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Gérard Larcher, président LR du Sénat, "favorable à une primaire" pour désigner un candidat à la présidentielle de 2027, affirme sur France Inter affirme qu'il sera prêt à soutenir le candidat désigné. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-11-mars-2026-3061260
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00:00Et nous recevons donc ce matin, dans le grand entretien, le président du Sénat.
00:04Chers auditeurs, venez poser vos questions, nous faire part de vos réactions au 01 45 24 7000
00:11et sur l'appli Radio France.
00:13Bonjour Gérard Larcher.
00:14Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter à 4 jours du premier tour des élections municipales.
00:19Vous allez nous dire dans un instant ce que la droite peut attendre de ce scrutin.
00:23Est-ce que vous espérez encore une vague bleue malgré vos difficultés dans plusieurs grandes villes ?
00:28On évoquera aussi 2027.
00:30Est-ce qu'il est possible d'éviter la division alors que les candidatures du côté de chez vous se
00:34multiplient ?
00:35Mais d'abord, Gérard Larcher, il faut parler de la situation au Moyen-Orient.
00:39Dans le Figaro jeudi dernier, vous disiez que l'histoire nous a enseigné
00:43qu'on ne changeait jamais totalement un régime de l'extérieur.
00:47Alors près de deux semaines après le début de la guerre, quel bilan est-ce que vous faites
00:51de l'intervention des Etats-Unis et d'Israël ?
00:54D'abord, l'Iran.
00:56L'Iran, c'est un pays, nous l'oublions pas, qui a en janvier assassiné son peuple.
01:02Sans doute des dizaines de milliers d'Iraniens.
01:05C'est un pays qui était en train de se doter de l'arme nucléaire.
01:10Et le directeur de l'AIEA le rappelait il y a quelques mois.
01:14C'était aussi un pays qui agissait par l'intermédiaire de ses proxys.
01:18Houthi au Yémen, Hezbollah contre Israël au Liban.
01:24Et puis bien sûr, il y avait eu Gaza.
01:27Et tout ça, j'allais dire quelque part, c'était l'ordre international complètement bouleversé par ce pays.
01:34Je dois dire que l'intervention, sans aucune concertation d'ailleurs, hormis israélo-américaine,
01:42quelque part, elle ne nous a pas vraiment surpris.
01:46Mais elle est légitime ?
01:48Elle est légitime ?
01:50Écoutez, je considère que l'Iran est illégitime dans l'attitude qu'il a eue vis-à-vis de son
01:55peuple, vis-à-vis de ses voisins.
01:56Et donc, je ne me pose pas de questions de droit international trop avant.
02:01Parce que, quand 22 ans après, l'ONU n'a pas été capable de faire respecter la résolution 1559,
02:10au Liban, je me pose vraiment des questions.
02:12Mais vous avez raison, Gérard Larcher, de souligner, plus que les entraves, le non-respect absolu du droit international par
02:18l'Iran.
02:19Il n'empêche que, Florence le rappelait, vous disiez dans les colonnes du Figaro,
02:22vous doutiez de la capacité à opérer un changement de régime par une intervention.
02:27On voit par ailleurs, les frappes continuent.
02:29Il faut rappeler que cette nuit encore, le successeur d'Ali Khamenei a été blessé, même s'il se dit
02:34sain et sauf.
02:34Est-ce qu'il faut que les frappes américaines, israéliennes, selon vous, continuent ?
02:38Vous savez, les militaires disent, quel est l'effet final recherché ?
02:42Est-ce la chute du régime ?
02:46Je crois très sincèrement qu'hormi un cas, la guerre du Kosovo, en Serbie,
02:51jamais les opérations aériennes n'ont suffi à faire tomber un régime, souvenez-vous, de Milosevic.
02:58Et donc, aujourd'hui, la question se pose de la suite des opérations.
03:04La suite des opérations, je ne crois pas à l'intervention à terre, hormis des forces spéciales,
03:10mais il faudra bien un moment.
03:12L'Iran ne peut, en quelque sorte, que se rendre à l'évidence qu'elle doit rendre les armes.
