y a plus de 10 000 stations-service en France.
01:06Ça ne sert strictement à rien.
01:06Mais c'est trop tôt pour des mesures d'accompagnement du pouvoir d'achat des Français ?
01:10Les Français, ils sont impactés déjà par ces problèmes de pouvoir d'achat.
01:13C'est peut-être trop tôt pour le gouvernement,
01:15mais pas pour les gens qui sont déjà obligés de se serrer la ceinture.
01:18Sur la base d'une guerre sur laquelle, évidemment, ils n'ont aucun poids et aucune responsabilité.
01:23Donc, bien sûr qu'il faut agir et il faut le faire tout de suite.
01:25Et j'entendais le Rassemblement national dire, non, M. Bardella, ce n'est pas ça qu'il faut faire.
01:30Il faut baisser.
01:31Eux, ils proposent une baisse de la TVA de 20 à 5,5 sur le prix du carburant.
01:34Sur l'augmentation du prix.
01:36Alors, d'abord, c'est inefficace.
01:38Vous savez, quand il y a eu une baisse de la TVA sur la restauration,
01:4190% de la baisse n'a pas été répercutée sur les prix.
01:43Donc, un, c'est inefficace.
01:45Deux, ça ne marche pas non plus.
01:46Parce que c'est 20% l'augmentation des taxes.
01:49Sur l'augmentation du prix, les taxes, c'est 20%.
01:52Donc, ça veut dire qu'au lieu d'avoir une augmentation de 30 centimes sur le prix du gasoil,
01:55vous aurez une augmentation de 24 centimes.
01:57Et puis surtout, de la part de M. Bardella et du Rassemblement national,
02:00son objectif, comme toujours, c'est de protéger les grands distributeurs,
02:04les géants du pétrole total qui se fait des milliards.
02:07Les multinationales, c'est ça ?
02:08Mais évidemment.
02:08Le RN est le protecteur multinational.
02:10Absolument, quand vous refusez de bloquer les prix,
02:13les seuls que vous ne voulez pas mettre à contribution,
02:15c'est-à-dire que vous mettez à contribution les gens,
02:16parce que le prix va augmenter de 24 centimes,
02:19vous mettez à contribution l'État,
02:20puisque c'est moins de recettes fiscales pour l'État,
02:22les seuls que vous ne touchez pas, que vous ne mettez pas à contribution,
02:25c'est les géants de la distribution du pétrole
02:27qui se font des profits gigantesques sur cette spéculation
02:31et que vous ne mettez pas à contribution.
02:32M. Bardella les protège.
02:34Eh bien, moi, je veux protéger les Françaises et les Français.
02:36Manuel, si on bloque les prix,
02:39c'est l'État qui doit compenser intégralement
02:41donc les pertes des distributeurs, des raffineurs.
02:43Vous avez chiffré ?
02:45Mais non, ce n'est absolument pas l'État, pardonnez-moi de vous le dire,
02:47qui doit compenser.
02:48C'est les distributeurs qui sont contraints
02:50de ne pas pouvoir vendre le pétrole, le carburant, le gaz, l'électricité.
02:55Donc, ça entraînera des pénuries, peut-être ?
02:56Absolument pas.
02:57C'est le risque.
02:57Écoutez, la Croatie vient d'annoncer...
03:00La Hongrie !
03:00La Hongrie !
03:01Même de M. Orban.
03:02Vous voyez.
03:02Que vous n'aimez pas.
03:04M. Bardella, il ferait mieux peut-être sur ce coup-là
03:06au moins d'écouter M. Orban.
03:08Mais attendez, franchement, vous savez qu'en France,
03:10on fait des blocages des prix.
03:11On l'a fait pendant le Covid sur le prix du gel hydroalcoolique.
03:15Il n'y a pas eu de pénurie du gel hydroalcoolique.
03:16Dans les années 90 aussi, au moment de la guerre...
03:18La première guerre du Golfe, il y a eu cinq semaines
03:20pendant lesquelles on a bloqué les prix du carburant.
03:22C'est une mesure très simple à mettre en place.
