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  • il y a 10 heures
À un an de l'élection présidentielle, Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, affirme que "c'est une erreur de se limiter à ne parler qu'aux électeurs de droite, moi, je parle à tous les Français". Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-25-mars-2026-3829806

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Transcription
00:00Dans le grand entretien, nous recevons donc la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée,
00:05triple candidate à l'élection présidentielle.
00:08Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:14Bonjour Marine Le Pen.
00:15Bonjour.
00:16Merci d'être avec nous sur France Inter.
00:18On a beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin.
00:21Les élections municipales, le RN peut-il vraiment se satisfaire de ses résultats ?
00:25On parlera aussi de la guerre au Moyen-Orient,
00:27et de ses conséquences pour les Français, notamment sur le prix des carburants.
00:32Mais d'abord, Marine Le Pen, vous rentrez de Hongrie,
00:35où vous avez participé à une assemblée des patriotes en soutien au Premier ministre,
00:39Victor Orban, qui est en pleine campagne électorale, à la tribune.
00:42Vous l'avez qualifié d'ami, de visionnaire, de pionnier.
00:46Est-ce que, vu le contexte international, ces mots peuvent vraiment s'appliquer,
00:52sont judicieux au sujet d'un dirigeant allié à Vladimir Poutine,
00:56qui dit que l'Ukraine est l'ennemi de la Hongrie ?
00:59Non mais, M. Orban n'est pas allié de Vladimir Poutine.
01:02M. Orban est allié d'un certain nombre de mouvements,
01:04notamment au Parlement européen, dont le nôtre,
01:07puisque nous participons du même groupe,
01:09qui s'appelle le groupe des patriotes au Parlement européen.
01:13Donc, il est parfaitement naturel que je vienne soutenir nos alliés
01:17lorsqu'ils sont en situation électorale.
01:22Et c'est ce que j'ai fait en allant le voir.
01:24Moi, je trouve que Victor Orban, il est courageux,
01:26parce qu'il s'oppose à Mme von der Leyen,
01:30qui ne cesse de s'attribuer des compétences qui ne sont pas les siennes.
01:34On l'a vu avec le maire Cossure.
01:36On l'a vu à de multiples reprises,
01:38y compris lorsqu'elle a fait le tour des dirigeants du Golfe,
01:42alors qu'elle n'est absolument pas investie
01:44de quelque pouvoir diplomatique que ce soit.
01:47Et moi, je trouve que cette résistance de la Hongrie
01:51pour défendre la souveraineté des États doit être encouragée.
01:55Victor Orban est un allié de Vladimir Poutine.
01:58Il assume de le soutenir.
02:01Il considère que l'Ukraine est un ennemi de la Hongrie.
02:04Il bloque à l'échelle européenne un prêt de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine.
02:09Vous avez par ailleurs un ministre des Affaires étrangères hongrois,
02:13le Washington Post, qui révèle que ce ministre
02:16transmet des informations confidentielles à Sergei Lagrof,
02:19le ministre des Affaires étrangères russe.
02:21Tout ça fait de lui, de façon documentée et claire,
02:24un allié de Vladimir Poutine.
02:26Pardon, M. Duhamel, mais la Russie est le fournisseur énergétique de la Hongrie.
02:30Par conséquent, qu'ils aient des liens, je ne le conteste absolument pas.
02:33Et c'est précisément la raison pour laquelle M. Orban s'oppose auprès de 90 milliards.
02:38Parce qu'en réalité, l'Ukraine entrave la fourniture de pétrole
02:44de la Russie vers la Hongrie.
02:49Ce qui entraîne des conséquences extrêmement graves pour le peuple hongrois.
02:52Donc il est simplement pragmatique, Victor Orban ?
02:55L'hostilité entre la Hongrie et l'Ukraine est aussi liée au fait que M. Zelensky a menacé
03:03quasiment physiquement M. Orban en disant qu'il allait envoyer l'armée devant chez lui.
03:08Enfin bon, donc j'ai envie de vous dire que pour le coup, cette hostilité est partagée
03:14et que peut-être la faute également est partagée.
03:16Mais comprenez que la question qui se pose est celle d'un éventuel double discours du Rassemblement national.
03:20Vous avez d'une part Jordan Bardella, président du RN, qui dit que la Russie est une menace multidimensionnelle pour
03:26la France.
03:27Et dans le même temps, vous avez vous, Marine Le Pen, triple candidate à l'élection présidentielle
03:30qui va à Budapest soutenir Victor Orban qui affirme que la Russie est un allié.
03:36Est-ce qu'il n'y a pas un double discours ? Est-ce qu'on peut dire à Paris
03:38qu'on soutient l'Ukraine
03:39et dans le même temps aller à Budapest soutenir un allié de Vladimir Poutine ?
