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  • il y a 8 minutes
Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur l'actualité politique du jour. Ce jeudi, il constate que les élections municipales sont polluées par la guerre en Iran.

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00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Alexis Brézé.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05On l'oublierait presque, nous votons dans dix jours pour les municipales alors que l'on ne parle plus que
00:09de l'Iran.
00:10Alexis, on se souvient que la dernière présidentielle, 2022, avait été totalement parasitée par le conflit ukrainien.
00:16On est quatre ans plus tard, Alexis, le phénomène peut-il se reproduire ?
00:19C'est vrai Dimitri que quand on pense à 2022, il y a de quoi s'inquiéter,
00:23parce qu'en matière de campagne étouffée et d'élection escamotée, on n'a jamais fait mieux.
00:28Cette submersion totale du débat présidentiel par la question ukrainienne
00:33a permis à Emmanuel Macron d'être réélu sans faire campagne,
00:37ni défendre le début du commencement de quelque chose qui ressemble à un programme.
00:40Bon, ça ne lui a pas vraiment porté bonheur,
00:42puisque sans projet ni nouveau contrat passé avec les Français,
00:46il s'est trouvé fort dépourvu quand la bise politique fut venue.
00:49Enfin, il a été réélu, et c'est vrai qu'on peut se poser la question,
00:52va-t-il cette fois être sauvé par l'Iran ?
00:56Vous savez ce que disait Josh Kirak à Dimitri ?
00:58La prévision est un art difficile, surtout lorsqu'il concerne l'avenir.
01:02Et bien pourtant, je vais prendre le risque d'en faire une de prévision.
01:05Non, je ne crois pas un instant que le miracle, ou le cauchemar,
01:09c'est chacun selon son point de vue, puisse se renouveler.
01:12Et pourquoi donc Alexis ?
01:13Et bien tout simplement parce que l'Iran n'est pas l'Ukraine,
01:16et parce que les municipales ne sont pas la présidentielle.
01:19Que s'est-il passé avec la crise ukrainienne en 2022 ?
01:22Un phénomène bien connu de la science politique que l'on appelle l'effet drapeau.
01:26Quand un événement extérieur intervient, qui inquiète le pays,
01:30une guerre, une crise internationale,
01:31les électeurs apeurés ont tendance à se réfugier dans les jupes
01:36de celui qui paraît comme le mieux à même de les protéger,
01:39le pouvoir, le gouvernement, le président.
01:40C'est ce qui s'est passé en 2022.
01:42Cette irruption de la guerre en Europe a fait peur légitimement aux Français,
01:46qui ont craint d'abord une extension du conflit,
01:49puis ses conséquences économiques.
01:51Et Emmanuel Macron, drapé dans ses habits de président protecteur,
01:55a habilement joué de la menace russe pour ramener les électeurs à lui.
01:59Mais rien de tel aujourd'hui.
02:01D'abord parce que l'Iran, c'est loin,
02:03et que personne ne croit que les Mollahs vont envahir notre pays.
02:06D'ailleurs, à la différence de 2022,
02:09où les partis étaient divisés, rappelez-vous,
02:11entre pro-russe et anti-Poutine,
02:13la guerre chez nous n'est pas aujourd'hui vraiment un sujet de débat politique.
02:17Et il n'y a que Jean-Luc Mélenchon pour pleurer l'ayatollah Ramenei.
02:21Le RN, par exemple, est à peu de choses près
02:24sur la ligne consensuelle d'Emmanuel Macron.
02:27Et même si la crise iranienne devait avoir des effets économiques
02:30sur l'activité ou le prix de l'énergie,
02:32on voit mal comment les électeurs pourraient en tirer des conséquences politiques
02:36à Bordeaux, à Lyon, à Nice ou à Paris.
02:39En faveur de qui ? Contre qui ?
02:41On ne parle pas d'une élection nationale,
02:43mais de 35 000 élections locales.
02:45Croyez-moi, les 15 et 22 mars,
02:48la sécurité dans les villes
02:49comptera bien davantage que celle du Moyen-Orient.
02:52Donc dans 10 jours, vous ne croyez pas, Alexis, à une vague Macron ?
02:55Non, pas du tout.
02:56Pas plus d'ailleurs que je ne croise à une vague anti-Macron,
02:59qui serait pourtant davantage dans l'ordre des choses,
03:01puisque les municipales sont traditionnellement
03:04le moment d'un vote sanction contre la majorité du moment.
03:06Seulement voilà,
03:08pour sanctionner les candidats du pouvoir,
03:10ou au contraire pour les soutenir,
03:12il faudrait que ces candidats existent.
03:14Or, et cette absence en dit long,
03:16il n'y a quasiment pas de candidats
03:18macronistes estampillés renaissance
03:20dans les grandes villes.
03:22Violette Chpilbout à Lille,
03:23qui est loin d'être favorite,
03:24Thomas Kassnav à Bordeaux,
03:26Annecy, Metz, Guerre Plus.
03:28Alors il y a les candidats à horizon,
03:29comme Christian Aestrosi,
03:30mais enfin ils sont prêts à tout
03:31pour faire oublier qu'ils ont été macronistes.
03:33Bref, l'implantation locale
03:35du parti présidentiel est à peu près nulle.
03:37Et ça, la guerre en Iran n'y changera rien.
03:40L'invincible, c'est un beau nom pour un sous-marin,
03:42mais ça fait bien longtemps
03:44que dans les profondeurs du pays,
03:45le macronisme a été coulé par le fond.
03:48L'édito politique sur Europe 1.
03:50Merci beaucoup Alexis Brézet.
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