- il y a 9 minutes
Avec Lara Tchekov, Journaliste au JDD et Brice Soccol, Politologue et co-auteur de "Parlons nous tous la même langue?" (Editions de l'Aube)
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:307 ans de régime autoritaire, de répression, de n'importe quel moyen de la liberté d'expression dans le sang,
00:35comme on a encore pu le voir il y a quelques semaines,
00:37mais aussi le début des réactions internationales et françaises.
00:41Avec cette question que l'on vous pose, 0826 300 300,
00:44est-ce que comme beaucoup, vous vous réjouissez de cette intervention de Donald Trump sur le sol iranien,
00:48après tout le président américain, allié bien sûr avec le Premier ministre israélien,
00:53Benjamin Netanyahou, a mis fin à 37 ans de règne, de dictature,
00:56ou alors vous faites partie des gens, on va dire, un peu plus modérés,
01:00qui ont visiblement pignon sur rue en France, au premier rang desquels le président de la République, Emmanuel Macron,
01:04qui appelle tout simplement à ne pas se réjouir trop vite,
01:07et dans un certain moment que certains qualifieraient de naïveté,
01:10appelle tout simplement les Iraniens à revenir à la table des négociations,
01:14pour essayer d'appeler, donc de faire baisser la tension,
01:16et d'appeler à la désescalade, est-ce qu'avec cette manière de réagir,
01:20la France passe à côté de l'histoire, ou au contraire, il faut qu'elle retrouve la France,
01:24comme elle est en train de le faire par la voix du président de la République, Emmanuel Macron,
01:27sa voix de 2003, où elle avait su dire non au moment de la guerre des Etats-Unis face à
01:33l'Irak,
01:34vous avez la parole, 0826 300 300, et en studio avec nos invités.
01:42Bonjour Lara Chekhov.
01:43Bonjour Maxime.
01:45Journaliste OJDD, merci beaucoup d'être avec nous ce matin,
01:47vous signez notamment l'interview d'Emmanuel Razavi,
01:51journaliste franco-iranien qu'on connaît bien ici à Sud Radio,
01:53et qui vous parle de l'espoir du peuple iranien,
01:55à la suite de l'intervention militaire américaine conjointe avec Israël,
01:59et vous revenez justement d'Israël, il y a quelques jours seulement,
02:02donc merci beaucoup d'être avec nous ce matin pour nous éclairer sur la situation.
02:04Bonjour Brice Socol, politologue et co-auteur aussi de votre dernier livre
02:09concernant les élections municipales,
02:11et on sait à quel point la situation internationale,
02:14ce sera l'objet d'un autre débat,
02:15pèse de plus en plus sur les débats nationaux en France.
02:18Première question à tous les deux,
02:20comment avez-vous réagi il y a quelques heures,
02:22c'est-à-dire il y a près de 24 heures,
02:23quand vous avez appris les premières frappes israéliennes et américaines sur l'Iran ?
02:27Lara Chekhov.
02:30Moi j'avais l'information depuis 48 heures
02:33que les frappes étaient imminentes,
02:36ce n'était pas une surprise,
02:38c'est une attaque qui est prévue de longue date,
02:42qui a été minutieusement préparée.
02:44Benyamin Netanyahou était à Washington il y a deux semaines avec Donald Trump,
02:47on imagine que ce n'était pas pour prendre le thé,
02:50il se regardait dans le blanc des yeux.
02:52En tout cas pas que.
02:54à la suite de la guerre des 12 jours au mois de juin dernier,
02:59on a bien vu que les Iraniens ont continué à poursuivre coûte que coûte
03:05le développement de leur programme nucléaire
03:08et qu'ils n'ont pas arrêté non plus,
03:11ils n'ont pas renoncé à leur projet de détruire Israël.
03:14Donc il était évident que l'attaque allait arriver très rapidement.
03:21Et donc on l'a vu il y a un peu moins de 24 heures.
03:23Vous, Brice Socol, l'analyste politique aussi que vous êtes,
03:26comment avez-vous réagi depuis ces quelques heures
03:29où on a appris ces frappes ?