03:42M. Zuhamel, c'est incroyable. Vous êtes à deux doigts de découvrir ce que c'est que la souveraineté nationale.
03:46C'est fou, c'est bien. La souveraineté nationale, c'est précisément que chaque pays a le droit de défendre
03:52ses intérêts.
03:53Et le périmètre des intérêts de chaque nation peut être différent.
03:57Et par conséquent, les intérêts de la France ne sont pas les intérêts obligatoirement de la Hongrie et vice-versa.
04:04Et de cette souveraineté découle une chose extrêmement claire,
04:07c'est que chaque pays doit avoir la libre disposition de sa diplomatie.
04:11Mais là vous dites que c'est un visionnaire et un pionnier Marine Le Pen.
04:14Oui, c'est vis-à-vis, encore une fois, de l'Union Européenne.
04:16Oui, je crois que le combat que mène Victor Orban pour la liberté des nations,
04:22pour la souveraineté des nations,
04:23est contre une Union Européenne qui empiète sur les pouvoirs des peuples.
04:29Parce qu'en réalité, quand l'Union Européenne s'attribue des compétences qui ne sont pas les siennes,
04:34elle va à l'encontre de la démocratie dans les différents pays européens.
04:39Oui, je crois qu'il a été un des premiers en réalité à le faire.
04:44Et aujourd'hui, il est un peu un symbole de cette résistance à l'égard de Mme von der Leyen.
04:49Pour le reste, chacun détermine sa propre diplomatie.
04:53Celle de l'Allemagne n'est pas celle de la France.
04:55Celle de la France n'est pas obligatoirement celle de la Hongrie,
04:58qui n'est pas obligatoirement non plus celle de l'Italie.
05:00Marine Le Pen, une dernière question sur Victor Orban.
05:03Vous dites qu'il est courageux face à l'Europe.
05:05Qu'est-ce que vous dites de son bilan dans son pays,
05:08un pays où la presse est muselée, où la gay pride a été interdite ?
05:12Est-ce que ça fait de lui un visionnaire ?
05:15C'est un modèle ?
05:15Honnêtement, encore une fois, c'est drôle d'ailleurs,
05:18parce qu'on parle en permanence des ingérences des uns à l'égard des autres.
05:22Moi, je ne m'ingère pas dans les affaires internes hongroises.
05:25Vous allez dans son pays soutenir un candidat qui est en campagne.
05:28Les critiques qui sont formulées contre lui sont évidemment très caricaturales et très excessives.
05:36Ce que je note, c'est qu'il a été le dirigeant le mieux élu à chaque élection,
05:40le mieux élu quasiment de toute l'Europe.
05:43J'en déduis que le peuple hongrois a l'air plutôt heureux de son dirigeant.
05:52Mais M. Duhamel, vous ne comprenez pas qu'un allié n'est pas un clone ?
05:57J'entends bien qu'on va passer une demi-heure sur ce sujet,
06:00mais ce n'est pas grave, moi ça ne me dérange pas.
06:02Un allié n'est pas un clone.
06:04Je ne cherche pas des clones, moi, en Europe.
06:07Je cherche des alliés.
06:08Et Dieu merci, puisque si je cherchais des clones, j'en trouverais probablement pas d'ailleurs.
06:11Marine Le Pen, parlons de la guerre au Moyen-Orient,
06:13où la situation est pour le moins volatile.
06:15Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran en 15 points,
06:19mais en attendant, les frappes continuent.
06:20L'Iran a lancé une nouvelle salve de missiles sur Israël.
06:22Est-ce que vous comprenez la stratégie du président américain, de Donald Trump ?
06:27Est-ce que vous comprenez ses buts de guerre,
06:28ou est-ce que vous dites au contraire qu'il faut que la guerre désormais s'arrête ?
06:32Ces buts de guerre sont erratiques.
06:34Est-ce que quelqu'un comprend quel est l'objectif, en réalité, final de cette guerre ?
06:39Que cherche à obtenir Donald Trump ?
06:42Je crois qu'en réalité, personne ne le sait.
06:45Je ne sais pas plus que cela.
06:47Ce que je vois, c'est que les États-Unis ont manifestement commis une erreur
06:53en ce sens qu'ils pensaient qu'en l'espace de quelques jours,
06:58le régime iranien tomberait.
07:00Il n'est pas tombé.
07:02Le régime iranien est un régime extrêmement solide.
07:05Je rappelle qu'il y a un Mola pour 300 habitants
07:08et que dans le système de direction, en quelque sorte, de l'Iran,
07:13il y a 7 degrés de successeurs envisagés.
07:19C'est-à-dire que si un est éliminé, le deuxième prend sa place.