03:24Et honnêtement, elle protège le pouvoir d'achat
03:26des Françaises et des Français.
03:27Vous ne demandez pas un chèque énergie pour aider les Français
03:31comme ça a été le cas il y a quelques années ?
03:32Mais en fait, si vous bloquez les prix du carburant,
03:34du gaz, de l'électricité, vous allez non seulement aider
03:37les particuliers, en plus, vous allez aider
03:39les petites et les moyennes entreprises,
03:40les artisans, les boulangers.
03:42On sait que, par exemple, quand le prix de l'électricité
03:44augmente fortement, c'est les boulangers
03:46qui se retrouvent dans la difficulté.
03:48Et au moins, vous n'avez pas besoin de débloquer
03:49des chèques énergie.
03:51Parce que débloquer des chèques énergie,
03:52c'est faire payer le budget de l'État.
03:53Et faire payer le budget de l'État, ça se répercute ensuite,
03:56évidemment, dans des coupes, comme on a pu le voir
03:57lors du dernier budget, sur la santé,
04:01sur l'éducation nationale,
04:034000 postes supprimés.
04:06sur tout ça.
04:07Ce qu'il faut faire, c'est mettre
04:09à contribution les grandes multinationales
04:11qui s'enrichissent sur le dos des Françaises
04:13et des Français. Comment vous pouvez accepter
04:15l'idée que, dans une situation comme celle-ci,
04:16tout le monde doit se serrer la ceinture.
04:18Les gens qui galèrent déjà beaucoup
04:19ne vont plus pouvoir remplir leur voiture.
04:22Mais les seuls qui vont s'en mettre plein les poches,
04:24c'est des grandes entreprises qui ont déjà fait des records
04:26de profits après la guerre en Ukraine.
04:27Ça, c'est inacceptable, évidemment.
04:28Emmanuel Bonpart, on est sur CNews et Europe 1.
04:30Emmanuel Macron a annoncé hier le déploiement
04:32d'une force défensive dans la région en Méditerranée orientale
04:35pour éventuellement aller vers le détroit d'Hormuz.
04:38Huit frégates, deux portes-hélicoptères,
04:39le Charles de Gaulle.
04:40Il assume qu'il s'agisse d'une mission pacifique et défensive.
04:46Est-ce que vous le pensez ?
04:47Je ne vois pas comment on peut faire une mission défensive
04:49pour débloquer le détroit d'Hormuz,
04:51qui est partagé entre des eaux territoriales,
04:53qui pourront partir sur l'Iran.
04:54Pour l'instant, la marine française n'est pas dans le détroit d'Hormuz.
04:57Elle est en Méditerranée orientale.
04:58Oui, mais je ne comprends pas ce que ça veut dire.
04:59C'est la même chose.
05:00Donc, je pense que, en tout cas, moi, ce à quoi j'aspire,
05:04pour les raisons qu'on a évoquées avant,
05:05c'est-à-dire les conditions économiques,
05:06et évidemment pour protéger les populations civiles en Iran, au Liban,
05:10c'est que la France doit agir pour un cessez-le-feu global, immédiat,
05:15le plus rapidement possible.
05:16Et peut-être aussi pour protéger ses propres ressortissants,
05:18400 000 dans la région du Golfe, éventuellement les évacuer.
05:22Évidemment, mais le mieux pour protéger tout le monde,
05:24c'est le cessez-le-feu, madame.
05:26Si vous obtenez le cessez-le-feu, alors vous protégez vos ressortissants
05:29et vous protégez l'ensemble des populations civiles,
05:31parce que sinon, on est aujourd'hui face à un risque d'escalade.
05:34Donc, la France doit condamner une guerre qui est une guerre illégale
05:37au regard du droit international,
05:39et la France doit agir pour le cessez-le-feu.
05:41Vous avez entendu l'appel du président de la République libanais
05:44qui appelle la France à lui venir en aide.
05:46Vous avez déjà plus de 500 000 Libanais qui sont obligés de se déplacer.
05:49C'est l'équivalent de la ville de Toulouse.
