00:00Eric Albert, est-ce que notre économie est plus résistante ou plus résiliente face au risque d'un choc pétrolier
00:06?
00:06Je reste sur le pétrole.
00:07Alors sur le pétrole, très clairement.
00:09Par rapport au choc pétrolier de 1973, de 1979, 1979 c'était d'ailleurs l'Iran, ça n'a plus
00:15rien à voir.
00:17La production, le PIB, utilise trois fois moins de pétrole qu'à l'époque.
00:22Donc c'est beaucoup, beaucoup moins et on est moins dépendant du pétrole.
00:26Par ailleurs, 80 dollars aujourd'hui, ce n'est pas du tout 80 dollars d'il y a 20 ans.
00:2980 dollars d'il y a 40 ans.
00:32Aujourd'hui, corriger de l'inflation, c'est nettement moins.
00:35Donc on n'est pas du tout dans un scénario de choc pétrolier.
00:38On est un peu plus dans un spectre de scénario de choc gazier, comme on l'a connu en 2022
00:46avec la crise en Ukraine.
00:48On est un peu plus proche de ça.
00:49Et rappelons-nous, ça avait été très douloureux.
00:51On est très très loin. Pour l'instant, on est à 50 euros à peu près du mégawatt-heure.
00:56A l'époque, on est monté à 350, donc on est très loin pour l'instant.
00:59Mais c'est plutôt ça qui se dessine.
01:02On a une économie un peu moins dépendante du pétrole que d'autres, Stéphanie Villers ?
01:07Oui, mais si on regarde en termes de production industrielle, on dépend moins du gaz et du charbon,
01:15notamment par rapport à l'Allemagne.
01:16On est plus tourné vers le nucléaire.
01:19Donc ce n'est pas pour ça qu'on sera complètement immunisé s'il y a un emballement du prix
01:25du gaz.
01:26Mais je pense que le premier impact de la hausse des prix de l'énergie va plutôt toucher déjà le
01:33consommateur
01:34quand il va prendre son plein d'essence.
01:37Et puis, par effet ricochet, c'est des coûts intermédiaires que les entreprises vont devoir absorber
01:44par la hausse du prix du gaz ou du pétrole,
01:47qui va mettre du temps pour se répercuter sur le prix final.
01:52Et ensuite, on a quand même, en Europe, cette chance-là,
01:54c'est qu'on a vu quand même l'euro devenir plus fort par rapport au dollar.
01:59Je rappelle que quand même, c'est des matières premières qui sont basées sur le dollar.
02:04Donc en fait, ça joue quand même un peu en notre faveur.
02:06On avait quand même un peu crié au loup en disant qu'on avait un euro trop fort,
02:11ça nous rendait non compétitifs.
02:12Lorsque les prix des matières premières qu'on importe deviennent plus élevés,
02:17en fait, le taux de change, le niveau d'un euro fort joue un peu de pare-feu
02:22par rapport à ces éventuelles hausses à venir sur les prix de l'énergie.
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