03:19Est-ce que la position, Gérard Larcher, la position de la France, qui revendique sa posture défensive, vous convient ?
03:26La posture de la France, qui était d'ailleurs très engagée dans les négociations, souvenez-vous,
03:35pour prévenir l'accès au nucléaire militaire de l'Iran,
03:40la France a mis quelque temps à réagir, je dois le dire.
03:44Elle a réagi dans un discours, c'était il y a un peu plus de 7 jours, du président de
03:48la République, que j'ai partagé.
03:51Être fidèle à nos alliances et à nos accords militaires, défendre nos intérêts, être attentif à nos ressortissants.
03:59Il y en avait de très nombreux, y compris vacanciers, à cette époque.
04:04Je dois dire que ça a été une préoccupation partagée.
04:07Et puis se poser la question de l'alternative politique.
04:10Y a-t-il une alternative politique en Iran, entre l'opposition intérieure et les Iraniens à l'extérieur ?
04:19Je crois qu'on doit contribuer à tout cela.
04:22La position de la France aujourd'hui, notamment d'assurer la sécurité dans le détroit d'Orbouz, c'est une
04:28position que je partage.
04:29Alors l'autre grand front de cette guerre, c'est le Liban.
04:32Et là, vous regrettez une position trop mitigée de la France ?
04:38J'ai dit la semaine dernière que dans le discours de mardi, la semaine dernière,
04:43le Liban, simplement appeler Israël à la retenue, ne me paraissait pas suffisant.
04:48Qu'est-ce qu'il faut faire ?
04:49Il nous faut soutenir.
04:51Le Liban a, dans ses malheurs, une chance en ce moment d'avoir un président de la République
04:57et un Premier ministre de très grande qualité qui se sont engagés dans le désarmement du Hezbollah.
05:03Parce que, regardez le Hezbollah, ce n'est pas le Liban qui défendent, c'est l'Iran qui le défendent.
05:09Ils sont en quelque sorte les portes-missiles à portée d'Israël de l'Iran.
05:15Et donc, il ne suffira pas d'une aide humanitaire indispensable.
05:22Vous savez, hier, j'entendais parler de proportionnalité, M. Duavelle.
05:28Oui, c'est la question que j'ai posée à Jean-Noël Barron lui demandant si l'action d'Israël
05:32était disproportionnée.
05:33Plusieurs fois, il n'a jamais répondu à cette question.
05:35La proportionnalité, d'abord, vous êtes des civils israéliens, vous recevez des missiles depuis des années en permanence.
05:45Absolument.
05:45Et vous êtes en même temps des Libanais dans le sud de Liban.
05:50Vous savez, hier soir, j'ai reçu un message de Mgr Nassif, des chrétiens.
05:55Je connais très bien Liban, je m'y suis rendu 37 fois.
05:59Je m'occupais d'une fondation, jadis, pas d'une fondation, d'une association, en charge des collectivités locales.
06:05Et quand je vois le cri aussi de ces chrétiens qui n'ont jamais, eux, agressé Israël, aujourd'hui, qui
06:13s'accrochent en sonnant leur cloche à cette terre,
06:16c'est-à-dire la proportionnalité de part et d'autre.
06:18Il nous faut nous engager pour que le Liban retrouve sa pleine souveraineté.
06:24Il faut désarmer Esbola.
06:26Et est-ce qu'Israël doit cesser ses frappes au Liban ?
06:27Écoutez, c'est une réponse.
06:30C'est une réponse à ce qui se passe sur leurs civils.
06:33La réponse n'est jamais illégitime.
06:34Plus simplement, soyons très attentifs à nos compatriotes.
06:40J'ai dit nos compatriotes, vous voyez à quel point je partage ce que peuvent ressentir les Libanais.
06:45Et ce message que j'ai reçu hier soir m'a profondément touché.
06:48Mais s'engager Gérard Larcher, ça veut dire quoi ?
06:50Vous dites l'aide n'est pas suffisante.
06:52S'engager, c'est quoi ?
06:52Non, il faut que nous soutenions l'armée libanaise.
