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  • il y a 21 heures
La campagne pour les élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars, parait quelque peu éclipsée par la guerre au Moyen-Orient et l'actualité internationale dernièrement. Un contexte qui écrase la campagne au niveau national, la rédactrice en chef à La Tribune dimanche. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-jeudi-05-mars-2026-2878370

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00:00France Inter
00:04Kevin Dufresch
00:07Le 5-7
00:08Il est 6h22, dans 10 jours, tous les Français seront appelés aux urnes pour désigner leurs élus préférés,
00:14les maires, premier tour des élections municipales le 15 mars.
00:18Ah mais oui, c'est vrai, vous dites-vous peut-être ce matin, il faut dire que la campagne est
00:23quelque peu éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
00:26On en parle ce matin avec Soazie Kemener, bonjour.
00:29Bonjour, éditorialiste politique, rédactrice en chef à la tribune dimanche.
00:33Comme en 2022 avec la présidentielle et l'Ukraine, on en oublie les municipales aujourd'hui, même si les enjeux
00:39sont très différents, évidemment.
00:41Oui, on a eu une campagne très très courte, finalement, on a l'impression qu'elle est presque déjà arrêtée.
00:46Elle a commencé très tardivement, vous le savez, puisque le vote du budget est intervenu simplement le 6 février.
00:52C'est à partir de ce moment-là qu'on a eu un début de campagne, qui a été très
00:55intense d'ailleurs, autour de la France insoumise notamment.
00:59Après le lynchage à mort de Quentin Durand, le militant nationaliste à Lyon, par un groupe lié, par des antifas
01:09qui sont appartenant à un groupe qui est lié à la France insoumise.
01:13Donc ça, effectivement, ça a été un moment de campagne, un fait de campagne très important.
01:16Et puis, il y a effectivement le déclenchement de la guerre en Iran et la campagne nationale a disparu.
01:23Ce n'est pas pour autant que les campagnes locales ne sont pas toujours aussi vives, importantes.
01:27Mais par exemple, lundi dernier, on devait avoir une conférence de presse de Jordan Bardella pour parler des municipales.
01:33On devait avoir cette semaine aussi plus de débats à la télévision.
01:37Et finalement, tout ça a été laissé de côté, effectivement, face à cette actualité écrasante.
01:43Alors, effectivement, ça pose un problème démocratique.
01:46Parce que vous le disiez, la campagne des présidentielles de 2022 avait déjà été en partie éclipsée par la guerre
01:52en Ukraine.
01:52Là non plus, il n'y avait pas eu de débat au premier tour, notamment.
01:55Et donc, on est dans une campagne avec des enjeux nationaux qui auraient pu être très forts.
02:00Quand on regarde les préoccupations des Français, il y a une étude très intéressante qui est sortie hier de IFOP
02:06pour l'Institut Théra,
02:07mais qui rappelle à quel point les questions de sécurité, les questions de narcotrafic, maintenant, sont très présentes.
02:12Les questions d'accès aux soins, tout ça, c'est des débats passionnants.
02:15Et c'est vrai qu'ils sont un peu laissés de côté actuellement.
02:17Les municipales, après la présidentielle, c'est d'ordinaire le scrutin où l'on vote le plus.
02:21Si on laisse de côté 2020, c'était le Covid, c'était particulier, la participation était plus faible.
02:26Mais on est en 2014, par exemple, plus de 60% de participation.
02:29Est-ce que cette actualité peut calmer l'enthousiasme habituel, j'allais dire, et faire baisser la participation ?
02:36Alors, on pourrait penser que oui.
02:39Et en même temps, si on s'en réfère encore à cette étude qui était faite auprès de 10 000
02:42personnes,
02:4478% des Français disent que les élections les intéressent aujourd'hui.
02:47C'est le plus important chiffre à un mois ou à 15 jours depuis 1965.
02:53Donc, il y a quand même quelque chose qui se passe.
02:55Alors, pourquoi ? Parce que, comme les élections de 2020 avaient été éclipsées par le Covid,
03:00vous vous souvenez, premier tour au mois de mars, second tour au mois de juin,
03:05très peu de participation.
