00:00Et à 7h19 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, place à l'édito éco.
00:04Bonjour Agnès Verdier-Molinier.
00:05Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06Agnès, avec l'inflation qui accélère d'ores et déjà en zone euro
00:09et qui va s'accentuer nécessairement avec le conflit au Moyen-Orient.
00:13On peut se poser la question de ce qui va se passer sur les taux de notre dette souveraine ?
00:18Oui, c'est une question très légitime.
00:20L'inflation a déjà grimpé en zone euro à 1,9 en février.
00:24Mais ce n'est rien par rapport à ce qui nous attend.
00:26La guerre au Moyen-Orient pourrait peser beaucoup plus fortement sur les prix à la consommation en mars.
00:31Si le conflit durait ne serait-ce que quelques semaines, l'inflation pourrait grimper autour de 2,5.
00:36Et en cas de conflit plus long, les conséquences seraient plus importantes.
00:40Les prix du gaz en Europe ont déjà augmenté de plus de 70% depuis vendredi dernier.
00:44Et le baril de pétrole, mer du Nord pour livraison en mai, continue de monter autour de 82 dollars.
00:51On se souvient de la flambée des prix de l'énergie provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine en
00:562022.
00:57L'inflation en zone euro avait alors atteint un niveau record à plus de 8%
01:01et les taux sur les dettes étaient montés à vitesse grand V,
01:04passant d'un fameux moins 0,4 au minimum en 2019 à 3% en 2022 pour la dette de
01:11la France.
01:11Sous l'effet conjugué de inflation, guerre en Ukraine, hausse des taux de la BCE.
01:16Donc c'est un présage rien de bon à ce qui se passe en Iran sur les taux de la
01:19dette.
01:19Maintenant, depuis le début du conflit, les taux sur les dettes en Europe sont repartis à la hausse.
01:23Alors hier, nous étions à 3,44 sur la dette à 10 ans,
01:26alors que nous étions autour de 3,22 juste avant le début du conflit.
01:29Alors on peut dire que bon, c'est qu'une vingtaine de points de base
01:32et que pour l'instant, c'est maîtrisé.
01:34Mais c'est dans ce genre de période que les fragilités des uns et des autres apparaissent.
01:39Actuellement, par exemple, il y a une crainte assez forte sur les dettes privées non bancaires
01:44d'obligations d'entreprises dont le volume est devenu colossal.
01:48On a ici un risque de crise financière et quand on ajoute à cela des tensions géopolitiques
01:53très intenses et inflationnistes, ça peut faire un cocktail aux graves répercussions.
01:57L'incertitude mondiale et l'instabilité dans lesquelles nous rentrons,
02:01ça pourrait agir comme un révélateur, vous pensez ?
02:03Oui, c'est ça.
02:04Les crises potentiellement en gestation sur les dettes privées ou publiques
02:08pourraient se retrouver accélérées.
02:10Évidemment, tous les regards sont tournés vers les banques centrales.
02:12La Banque Centrale Européenne doit décider dans deux semaines sur ses taux directeurs.
02:16La période dans laquelle nous rentrons va se révéler être un nouveau test pour la dette de la France.
02:22Test que nous allons aborder dans de mauvaises conditions, on le sait, au niveau budgétaire.
02:26Nous ne sommes pas prêts pour une prochaine crise hybride à mi-chemin
02:30entre les crises que nous avons déjà subies.
02:33Et en effet, la charge de la dette est déjà à la limite du soutenable.
02:36Elle est prévue à 85 milliards en 2027.
02:39Une montée importante des taux sur la dette coûterait évidemment des milliards et des milliards de plus.
02:45Signature Europe 1, Agnès Verdier-Molinier. Merci beaucoup Agnès.
02:48Merci à vous.
02:49Merci.
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