06:55Et c'est un soutien majeur.
06:57Il faut que nous soutenions l'armée libanaise, lui donner les moyens de désarmer Esbola.
07:01Gérard Larcher, il faut qu'on parle des conséquences économiques,
07:03ici en France, de cette guerre.
07:06Le monde entier redoute un choc pétrolier.
07:08En France, le prix des carburants a nettement augmenté.
07:10Le litre de gasoil est au-dessus des 2 euros en moyenne.
07:14Est-ce qu'il faut un bouclier tarifaire qui pourrait prendre un certain nombre de formes ?
07:18Ou est-ce qu'il faut assumer de dire qu'on n'a plus les moyens ?
07:21D'abord, il faut assurer la sécurité de l'approvisionnement.
07:24Et donc, la décision qui est prise par un certain nombre de pays,
07:28y compris quand ils ne sont pas mêlés à l'offensive,
07:32je pense à la France, bien entendu, à l'Italie.
07:36J'étais il y a peu de temps en Italie.
07:37La marine italienne est une très belle marine.
07:40Je pense à d'autres pays, pour assurer la sécurité des convois.
07:44Ça, c'est l'action diplomatique militaire.
07:47Ça va prendre du temps.
07:49Assurer l'approvisionnement, c'est la première des réactions.
07:52La seconde des choses, c'est que nous avons des réserves stratégiques.
07:55Nous avons des réserves stratégiques.
07:57En France, elles sont à peu près de 120 jours.
07:59Elles sont au minimum de 90 jours dans 32 pays.
08:02Il faut avoir une politique coordonnée sur les réserves stratégiques
08:06pour les débloquer progressivement.
08:08Jouer sur les marchés de cette manière-là.
08:11En même temps, il faut lutter contre les spéculations.
08:14Parce que, pardonnez-moi, ce qui est à la pompe aujourd'hui dans Paris,
08:19c'est du pétrole, de l'essence raffinée, du gasoil raffiné,
08:24qui a été acheté sur la base d'un baril à 60 dollars.
08:28Mais jusque-là, Gérard Larcher, tout ce que vous dites,
08:30c'est ce qui est annoncé par le gouvernement.
08:31Il ne faut pas aller plus loin.
08:32Sur votre question, d'abord, avons-nous les moyens ?
08:37Réponse, non.
08:39Parce que quand on a 131 milliards de déficit,
08:43quand on s'est donné un objectif de tenter de tenir le déficit autour de 5%,
08:49la réponse est non.
08:51Et bien sûr, ça représente des sommes extrêmement importantes.
08:54Entre la TVA et les Axis, vous arrivez dans des sommes extrêmement importantes.
09:01Et l'histoire nous enseigne qu'au moment, on a mis la taxe intérieure sur les produits pétroliers.
09:06Ça n'existe plus en tant que tel, mais sous un autre nom.
09:10Eh bien, l'effet sur les prix a été limité.
09:12C'était ce qu'on appelait la taxe flottante sous Lionel Jospin.
09:16Mais donc, juste Gérard Larcher, vous avez des Français qui ont été...
09:19Il y a un super rapport de la Cour des comptes, il y a quelques années là-dessus.
09:22C'est vrai.
09:23Il n'empêche que depuis 2021, il y a un certain nombre de dispositifs qui se succèdent.
09:26Vous avez eu des ristournes à la pompe.
09:28Vous avez eu des chèques carburants qui étaient d'ailleurs assez souvent demandés par votre famille politique.
09:32On n'a pas les moyens aujourd'hui.
09:34Je peux vous dire, le Sénat, par contre, va s'emparer du contrôle des spéculateurs et de la spéculation.
09:41Ce sera le rôle de la Commission des finances.
09:43Et je vais activer et le Président et le Rapporteur Général, sans délai, sur ce sujet.
09:49Parce que c'est notre rôle.
09:50Il y a bien sûr le rôle du gouvernement.
09:52Mais le rôle du Parlement, c'est le contrôle budgétaire.
09:55Et nous pratiquerons ces contrôles.
09:57Gérard Larcher, on en vient au municipal.