03:30Oui, on s'attendait, il y a eu la guerre des 12 jours,
03:33il y a eu également ce peuple qui s'est révolté,
03:35c'était début janvier avec 30 000, 35 000 victimes.
03:40On pensait que les Etats-Unis, la communauté internationale,
03:43allaient réagir à ce moment-là.
03:45Et puis finalement, tout s'est déclenché hier.
03:48Pourquoi ? Avec trois raisons.
03:49La première des raisons, c'est évidemment la fin du régime des Mollahs,
03:52qui est la première des motivations.
03:55Vous le rappeliez tout à l'heure.
03:56Assumé par Donald Trump.
03:57Assumé par Donald Trump.
03:59Depuis 47 ans, ils sont au pouvoir depuis 1979.
04:03Deuxièmement, évidemment, c'est l'arrêt du programme nucléaire iranien.
04:06Et troisièmement, c'est la destruction de l'arsenal balistique iranien.
04:12Donc tout ça s'inscrit, si vous voulez, dans une logique nationale et internationale.
04:20Là, ce sont les Israéliens et les Américains qui interviennent.
04:24Mais à qui ça profite, évidemment ?
04:26À qui ça rend service, si je puis dire ?
04:28Beaucoup, en tout cas sur les plateaux télé, sur les réseaux sociaux,
04:31que ce soit commentaire, spécialiste, enfin commentateur, spécialiste, journaliste,
04:35disent un peu en off, en réalité, ce qu'on n'osera pas dire,
04:37mais que beaucoup pensent, c'est qu'Israël a fait le travail de l'humanité.
04:40C'est-à-dire qu'en acceptant de nous débarrasser d'une dictature
04:43comme celle qu'on connaissait en Iran depuis des années dans le monde,
04:46on a fait le travail, ils ont fait le travail, et on devrait s'en réjouir.
04:49Est-ce que c'est un point de vue, ici, que vous partagez ?
04:51Vous êtes un peu plus modéré, Lara Tchékov.
04:53Oui, parce que je pense que l'axe de résistance,
04:56donc le Hezbollah, le Hamas, les outils,
04:59représentent vraiment une menace directe pour les intérêts israéliens
05:03et pour les intérêts américains.
05:07Donc, ce qu'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui,
05:11le Hezbollah représente une menace aussi,
05:13parce que le Hezbollah est en train de se réarmer.
05:15D'ailleurs, Israël a frappé en premier le Hezbollah hier matin.
05:18C'était un message envoyé à la communauté.
05:21Les structures militaires et les fameuses infrastructures du renseignement.
05:24Tout à fait. Dans les régions montagneuses du Nord,
05:25le Hezbollah se réarme depuis plusieurs mois.
05:28En frappant le Hezbollah hier matin,
05:31c'était un message envoyé à la communauté internationale,
05:33un signal pour dire que l'attaque en Iran était imminente.
05:39On peut citer, par exemple, les outils aussi
05:42qui représentent une menace directe pour les intérêts américains.
05:48On a vu qu'ils s'étaient attaqués, je crois,
05:50à des navires militaires américains encore cette année.
05:55Ce sont des menaces sécuritaires directes sur les Américains
06:00et évidemment sur les Israéliens aussi.
06:020826 300 300 quand on voit l'intervention en grande partie,
06:05bien sûr, américaine, sur le sol iranien,
06:07avec la mort du guide suprême, Ali Ramenei,
06:09qui a été confirmé dans la nuit.
06:10Est-ce que vous, amis auditeurs, vous applaudissez dès demain ?
06:13Est-ce que vous dites merci Donald Trump ?
06:14Ou au contraire, vous prenez la position française,
06:16disons, beaucoup plus prudente et beaucoup plus,
06:19on va dire, à la recherche d'une désescalade
06:21et d'une baisse de l'attention ?
06:23Et ainsi, est-ce que vous considérez que la France
06:24passe à côté d'une partie de l'histoire
06:26qu'elle n'y comprend plus rien ?
06:27Vous avez la parole 0826 300 300.
06:30Brice Socol sur cette analyse et la volonté,
06:32en tout cas, que certains ont d'applaudir un peu des deux mains
06:35ou de dire, écoutez, les critiques envers Donald Trump
06:37sont un peu excessives.