03:06Et surtout, la question des électeurs les plus âgés qui ne s'étaient pas déplacés.
03:11Certains ont pensé que ça avait faussé certains résultats, en tout cas changé certains résultats.
03:15Et donc, il y a comme quelque part un match retour qui peut se jouer là, en 2026,
03:23avec la question, évidemment, on va regarder de très près, ce sera un des points très importants,
03:28quid des maires écolos ?
03:30Vous vous souvenez de cette vague de maires écolos élues en 2020 ?
03:33Et puis surtout, quid du RN qui espérait en faire un momentum important avant la présidentielle ?
03:39Est-ce que ça peut avantager les sortants, d'après vous, les maires qui se représentent,
03:44qui peuvent souvent compter sur leur base, là où les challengers, on va dire, peinent plus à mobiliser ?
03:50On sait qu'il y a toujours, dans les élections locales, sept prime aux sortants.
03:53Est-ce qu'elle peut être, dans ce contexte, un peu plus forte ?
03:56Alors, elle est intéressante, cette question, parce qu'effectivement, on s'est posé la question,
04:00il y a un mois, est-ce que ça n'allait pas être les grandes élections du dégagisme ?
04:03Les élections locales du dégagisme, alors que c'est vrai, vous avez raison,
04:06les maires, en général, sont plutôt appréciés, reconnus de leur population,
04:10et il y a cette prime aux sortants, d'ailleurs, on a des maires qui font des mandats, des mandats
04:14et des mandats,
04:14et là, effectivement, cette grosse inquiétude, d'ailleurs, qui s'est matérialisée mardi soir,
04:2015 millions de personnes en tout devant la télévision pour regarder le président de la République,
04:24c'est considérable, donc ça montre quand même une inquiétude,
04:27et effectivement, la conséquence que ça peut avoir sur ces élections locales,
04:31c'est effectivement aider un peu plus les sortants,
04:36certains sont en très grande difficulté, je pense à Grégory Doucet, par exemple, à Lyon,
04:41qui est fortement challengé par Jean-Michel Aulas,
04:44mais dans certaines autres villes, effectivement, ça peut jouer pour le sortant,
04:49mais plutôt dans les grandes villes.
04:50Et rapidement, pour finir, tout de même, les municipales, ça reste le quotidien des Français,
04:55le logement, la petite enfance, les espaces verts,
04:58finalement, sont sans doute des sujets qui intéressent plus ceux qui vont aller voter
05:04que ce qu'on voit sur les chaînes info qui ne sont pas sortis de la guerre au Moyen-Orient
05:10depuis plusieurs jours.
05:11Alors, je pense que c'est deux sphères très différentes,
05:14mais ce qui me frappe quand même dans les années qui viennent de s'écouler,
05:17c'est que ces deux sphères se sont rencontrées.
05:19C'est-à-dire que quand vous regardez ce qui s'est passé en 2022, la guerre en Ukraine,
05:23finalement, ça a eu des conséquences sur notre vie quotidienne,
05:26puisqu'on a parlé d'énergie, on a parlé de restrictions d'utilisation d'énergie, d'électricité pendant plusieurs mois.
05:32En 2020, le Covid, c'est pas la peine de rappeler à quel point ça a eu des conséquences sur
05:37notre vie quotidienne.
05:39Donc, il y a quand même maintenant le sentiment dans la population
05:42que ce qui arrive loin peut avoir des conséquences tout près.
05:47Donc, il y a cette corrélation-là.
05:49Mais, d'un autre côté, oui, il y a la sphère, effectivement, éminemment locale,
05:53avec des préoccupations éminemment locales, comme on peut le voir dans les enquêtes d'opinion.
05:58En tout cas, les élections municipales seront bien sûr à suivre sur France Inter les 15 et 22 mars.
06:03Soirée spéciale, évidemment.
06:04Merci, Soazie Kémener, rédactrice en chef à la tribune dimanche,
06:07d'être passée par le studio du 5-7 ce matin.
06:10Sous-titrage Société Radio-Canada

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