00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Maxime Liedot.
00:05Il est 8h20 sur Sud Radio et à la une ce matin, le verdict du meurtre concernant l'enseignante Agnès
00:10Lassalle.
00:11Nous sommes avec notre journaliste qui a suivi ce procès pour Sud Radio.
00:14Bonjour Franck Payenave.
00:16Bonjour Maxime, bonjour à tous.
00:17Merci beaucoup d'être avec nous ce matin d'Ablor.
00:19Rappelons les faits, une professeure assassinée dans sa salle de classe,
00:23poignardée par l'un de ses élèves, âgée de 16 ans, c'était en 2023.
00:27Ce procès s'est tenu à huis clos, mais l'ambiance à l'ouverture et lors du verdict,
00:32vous y étiez, forcément, on l'imagine, était quand même singulière.
00:36Oui, effectivement. Alors certes, le débat s'est fait sous publicité restreinte
00:40en raison de la minorité de ce jeune qui était âgé de 16 ans et qui a désormais 19 ans.
00:46Mais la famille, aussi bien sa famille, mais également celle d'Agnès Lassalle,
00:50ont pu assister à ces quatre journées.
00:52Eh bien, vous imaginez bien, l'émotion était très fortement présente dès le début de ce procès.
00:58Son compagnon Stéphane Voirin s'est énormément exprimé mardi lors de la première journée.
01:04Il était habillé avec des t-shirts à l'effigie de son couple avec Agnès Lassalle.
01:09La famille d'Agnès, elle, s'est montrée très discrète depuis le drame.
01:13Il a fallu attendre jeudi pour avoir une parole de cette famille avec sa sœur,
01:17qui a parlé d'une semaine difficile pour elle, comme Stéphane Voirin.
01:22Elle souhaite faire passer un message pour éviter que ces drames ne se reproduisent.
01:25C'est ça, vraiment, le message qu'ont voulu faire passer les proches de l'enseignante.
01:30C'est vraiment le plus jamais ça.
01:33Et donc, forcément, ils attendaient des explications de ce passage à l'acte,
01:38la compréhension de ce qui a amené à ce drame dans cet établissement scolaire de Saint-Jean-de-Luz,
01:45donc au pays basque.
01:46Vous parliez du mari d'Agnès Lassalle.
01:48Il avait fait notamment le tour du pays, pour ne pas dire plus,
01:51quand il s'était mis à danser au moment des obsèques de sa femme.
01:55Le verdict a donc été rendu tard hier soir, 15 ans de prison,
01:58sur les 16 ans qui avaient été requis.
02:00Est-ce qu'il y a eu une forme de soulagement à l'issue de cette décision ?
02:04Vous parliez des explications qui étaient très attendues de la part de la famille.
02:08Est-ce que cette décision y a participé ?
02:11Eh bien, écoutez, la famille, en tout cas Stéphane Voirin,
02:13qui s'est exprimé à l'issue du verdict, a surtout une pensée pour les parents du jeune homme.
02:18Il a déclaré notamment, je cite,
02:21« On est tous parents, ça doit être très dur pour eux aussi,
02:23et il ne faut pas juger, c'est l'acte d'un crétin ».
02:28Du côté de la défense, on parle de l'épilogue de cette affaire,
02:31car ils ont déclaré qu'il n'y aura pas d'appel,
02:34et donc que la condamnation sera tenue.
02:39Néanmoins, toujours pas d'explication précise sur son passage à l'acte,
02:42la cour a estimé que l'accusé avait eu une prise de conscience modérée pendant ce procès,
02:47et présentant donc un risque de récidive.
02:50Voilà pour les réactions que cela suscitait,
02:52à noter la présence hier soir à Pau,
02:54d'une dizaine de professeurs et le directeur du lycée de Saint-Jean-de-Luz,
02:58qui se sont déplacés pour assister à ce verdict,
03:01avec un ruban vert, pardon,
03:03pour dire non à la violence scolaire.
03:06Un éléphant frappant quand même à occuper tout ce procès,
03:10c'est la responsabilité de l'élève, et vous l'avez esquissé.
03:13Plusieurs expertises étaient sur la table,
03:15toutes contradictoires,
03:17et c'était, j'imagine, pour les parties civiles,
03:19quelque chose de très important,
03:20et on l'imagine aussi forcément,
03:22l'enjeu de ce procès,
03:24déterminer si, oui ou non,
03:25cet élève, qui n'avait que 16 ans au moment des faits,
03:28était réellement responsable.
03:30Exactement, et puis même de la partie civile,
03:33certes, mais également de la défense.
03:35Maître Sagardo Ito, l'avocat du jeune homme,
03:38l'avait dit dès le premier jour,
03:40c'était l'enjeu de ce procès,
03:42la compréhension de ce qui a amené le passage à l'acte.
03:46Je cite sa déclaration de mardi,
03:48un jeune homme qui n'avait jamais fait parler de lui jusque-là,
03:50un très bon élève,
03:51mais sous des pressions graves et médicaments,
03:54et justement, il y a eu trois grandes expertises
03:57durant cette enquête,
03:59avec des contradictions à chaque fois.
04:01L'une écarte tout trouble psychique ou neuropsychique
04:04ayant aboli ou altéré son discernement
04:06ou le contrôle de ses actes,
04:08alors qu'une autre parlait d'un discernement légèrement altéré.
04:11Un dernier rapport, remis en novembre 2024,
04:14l'avait jugé aboli,
04:15l'avait jugé aboli cette altération au moment des faits.