06:38Après tout, il nous débarrasse quand même d'un régime sanguinaire.
06:40C'est une réalité.
06:43Ce régime s'est construit sur la haine d'Israël
06:46et sur la haine des Etats-Unis.
06:49C'est un régime qui a vraiment, depuis 20 ans,
06:54notamment au Proche et au Moyen-Orient,
06:56eu des conséquences qui ont été dramatiques.
06:59Et lorsqu'on dit à qui ça profite,
07:00ça profite également aux pays du Golfe.
07:03Le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Bahreïn,
07:06vous voyez, aujourd'hui sont menacés
07:07et reçoivent des missiles de la part de l'Iran.
07:10Donc je pense que cette région,
07:12il y a vraiment urgence à ce qu'elle puisse vivre en paix.
07:15Et vous vous souvenez,
07:17il y a eu toute la négociation avec les accords d'Abraham
07:19entre Israël et certains pays arabes
07:21qui avaient achoppé du fait de l'intervention du Hamas.
07:28Je pense que cette région a besoin aussi,
07:30pas qu'Israël, mais l'ensemble des pays arabes de cette région
07:33ont besoin de paix et de stabilité.
07:360826 300 300, comment vous réagissez à cette actualité internationale ?
07:39Est-ce que vous dites merci Donald Trump ?
07:41Et comment surtout vous regardez l'attitude française ?
07:43Beaucoup diront, on ne l'a pas beaucoup entendu.
07:45Quand on n'entend pas beaucoup quelque chose,
07:46c'est aussi qu'il y a de bonnes raisons.
07:490826 300 300, bonjour Jean-Paul.
07:51Oui, bonjour Maxime et bonjour à vos invités.
07:55Merci beaucoup d'être avec nous Jean-Paul.
07:57Comment vous regardez cette actualité, vous ?
07:59Écoutez, je trouve que c'est très bien ce que fait Trump.
08:04Donc il nous débarrasse d'une vermine,
08:06il n'y a pas d'autre mot.
08:08Bon, par contre, le travail m'a fini.
08:11Et on peut regretter aussi que le travail n'ait pas été fait plus tôt.
08:15Parce qu'il y a quand même eu, au mois de janvier,
08:16plus de 60 000 morts dans la population iranienne.
08:19Donc des gens qui manifestaient,
08:22qui ont été exécutés de façon abominable.
08:27Bon, après la position de la France,
08:29la France est hors-jeu, complètement hors-jeu,
08:32complètement out dans tous les domaines.
08:35Toutes les interventions de Macron tombent à côté.
08:39Vous ne comprenez pas du tout, par exemple,
08:40quand le président de la République appelle à la désescalade
08:42ou à la volonté que les Iraniens se remettent autour d'une même table ?
08:45Pour vous, c'est incompréhensible ?
08:47Mais se remettre autour d'une même table,
08:49pour parler de quoi les Iraniens veulent l'arme atomique ?
08:53L'arme atomique pour rayer Israël de la carte.
08:57L'arme atomique, avec leurs missiles,
09:00leur génération de missiles balistiques,
09:03soi-disant cachés,
09:05ils sont capables de tirer sur Berlin.
09:08Peut-être pas encore sur la France,
09:09mais sur Berlin, Berlin est à portée des missiles iraniens.
09:14Donc, si Berlin prend un missile nucléaire dans quelques années,
09:18il ne faudra pas pleurer, quoi.
09:19Et donc, vous applaudissez d'une certaine manière,
09:21même si la question est volontairement provoquante, mon cher Jean-Paul.
09:24L'attitude de Donald Trump, vous faites partie des gens qui disent
09:26« Mais il a bien eu raison ».
09:27Et le vrai sujet, c'est qu'on ne comprend simplement pas
09:30pourquoi il ne l'a pas fait plus tôt.
09:32– Disons que, bon, on ne va pas lui reprocher
09:36de ne pas avoir fait ça plus tôt.
09:37Donc, il fallait quand même préparer.
09:39Il fallait armer, donc avoir des munitions et tout.
09:44Donc, on sait que les États-Unis,
09:46en matière de stock de munitions,
09:49sont un peu chorts.