07:21Si le deuxième est éliminé, le troisième prend sa place.
07:23Et ça, sur 7 niveaux.
07:25Donc vous voyez que c'est quelque chose d'extrêmement solide.
07:29Donc nous sommes aujourd'hui dans une situation
07:31où, évidemment, cette guerre a pris des proportions
07:37qui manifestement n'étaient pas prévues,
07:40touchant beaucoup de pays du Golfe
07:43et entraînant évidemment pour le monde
07:45un déséquilibre très lourd dans les fournitures énergétiques
07:53avec les conséquences qui nous frappent
07:56et qui peut-être demain, plus encore, vont nous frapper
08:00car on parle de l'énergie, pardon.
08:01On parle de l'électricité.
08:03On parle qui a augmenté de 40%.
08:07On parle du gaz qui a augmenté de 80%.
08:09Mais on ne parle pas des engrais
08:12puisque 20% des engrais mondiaux
08:14sont actuellement bloqués dans le détroit d'Hormuz
08:15ce qui veut dire que nous risquons de surcroît
08:18une crise alimentaire
08:19et donc il y a toutes les raisons
08:21de prendre cette situation très au sérieux.
08:23Alors, hier, le ministre de l'économie, Roland Lescure
08:25a parlé de nouveaux chocs pétroliers.
08:28Vous, Marine Le Pen, vous avez dénoncé
08:30un État qui profite de la crise
08:33sur les prix des carburants.
08:34Vous souhaitez une baisse des taxes.
08:37La question, c'est est-ce qu'on en a les moyens ?
08:39Oui, on en a les moyens.
08:41Si vous voulez, on se retrouve dans une situation
08:43où le gouvernement, à la différence de tous les autres gouvernements
08:45en Europe d'ailleurs, laisse monter les prix
08:48notamment des carburants.
08:51Évidemment, touche des recettes de TVA
08:53supplémentaires parce que quand le prix du carburant...
08:55Ça, ça se discute parce que quand le prix du carburant augmente,
08:57la consommation baisse.
08:57Oui, mais voilà.
08:58Non, mais c'est quand même paradoxal.
09:00Alors qu'il suffisait
09:03que le gouvernement dise
09:04écoutez, voilà, on va baisser la TVA.
09:05À ce moment-là, la consommation serait restée la même.
09:08Les Français auraient donc
09:09été dans la situation de ne pas se restreindre.
09:12Et en même temps, l'État n'aurait pas vu ses recettes dégradées
09:17puisque de toute façon, les recettes qui sont prévues
09:19sont les recettes avant, en fait, la crise énergétique.
09:24Donc avant l'augmentation de la TVA,
09:25donc avant l'augmentation des recettes.
09:26Donc pour vous, c'est inodore, incolore pour les finances de l'État ?
09:30Ah ben, ce serait, oui, bien sûr.
09:31Ça serait inodore, incolore.
09:33Mais là, on se retrouve dans une situation
09:34où en réalité, le gouvernement participe à créer
09:36et la restriction, et une forme de panique.
09:39Vous savez, je regardais la dernière fois,
09:40il y avait un reportage
09:41et un Français faisait le plein de sa voiture.
09:44Et j'en avais, je lui ai dit
09:45« Mais pourquoi vous faites le plein ? »
09:47« Ben, je fais le plein parce que je suis inquiet. »
09:48Je lui ai dit « Mais pourquoi vous êtes inquiet ? »
09:50Parce que le gouvernement vient de dire
09:51qu'il n'y avait pas de raison d'être inquiet.
09:53Et il dit « Mais c'est justement
09:54parce que le gouvernement a dit
09:55qu'il ne fallait pas être inquiet, je le suis. »
09:57Vous voyez qu'il y a un problème aussi de confiance
09:59dans les dirigeants actuels de la France
10:01de la part du peuple français
10:02qui fait qu'en fait, on aggrave en quelque sorte la crise.
10:04Juste, Marine Le Pen,
10:05si on s'arrête un instant sur ce que vous demandez
10:07et ce que le Rassemblement National demande,
10:08il y a une forme de constance de ce point de vue-là
10:10sur une baisse de la TVA
10:11passée de 20 à 5,5%.
10:13Ça a été chiffré aux alentours
10:15d'une dizaine de milliards d'euros.
10:17Par ailleurs, c'est un mécanisme,
10:18et là encore, ça a été documenté,
10:21qui, en quelque sorte,
10:23bénéficierait aux plus aisés
10:24de la même manière qu'aux plus pauvres.
10:27C'est-à-dire que si vous baissez la TVA,
10:28que ce soit une infirmière libérale
10:29qui fasse le plein ou quelqu'un qui a un SUV
10:31et qui paye l'impôt sur la fortune immobilière,
10:33il bénéficie autant de cette baisse de la TVA.