05:51Pourquoi ? Pourquoi ils ont été obligés de se déplacer ?
05:53Parce que le Hezbollah a tiré sur Israël au lendemain de la mort de l'ayatollah Hameneh.
05:57Alors, je ne crois pas, madame.
05:58Ah, si, je crois, moi, monsieur.
05:59Ah bon ? Alors, vous connaissez bien la situation.
06:01Vous êtes allé au Liban ?
06:02Attendez, moi, personnellement, je ne suis pas allé au Liban,
06:04mais mon collègue Arnaud Le Gall qui préside la commission parlementaire...
06:09Attendez, madame, moi, je suis allé.
06:10Non, mais je vous pose des questions.
06:11Est-ce que vous connaissez le terrain ?
06:11Ce n'est pas parce que je ne suis pas allé que je ne connais pas la situation.
06:13Est-ce que vous savez, madame, est-ce que vous savez
06:16que depuis le cessez-le-feu qui a été passé à la fin de l'année 2024,
06:19il y a eu 1 800 violations du cessez-le-feu
06:22avant tout tiers du Hezbollah de la part de l'armée israélienne
06:25de ce cessez-le-feu et de cet accord de cessez-le-feu ?
06:30Il y a eu des attaques du Hezbollah qui, avant la mort de l'Ezbollah Roméné,
06:36a violé le cessez-le-feu 1 800 fois, madame.
06:38C'est le gouvernement israélien.
06:40Donc, vous pouvez, si vous voulez, essayer de donner une quelconque légitimité
06:44à une guerre qui n'en a absolument aucune.
06:45Je rappelle les faits, monsieur Bompard.
06:47Madame, qui ?
06:48Je rappelle les faits.
06:49Il y a eu des frappes américaines et israéliennes sur Téhéran.
06:51Madame, les faits, est-ce que ce que je viens de dire est faux ?
06:53Le lendemain, le Hezbollah a attaqué Israël.
06:54Madame, madame, est-ce que ce que je viens de dire est faux ?
06:57Est-ce qu'il y a eu 1 800 violations du cessez-le-feu par le gouvernement israélien
07:04depuis l'accord de cessez-le-feu signé à la fin de l'année 2024 ?
07:07En fait, bon, ça des attaques, évidemment, comme toujours.
07:08Non, absolument pas, madame.
07:10Absolument pas.
07:10Pardon, vous voulez parler des faits.
07:12Là, en l'occurrence, vous ne nous parlez pas des faits.
07:13Bref, laissons de côté, si vous voulez, les responsabilités.
07:17Ce que l'on doit faire, c'est obtenir le cessez-le-feu le plus rapidement possible
07:20pour protéger les populations civiles.
07:22Les populations civiles iraniennes qui sont massacrées par le régime des Mollahs ?
07:27Les populations civiles iraniennes doivent évidemment être protégées
07:30contre la répression du régime et contre les bombardements.
07:33Parce que quand vous avez des frappes américaines qui frappent une école
07:37dans laquelle vous avez 150 écolières qui sont tuées par des frappes américaines,
07:40il faut aussi les protéger, vous comprenez ?
07:42Et personne ne croit, madame, ou alors vous n'avez tiré aucun enseignement
07:46de ce qui s'est passé en Irak, de ce qui s'est passé en Syrie,
07:48de ce qui s'est passé en Afghanistan.
07:49Personne ne croit que vous allez libérer une population
07:52par une intervention militaire extérieure.
07:54Je pense que l'histoire nous l'a amplement démontré.
07:57Donc si vous voulez, y compris protéger les populations civiles
08:00qui sont victimes de la répression du régime,
08:02vous ne leur rajoutez pas des bombardements d'armées étrangères.
08:04Est-ce que la France insoumise soutient le peuple iranien
08:07ou le régime théocratique islamique ?
08:09On se pose la question à Marseille, Jean-Luc Mélenchon a dit
08:11« ils ne vaincront pas l'Iran, ils espéraient que le régime s'effondre,
08:14ils ne s'effondrent pas l'Iran ».