09:50– Les spécialistes parlent de 7 à 10 jours
09:53de frappe intensif de la part des États-Unis
09:55avant d'arriver à un petit problème de pénurie.
09:59– Un problème de pénurie, oui, tout à fait.
10:01Donc, ça rejoint ça.
10:03C'est-à-dire que les stocks américains ont baissé
10:07parce qu'il y a eu beaucoup de fournitures à l'Ukraine.
10:14Mais il y a donc peu de production au niveau des États-Unis.
10:18Je pense que la production est repartie
10:19depuis que Trump est au pouvoir.
10:22Trump est le seul individu
10:25qui a le courage, effectivement, de faire quelque chose.
10:29Il a une stature, une vraie stature de chef d'État.
10:32Moi, j'applaudis.
10:33– Et donc, vous applaudissez.
10:34Merci beaucoup, Jean-Paul, d'avoir été avec nous au 0826 300 300.
10:38Je vous propose Lara Chekhov, journaliste au JDD,
10:40qui rentre il y a quelques jours d'Israël
10:41et qui s'est penché sur le sujet dans le JDD du jour,
10:44qu'on retrouve naturellement sur le site Internet et en kiosque,
10:47et qui est avec nous ce matin également.
10:48Brice Socol, politologue.
10:50On poursuit cette conversation.
10:51Est-ce qu'on doit dire merci à Donald Trump ?
10:53Est-ce que par sa réaction, on va dire timide, silencieuse, prudente,
10:56la France est en train de sortir de l'histoire 0826 300 300.
10:59Suite du débat dans une poignée de secondes.
11:01A tout de suite.
11:02Sud Radio.
11:02Sud Radio.
11:03Parlons vrai.
11:03Parlons vrai.
11:04Sud Radio.
11:05Parlons vrai.
11:06Sud Radio.
11:07Le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
11:118h46 sur Sud Radio.
11:13Suite du débat et de la conversation 0826 300 300.
11:17Est-ce qu'on doit dire merci à Donald Trump
11:19quand on voit ce qui se passe du côté de l'Iran ?
11:20Et le débat se poursuit ici en studio
11:22avec Lara Chekhov, journaliste au JDD,
11:23et Brice Socol, politologue.
11:25Lara Chekhov, est-ce que c'était la conversation
11:27qu'on avait avec le camarade Jean-Paul à l'instant au Standard ?
11:30Est-ce qu'en effet, vous avez aussi été étonné de la réaction française ?
11:36Alors, non.
11:39La réaction européenne n'a pas été, pour moi, à la hauteur.
11:45Je pense que Macron a eu un discours
11:47qui va à l'encontre du sens de l'histoire.
11:50C'est-à-dire qu'il dit que le nucléaire doit se résoudre
11:53autrement que par la force,
11:55mais via la voie diplomatique.
11:56On a vu ce que ça a donné en Corée du Nord.
11:59On a vu ce que ça a donné
12:01quand Obama a essayé
12:03la voie diplomatique avec
12:05les Syriens, par exemple.
12:06On a bien vu que sur tous les sujets du nucléaire,
12:09la diplomatie ne sert
12:10qu'à gagner du temps.
12:11Certains vous diraient, Lara Chekhov,
12:13que ça a pu marcher pendant un temps
12:15quand Obama avait essayé un accord
12:17avec le nucléaire iranien
12:18et que c'est Donald Trump qui l'a déchiré.
12:20Vous vous dites, de toute façon,
12:20ça n'aurait pas marché
12:21puisqu'ils continuaient, de toute façon,
12:23et leur exaction est à produire du nucléaire iranien.
12:25Exactement.
12:26Et sur, justement, le regard français,
12:30beaucoup disent aussi
12:31que ça représentait des menaces
12:33et ça représente toujours des menaces sur le sol.
12:35Vous êtes aussi dans cette lignée ?
12:36Oui, parce qu'il y a peut-être une raison
12:40qui explique qu'Emmanuel Macron
12:42s'est montré assez prudent dans sa réaction
12:45parce qu'il est vrai qu'on sait
12:47que les services de renseignement français
12:50sont hyper vigilants
12:52face à une menace terroriste iranienne
12:56qui est bien réelle sur notre sol.