10:35Est-ce que c'est vraiment le meilleur mécanisme ?
10:37Est-ce qu'il ne faut pas plutôt aller vers des aides
10:40ciblées, si on veut aider les Français,
10:41par rapport à cette hausse des carburants ?
10:43Non, je crois que l'infirmière libérale,
10:45elle sera très contente de voir son plein baisser.
10:50parce que pour un plein de 40 litres,
10:52passer la TVA de 20% à 5,5,
10:55c'est à peu près 10,80 euros actuellement
10:59pour le gazole.
11:01Vous voyez, l'économie, elle sera très contente,
11:03elle ne le regardera pas,
11:04et elle ne sera pas mécontente,
11:05au motif que celui qui a des meilleurs moyens
11:09obtient la même baisse.
11:10Alors, les aides ciblées,
11:11je vais vous dire ce que ça a donné.
11:12Ça a donné la ruine la dernière fois,
11:14et ça a donné le fait que Jordan Bardet,
11:16la députée européenne,
11:16il avait reçu un chèque, lui.
11:17Oui, c'était l'exception qui confirmait la règle.
11:20D'accord, mais enfin, on sait très bien
11:22que pour le coup, c'est une ânerie.
11:24Donc, pourquoi ne pas ?
11:25Nous, on est pour la baisse de la TVA sur l'énergie
11:28de manière générale,
11:29c'est-à-dire hors période de crise.
11:30Nous considérons que c'est un bien de première nécessité,
11:33l'énergie,
11:33et donc nous sommes pour la baisse
11:36de la TVA de 20 à 5,5
11:38sur le gasoil, le fuel, le carburant,
11:43l'électricité, etc.
11:45Mais particulièrement dans une situation de crise
11:47telle que nous la vivons,
11:49le gouvernement peut très bien de manière temporaire
11:51soit baisser la taille CPE,
11:53soit effectivement baisser la TVA
11:55pour permettre d'alléger la facture des Français.
11:58Alors, vous dites que ça coûte 10 milliards,
11:59mais 10 milliards sur un an,
12:01ça veut dire que ça coûte moins d'un milliard
12:03pour un mois.
12:04Je crois qu'honnêtement,
12:05c'est que les gabegies que fait le gouvernement actuellement,
12:08il y a certainement moyen
12:09de donner cet avantage aux Français
12:13en termes de priorité.
12:14C'est paradoxal Marine Le Pen
12:15d'entendre un parti,
12:16le Rassemblement National,
12:17qui parle d'un État dispendieux,
12:19lourdement endetté,
12:19très largement déficitaire,
12:21et qui là, pour le coup,
12:23incite l'État à dépenser beaucoup d'argent.
12:26Oui, mais notre problème,
12:27M. Lujamé,
12:28ce que vous ne comprenez pas,
12:29c'est que c'est la manière
12:30dont est dépensé l'argent
12:31qui nous pose un problème.
12:33L'argent est dépensé n'importe comment.
12:34Et ce ne sont jamais les classes moyennes
12:38et les classes populaires
12:39qui, en réalité, en bénéficient.
12:40Nous, ce que nous souhaitons,
12:42c'est que si un effort est fait,
12:43et il doit y avoir évidemment des économies
12:46parallèlement à cet effort qui est fait,
12:47il doit bénéficier aux classes moyennes
12:49et aux classes populaires.
12:50C'est ce qu'ils attendent aujourd'hui.
12:52Et très honnêtement,
12:54je trouve que la réponse du gouvernement
12:56est extrêmement faible.
12:58Maintenant,
12:59que les choses soient tout à fait complètes et claires,
13:01nous souhaitons la baisse de la TVA
13:03avec un contrôle temporaire des marges.
13:05Car il ne s'agit pas, évidemment,
13:07qu'un certain nombre bénéficie
13:09de cet effort qui pourrait être fait par l'État.
13:12Marine Le Pen, l'heure tourne.
13:13Il faut qu'on parle des municipales.
13:15Le Rassemblement National a étendu son implantation.
13:18Vous êtes passé de 22 à 74 mairies.
13:22Rassemblement National,
13:23des villes moyennes,
13:24Carcassonne, Castres, La Flèche,
13:26ont basculé.
13:27Malgré des espoirs de victoire,
13:29vous avez échoué à conquérir Toulon,
13:32Marseille, Nîmes.
13:33Vous avez obtenu Nice.
13:35Mais c'est la seule grande ville
13:38que vous réussissez à décrocher.
13:40Perpignan, quand même.
13:41Perpignan, vous conservez.
13:43Pourquoi ça coince toujours
13:45dans les grandes villes,
13:46dans les métropoles ?