09:59Premier tour ce dimanche.
10:01Donc, on est dans la dernière ligne droite.
10:06On va faire un tour d'horizon des villes à enjeu pour votre famille politique.
10:11Mais d'abord, partons de l'objectif initial.
10:14Bruno Retaillon, en mai dernier, avait promis une vague bleue.
10:18Est-ce que c'est toujours votre ambition ?
10:20Ou est-ce que cette ambition, vous l'avez revue à la baisse ?
10:23Non.
10:23Notre ambition, c'est que, j'allais dire, la vague bleue, la vague du centre et de la droite, soit
10:32au rendez-vous dimanche.
10:33D'abord, dimanche soir, en fait, nous connaîtrons plus de 90% du nom des maires qui seront élus la
10:42semaine suivante.
10:44Puisque nous avons beaucoup de communes où il n'y a qu'une seule liste.
10:47Notamment dans les petites communes.
10:48Et même dans certaines communes de taille intermédiaire.
10:51Et 25% de communes qui ont deux listes.
10:56Alors, il va nous rester à peu près 6% de communes, par lesquelles nous connaîtrons un deuxième tour.
11:03Et ce deuxième tour, c'est essentiellement dans des villes, parfois dans des villes intermédiaires,
11:08ou dans des communes.
11:09Il y a aussi des petites communes, il y a 3-4 listes.
11:11Et donc, nous attendons.
11:13Ça représente un peu plus de 50% de la population.
11:16Alors, il y a des enjeux dans des grandes villes.
11:19Est-ce qu'on peut gagner Bordeaux ?
11:22Oui, possible.
11:23Est-ce que vous pouvez conserver Nîmes, qui est la seule ville de plus de 150 000 habitants que vous
11:30dirigez ?
11:30C'est-à-dire que nous faisons tout, et nous essaierons de pratiquer là où il n'y a pas
11:34eu de rassemblement au premier tour.
11:36C'est en partie la responsabilité des responsables de formation politique.
11:40C'est aussi, pour le président du Sénat, de créer les conditions d'un rassemblement au deuxième tour.
11:46Dans l'essentiel des communes, nous sommes rassemblés le centre, la droite au premier tour.
11:51Et au deuxième tour, il va falloir créer ce rassemblement à Paris.
11:54C'est Nice, par exemple, et là, vous êtes en mauvaise posture aussi à Nice, puisque Éric Ciotti tient à
12:00l'accord dans les saumages.
12:01C'est un combat entre Christian Estrosi, que ma famille soutient, et M. Ciotti, qui est allié au Rassemblement National.
12:11Et que pour nous, les choses sont claires, aucune alliance avec le Rassemblement National, où je vais utiliser une formule,
12:18où c'est proxy.
12:19Mais l'idée, Gérard Larcher, juste à travers cette accumulation, Nîmes, que vous pourriez perdre,
12:23qui est la seule ville de plus de 150 000 habitants que vous avez.
12:25Paris, qu'on peut gagner.
12:27Oui, alors on va venir à Paris, mais juste, on ne peut pas exactement dire que la dynamique soit de
12:30votre côté.
12:30Écoutez, nous verrons les résultats. Vous savez, la dynamique, ça se juge le soir des résultats.
12:35Bon, on parle de Paris. Arrêtons-nous un instant sur cet exemple.
12:40Votre candidat, Rachida Dati, dans une position assez délicate.
12:43Elle est notamment concurrencée par Sarah Knafo pour reconquête dans la perspective d'un second tour.
12:48Quand on regarde les sondages, si Sarah Knafo se maintient, ça peut faire perdre Sarah Knafo.
12:53Rachida Dati, est-ce qu'il faut que Rachida Dati, votre candidate, tende la main à Sarah Knafo ?
12:59C'est ce que ne cesse de lui demander la candidate reconquête.
13:02Écoutez, je vous ai dit clairement, pas d'alliance avec le Rassemblement National, où c'est proxy.
13:08Reconquête fait partie...
13:09C'est un proxy du Rassemblement National.