08:15Non mais je vous pose la question très tranquillement.
08:17Est-ce que c'est un soutien à la République islamique d'Iran ?
08:20Absolument pas. Je vous réponds très tranquillement aussi.
08:22Depuis le premier jour, et vous avez cité Jean-Luc Mélenchon,
08:25Jean-Luc Mélenchon fait partie des personnalités politiques en France
08:27qui n'ont jamais soutenu le régime iranien,
08:29à l'époque où Jean-Marie Le Pen était fait invité d'honneur à l'ambassade d'Iran.
08:34Jean-Luc Mélenchon y combattait à ce moment-là, y compris le régime iranien.
08:37Moi je fais partie d'un groupe parlementaire
08:38qui a parrainé des personnes qui étaient condamnées à mort en Iran.
08:42D'accord ? Donc je n'ai aucune leçon à recevoir de personne.
08:44Par contre, ce que je dis, c'est que vous n'obtiendrez pas
08:47la libération du peuple iranien par une intervention militaire extérieure.
08:50C'est le peuple lui-même qui doit se libérer.
08:52Evidemment.
08:52Sauf qu'il est désarmé.
08:53Et il faut l'appuyer, et il faut l'aider.
08:55Et on peut faire des sanctions qui touchent le régime.
08:58Mais en l'occurrence, ce n'est pas par ce moyen-là que vous obtiendrez.
09:02Et d'ailleurs, ce n'est même pas l'objectif de M. Trump qui le dit lui-même.
09:05Qui dit que son sujet, ce n'est pas la démocratie en Iran ou un changement de régime.
09:10Vous le savez très bien.
09:11Comme M. Trump est allé enlever le président du Venezuela
09:13et qu'une partie des gens en France, même lui, ne le disaient pas,
09:17ont fait semblant que c'était pour la démocratie vénézuélienne
09:20et qu'aujourd'hui, rien n'a changé.
09:21La vérité, c'est que M. Trump ne s'intéresse qu'à une seule chose.
09:24Essayez de mettre la main sur les ressources naturelles.
09:26Tout le monde le sait.
09:27Et personne ne croit qu'il est guidé par quelque volonté démocratique que ce soit.
09:32Vous êtes peut-être dans la tête de Donald Trump, moi.
09:35Ah non, je prends ces déclarations, madame.
09:36Je ne suis pas dans sa tête.
09:37Je prends exactement ces déclarations.
09:39Et je regarde les faits tels qu'ils sont.
09:41Une dernière question concernant les déclarations de la France insoumise.
09:44Rima Hassan dit, l'Iran a le droit de se défendre.
09:46Israël a le droit de l'affirmer.
09:48Est-ce que ça veut dire que c'est un soutien à la volonté connue des Iraniens
09:52d'éradiquer l'État hébreu de la surface de la Terre ?
09:55Non, absolument pas, madame.
09:56Ça veut dire quoi, Israël a le droit de l'affirmer ?
09:58C'est une référence au fait qu'après les terribles attaques du 7 octobre,
10:02c'est ce qui a été utilisé pour justifier le génocide en cours à Gaza.
10:06Voilà ce que ça veut dire très précisément, madame.
10:07Le génocide en cours à Gaza ?
10:08Oui, bien sûr.
10:09Si vous ne croyez pas...
10:11Aucune des instances internationales ne valide ce terme.
10:13Il n'y a pas des commissions de l'Organisation des Nations Unies qui le dit ça.
10:15Commission d'experts indépendants.
10:17Commission d'experts indépendants.
10:18Oui, donc ne dites pas aucune.
10:19Pendanté par la Commission des droits de l'ONU.
10:22Est-ce qu'il y a des mandats de la Cour pénale internationale qui sont délivrés...
10:24Pas pour génocide, monsieur, vous le savez parfaitement.
10:26Très bien, madame.
10:27Vous le savez parfaitement, les mots ont un sens.
10:28Voir crimes contre l'humanité.
10:29Est-ce qu'il y a une commission internationale rattachée à l'ONU qui parle de génocide ?