13:48Ça coince parce qu'en fait,
13:50on n'est pas au conseil municipal.
13:51Déjà, c'est extrêmement difficile
13:52d'exister dans une grande ville
13:54où la bipolarisation
13:57est aggravée par la médiatisation,
13:59par l'enjeu,
14:00alors que nous ne sommes pas
14:01dans les conseils municipaux.
14:02Donc, il faut que nous réussissions
14:03à entrer dans les conseils municipaux.
14:04Mais vous voyez, à Marseille,
14:05par exemple,
14:06vous prenez cet exemple,
14:07nous avons perdu à Marseille.
14:08Certes, nous sommes passés
14:09de 22% à 40 et quelqu'un.
14:12Ce n'est quand même pas rien
14:12comme augmentation.
14:14mais surtout aujourd'hui,
14:15du fait du retrait
14:17de nos adversaires politiques
14:18au second tour,
14:19nous sommes la seule opposition
14:20au conseil municipal de Marseille.
14:22Et ça, c'est un avantage considérable.
14:24Parce qu'en 2014,
14:26c'est ce qui s'est passé à Perpignan.
14:27C'est-à-dire que
14:28nos adversaires politiques
14:29se sont retirés
14:30pour faire barrage à Louis Alliot.
14:32Certes, il a perdu.
14:32Mais durant 6 ans,
14:34il a été la seule opposition.
14:356 ans après,
14:36il a gagné la ville.
14:37Donc, c'est un mauvais calcul
14:38de la part de nos adversaires politiques.
14:40Et en réalité,
14:41nous sommes la seule
14:42ou la principale opposition
14:43aujourd'hui
14:44dans toute une série de villes
14:45que nous avons certes perdues,
14:47mais dont nous espérons,
14:48de fait,
14:49que nous les gagnerons
14:49dans 6 ans.
14:50Vous citez Marseille.
14:52Quand on regarde à Paris,
14:53Thierry Marigny,
14:54il fait 1,6%.
14:55À Lyon,
14:56le candidat que vous souteniez,
14:57qui était un candidat
14:58d'Éric Ciotti,
14:59UDR,
14:59il fait moins de 10%.
15:01Au-delà des questions
15:01d'implantation et de stratégie,
15:03est-ce qu'il n'y a pas un problème
15:04avec les habitants
15:05des grandes métropoles ?
15:06Et quand on est
15:07le Rassemblement National
15:08et qu'on souhaite accéder
15:10aux plus hautes fonctions,
15:11est-ce qu'il n'y a pas un problème
15:11quand on n'arrive pas
15:12à parler à 25 millions de Français
15:14qui habitent
15:15dans des grands centres urbains,
15:16c'est-à-dire 40% de la population ?
15:17Est-ce qu'il n'y a pas
15:18un problème sociologique ?
15:19Vous n'arrivez pas
15:20à leur parler ?
15:20Le problème,
15:21c'est aussi que les journalistes
15:23qui vivent dans les très grandes villes
15:24ont tendance à ne voir
15:26que les très grandes villes.
15:27Je rappelle quand même
15:28que nous avons gagné
15:3110 villes
15:32de plus de 30 000 habitants,
15:33ce n'est pas rien
15:3430 000 habitants,
15:34c'est extrêmement important.
15:36Nous avons une difficulté
15:38pour nous implanter
15:39dans les grandes villes.
15:40Nous allons nous y atteler.
15:41Comment vous l'expliquez ?
15:42Nous allons nous y atteler
15:43parce qu'encore une fois,
15:44quand vous n'y êtes pas,
15:45en réalité,
15:46pour y entrer,
15:46c'est extrêmement compliqué.
15:48Commencer par séduire
15:49les électeurs.
15:50Oui, vous avez raison,
15:51bien sûr.
15:52Je pense qu'on va travailler
15:53sur ce sujet.
15:54Vous savez,
15:54nous, on se remet en cause.
15:56On est perfectif,
15:57nous le savons
15:58et nous allons essayer d'entrer.
15:59Maintenant,
15:59ce sont des grandes villes
16:00qui, en réalité,
16:02sont souvent mondialisées,
16:04qui, peut-être,
16:06sont moins sensibles
16:08aux thématiques
16:09que nous développons.
16:10Et je précise,
16:11Marine Le Pen,
16:11que Radio France,
16:12il y a un réseau local
16:14et que, pour le coup,
16:15en ce qui concerne
16:15la proximité...
16:16Page pub !
16:17Non, ce n'est pas page pub,
16:18c'est juste parler
16:19de nos confrères
16:20et consoeurs d'ici.
16:21Il faut qu'on parle aussi
16:22de votre stratégie politique,
16:23Marine Le Pen.