12:59On sait que l'Iran utilise des réseaux criminels
13:02en Europe pour faire taire les opposants
13:05présumés du régime.
13:07Et c'est surtout dans le domaine
13:08des assassinats ciblés
13:10que la menace est prégnante.
13:13Donc, en 2018, on se rappelle
13:15qu'ils avaient tenté de faire exploser une bombe
13:17lors d'un rassemblement à Villepinte.
13:20C'est un attentat qui avait été déjoué
13:2348 heures avant son exécution.
13:25Mais il y a plein d'exemples
13:26qui montrent qu'effectivement,
13:28la menace iranienne est bien réelle
13:31sur notre sol
13:32et que l'Iran commandite
13:38des actions violentes
13:39à l'encontre de la communauté française
13:41et de la communauté juive en particulier.
13:42Brice Socol, vous qui avez un regard fin
13:44sur les choses politiques,
13:45est-ce que vous avez compris,
13:46saisi, été étonné, surpris
13:48par la prise de parole d'Emmanuel Macron
13:49post-frappe américaine et israélienne en Iran ?
13:52Écoutez, quand on regarde
13:53les 7 ans qui viennent de s'écouler
13:55en matière de politique étrangère,
13:56moi je n'ai pas été surpris.
13:57Parce qu'être dans le même temps,
13:59ça conduit souvent à être à contre-temps.
14:02Premièrement, c'est une diplomatie
14:03qui est prudente et tardive.
14:04À partir du moment où la guerre a commencé,
14:06invoquer la diplomatie,
14:07c'est un contre-temps.
14:09Deuxièmement, on souligne quoi ?
14:12Que la France s'inscrit, encore une fois,
14:14mais ça c'est historique,
14:15mais ça s'axont eu dans un cadre
14:19multinational, multilatéral,
14:21au sein de l'Union Européenne,
14:22au sein des Nations Unies,
14:23comme si nous avions délégué
14:25une partie de notre diplomatie.
14:26Et troisièmement,
14:28ça incarne aussi cette faible capacité
14:30d'influence de l'Europe et de la France
14:33aujourd'hui, dans cette région du monde.
14:35Voilà, moi c'est ce que je souligne.
14:38Et enfin, finalement,
14:39on n'a pas de stratégie claire.
14:40Vous vous souvenez,
14:40lors des événements du 7 octobre,
14:43Emmanuel Macron souhaitait monter
14:45une coalition anti-Ramas.
14:46Oui, et on avait appris d'ailleurs par la suite
14:48que ça avait été soufflé par Bernard-Henri Lévy.
14:51Voilà, ça n'a pas eu lieu.
14:53Là, encore une fois,
14:54c'est une prise de parole
14:56qui me semble un peu tardive
14:59et un peu anachronique.
15:00C'est-à-dire qu'une fois que la guerre a commencé,
15:02la diplomatie, malheureusement,
15:05ne sert plus à grand-chose.
15:06Il faudrait attendre la fin des hostilités
15:08pour reprendre un dialogue
15:10avec l'ensemble des pays de la région.
15:12Lara Tchékov.
15:13En effet, on voit depuis le début de la guerre
15:15au Proche-Orient, au Moyen-Orient,
15:16que la France a un rôle qui est secondaire.
15:21Et d'ailleurs, je pense que c'est une guerre
15:23qui devait être menée de toute façon
15:25par les Américains
15:25qui n'ont absolument pas besoin des Français
15:28parce que c'est la plus grande armée du monde.
15:32Mais pourquoi c'est la guerre des Américains ?
15:33Parce qu'en Iran, on voit que les drapeaux
15:35qui sont brûlés ne sont pas des drapeaux français
15:37mais ce sont des drapeaux américains.
15:39Et aujourd'hui, symboliquement,
15:42on assiste à un retour d'une nouvelle dynamique
15:45et un basculement du rapport de force
15:48par rapport à la révolution islamique en 1979
15:53qui a renversé le Shah d'Iran
15:55qui était symboliquement un allié proche des États-Unis.