10:33Est-ce qu'il y a des rapports des ONG, y compris des ONG israéliennes, qui parlent de génocide ?
10:37Oui.
10:38Est-ce qu'il y a une publication de Human Rights Watch hier ?
10:41Bien sûr, mais...
10:42Une ONG qui dit qu'y compris en ce moment dans ce qui se passe au Liban, Israël utilise des
10:46armes au phosphore, qui sont un crime de guerre.
10:49Et comme je voyais que vous invitez régulièrement, monsieur Rafovitch, le porte-parole de l'armée israélienne,
10:53peut-être que vous pourriez lui poser la question de savoir si oui ou non, ils utilisent des armes au
10:57phosphore,
10:58qui sont des crimes de guerre, qui sont bannis par toutes les règles de la guerre, par toutes les règles
11:02internationales.
11:03Je ne suis pas sûr que vous lui poserez la question, mais je regarderai ça avec attention.
11:06Je sais que vous regardez beaucoup nos antennes et je m'en félicite.
11:08Parlons des municipales.
11:09Dimanche prochain, premier tour du scrutin.
11:11Vous avez 510, je crois, qui se représentent à peu près sur le terrain.
11:16Vous avez peu de municipalités, on va se le dire, vous en avez à peine deux.
11:18Pour l'instant, c'est le cas.
11:19La marche de progression, elle est assez facile pour vous.
11:21Je crois qu'on va progresser massivement dans cette élection municipale.
11:24On a déjà largement progressé aux élections européennes.
11:27On a massivement progressé dans notre représentation parlementaire à l'Assemblée nationale.
11:30France Assoumise, c'est un jeune mouvement, il a 10 ans.
11:33Donc pour l'instant, effectivement, on dirige deux municipalités,
11:35qui ont une population inférieure à 20 000 habitants à chaque fois.
11:37Et je crois que là, on va diriger davantage de municipalités pour rentrer en force dans les conseils municipaux.
11:44Et c'est une bonne nouvelle, je crois, pour les habitantes et les habitants de ces communes,
11:46parce que les listes que nous défendons sont les seules listes qui défendent la gratuité de la cantine scolaire, par
11:51exemple,
11:52qui défendent le développement des centres de santé municipaux,
11:54qui défendent le référendum d'initiative citoyenne municipale.
11:57Donc si les habitantes et les habitants veulent avoir des politiques au service de leurs besoins fondamentaux,
12:02il faut voter pour les listes de la France Assoumise.
12:04Manuel Bompard, on est sur CNews Europe 1, vous vous maintenez partout, vous faites plus de 10%,
12:08aucune alliance avec la gauche.
12:10Ah non, c'est pas ce que je vous dis.
12:11Je vous dis que partout où il n'y aura pas de risque de bascule des villes à droite ou
12:15à l'extrême droite,
12:16effectivement, notre objectif, c'est de pouvoir présenter nos listes au second tour.
12:19Mais là où il y a des risques de droite et d'extrême droite,
12:20nous on a une responsabilité, j'ai vu que le parti socialiste,
12:24dans une décision absolument irresponsable,
12:27considère que ce n'est pas grave, en quelque sorte,
12:28que des dizaines de villes puissent basculer à la droite ou à l'extrême droite,
12:31pas nous.
12:32Donc nous, partout où nous sommes en tête au soir du premier tour,
12:34nous tendrons la main pour rassembler, battre la droite et l'extrême droite.
12:37Et l'inverse ?
12:38Eh bien si on n'est pas en tête...
12:39Vous retirez vos livres ?
12:40Non, on proposera de constituer ce qu'on appelle un front antifasciste,
12:44un front contre l'extrême droite,
12:46et donc on proposera ce qu'on a appelé des fusions techniques,
12:48c'est-à-dire on se rassemble pour mobiliser l'ensemble des électoraux.
12:50Mais avec qui vous allez vous rassembler ?
12:52Parce qu'après lui, le Parti socialiste n'a pas franchement envie
12:54de faire des fusions techniques avec vous.
12:56Eh bien si le Parti socialiste prend cette décision,
12:59c'est une décision que...
