00:00Ce matin, à La Rochelle, un collégien a été interpellé car il a poignardé un camarade de classe.
00:08Les enfants ont 13-14 ans, voilà.
00:12Bon, et ça révèle en fait le fléau des couteaux à l'école.
00:16On pensait en avoir fini, on pensait que les fouilles à l'entrée des établissements étaient la solution miracle.
00:22Forcée de constater l'Enroe, pas du tout.
00:24Non mais surtout que le couteau est un moyen, il faut aussi s'intéresser vraiment.
00:28Je veux dire, le vrai sujet là, bon évidemment les couteaux, mais surtout l'ultra-violence des mineurs.
00:32En fait, on a un peu le sentiment que les semaines se suivent et se ressemblent.
00:35Il y a encore très peu de temps, on parlait effectivement de Sanary-sur-Mer, où ce collégien a poignardé
00:40sa professeure,
00:41qui, Dieu merci, n'a pas perdu la vie.
00:43Mais c'est vrai qu'on n'a pas forcément de nouvelles sur son état de santé.
00:45Là, en l'occurrence, c'est un collégien avec un autre collégien.
00:47Donc on revient en fait sur cet immense problème de l'ultra-violence des mineurs qui existe aujourd'hui.
00:53Je veux dire, et qui surtout n'existait pas hier.
00:56Et puis surtout à La Rochelle.
00:58Ça partout, vous savez, Sanary-sur-Mer, on ne s'y attendait pas non plus.
01:00Évidemment, voilà, on est d'accord.
01:02Bien sûr, et en fait, on se rend compte, c'est là où vraiment on se rend compte que ça
01:04touche absolument toutes les familles.
01:06Pour l'instant, alors sauf erreur de ma part, on n'a pas encore, si vous voulez, d'éléments sur
01:10cet individu-là.
01:10On ne connaît pas les motivations.
01:12Absolument, on ne connaît pas les motivations.
01:13Et pour Sanary-sur-Mer, on a très bien vu que par exemple, ces motivations, je veux dire,
01:17c'était en fait le résultat de nos inconséquences, nous, en tant que, si vous voulez, société, le politique, depuis
01:2340 ans.
01:24Marie-Estelle Dupont, elle a un développement sur l'ultra-violence des mineurs que je trouve assez brillant.
01:28Donc la psychologue Marie-Estelle Dupont, elle dit, en fait, la première étape, c'est la famille.
01:33La famille qui encadre, si vous voulez, l'éducation d'un enfant, etc.
01:36La famille, depuis des années, elle a été complètement démantelée.
01:38Aujourd'hui, il y a un nombre de parents qui, vous savez, il y a une expression qui dit les
01:42adolescents.
01:42C'est-à-dire qu'en fait, les parents ne sont plus vraiment des parents, il y a un manque
01:45d'autorité.
01:46Voilà, premier point, il y a la famille.
01:47Si la famille ne va pas, parce qu'il faut savoir, les enfants, c'est des imitateurs.
01:50Vous savez qu'il y a 80% des enfants ultra-violents, c'est parce qu'ils ont vu de
01:54la violence intrafamilielle à la maison.
01:56Il y a une sorte de reproduction de mimétisme.
01:59Absolument, absolument, les enfants sont des imitateurs.
02:00Donc si la famille, ça ne fonctionne pas, alors peut-être peut-on compter sur l'école.
02:04Parce que l'école, pareil, donne un cadre, une certaine autorité.
02:07Sauf que l'école, on a enlevé l'intégralité de la verticalité de l'école.
02:10Aujourd'hui, il y a de nombreux professeurs qui ne sont plus des professeurs, qui sont devenus des animateurs.
02:15Donc avec, vous savez, les méthodes de l'école inclusive, on demande aux enfants ce qu'ils en pensent, etc.
02:18Ça, c'est la deuxième chose.
02:19Donc quand on n'a pas la famille, on a peut-être l'école qui peut recadrer, si vous voulez,
02:23certains enfants dans le droit chemin.
02:24Et quand on n'a même plus l'école, parce que même nous, on l'a bradé,
02:28eh bien, en fait, le seul truc qui nous reste, c'est la justice.
02:30Et en fait, permettre que justement, il y ait des personnes, quand il y a de l'ultra-violence des
02:33mineurs,
02:33que ces mineurs soient véritablement punis.
02:36On a vu d'ailleurs, dans l'exemple de Théo, souvenez-vous, qui a été agressé par toute la bande,
02:40la justice n'a même pas retenu, si vous voulez, le caractère intentionnel de meurtre.
02:44Je rappelle qu'il y a quand même des personnes qui ont sauté à pieds joints sur la tête de
02:47Théo.
02:48Donc voilà, on n'a plus la famille, plus l'école, plus la justice.
02:52Et donc, on arrive dans ces situations-là.
02:53Victor Hérault.
02:54Mais le problème, c'est que les politiques ne vont pas suivre le raisonnement d'Hélène.
02:58Les politiques vont dire, ils vont vous parler de détecteurs de métaux,
03:01ils vont vous parler de portiques aux entraînés d'école.
03:03Bon, un, ça ne règle pas, mais là je vais rentrer dans le concret,
03:06couteau en céramique, ça passe les portiques, ça passe les détecteurs de métaux.
03:10Ou plus bêtement encore, en salle d'art plastique, il y a des cutters, il y a des ciseaux.
03:14Si l'enfant veut trouver une arme pour poignarder qui que ce soit, il la trouvera et il le fera.
03:18Donc la question, ce n'est pas comment est-ce qu'il y parvient,
03:20c'est pourquoi est-ce qu'il a l'envie de poignarder quelqu'un.
03:22Et là, je pense que la question de la santé mentale de la jeunesse,
03:25et en particulier, je sais que c'est un sujet tabou depuis un bon moment,
03:28mais je pense qu'on n'a pas du tout évalué.
03:29Je demande à ce qu'on fasse de façon nationale un audit sur la période du confinement.
03:33Je crois que l'impact du confinement, de l'isolement des enfants,
03:38des problèmes familiaux qui étaient du coup exacerbés,
03:40puisque les enfants se retrouvaient dans un cadre familial,
03:42s'il était mauvais dès le départ, là c'était encore pire.
03:44En plus, l'exposition aux réseaux sociaux, devant les écrans toute la journée, voilà.
03:47Bon, tout ça, le confinement, je pense, a exacerbé des problèmes qui existaient déjà
03:51pour des enfants qui, à l'époque, avaient peut-être par exemple 8 ans, 9 ans,
03:55qui aujourd'hui en ont 14, 15, c'est l'âge des enfants qui ont créé des monstres.
03:58Exactement, je pense que les enfants qui aujourd'hui à 14, 15 ans passent à l'acte,
04:02je pense qu'on ne peut pas décorréler par principe cela
04:05de la période des confinements et des problèmes qui émergeaient de là.
04:09Je ne dis pas que c'est toute la question.
04:10Je dis qu'on n'a jamais, de façon nationale, fait d'audit sur ce qui a pu se passer,
04:13sur la santé mentale des jeunes.
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