15:58Aujourd'hui, c'était vraiment la revanche des États-Unis
16:03dont Donald Trump en est aujourd'hui l'incarnation.
16:06Brice Socol.
16:07Ce qu'on peut souligner, c'est quand même
16:08le changement de pied du président Trump.
16:12Trump a fait campagne en disant
16:13« Je ne veux plus de guerre sans fin ».
16:16Il l'a dit à son mouvement Maga
16:18qui aujourd'hui s'exprime un petit peu.
16:20Ils étaient partis sur un nouvel isolationnisme.
16:23Il remet tout ça en question.
16:25On est à quelques mois des élections de mi-mandat.
16:28Et des élections législatives en Israël aussi.
16:30Et des élections législatives en Israël.
16:33Est-ce que ce sera un pari gagnant ou pas pour Donald Trump ?
16:36C'est un point d'interrogation.
16:37Beaucoup voient aussi dans la stratégie du président américain
16:40la suite de ce qu'il avait publié dans la fameuse note
16:43sur la vision du monde dont on avait pris connaissance en début de l'année
16:46en disant « Pour beaucoup, c'est du court-termisme. »
16:48Mais si on essaye de prendre, même de ce qui se passe depuis le début de l'année,
16:51avec l'exfiltration, pour rester poli, du président Maduro au Venezuela,
16:55désormais les frappes en Iran,
16:56ils visent en réalité les points névralgiques de la Chine,
17:00de la Russie, qui étaient les relais très importants
17:07pour la vente de pétrole, pour la vente d'armes,
17:09pour la vente de liquides avec l'argent de la drogue.
17:11Et donc, ça démontre une véritable stratégie internationale
17:13dont on se moque beaucoup parce que c'est Donald Trump,
17:15mais derrière, il est logique.
17:16Vous y croyez, Sabri Sokol ?
17:18Moi, je pense que c'est un des éléments,
17:19et une des raisons de cette intervention, vous avez raison,
17:21l'Iran, c'est le dixième producteur de pétrole au monde,
17:24et la majorité de son pétrole aujourd'hui est écoulée vers la Chine.
17:27Ça représente 10% du PIB iranien, ce qui est énorme, ce qui est considérable.
17:31Donc, à travers cette intervention,
17:34bien évidemment, dans ce cadre de cette guerre commerciale avec la Chine,
17:37ils visent aussi la Chine, et puis il ne faut pas oublier également
17:40que les Iraniens produisent des drones qui sont vendus...
17:45Pour Vladimir Poutine, qui l'utilise durant la guerre en Ukraine.
17:48Donc, ça a un double impact.
17:50Et Lara Chekhov, sur la vision du président américain sur l'international,
17:53est-ce que vous le rejoignez sur l'idée d'avoir une vision beaucoup plus globale,
17:56et non pas forcément électoraliste ou d'amour du deal ?
18:00Oui, bien sûr.
18:00Et puis, on sait que les rapports de force aujourd'hui s'inversent,
18:05avec notamment les liens entre l'Iran et la Russie.
18:09Et on sait aujourd'hui que les intérêts pétroliers de Donald Trump sont les plus importants.
18:16On a vu que la guerre avec le Venezuela était particulièrement stratégique.
18:22Et que, pareil, la présence des Américains en Afrique, aujourd'hui,
18:28montre que le pétrole, aujourd'hui, est une des préoccupations principales,
18:34si ce n'est la plus importante pour Donald Trump.
18:37On était tout à l'heure avec un spécialiste de ces questions-là,
18:39Christophe de Vogt, qui est au président du Conseil scientifique de la Fondapol,
18:43et qui expliquait à quel point, en France, on souffre d'énormément de clichés,
18:48notamment dû à notre histoire, vous en parliez tout à l'heure, Brice Socol,
18:51concernant l'Iran.
18:52C'est-à-dire qu'en fait, on ne veut pas voir, ce que vous disiez à l'instant, Lara
18:54Chekhov,
18:55que l'idée de l'Américain et de la population iranienne,
18:58qui serait persuadée d'être récupérée par les puissances étrangères,
19:01ça n'existe plus en réalité.
19:03Le soutien au régime du guide suprême n'existe plus.