12:59Ils l'ont annoncée, hein ?
13:00On verra, parce que vous savez,
13:02entre ce que dit le Parti socialiste et ce qu'ils font réellement...
13:04Vous avez confiance sur le fait qu'ils vont se rallier à vous ?
13:05Non, je dis que s'ils confirment cette intention,
13:08je pense qu'ils porteront une responsabilité absolument historique
13:11de voir des centaines de milliers de personnes dans notre pays
13:14être dirigées demain par des municipalités de droite et d'extrême droite,
13:16avec des conséquences, de mon point de vue,
13:18qui vont être désastreuses et gravissimes pour les habitantes et les habitants.
13:21En meeting à Perpignan, Raphaël Glucksmann a estimé
13:23qu'on ne peut pas aller au combat contre l'extrême droite
13:25avec un boulet aux pieds comme la France insoumise.
13:27On ne lutte pas contre l'extrême droite
13:28avec ceux qui trahissent les principes républicains dans notre pays.
13:31Il a même comparé Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen
13:34après qu'il ait ironisé sur des noms à consonance juive.
13:36D'abord, Jean-Luc Mélenchon n'a pas ironisé sur des noms à consonance juive.
13:39Il les a écorchés volontairement ?
13:40Non, pas volontairement,
13:41puisque lui-même a fait un tweet pour dire
13:43qu'il avait écorché involontairement quatre noms, d'ailleurs,
13:47et pas que de personnes à consonance juive.
13:50Epstein, Glucksmann.
13:50Il a écorché le nom de notre propre candidat à Perpignan.
13:53Je pense que personne ne peut lui faire le reproche
13:55de lui vouloir du mal.
13:56Donc ça, franchement, c'est une polémique absolument grotesque.
13:59Quant à la lutte...
13:59Donc il n'est pas Jean-Marie Le Pen, pour répondre à M. Glucksmann ?
14:02Mais Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie Le Pen
14:03sont exactement à l'opposé sur le spectre politique, madame.
14:06Je vous ai parlé de l'Iran tout à l'heure pour vous donner un exemple,
14:08mais je pourrais vous parler d'autres sujets, si vous voulez.
14:11Le programme que l'on défend, c'est un programme pleinement inscrit
14:13dans les principes républicains
14:14et totalement mobilisé dans la lutte contre toutes les formes
14:17de racisme, d'antisémitisme, d'islamophobie.
14:20Il n'y a pas de sujet sur ce sujet.
14:21D'ailleurs, aucun de nos candidats,
14:23contrairement aux plus de 20 candidats du Rassemblement national
14:26qui ont été impactés, pointés du doigt
14:28pour des propos racistes ou antisémites,
14:30il n'y en a aucun à la France insoumise.
14:31Donc il ne faut pas raconter n'importe quoi.
14:33Quant à la lutte contre le Rassemblement national,
14:35M. Glucksmann veut faire alliance avec M. Hollande.
14:37Vous savez, entre 2012 et 2017,
14:39la gauche dans ce pays, elle a perdu 20 points aux élections.
14:43En 2012, le Rassemblement national n'était pas au deuxième tour.
14:45En 2017, il l'était.
14:46Dans l'intervalle, c'est M. Hollande qui a dirigé le pays pendant 5 ans.
14:49Donc c'est la gauche qui est responsable d'alimenter
14:50le Rassemblement national dans le pays ?
14:51Je pense que, pas la gauche,
14:53la trahison de la gauche, le social-libéralisme,
14:57le quinquennat Hollande a fait effectivement
14:58beaucoup de mal à la gauche
14:59et a servi de carburant à la progression de l'extrême droite.
15:02Malheureusement, ça s'est poursuivi ensuite
15:03avec les politiques macroniques.
15:05Vous pourriez vous associer avec des gens du Parti socialiste ?
15:08Ça peut m'avoir dit ça ?
15:08Mais moi, je dis ça.
15:10Donc je suis assez clair, je pense, sur mes désaccords.
