00:00Il est 7h35 sur Sud Radio et mon regard sur l'actualité ce matin concerne naturellement l'actualité internationale.
00:06Et cette question, est-ce qu'on doit dire merci Donald Trump ?
00:09Qui versera des larmes sur l'anéantissement d'une dictature islamiste qui depuis plus de 40 ans a instrumentalisé la
00:15foi pour asservir son propre peuple ?
00:17Depuis 1989, Al-Irameni verrouille le pouvoir iranien.
00:21Le guide suprême règne sur une théocratie où les gardiens de la révolution forment une oligarchie politico-militaire absolument omniprésente
00:28sur le territoire.
00:30Et l'ayatollah aurait préparé d'ailleurs sa succession tout en accumulant au fil des années, comme souvent dans ces
00:35régimes, une fortune considérable.
00:37La révolution de 1979 portée au nom de la justice et de la démocratie n'a fait qu'enfanter la
00:43dictature que nous connaissons.
00:44Les arrestations massives et les exécutions de jeunes opposants ces derniers mois, jusqu'à 32 000 selon certaines sources, ont
00:50confirmé le visage implacable du régime.
00:52Comme emprisonnement arbitraire, pendaison publique, répression des femmes, écrasement des manifestations, l'abus de religion a produit des crimes d
01:00'État.
01:00Pourtant, l'émotion ne dispense pas de lucidité. Ce n'est pas un régime isolé et affaibli qu'une pression
01:06extérieure suffirait à faire tomber sans conséquence.
01:08C'est un pays de près de 90 millions d'habitants, vaste comme trois fois la France, au cœur d
01:13'un réseau régional qui s'étend du Liban à Gaza, en passant par la Syrie.
01:18Éliminer quelques dignitaires ne suffira pas à déraciner un système profondément imbriqué dans l'économie, l'administration ou encore l
01:24'armée.
01:25L'opposition elle-même est divisée.
01:27Moudjadine du peuple, monarchiste autour de Reza Pallavi, figure dissidente éparses.
01:31Aucune alternative claire pour le moment, aucune force unifiée est prête officiellement à prendre le relais.
01:37Une invasion terrestre rappellerait les précédents irakiens et peut-être certains stratèges expertis d'une transition pilotée par une partie
01:44de l'armée iranienne elle-même.
01:45Car, il faut le dire, le régime joue sa survie.
01:49Les Mollahs contrôlent l'économie, l'appareil sécuritaire, les circuits financiers perdent le pouvoir, serait tout simplement perdre leurs privilèges
01:56à vie.
01:57Et aujourd'hui, leur position est plus que fragilisée.
01:59Les contestations intérieures massives, la défense affaiblie par la guerre des 12 jours et les alliés régionaux durement touchés.
02:05Face à l'attaque américano-israélienne, Téhéran peut choisir l'escalade, c'est-à-dire, comme on le voit depuis
02:10quelques heures, frapper les bases américaines,
02:12continuer de viser Israël, déstabiliser ses voisins arabes, fermer comme elle l'a fait le détroit d'Hormuz.
02:17Le moment est donc historique et explosif.
02:20Et à l'intérieur, la situation économique est dramatique.
02:22Écoutez bien ces chiffres.
02:23Plus de deux tiers des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté.
02:27Deux tiers du territoire n'ont plus accès à l'eau potable.
02:30L'électricité est rationnée, le riz manque, la viande est hors de prix, l'huile devient rare, la monnaie ne
02:34vaut absolument plus rien.
02:36Et l'économie officielle s'est effondrée au profit d'un marché noir contrôlé uniquement par les réseaux du pouvoir.
02:42Mais l'Occident, lui, comme d'habitude, reste partagé.
02:45Certains invoquent le droit international pour refuser toute ingérence et condamner les frappes israéliennes et la décision américaine.
02:52Il est curieux aujourd'hui et dans les dernières heures d'observer la France dire, et le président de la
02:57République au premier lieu, Emmanuel Macron,
02:59affirmer que le régime iranien doit comprendre qu'il n'a désormais plus d'autre option que d'engager une
03:03négociation de bonne foi
03:05pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique, comme à ses actions de déstabilisation régionale.
03:10Je cite, comme si la France ne suivait plus ce qui se passe dans l'actualité internationale.
03:15D'autres rappellent qu'on ne peut bombarder chaque rémigie motoritaire sans ouvrir la boîte de Pondor.
03:20D'autres encore redoutent un chaos régional comparable à celui qui a suivi la chute de Bachar al-Assad en
03:24Syrie.
03:25Le chemin pour parvenir à une situation heureuse est semé de risques stratégiques majeurs.
03:29Ce qui est certain, c'est que le peuple iranien vit aujourd'hui une tragédie silencieuse et que l'histoire
03:33est peut-être en train de s'accélérer.
03:35Enfin, pour ce peuple, reste à savoir si elle accouchera d'une libération ou d'un nouveau chaos.
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