19:08C'est-à-dire qu'on souffre d'une partie, comme toute une partie de la classe politique,
19:10qui, il y a quelques mois, nous expliquait que c'était des manifestations contre la vie chère.
19:14Vous, qui êtes sur le terrain, à des points différents,
19:16que ce soit auprès de la classe politique et sur le terrain international,
19:19est-ce que vous ressentez, vous aussi, ces prismes qui nous permettent
19:22de manquer de lucidité dans la situation, Brice Socol ?
19:24Le problème français, c'est qu'on traite tous les problèmes
19:28à travers des idéologies,
19:30et à travers un positionnement politique,
19:32et pas toujours par rapport à une réalité,
19:35j'allais dire, locale ou internationale.
19:37Et ça, c'est un peu le mal français.
19:39C'est-à-dire qu'on projette
19:40nos propres idéologies,
19:42ou nos propres idées politiques,
19:43sur les conflits internationaux.
19:46Nous avons toujours une vision assez dichotomique
19:48du contexte international,
19:50qui n'est pas toujours en phase avec la réalité régionale
19:54ou la réalité locale.
19:56On sait très bien ce qui se passe en Iran
19:57depuis maintenant plusieurs mois,
19:58depuis plusieurs années,
20:00et on ne peut pas avoir qu'une lecture purement politique.
20:03Oui.
20:03Et diplomatique.
20:04Pardon ?
20:05Et diplomatique.
20:05Et diplomatique.
20:07Donc, c'est un régime autoritaire,
20:09c'est un régime théocratique,
20:11c'est un régime qui a tué des milliers de personnes
20:15au Proche-Orient et en Europe.
20:17Sans compter le financement de tous les proxys
20:20dont on a déjà parlé autour,
20:21avec le Hezbollah, le Ramas, etc.
20:23Donc, il faut bien prendre conscience
20:25qu'on va nous dire le droit international,
20:28mais en droit international comme en droit interne,
20:30face au terrorisme,
20:31le droit évolue.
20:33On l'a bien vu, nous, en France,
20:34depuis les attentats du Bataclan,
20:36on a fait évoluer notre droit.
20:37Et là aussi, le droit international
20:38doit bien évidemment évoluer
20:40face à ce qu'on appelle les états terroristes.
20:43C'est une question ouverte.
20:44Mais il faut que le droit international évolue.
20:46Oui.
20:47Je suis parfaitement d'accord avec vous
20:49que le droit international, aujourd'hui,
20:51ne répond pas à la menace terroriste
20:53qui est toujours présente,
20:57surtout au Moyen-Orient
20:58et dans plusieurs régions du monde.
21:01On l'a bien vu,
21:02après le 7 octobre,
21:04on accuse Israël de ne pas avoir respecté
21:06le droit international.
21:08Et pourtant,
21:09il a été de son devoir
21:11de combattre sur tous les fronts,
21:13toutes les menaces régionales
21:15qui menaçaient son existence même.
21:19Et aujourd'hui,
21:20on voit bien effectivement
21:21que le droit international n'évolue pas
21:23et qu'il ne répond plus
21:25à la situation géopolitique actuelle,
21:28notamment au Moyen-Orient.
21:29Et puisqu'il nous reste deux petites minutes,
21:31je vous propose également
21:32de faire un petit tour
21:33par l'actualité nationale
21:34parce qu'il y aura forcément
21:36des répercussions
21:37quand on voit les déclarations
21:38du chef de l'État,
21:38quand on voit déjà les déclarations
21:40de Jean-Luc Mélenchon
21:41de la France insoumise.
21:42Comment vous imaginez
21:43que ce conflit puisse s'inscrire
21:45dans les prochaines élections,
21:47dans les prochaines perspectives électorales,
21:48qu'elles soient municipales
21:49ou nationales ?
21:50Peut-être commençons par vous,
21:51Brice Socol.
21:51Moi, je pense que, évidemment,
21:54les conflits internationaux,
21:55aujourd'hui, ont des répercussions.
21:58L'international rentre
21:59dans nos cuisines, aujourd'hui.
