00:00Avec vous, Annalisa Capellini, en Iran, après la mort du guide suprême Ali Ramenei, la succession s'organise.
00:06Est-ce qu'on connaît le nom de son successeur potentiel ?
00:08Déjà, il faut savoir s'il est encore vivant, parce que c'est vrai que les frappes israélo-américaines,
00:13elles ont décimé le commandement iranien.
00:15Il y a encore, malgré tout, plusieurs candidats qui circulent.
00:18Vous allez beaucoup entendre le nom de l'ancien président iranien Hassan Rouhani.
00:23Vous allez entendre Gola Mohsen Mozeni Ejaï, qui guide le pouvoir judiciaire iranien.
00:27Et puis, vous allez beaucoup entendre parler d'Ali Lariani.
00:31C'est une sorte d'éminence grise à laquelle Ali Kamenei avait confié la direction du pays juste avant d
00:37'être tué.
00:38C'est donc l'Assemblée des experts qui va choisir, qui va reprendre ce rôle.
00:43C'est une assemblée de religieux chiites, c'est une sorte de conclave.
00:46C'est le correspondant du conclave pour les catholiques.
00:48Ils se sont réunis en ligne il y a quelques jours.
00:51C'est trop dangereux, évidemment, en ce moment, de se réunir physiquement.
00:54Et donc, ils seraient sur le point de choisir.
00:57Dans la liste, il y a aussi le fils d'Ali Kamenei.
00:59Bien sûr, c'est une sorte de succession dynastique.
01:01C'est vrai que c'est assez étonnant, puisque la République islamique n'est pas du tout un système héréditaire.
01:06Mais voilà, il y a le fils de l'ayatollah Kamenei, qui est Moshtaba Kamenei.
01:10Et c'est cette option-là qui semble aujourd'hui la plus probable.
01:14Ce fils, il a 56 ans.
01:16C'est un religieux de rang intermédiaire.
01:18Il est au cœur du régime, évidemment, depuis des années.
01:20Donc, il le connaît parfaitement.
01:22Par ailleurs, il est proche des gardiens de la Révolution.
01:25Et il se présente aujourd'hui comme l'héritier de la pensée de son père.
01:29Donc, il représente une continuité dans un moment d'instabilité très, très forte.
01:33En tout cas, voilà, on va avoir la réponse la semaine prochaine, normalement,
01:36en sachant qu'à l'instant où un successeur sera nommé,
01:40il aura évidemment une énorme cible sur le dos.
01:42– Évidemment, les États-Unis, s'ils espéraient un régime plus conciliant,
01:47ce n'est pas exactement ce qui se profile avec les noms que vous venez de donner.
01:51– Au contraire, on voit que c'est un régime qui choisit d'afficher une solidité,
01:56du moins de façade, avec une succession qui s'organise très, très vite,
01:59de manière très organisée, presque comme si de rien n'était.
02:03C'est un moyen d'envoyer un message très clair.
02:05Oui, la tête a été décapitée, mais pas les tentacules.
02:08D'ailleurs, c'était tout le projet du guide suprême qui, lui, se savait cibler depuis des mois
02:13par les Américains, par les Israéliens, et par ailleurs, qui était un homme âgé, un homme malade.
02:18Donc, la succession était quelque part naturelle aussi.
02:21Elle était préparée de longue date, elle était préparée de manière solide.
02:24Donc, si le régime survit, et je dis bien si, le scénario le plus probable,
02:29c'est celui d'une consolidation du pouvoir, avec un régime encore plus répressif,
02:33avec un rôle encore plus important des gardiens de la Révolution.
02:36Mais si le régime tombe, il y aura quand même l'option Reza Palavi.
02:39Oui, c'est vrai qu'on entend beaucoup parler de Reza Palavi.
02:42C'est le fils du dernier chat d'Iran qui a dû, lui aussi, quitter le pays en 79 avec
02:47son père.
02:47Lui se propose, depuis son exil, comme une force de transition,
02:50comme un arbitre impartial qui pourrait guider le pays vers un avenir de liberté.
02:55C'est compliqué ici de faire la différence entre ce qui nous plaît,
02:59donc entre la volonté des Iraniens réelle,
03:01et ce qui relève davantage du fantasme occidental,
03:05parce que c'est vrai que Reza Palavi est une figure parfaitement occidentalisée.
03:09Il est en costume cravate, ce qui est absolument révolutionnaire pour l'Iran aujourd'hui.
03:14Il prône le respect du droit des femmes, il prône des relations apaisées avec Israël.
03:19Donc, vous voyez, tout ça nous plaît bien, on a envie de l'entendre.
03:21Mais sur le terrain, c'est un peu différent,
03:23puisque ça fait 50 ans que les Palavis ont quitté le pays.
03:26Donc, sur le terrain, il n'a pas de parti, il n'a pas de soutien militaire,
03:29il n'a pas de relais dans l'administration.
03:31Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'il a un certain soutien dans les rues.
03:34On a vu les Iraniens scander son nom dans les rues,
03:36l'appeler dans les manifestations ces dernières semaines.
03:39Alors, pour y voir clair, j'ai posé la question à Michel Fayad,
03:42qui est un de nos experts qui s'exprime souvent sur notre antenne,
03:45qui connaît parfaitement ce pays.
03:47Il m'a dit que les Iraniens ont compris qu'ils ne seraient pas crédibles
03:50au vu de la communauté internationale, sans alternative, sans un nom clair.
03:54Et que donc, comme l'écrasante majorité d'Iraniens détestent les Moujaïdines du peuple,
03:59ils ont choisi Reza Pallavi, qui est le seul, un peu connu,
04:02le seul nom qui détonne un peu, qui est un choix majoritaire.
04:06Mais par défaut, il y a juste un petit problème avec ce nom de Reza Pallavi,
04:10c'est que Donald Trump ne semble pas du tout le considérer comme un potentiel successoire.
04:14Merci beaucoup, Annalisa Capellini.
04:16On regardera ça dans les jours qui viennent, évidemment,
04:18et on y reviendra avec vous.
04:19Une chronique à retrouver sur notre appli, sur notre site, comme tous les jours.
Commentaires