04:19Donc, c'était ça la difficulté,
04:22et ce qu'expliquait Maître Sagardo Ito mardi,
04:24c'est d'expliquer que la psychiatrie,
04:26c'est une matière qui est encore très mouvante
04:29et qui dépend du point de vue de la personne en face de lui.
04:32Est-ce qu'on sait ce qui a fait basculer la thèse
04:35justement pour qualifier l'accusé de responsable ?
04:39Est-ce qu'on sait les différents éléments
04:41qui sont intervenus durant cette semaine de procès,
04:45durant cette semaine de procès,
04:46et qui a pu faire basculer notamment les autorités judiciaires ?
04:51Il y a plusieurs choses.
04:54Il y a tout d'abord l'aspect préparatoire,
04:57on va dire, de ce passage à l'acte.
04:58La veille au soir, l'adolescent avait pris un couteau chez son père
05:02et qu'il avait emballé dans du sopalin
05:04pour l'amener au lycée.
05:05Le lendemain ne ciblait pas exactement Agnès Lassalle,
05:08mais on l'a entendu il y a déjà trois ans,
05:12au moment de son arrestation.
05:13Il avait expliqué avoir entendu des voix.
05:16Alors cette question également de l'aspect psychologique,
05:23l'avocat de la défense l'avait notamment expliqué
05:26par la prise de médicaments,
05:28mais qui était interdit au moins de 18 ans.
05:31Et donc l'explication aussi vient de là,
05:33c'est le traitement qui était donné à l'adolescent
05:37qui était suivi, comme je vous le disais tout à l'heure,
05:38pour cette dépression grave,
05:40n'était peut-être pas forcément le bon,
05:42mais comme je vous le disais un tout petit peu plus tôt également,
05:44la Cour a néanmoins estimé que la prise de conscience
05:46n'était pas vraiment complètement là
05:48et qu'il y avait un risque de récidive.
05:50Franck Payana, vous êtes le journaliste pour Sud Radio
05:52qui avait suivi justement ce procès du meurtre d'Agnès Lassalle.
05:55Une dernière question,
05:57on sait que ça a fait partie des drames qui ont marqué le pays
05:59puisque c'était l'assassinat d'une professeure
06:02dans l'enceinte d'une école.
06:03On ne peut pas penser à Agnès Lassalle
06:05sans forcément penser aussi à Samuel Paty
06:07qui avait été décapité en classe,
06:09au professeur aussi français Dominique Bernard
06:11qui avait été poignardé lui aussi.
06:13Est-ce que durant ce procès,
06:15dans l'enceinte de cette salle d'audience,
06:17a aussi été fait d'une certaine manière
06:18le procès de l'école,
06:20le procès de l'éducation nationale
06:21qui n'avait pu peut-être pas forcément protéger
06:25sa professeure,
06:26qui n'avait pas été suffisamment attentif à l'élève
06:28ou alors c'est quelque chose
06:29qui est resté totalement en dehors des questions
06:31qui étaient importantes durant cette semaine de procès ?
06:33Alors c'est une bonne question
06:35parce que c'était à huis clos
06:36donc je ne peux pas vous le confirmer
06:38ou vous l'infirmer à l'heure où l'on se parle
06:40mais c'est vrai que c'était le message qu'ont voulu faire passer
06:43les membres de la famille d'Agnès Lassalle
06:45vraiment, plus jamais ça.
06:47On se rappelle qu'en 2023,
06:49après cet événement,
06:51la mise en place de contrôle des sacs aléatoires
06:54avait lieu dans des établissements
06:56mais comme son nom l'indique,
06:59c'est aléatoire,
06:59ce n'est pas tous les jours
07:00et c'est ça qui inquiétait notamment
07:02la communauté éducative
07:04dans le 64 dans les Pyrénées-Atlantiques
07:07où était Agnès Lassalle
07:08mais également sur le reste du pays
07:10et c'est là-dessus également
07:12que Stéphane Voirin a énormément appuyé
07:15lors de sa prise de parole mardi,
07:17c'est les pouvoirs publics,
07:19il faut faire quelque chose
07:21pour assurer la sécurité des enseignants.
07:24Ils sont enseignants,
07:25ils ne sont pas soldats
07:26mais l'État leur doit la sécurité
07:29lorsqu'ils viennent tenir cours devant des élèves.
07:31C'était donc cette semaine de procès
07:33important pour le pays,
07:35aussi pour la famille de cette enseignante,
07:36Agnès Lassalle,
07:37qui avait été poignardée par l'un de ses élèves.
07:39C'était en 2023
07:40et on était ravis de pouvoir en discuter avec vous
07:43pour avoir toutes les explications
07:45et le contexte adéquat qu'il nous fallait
07:47justement pour comprendre
07:48tous les enjeux de ce procès
07:50et la décision qui est tombée tard hier soir.
07:52Merci beaucoup Franck Payanaf
07:53d'avoir été avec nous,
07:54reporter Sud Radio.
07:55On vous entend régulièrement dans la matinale
07:56et c'est vous qui suivez ce procès
08:00pour Sud Radio
08:01et on rappelle,
08:02la condamnation est tombée.
08:03C'est donc 15 ans de prison
08:04sur les 16 ans
08:05qui avaient été requis
08:06pour l'auteur en effet
08:07de ses coups de couteau
08:08qui avait coûté la vie
08:09à Agnès Lassalle,
08:11professeure enseignante
08:11à Saint-Jean-de-Luz
08:12qui avait été tuée en 2023.
08:143D.
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