16:24Et là encore,
16:25il s'avère que la dernière fois
16:25que vous étiez venue
16:26dans ce studio,
16:26on avait aussi eu un échange
16:27à ce sujet.
16:28On a un peu l'impression
16:29qu'il y a des sons
16:30de cloche différents.
16:30Vous avez Jordan Bardella
16:31qui, le soir du premier tour,
16:33en appelle à ce qu'il qualifie
16:35de droite sincère.
16:36Et vous, déclaré,
16:37je vous cite,
16:38il ne faut pas ouvrir
16:39à la droite,
16:39il faut ouvrir
16:40à tous les Français.
16:41Est-ce qu'on peut
16:42dans le même temps dire
16:43d'une main,
16:43il faut en appeler
16:44à la droite sincère,
16:45je vois que ça vous fait rire,
16:45et de l'autre dire
16:46non, non, ce n'est pas la droite,
16:47c'est tous les Français ?
16:47Il me fait rire,
16:48c'est qu'on dirait du hattal.
16:49Vous avez d'un côté
16:50Jordan Bardella qui dit,
16:51vous avez de l'autre,
16:52Marine Le Pen.
16:53Il était hier à votre place
16:54et on lui a posé
16:55des questions aussi
16:55sur sa stratégie politique.
16:56Non, mais le sujet
16:57était différent en réalité.
16:58La question qu'on me posait
16:59était une question
16:59sur la présidentielle.
17:01Donc, on voit bien
17:02qu'au municipal,
17:05la stratégie qui peut
17:07être mise en œuvre
17:07n'est pas évidemment
17:08celle de la présidentielle.
17:09La présidentielle,
17:09c'est la rencontre
17:10d'un homme ou d'une femme
17:10avec le peuple,
17:12tout le peuple.
17:13Et donc, il n'est pas question
17:14de s'adresser exclusivement
17:16aux électeurs de droite.
17:18On s'adresse
17:19à tout le peuple français
17:20dans une présidentielle.
17:21Ce n'est pas ce que dit
17:21Éric Ciotti,
17:22je vais le citer dans le Figaro.
17:23Si on veut gagner
17:24la présidentielle,
17:25il faudra forcément
17:26faire cette union des droites.
17:27Je l'ai faite,
17:28j'ai posé cette option
17:29et le plafond de verre
17:30a été cassé.
17:30Non, mais moi,
17:31je ne crois pas
17:31à l'union des droites.
17:32Mais même si Ciotti y croit,
17:33si vous voulez,
17:34que j'aime beaucoup par ailleurs
17:35et pour lequel j'ai
17:36beaucoup d'amitié,
17:37je ne crois pas
17:38à l'union des droites.
17:38Moi, je crois
17:39à l'union des Français,
17:40à l'union de l'ensemble
17:41du peuple français.
17:42C'est ça qui, en réalité,
17:43nous permettra
17:44de sauver le pays.
17:46Et pardonnez-moi
17:46de vous dire
17:47que je suis, encore une fois,
17:48élu du bassin minier,
17:50que dans le bassin minier,
17:51on a aujourd'hui 14 villes,
17:53on en a gagné 12
17:53et que l'électorat
17:55du bassin minier,
17:56historiquement,
17:57n'est pas un électorat
17:58de droite.
17:59C'est un électorat
18:00socialo-communiste
18:01et pourtant,
18:02aujourd'hui,
18:03il rejoint massivement
18:04le Rassemblement National.
18:05Donc, je crois
18:06que c'est une erreur
18:07de se limiter
18:08à ne parler
18:10qu'aux électeurs d'oie.
18:11Moi, je parle
18:11à tous les Français.
18:12C'est en tout cas
18:13ce que je ferai
18:14durant la campagne présidentielle
18:16parce que je crois
18:16que la clé
18:17de la victoire
18:18pour notre pays,
18:19elle est précisément
18:20dans cette dynamique
18:21qui emmènera
18:22l'ensemble du peuple français.
18:23Quel rapport
18:23vous entretenez
18:24avec Bruno Retailleau,
18:26le président des Républicains
18:27qui n'a pas appelé
18:29à voter Christian Estrosi
18:31à Nice
18:32qui a donc laissé entendre
18:34qu'Éric Ciotti
18:34ferait tout aussi bien
18:35l'affaire ?
18:36Zéro.
18:36Pas de rapport ?
18:37Non, j'ai aucun rapport
18:38avec Bruno Retailleau, non.
18:40Et sur la question
18:41des valeurs ?
18:43Il ne veut pas me parler
18:44qu'il ne veut pas me parler
18:45que je vous dise...
18:46Bon, voilà,
18:49moi je les vois
18:50à l'Assemblée nationale,
18:51ils sont très décevants
18:52les LR.