15:12Je ne crois pas que tous les socialistes soient d'ailleurs d'accord
15:14avec le quinquennat, le bilan du quinquennat de François Hollande.
15:17Pour autant, je sais prendre mes responsabilités
15:19et je sais les conséquences dramatiques
15:21d'une ville dirigée par le Rassemblement national.
15:24Parce que j'entends parfois des gens dire
15:25« Oui, mais on n'a jamais essayé, on va essayer. »
15:26Ah ben, si on a essayé, madame, on a essayé.
15:28Quant à Énan-Beaumont, le maire du Rassemblement national
15:31privatise la piscine,
15:33à la fin, c'est 70% plus cher.
15:35Et dans toutes les villes, c'est des élus...
15:38Là, on rentre dans le détail de certaines...
15:40Non, je ne vais pas ouvrir tous les compteurs de temps de parole.
15:41On ne va pas citer...
15:42Non, mais dans toutes les villes.
15:43Voilà, on va parler comme ça.
15:44Dans toutes les villes où le Rassemblement national dirige,
15:46par exemple, les premières décisions,
15:48c'est d'augmenter leur propre salaire des maires.
15:50Vous voyez ?
15:50C'est couper les subventions aux secours populaires.
15:53C'est couper les subventions dans les centres sociaux.
15:54Ah ben, vous pouvez vérifier, madame.
15:56Vous pouvez vérifier les informations que je viens de dire.
15:59Je ne peux pas donner d'exemples concrets,
16:00mais vous pourrez les vérifier.
16:01On a parlé des socialistes qui veulent un cordon sanitaire,
16:03quasiment, autour de LFI.
16:05Vous sentez comme les pestiférés à gauche ?
16:07Moi, j'ai plutôt l'impression que le cordon sanitaire
16:09pour protéger la République, aujourd'hui,
16:10c'est la France insoumise.
16:12Y compris quand je vois la dérive absolument stupéfiante
16:14de la droite.
16:15Quand j'entends, par exemple, la candidate...
16:17Alors, il ne faut pas que je cite de nom.
16:19Une candidate reprendre le slogan
16:21qui a été le slogan de la République.
16:22Elle dit qu'elle ne savait pas.
16:23C'est comme Jean-Luc Mélenchon, elle n'a pas fait exprès.
16:25Ah ben, je ne crois pas qu'elle ait dit ça,
16:27je ne crois pas qu'elle se soit excusée.
16:28Bref, quand je vois la dérive
16:30à laquelle une partie de la droite dans ce pays aujourd'hui
16:32se livre et est en train de fusionner
16:34avec l'extrême droite,
16:35je pense qu'heureusement qu'il y a la France insoumise
16:36pour défendre les principes de la République.
16:38Un tout petit mot des écologistes.
16:39Marine Tondelier, pareil, a dénoncé une ingérence de LFI.
16:42La France insoumise est dans une stratégie des unions.
16:45Elle veut transformer les municipales
16:46en champs de ruines pour la gauche.
16:47Ce sont vos partenaires, pourtant ?
16:49Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis.
16:51Vous avez entendu ce que je vous ai dit,
16:52c'est précisément l'inverse.
16:53Nous, on propose au deuxième tour des élections municipales
16:56de constituer partout un front antifasciste
16:57pour battre la droite et l'extrême droite.
16:59Si Mme Tondelier...
17:00Et qui est fasciste pour vous ?
17:01Parce qu'on a l'impression qu'à part vous,
17:02tout le monde est fasciste.
17:02Ah non, pas à part nous, tout le monde est fasciste.
17:04Mais si vous...
17:05Qui ne l'est pas ?
17:06Le suprémacisme, le fascisme,
17:08si vous ne l'identifiez pas
17:09dans les programmes politiques de celles et ceux
17:12qui veulent faire régner partout la loi du plus fort,
17:14qui veulent détruire le droit international
17:16à l'échelle internationale,
17:18qui veulent petit à petit imposer des politiques
17:20qui sont des politiques discriminatoires,
17:22y compris qui classent les Françaises et les Français
17:24en deux catégories,
17:25considérant qu'il y a en quelque sorte
17:26des vrais Français et des Français de papier,
17:28si ça, ça ne vous paraît pas
17:29une politique suprémaciste d'inspiration fasciste,
17:32pardonnez-moi, dans ce cas-là,
17:33on n'a pas les mêmes références historiques.