13:12Donc, se retrouver autour de Rachida Dati, qui est la seule, qui au deuxième tour, peut incarner l'alternance, après
13:2125 années, de mairie socialiste à Paris.
13:25Pas d'alliance avec le Rassemblement National, ça veut dire que vous allez à l'encontre de l'immense majorité
13:31de vos électeurs,
13:33puisque selon un tout récent sondage, Ipsos et Vipof, Fondation Jean-Jean-Leste, je suis sûr que vous l'avez
13:38vu,
13:39on apprend que seuls 21% de vos sympathisants sont hostiles à une alliance avec l'extrême droite.
13:45Qu'est-ce que vous leur dites à ces électeurs-là ?
13:47Je leur dis quand on a des convictions, quand on a un corps d'idées, on se bat autour de
13:52cela,
13:52et que pour moi, ni LFI, ni RN, c'est la position que nous devons avoir.
14:00Parce que je crois en une certaine conception de la vie politique, des convictions politiques.
14:07Nous avons tant de choses qui nous séparent, sur l'économie, sur l'Europe, sur une certaine conception de l
14:14'humain.
14:14Alors Gérard Larcher, pour tester, si j'ose dire, ce qui apparaît dans ce sondage, deux questions précises.
14:19La première, puisque quand on demande à Rachida Dati si Sarah Knafo est d'extrême droite, elle ne veut pas
14:22répondre.
14:23Est-ce que Sarah Knafo est d'extrême droite ?
14:24Oui, pour moi, les choses sont claires.
14:26Et trouver une affiche où il y a le logo LR, à côté du logo RN, je cherche là.
14:36Vous anticipez ma deuxième question, il n'y a peut-être pas de logo côte à côte, mais il y
14:39a un certain nombre d'ambiguïtés.
14:41Je vais prendre deux exemples très précis pour nos auditeurs.
14:43Vous avez un eurodéputé qui s'appelle Christophe Gomart, qui, à Nice, alors que vous venez de nous dire que
14:47votre parti soutenait Christian Estrosi, a décidé de soutenir qui ?
14:50Éric Ciotti, deuxième exemple, à Bourg-en-Bresse, ville, tête de liste reconquête, avec un certain nombre de cadres les
14:57Républicains.
14:57Je crois savoir, corrigez-moi si je me trompe, que ni Christophe Gomart, eurodéputé, n'a été exclu des Républicains,
15:02ni ses membres des Républicains à Bourg-en-Bresse n'ont été exclus.
15:05Comment est-ce qu'on peut dire ce matin, comme vous, président du Sénat, pas d'alliance LRRN et vous
15:10vous appartenez au même parti qu'eux ?
15:11Écoutez, trouvez le signe d'une décision de la commission d'investiture qui soutienne à Bourg-en-Bresse.
15:20Je rappelle qu'il peut y avoir des bandes de LRR, ils ont été désavoués dans leur engagement.
15:24Mais ils n'ont pas été exclus, Gérard Larché.
15:26Écoutez, chaque jour suffira sa peine, il n'y aura pas d'alliance des Républicains.
15:32Est-ce qu'il faut qu'ils soient exclus ?
15:33Je pense qu'ils n'ont plus leur place, car c'est un choix différent du nôtre.
15:37C'est important ce que vous dites, certains, ils n'ont plus leur place au sein des Républicains, y compris
15:40Christophe Gomart, l'eurodéputé, qui soutient Éric Cioti.
15:42Je pense que Christophe Gomart a fait un choix qui est le contraire du choix que nous avons fait collectivement,
15:48le bureau politique.
15:48Mais est-ce que ce n'est pas quand même très inquiétant pour votre famille politique ?
15:53Parce que ça ressemble à un début d'hémorragie.
15:55On a aussi des élus LR qui rejoignent des listes RN à Nîmes, à Tours, à Cagnes-sur-Mer.
15:59Oui, escutez, je vais vous parler de mon département du Parti Socialiste,
16:05qu'à Mont-la-Ville, ou à Mont-la-Jolie, la gauche soit alliée avec l'EFI, ça, ça fait
16:11partie aussi des vraies questions.
