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  • il y a 11 heures
La baisse de commandes depuis quinze jours n'est néanmoins "pas dramatique" assure le président du directoire de Selectour et président du groupe Marietton Développement, qui détient notamment Havas Voyages. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-vendredi-13-mars-2026-6038369

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Transcription
00:00Et votre invité Mario Lourdes ce matin est président du directoire de Selectour et président d'Avas Voyages.
00:06Bonjour Laurent Habitbol, vous êtes un grand acteur du secteur du tourisme qui est touché lui aussi par la guerre
00:12actuelle au Moyen-Orient,
00:13les Etats-Unis et Israël contre l'Iran et contre le Hezbollah au Liban, une guerre qui dure depuis presque
00:18deux semaines maintenant.
00:20Il faut préciser que les Émirats sont touchés également.
00:23Avec quelles conséquences tout ça sur le tourisme, Laurent Habitbol ? Une grande tendance d'abord.
00:27Alors déjà, oui, on a une baisse des réservations. La baisse est exactement pour la France, moi je parle de
00:342200 agents de voyage,
00:36à peu près la moitié du parc français, elle est de 20%. C'est-à-dire les prises de commandes
00:40ont baissé de 20% depuis qu'un jour.
00:43Ce qui n'est pas dramatique.
00:44Au global ou sur ces destinations-là ?
00:47Au global, mais ce ne sont pas les destinations qui sont touchées. Parce que le monde est grand.
00:51C'est pour aller dans ces destinations lointaines, on passe à 50% par Doha, par Dubaï, etc.
01:01Donc ces compagnies aériennes comme Émirats, comme Qatar, sont de grands acteurs pour les touristes français qui partent à l
01:06'étranger.
01:07Donc évidemment, quand on part en Thaïlande, quand on part à Tokyo, on passe souvent par ces acteurs-là.
01:11C'est pour ça qu'on est touchés.
01:13Alors, je vais revenir peut-être en premier lieu sur la question du rapatriement,
01:17parce que c'était votre première question au départ en tant que professionnel du tourisme.
01:21Est-ce qu'il est terminé ?
01:22Oui. Alors, l'avantage, nous nous sommes agents de voyage, nous avons 5000 agents de voyage français.
01:27Nous s'occupons des conciergeries, donc on s'occupe des clients, ce ne sont pas des sites internet.
01:30Et il y en avait 9700 qui étaient bloqués.
01:32Nous, il nous en reste vraiment, si je dis 20 ou 30, ça serait le maximum.
01:37Donc, Sayto Rava, ça a rapatrié tous ses clients.
01:39Ça, c'est clair. Voilà. Par tous nos collègues de voyage qui sont partout en France,
01:44qui gèrent du matin au soir.
01:46Ça, et je pense que c'est fini.
01:47On a l'habitude des crises. Ce n'est pas la première fois.
01:49Oui. Et ça, vous a coûté quelque chose ?
01:51Oui, évidemment. Ça coûte des rapatriements avec nos collecteurs-opérateurs.
01:58On a mis des avions en place.
02:00On a mis sur d'autres compagnies.
02:01Oui, ça coûte de l'argent.
02:02Pour Sayto Rava, ça a coûté 2 ou 3 millions d'euros.
02:05Alors, il y a les voyages qui étaient prévus et qui n'auront pas lieu.
02:10Vous observez des annulations ?
02:11Alors, ce n'est pas des annulations.
02:13C'est que les gens veulent partir.
02:14Mais s'il n'y a pas l'avion pour partir, on ne part pas.
02:16Air France a un vol par jour sur Bangkok.
02:19Les compagnies du Golfe, c'est 15 vols par jour.
02:22Donc, évidemment qu'il n'y a pas assez de place pour tout le monde.
02:24Donc, on reporte les vacances des Français.
02:27Et ça concerne quel pays, alors ?
02:29L'Asie.
02:30L'Asie.
02:30Ce n'est pas tellement Doha ou bien Douba qui se touchaient, parce qu'il y a quelques touristes,
02:34mais ce n'est pas énorme.
02:35C'est surtout l'après.
02:36On fait ce qu'à Doha, pour aller à Bangkok, à Singapour, à Tokyo, aux Maldives.
02:41C'est le problème.
02:42Au Seychelles, ce sont les problèmes.
02:44Donc, on reporte ces voyages si les vols sont annulés.
02:47Mais, Emirates a repris presque 80% de ses vols.
02:51Malgré tout ça, les avions d'Emirates volent.
02:53Sur 250 avions, on a presque 190 en l'air.
02:55Donc, ça repart quand même.
02:57Quand on dit qu'il y a des blocages à ce niveau-là,
02:59c'est valable pour le secteur du tourisme et pour les voyages d'affaires ?
03:03Alors, l'affaire n'a pas eu de baisse.
03:06Quand je dis que le tourisme est de moins 20%, l'affaire, on est même à plus 4%.
03:10Donc, l'affaire, depuis 15 jours, n'a pas été touchée.
03:13J'ai vu le chiffre d'hier.
03:15Depuis 15 jours, la hausse est de 3,4%.
03:17Donc, non, l'affaire n'a pas été touchée.
03:19Là, c'est pareil.
03:20C'est quelque chose qui pourrait coûter, puisqu'il y a des voyages qui n'ont pas lieu.
03:24Est-ce que vous avez estimé le coût de cette opération-là ?
03:29Ah oui, les départs clients annulés, c'est pour nous presque 300-400 millions d'euros.
03:37Mais attention, on a un métier très résilient.
03:40Quand ça repart, ça repart très fort.
03:42Si la fin de la guerre, c'est en 15 jours, 3 semaines, tout va être reporté.