17:36Je pense que l'extrême droite a un programme,
17:38évidemment, qui a un programme d'inspiration fasciste.
17:40Et je pense qu'il y a une partie de la droite,
17:41aujourd'hui, dite républicaine,
17:42qui malheureusement, petit à petit,
17:44se rapproche de ses positions.
17:45Quand M. Retailleau,
17:47président du Parti des Républicains...
17:48Il est fasciste, lui aussi.
17:49Vous en voyez beaucoup.
17:50Madame, vous pouvez rigoler sur ce sujet,
17:52mais quand j'entends des gens,
17:54comme M. Retailleau,
17:56dire qu'il y a une partie des Français
17:57qui sont en régression vers leurs origines ethniques,
18:00je cite les propos tels qu'ils sont,
18:02c'est-à-dire, en quelque sorte,
18:04qu'il y aurait des races inférieures,
18:06c'est ça,
18:06et qu'une partie des Français
18:07sera en régression vers ses origines ethniques.
18:09Vous pensez que c'est ça que vous voulez dire M. Retailleau ?
18:10Je ne sais pas,
18:10régression vers les érogines ethniques,
18:11à votre avis, ça veut dire quoi ?
18:14Vous lui poserez la question,
18:15il répondra,
18:16mais moi, je crois que c'est ça que ça veut dire.
18:17Oui, je considère que c'est des propos
18:18qui sont inacceptables,
18:19et voir ces gens-là se prétendre
18:21ensuite les défenseurs de la République,
18:23ou les gens aptes à pouvoir mettre
18:25un cordon républicain contre qui que ce soit,
18:27franchement,
18:28ça me ferait presque sourire
18:29si ce n'était pas dramatique.
18:30Vous demandez que c'est vous
18:31les défenseurs de la République ?
18:32Évidemment.
18:33Évidemment que le programme que l'on défend,
18:34c'est le programme qui défend
18:35les principes républicains,
18:37l'égalité entre tous les citoyens,
18:39le refus de toute forme de racisme
18:40et de discrimination,
18:41et puis la bataille pour la justice sociale,
18:43la justice fiscale.
18:44Oui, bien sûr,
18:45c'est la France insoumise
18:46qui défend ses positions, madame.
18:48Et n'en déplaise aux polémiques médiatiques
18:50qui bien souvent s'appuient
18:51sur des interprétations absolument honteuses
18:53de nos propos,
18:54sur des caricatures,
18:54ou parfois,
18:55vous l'avez peut-être vu hier,
18:57sur des ingérences,
18:58puisque maintenant,
18:58on a appris...
18:59Vous avez parlé d'ingérences russes,
19:01c'est ça ?
19:01Ah non, pas d'ingérences russes.
19:02C'est le journal Le Monde
19:03qui a publié hier un article
19:04qui dit que dans cette campagne
19:05des municipales,
19:06les candidats de la France insoumise
19:07sont ciblés par des agences d'influence
19:09qui créent des faux sites
19:10avec des faux comptes
19:11sur les réseaux sociaux
19:12pour propager des fausses informations
19:14contre nous.
19:15Donc, je dis aux électrices
19:16et aux électeurs,
19:16soyez vigilants contre ces influences
19:18et allez consulter les programmes,
19:20votez sur la base des programmes,
19:21pas des caricatures et des bêtises
19:23que vous entendez parfois
19:24à la télévision,
19:24parce que parfois,
19:25c'est fait sur la base
19:26d'agences d'influence
19:27et ça nous attribue des positions
19:28qui ne sont pas les nôtres.
19:29Manuel Bompard,
19:30merci beaucoup.
19:31C'était votre grande interview
19:32sur CNews et sur Europe.
19:33Bonne journée.
19:34Sous-titrage Société Radio-Canada
19:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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