16:13Mais Gérald Archer, si vous étiez un socialiste ou un insoumi, on poserait la question ?
16:16Eh bien, on lui posera la question, et moi je vous réponds, et j'espère qu'ils auront la même
16:21attitude que moi.
16:21Mais donc ça vous inquiète, ce constat ce matin ?
16:24Je vois bien les tentations, mais en fait, cette tentation, c'est notre disparition, et des valeurs que nous portons.
16:30Nous avons derrière l'élection présidentielle, nous devons rassembler, nous devons rassembler du centre à la droite républicaine.
16:38Nous devons rassembler pour n'avoir qu'un seul candidat au moment de l'élection, et pour être présent au
16:44deuxième coup.
16:45Et que les Français aient un vrai choix d'alternance.
16:47Vous nous fournissez une transition, Gérard Larvée ?
16:50Écoutez, vous allez finir par m'inviter, Jacques Quentin, pour faire les transitions.
16:54Pourquoi pas une chronique, aux côtés de Patrick Cohen, peut-être ?
16:57Dès le soir du second tour de la campagne des municipales, la présidentielle sera lancée.
17:01On ne peut pas exactement dire que la droite soit en ordre de bataille.
17:05Vous avez à peu près autant de responsables politiques que d'avis sur la primaire.
17:09Vous avez une multiplication de candidatures.
17:11Est-ce que pour citer les grands auteurs et Guy Mollet, c'est le retour de la droite la plus
17:14bête du monde ?
17:15Je ne sais pas si Guy Mollet est la meilleure référence à la fin de la Quatrième République.
17:20D'ailleurs, Guy Mollet qui avait demandé au général de Gaulle qu'il y ait le 49-3, je le
17:24rappelle.
17:26Je rappelle Guy Mollet, Céphio...
17:28Bon, je pense personnellement qu'il faut arriver et mettre en place une procédure.
17:37Chacun sait que je suis plutôt favorable à une primaire, mais peu m'importe la méthode.
17:42Il nous faut, à la fin de l'automne, qu'il y ait un candidat ou une candidate qui représente
17:49l'ensemble des familles politiques,
17:51de ce que Michel Barnier avait appelé le socle commun et qui vit particulièrement bien au Sénat.
17:58C'est la responsabilité que nous avons à un certain nombre.
18:02Une primaire, juste pour bien comprendre, c'est quoi ? C'est une primaire ouverte ?
18:07Par nature, elle est ouverte, celle de l'automne.
18:09Là, nous vivons actuellement à l'intérieur de LR.
18:12Le choix du candidat qui portera les couleurs de LR, c'est ce à quoi nous travaillons.
18:17Ça veut dire, Gérard Larcher, qu'en fait, vous inventez l'élection présidentielle à six tours.
18:22Parce qu'il y a deux tours pour désigner un candidat à l'intérieur des Républicains,
18:25il y a deux tours pour une primaire ouverte, et il y a deux tours pour l'élection présidentielle.
18:28C'est une procédure. D'autres familles politiques vont le vivre de la même manière.
18:30Ce n'est pas très gaulliste, c'est ça.
18:32Écoutez, personne ne s'imposant, le mot gaulliste, vous savez, c'était l'époque où les gens s'imposaient naturellement.
18:38Le général de Gaulle, Georges Pompidou, et on a eu après Nicolas Sarkozy.
18:43Est-ce que ça veut dire, Gérard Larcher, que si le vainqueur de cette primaire de la droite et du
18:48centre,
18:49c'était Gabriel Attal, par exemple, vous vous mettriez à son service pour la présidentielle ?
18:54Bien sûr.
18:56Donc Gérard Larcher, président du Sénat, figure historique de la droite,
19:00serait prêt à faire campagne pour Gabriel Attal à l'élection présidentielle.
19:02S'il est choisi à l'issue du processus de sélection, mais c'est la règle du jeu.
19:07Et je lui demande qu'il suive si, à l'issue du processus de sélection,
19:12c'est Édouard Philippe ou Bruno Rotaillot ou un autre.
19:15C'est ça la règle.