22:00Une décision à la Maison Blanche,
22:01on sait très bien
22:02qu'elle peut avoir des conséquences
22:03sur le pouvoir d'achat.
22:04Donc, elle va avoir des conséquences,
22:05évidemment, marginales,
22:07mais importantes
22:08lors des élections municipales.
22:09Mais beaucoup disent que,
22:10par exemple,
22:11sur le conflit israélo-palestinien,
22:13beaucoup, y compris
22:14dans les élections municipales,
22:15vont s'intéresser
22:15aux prises de position
22:16des candidats pour aller voter.
22:18Alors, oui, parce que...
22:19Alors, pas partout.
22:20Pas partout.
22:21LFI a exporté ce conflit
22:23depuis les élections européennes
22:25sur notre sol national.
22:26On voit très bien que,
22:28voilà, dans les banlieues populaires
22:29ou auprès d'une certaine jeunesse
22:30dans les métropoles,
22:32ce sujet est un sujet sensible.
22:34C'est un sujet d'équité
22:34ou d'inégalité, etc.
22:36Donc, ça portera
22:37sur une partie de l'électorat,
22:39bien évidemment.
22:40Mais juste pour revenir
22:41dans la perspective des présidentielles,
22:42on sait très bien
22:43qu'un des thèmes
22:44de l'élection présidentielle,
22:45ce sera, un, la souveraineté,
22:48qu'est-ce que la souveraineté française ?
22:49Deux, et deux, évidemment,
22:51cette notion d'autorité.
22:53Souveraineté, autorité, légitimité
22:55seront des grands thèmes
22:56de cette élection présidentielle.
22:57Évidemment, l'international
22:58s'inscrira dans le cadre
23:00de ces thèmes-là.
23:01Lara Tchikov,
23:02sur les conséquences
23:03des décisions internationales
23:04sur l'actualité politique française ?
23:06Parfaitement d'accord avec vous,
23:08encore une fois.
23:09Ça arrive à des gens.
23:10Voilà.
23:11Je pense qu'effectivement,
23:12c'est un débat
23:13qui polarise la société française
23:15depuis le 7 octobre,
23:17en réalité,
23:18et qu'aujourd'hui,
23:20surtout les jeunes
23:21vont voter
23:23par rapport au positionnement
23:25du parti politique
23:26sur, notamment,
23:27le conflit israélo-palestinien.
23:29Donc, évidemment,
23:30ça aura toute son importance
23:31dans les prochaines élections présidentielles
23:34parce que ce sera le sujet principal
23:36à l'international,
23:37en tout cas,
23:38qui sera déboît-dessus.
23:40Et la position de la France
23:41aura vraiment...
23:42Surtout quand on voit
23:42comment l'actualité internationale,
23:44en effet,
23:44résonne et a la capacité
23:45ces derniers mois
23:46et ces dernières années
23:47d'être absolument,
23:48on va dire,
23:50comment je pourrais dire le mot,
23:51en tout cas,
23:52agité.
23:52C'est un douze-euphémisme.
23:54Merci beaucoup, Brice Ocoff,
23:55d'avoir été avec nous,
23:56politologue.
23:57Et merci beaucoup,
23:57Alara Tchikov,
23:58d'avoir été avec nous,
23:59le JDD.
23:59Donc, à retrouver en kiosque
24:00et sur le site internet
24:01avec votre interview,
24:02notamment,
24:02d'Emmanuel Razavi,
24:04qui est un journaliste franco-iranien
24:06qui dit ces quatre vérités,
24:07notamment dans son dernier livre
24:08qui s'appelle
24:09La Pueuve de Téhéran,
24:10qui a eu un certain succès
24:12en librairie
24:12et qu'on avait reçu ici même.
24:14Merci beaucoup d'avoir été avec nous
24:15ce matin.
24:15Dans un instant,
24:16le journal de 9h,
24:17la revue de presse
24:17et le journal des sports
24:18avant votre rendez-vous économique
24:20du dimanche
24:20avec Thomas Binet.
24:21A tout de suite.
24:23Sud Radio.
24:23Sud Radio.
24:24Parlons vrai.
24:25Parlons vrai.
24:25Sud Radio.
24:26Parlons vrai.
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