18:54En réalité,
18:54ils ont gouverné
18:55avec Emmanuel Macron,
18:57il ne faut quand même
18:57pas l'oublier,
18:57il a été ministre
18:58d'Emmanuel Macron,
18:59ce n'est pas anodin
18:59tout de même.
19:01et le moins qu'on puisse dire
19:02c'est que les résultats
19:03qu'il a obtenus
19:03à la tête du ministère
19:04de l'Intérieur
19:04ont été nuls.
19:05Voilà, bon,
19:06disons les choses.
19:07Donc, est-ce qu'on peut
19:09avoir un espoir quelconque
19:11dans cette famille
19:14de dirigeants politiques ?
19:15Je ne parle pas
19:16de cette famille politique,
19:16cette famille de dirigeants
19:17politiques,
19:18je ne le crois pas.
19:18C'est d'ailleurs la raison
19:19pour laquelle dans le Sud,
19:20il y a énormément
19:20d'électeurs LR
19:22qui en réalité,
19:22aujourd'hui,
19:23rejoignent le Rassemblement
19:24national parce qu'ils
19:25sont profondément déçus
19:26de l'action
19:26qui a été menée
19:27depuis des années
19:28par les dirigeants LR.
19:30Mais vous voyez bien
19:30les débats quand par exemple
19:31Laurent Wauquiez dit
19:32il faut qu'il y ait
19:33un grand rassemblement
19:34qui aille jusqu'à
19:35jusqu'à Saracnafot
19:36de reconquête.
19:37Vous voyez bien
19:37les débats qu'il peut y avoir
19:38sur une recomposition politique.
19:40Vous, ça ne vous pose pas
19:41de problème d'en être
19:42tout à fait exclu ?
19:44Ah ben non,
19:44je suis même rassuré.
19:46Je suis assez rassuré
19:47que M. Wauquiez
19:48ne m'invite pas
19:48à participer à sa primaire.
19:49Vous voyez, bon,
19:51en réalité,
19:51ils ne savent pas
19:51où ils habitent.
19:54On sent qu'il y a
19:54une forme de panique
19:57chez LR
19:58où ils en sont
19:59à aller chercher
20:01une primaire
20:01avec Édouard Philippe,
20:03Premier ministre
20:04d'Emmanuel Macron
20:04avec les résultats
20:05qui ont été les siens
20:07jusqu'à Saracnafot.
20:09Mais tout ça,
20:09ça ne ressemble à rien
20:10en réalité.
20:11Vous voyez ce que je veux dire ?
20:12Je crois que c'est
20:12une preuve de fébrilité
20:14plus qu'autre chose
20:15de la part de LR.
20:17Vous parliez
20:17de la campagne présidentielle
20:18Marine Le Pen.
20:19La classe politique
20:20se projette désormais
20:20vers 2027.
20:22Vous,
20:22au Rassemblement National,
20:23vous êtes suspendu
20:24à cette date du 7 juillet,
20:25jour du jugement en appel
20:26dans l'affaire
20:26des assistants parlementaires
20:27du Front National.
20:28C'est alors que vous saurez
20:29si vous pourrez ou non
20:30être candidate.
20:32Ça veut dire que ça fait
20:32presque 4 mois
20:34jusqu'à cette date fatidique.
20:36Est-ce que ce n'est pas
20:37du temps perdu
20:38pour le Rassemblement National
20:39pendant que tous les autres...
20:40Vous avez l'impression
20:41que ça me perturbe beaucoup
20:42et que ça m'empêche
20:43de faire ce que je fais
20:45depuis des décennies.
20:47Je ne crois pas, non ?
20:48J'ai fait la campagne
20:49des municipales,
20:50je suis allé soutenir
20:50nos candidats.
20:52Ça ne change rien
20:52à mon quotidien.
20:53Si Jordan Bardella
20:54doit être candidat
20:55à l'élection présidentielle,
20:56ça fait 4 mois de main
20:57de préparation pour lui
20:58pour travailler
20:59sur cette campagne présidentielle ?
21:00Il faut dire ça
21:02au parquet
21:02qui a fixé les dates.
21:04Mais la réalité,
21:05c'est que nous continuons,
21:06Jordan et moi,
21:08nous commençons,
21:09Jordan et moi,
21:10à préparer
21:10la campagne présidentielle.
21:12Et ça ne nous limite pas,
21:15si vous voulez,
21:15dans la préparation
21:16de cette campagne présidentielle.
21:18Ça veut dire
21:18que vous travaillez
21:18en binôme ?
21:19Mais bien sûr.
21:20Pour que chacun d'entre vous
21:21nous ferons la campagne
21:22présidentielle de toute façon
21:23ensemble,
21:24quel que soit le résultat
21:26du 7 juillet.