19:16La règle du jeu, c'est que, et ce n'est d'ailleurs pas un jeu,
19:20la règle de la démocratie, c'est que nous ayons un candidat capable d'accéder au deuxième tour,
19:26parce que nous savons bien qu'au deuxième tour, sans doute,
19:29le candidat du Rassemblement national sera présent,
19:33et que pour moi, le voir ou l'avoir élu, c'est inacceptable.
19:38Vous allez nous répondre, Gérard Larcher, que vous êtes dans une position,
19:41parce que je rappelle que vous faites partie d'un comité
19:43qui examine les conditions de désignation d'un candidat,
19:46mais tout le monde sait votre compagnonnage avec Bruno Rotaillot,
19:49qui, lui, candidat à déclarer à l'élection présidentielle.
19:51Est-ce que c'est lui qui a le plus de qualité, le mieux placé pour représenter la droite ?
19:55J'ai une obligation de réserve jusqu'à la fin mars,
19:58mais je ne vais pas vous dire que je ne partage pas l'engagement de Bruno Rotaillot.
20:04Avec ma personnalité propre, avec ma sensibilité propre,
20:08mais je pense qu'il a les qualités humaines, intellectuelles, politiques,
20:14la clarté de l'engagement, et qu'il est capable d'écouter,
20:17y compris, il y avait un slogan il y a longtemps,
20:21France Inter, il est capable d'écouter la différence.
20:23Donc il a des capacités de rassemblement ?
20:26Bien sûr, et il l'a montré à la tête du groupe, les Républicains au Sénat.
20:30Même quand Bruno Rotaillot, dans son programme, dit
20:32qu'il faut changer la Constitution pour faire en sorte que le droit national s'impose sur le droit européen,
20:35il faut changer la Constitution sur l'immigration ?
20:38Ce n'est pas exactement votre tendance, Gérard Larcher.
20:40Non, mais c'est des vrais sujets qui se posent,
20:42y compris pour des textes qui vont venir, dont personne ne parle,
20:44parce qu'en ce moment, naturellement, l'actualité internationale l'emporte,
20:48nous aurons dans quelques temps à débattre de la mise en place du pacte asile-migration.
20:54Nous aurons ensuite à mettre en place le règlement de retour.
20:58Je pense qu'il y aura quelques questions constitutionnelles qui vont se poser.
21:02La Constitution, dans son architecture, pour moi,
21:06est une Constitution qui permet à la France de traverser toutes les difficultés, tous les événements,
21:11mais elle n'est pas non plus une espèce de table sacrée sur laquelle il ne faudrait pas coucher.
21:16L'État de droit n'est pas immuable, c'est ce que vous dites aussi ?
21:18Non, c'est l'État du droit qui n'est pas immuable.
21:20L'État de droit, c'est autre chose.
21:22L'État de droit, c'est la République, ce sont les institutions, c'est le respect de la démocratie.
21:27L'État du droit, je vais prendre un exemple.
21:30Est-ce que les ordonnances de 45 sur la justice des mineurs sont aujourd'hui adaptées à la réalité de
21:35notre société ?
21:35C'est la réponse, et non.
21:37Et donc, il faudra faire évoluer l'État du droit.
21:40Et dans le cas d'Espèce, Bruno Retailleux disait l'État de droit, ni intangible, ni sacré.
21:43Un tout dernier mot, Gérard Larcher, s'il fallait une figure consensuelle, rassembleuse,
21:47pour être candidat à l'élection présidentielle, vous me voyez venir ou pas ?
21:51Est-ce que vous pourriez, vous, éventuellement être candidat ?
21:52Je suis président du Sénat, et j'essaie à ma place de représenter une institution qui est le territoire.
22:01Ce que je constate, c'est que les 34 875 communes, c'est une formule que j'aime beaucoup,
22:09ce sont autant de petites républiques dans la grande,
22:12et la République, elle a besoin aujourd'hui, alors qu'elle est tellement divisée, fracturée,
22:16qu'on se rassemble.
22:17Et c'est ça, mon objectif.
22:19Merci, merci Gérard Larcher d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
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