03:45Les gens adorent voyager et depuis le Covid, le voyage est prioritaire par rapport à un achat matériel.
03:51Les gens préfèrent l'expérience d'un voyage qu'acheter une voiture, une télévision, une chose comme ça.
03:56Donc, il est vrai que dès qu'on est un peu bloqué, après, c'est énorme.
03:59Après le Covid, 22, 23, 24, 25, les meilleurs années de tourisme depuis le début du tourisme.
04:05Donc, on entend que vous essayez, en tout cas, de garder votre optimisme.
04:09Il y a la hausse des prix du pétrole aussi qui a des conséquences.
04:12Forcément, par exemple, Air France et KLM qui augmentent leur prix sur les vols longs courriers,
04:16plus 50 euros sur un aller-retour.
04:18Est-ce que de votre côté, les tarifs augmentent ?
04:20Oui, quand l'avion augmente, ça augmente.
04:22Il faut savoir quand même que les compagnies sont raisonnables,
04:24parce que 50 euros, ça ne serait pas le coût réel d'un pétrole.
04:27Le pétrole d'avion a doublé.
04:29Donc, s'il devait augmenter un billet d'avion sur Los Angeles, ça ne serait pas 50 euros,
04:33ça serait plutôt 200 euros.
04:34Mais les compagnies ont été raisonnables, donc les hausses sont très maîtrisées.
04:37Et chez vous, les hausses représentent quoi ?
04:40Pas énormes.
04:41Les mêmes hausses que les compagnies aériennes.
04:43De 10, 20, 30 euros.
04:45La Tunisie, c'est 10 euros.
04:46Vous allez à New York, 50 euros.
04:48Vous allez, par exemple, à New Maurice, avec Corsair ou Air France, c'est 60 euros.
04:53Donc, ce n'est pas énorme.
04:54Ce n'est pas énorme, c'est maîtrisé.
04:55Pour l'instant.
04:56On parlait tout à l'heure, Laurent Habitbol, de ces voyages qui sont annulés parce que Emirates,
05:02parce que l'instabilité.
05:04Mais cette hausse du pétrole et la hausse des prix, elle va aussi dissuader forcément
05:07des nouveaux clients.
05:09Est-ce que les réservations, de ce point de vue-là, sont en baisse ?
05:12Oui.
05:12Aujourd'hui, on a une baisse de 20% des réservations.
05:15Pour l'instant, ce n'est pas ça le problème.
05:17Le client, pour 20 ou 30 euros, il part quand même.
05:20Le problème, c'est que...
05:21Est-ce qu'on a l'avion pour le faire partir ?
05:23Donc, il faut vite que cette guerre s'arrête pour que toutes les compagnies reprennent du service.
05:27Parce que les compagnies européennes seulement n'ont pas cette place pour partir tous les gens d'Europe.
05:32On a besoin de ces vols-là via, parce qu'ils ont des capacités énormes, des A380 de 500 places.
05:37On a besoin de ces capacités.
05:38Et puis, parce que quand ils la conquèrent, ces prix sont moins chers aussi.
05:42Les professionnels estiment, de façon globale, les pertes du secteur à 515 millions d'euros par jour,
05:47à cause de cette guerre au Moyen-Orient.
05:49Ça vous semble réaliste, crédible comme chiffre ?
05:51Qu'est-ce qu'on appelle le tourisme ?
05:52Le tourisme total.
05:54Mon métier à moi, c'est, à mon avis, quelque chose comme 100 millions par jour.
05:58Qui est perdu.
05:59Oui, qui est perdu.
05:59100 millions de prise de commande.
06:00Mais je vous l'ai dit, on va rattraper.
06:02Par expérience, on va avoir un peu de mal pendant 15 jours à mois.
06:06Et dès que c'est fini, on va faire le double trip du chiffre d'affaires.
06:08Donc, vraiment, l'envie des Français, c'est de partir.
06:10Ils adorent les vacances.
06:11Quel beau médicament pour la vie des vacances.
06:13Et en attendant, est-ce que c'est compensé par des voyages ailleurs ?
06:17Oui, pas tout quand même.
06:19Pas tout.
06:19Alors, peut-être, on a fait une baisse de 40%.
06:21On a compensé 20%.
06:23Les gens vont plus à l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Afrique du Nord, l'Europe.
06:28Vous savez, l'Amérique du Nord était déjà sinistrée.
06:30Un peu l'Amérique du Nord était sinistrée.
06:31Le Canada marchait bien.
06:32En effet Trump ?
06:33Oui.
06:34On a eu une baisse avant la crise.
06:36De 30% déjà.
06:37Ça l'a fait Trump.
06:38Le Canada marchait fort.
06:39La Béritus marchait fort.
06:40L'Afrique marchait fort.
06:41Le Maroc, l'Unie n'a pas été touchée.
06:42L'Égypte n'a pas été touchée.
06:43L'Europe, la France ?
06:44Alors, nous, la France marche toujours.
06:47Mais on ne vend pas trop en France nous-mêmes à l'agent de voyages.
06:50Oui, forcément.
06:50En région étrangère.
06:51Mais disons que l'Europe va marcher.
06:53Tous les pays d'Europe vont marcher.
06:55L'Afrique du Nord aussi va marcher.
06:57Donc, vous nous dites finalement, rien de grave, si ça ne dure pas.
06:59Pour l'instant, rien de grave.
07:00Le moins 20% jouant à mettre qu'au Covid, on a eu moins 100%.
07:03Donc, moins 20%, on est presque content.
07:06Et ça repart très vite.
07:07On espère que ça s'arrête rapidement, économiquement.
07:09Après le reste, ça n'a pas de problème.
07:10Laurent Habitbol, président de Selectour et d'Avas, merci de nous avoir répondu ce matin sur France Inter.
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