21:27Mais vous la ferez ensemble,
21:28c'est-à-dire ?
21:28Parce que vous avez répondu
21:29à cette question en disant
21:31moi, de toute façon,
21:31je n'accepterais pas Matignon.
21:32Si d'aventure,
21:33je ne pouvais pas être candidate
21:34et si lui était élu président,
21:35je n'irais pas à Matignon.
21:36Je ne serais pas
21:37la première ministre
21:38de Jordan Bardella.
21:39On peut faire,
21:39sous la Ve République,
21:40une campagne en binôme ?
21:42Comme ça,
21:42vous ferez la campagne
21:43tous les deux ?
21:44Exactement.
21:45Oui.
21:46D'ailleurs,
21:46cette idée de binôme,
21:48nous l'avons introduite
21:48dans la vie politique française
21:50et elle a été d'ailleurs
21:51copiée par un certain nombre
21:52d'autres personnes.
21:53Oui,
21:54puisque dès le...
21:57Il y a des mois de cela,
21:58j'ai indiqué
21:59que je serais candidate
21:59à la présidentielle
22:00et que si je gagnais
22:01la présidentielle,
22:02Jordan Bardella
22:03serait mon premier ministre.
22:04Donc oui,
22:04c'est un binôme de fait
22:06et ce binôme,
22:06il va continuer à exister,
22:08quelle que soit
22:08la décision du 7 juillet.
22:10Et on fera campagne
22:11ensemble, bien sûr.
22:12Il y a une phrase
22:13qui a été captée
22:14par des caméras
22:15et qui a pu...
22:15qui a interpellé certains.
22:17Vous vous faisiez face
22:17à une électrice
22:18qui faisait l'éloge
22:19de la jeunesse
22:19et elle vous disait
22:20moi je préfère Bardella
22:21parce que maintenant
22:21il faut laisser la place
22:22aux jeunes.
22:22Et vous avez répondu,
22:24ne vous inquiétez pas,
22:24je vais citer in extenso,
22:26méfiez-vous,
22:27vous avez raison
22:27pour Jordan Bardella
22:28et le candidat au municipal
22:29que vous veniez soutenir,
22:30mais Macron,
22:31il était jeune,
22:31il a quand même fait
22:32quelque chose d'épouvantable.
22:33Donc en fait,
22:34si on vous suit,
22:35la jeunesse de Jordan Bardella,
22:37c'est pas un avantage ?
22:38Non, je crois pas.
22:40Objectivement,
22:40c'est ni un avantage
22:41ni un inconvénient.
22:42Je l'ai dit très clairement,
22:43la jeunesse
22:44n'est ni une qualité
22:45ni un défaut.
22:46Il faut,
22:47c'est toutes les autres qualités
22:48qui sont très importantes
22:49et qui doivent être jaugées.
22:51Et la preuve en est,
22:52c'est que beaucoup de Français,
22:53je crois,
22:54ont voté Emmanuel Macron
22:55précisément uniquement
22:57parce qu'il était jeune
22:58sans s'intéresser
22:59de savoir s'il avait
23:00les qualités
23:01pour pouvoir diriger le pays.
23:02Et ils ont été évidemment
23:03profondément déçus.
23:05Donc je crois que l'âge
23:06n'est ni une qualité
23:07ni un défaut.
23:08En revanche,
23:10Jordan Bardella
23:11à toutes les autres qualités
23:13pour pouvoir mener cette campagne
23:15si tant est
23:16que j'en sois empêchée.
23:18Et juste,
23:18il ferait un aussi bon président
23:19que vous ou pas ?
23:20Je le crois,
23:21oui.
23:22Oui, oui, je le crois.
23:23Je crois qu'il ferait
23:23un très bon président.
23:24Donc quand on a
23:25plus de 30 ans
23:26d'expérience politique,
23:27de mandat,
23:28de direction d'un parti.
23:29Et d'ailleurs,
23:29si on m'empêchait
23:30d'être candidat
23:31de ceux qui seraient,
23:32pardon,
23:32je le rappelle,
23:34excusez-moi,
23:35on n'est jamais mieux
23:35servi que par soi-même,
23:36un scandale démocratique,
23:38si on m'empêchait
23:39d'être candidat,
23:40je ferais la campagne
23:41de Jordan Bardella
23:42parce que je considérerais
23:43que c'est évidemment
23:44le meilleur candidat
23:45pour apporter
23:48un avenir
23:50lumineux
23:50à notre pays
23:51et à notre peuple.
23:52Écoutez,
23:53c'est très clair.
23:54Merci Marine Le Pen
23:55d'avoir été au micro d'Inter
23:56ce matin.
23:57La revue de presse à suivre.

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