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  • il y a 4 minutes
Avec Dominique Chargé, président de la Coopération Agricole, agriculteur français installé en Loire-Atlantique, éleveur de volailles et de vaches laitières

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-02-27##

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Transcription
00:00En direct du Salon International de l'Agriculture, depuis le stand de la Coopération Agricole.
00:08Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:13Sur Sud Radio, en direct du Salon de l'Agriculture, il est 7h42.
00:17Bonjour Dominique Chargé.
00:18Bonjour.
00:19Merci beaucoup de nous accueillir sur votre stand ce matin au Salon Président de la Coopération Agricole,
00:23mais également bien sûr agriculteur français installé en Loire-Atlantique, éleveur de volailles et de vaches laitières.
00:28Ça tombe bien, on va en avoir précisément besoin de votre expertise sur ce sujet,
00:31mais d'abord, quel bilan tirez-vous de ce Salon de l'Agriculture ?
00:3362e édition, un peu particulière.
00:36Est-ce que vous constatez aussi cette baisse de la fréquentation, cette ambiance qui a changé ?
00:41Oui, alors effectivement, l'absence des bovins est de toute façon un motif d'attraction qui n'est pas là.
00:48C'est pourtant un moment finalement privilégié pour les autres espèces, pour être plus visibles.
00:51Donc moi j'aurais invité les visiteurs à voir les autres espèces, les moutons et les cochons.
00:58Pour autant, il y a effectivement une baisse de la participation des visites.
01:03C'est un Salon qui s'est déroulé dans une ambiance apaisée, dans une ambiance où le Salon s'est
01:07bien déroulé.
01:08On sent la tension dans le monde agricole et effectivement l'attention, elle est perceptible et elle est compréhensible
01:13parce que des sujets à traiter et des difficultés dans le monde agricole, il y en a beaucoup.
01:16Et à ce propos, vous voulez justement, pour essayer de les résoudre, ces difficultés, votre combat depuis plusieurs semaines,
01:21c'est la nécessité, vous dites, d'un new deal productif pour ce que les produits français regagnent le cœur
01:26des Français et le cœur de leur assiette.
01:28Expliquez-nous l'ambition.
01:29Oui, en fait, on a eu un indicateur extrêmement, j'allais dire, préoccupant et même devenu inquiétant cette année.
01:34Pour la première fois en 2025, notre balance commerciale est déficitaire de 5 milliards, 5 milliards,
01:41enfin elle était, pardon, elle était positive de 5 milliards d'euros et elle a baissé de 5 milliards, elle
01:44est devenue déficitaire.
01:45Ça veut dire une chose très simple, la France ne se nourrit plus.
01:49Nous importons des produits qui continuent d'ailleurs à progresser, nos exportations progressent,
01:53mais nos importations progressent encore plus.
01:56Ça veut dire que nous sommes devenus dépendants pour notre consommation de volaille,
01:59pour notre consommation d'œufs, d'importation de produits d'Europe et même en dehors de l'Europe.
02:05Et nous donc, ce qu'on propose, c'est effectivement un new deal productif que l'on doit finalement transformer
02:10par un plan Notre-Dame,
02:12c'est-à-dire une loi d'exception qui va nous permettre d'aller vite sur ces constructions.
02:15Et on a besoin de produire des œufs.
02:17Les Français doivent se rendre compte que parfois, à 18 heures, dans leur magasin de consommation, il n'y a
02:21plus d'œufs.
02:22Eh bien, il n'y a plus d'œufs tout simplement parce que nous ne les produisons plus assez
02:26à un moment où la consommation augmente de pratiquement 6% par an parce que les œufs sont très demandés.
02:31Et donc, nous devons construire pratiquement 2200 bâtiments dans les œufs et dans les poulets en 10 ans.
02:37Ça veut dire 220 bâtiments par an. Ça veut dire pratiquement 2 à 3 bâtiments par département.
02:42Mais alors, vous touchez du doigt un véritable problème qu'on abordera d'ailleurs avec la ministre de l'Agriculture
02:46qui sera notre invitée à 8h15. Ce problème, il n'est que justement pour construire des bâtiments agricoles,
02:51pour construire des poulets et pour construire de nouvelles fermes.
02:53Alors, tout le monde est pour. Mais personne ne les veut à côté de chez soi.
02:55Ce qui fait que dès qu'il y a un projet, il est très vite arrêté, il est très vite
02:58suspendu par des décrets, par des manifestations.
03:01Quel est votre appel ce matin à tous ceux qui s'opposent à ces projets, qui sont indispensables à une
03:04bonne assiette en réalité ?
03:05Les premiers problèmes qu'on rencontre, ce sont souvent des problèmes administratifs et de complexité réglementaire
03:11qui finalement, chez nous, alourdissent les dossiers, les rendent complexes.
03:16Et surtout, il nous faut pratiquement 2 à 3 fois plus de temps en France pour construire un bâtiment qu
03:22'il n'en faut en Allemagne.
03:23En Allemagne, vous allez traiter le projet en 18 mois, quand en France, il va falloir entre 2, 3 voire
03:284 ans et encore avec des complexités.
03:30Parce qu'effectivement, vous le dites, il y a beaucoup de recours, il y a beaucoup de contestations, de controverses
03:36sociétales.
03:37Effectivement, pour consommer français, il faut pouvoir produire français.
03:40Et pour produire français, il nous faut ces élevages dans nos régions, dans nos départements.
03:45Il nous faut ces usines pour transformer.
03:47Et l'appel que je fais effectivement ce matin aux citoyens français et aux consommateurs, c'est que pour consommer
03:52français,
03:52il faut qu'ils soutiennent cette production que nous devons développer pour pouvoir finalement subvenir à notre consommation.
04:00Il y a aussi peut-être un élément qu'on doit remettre sur le devant de la scène, que vous
04:04expliquez très bien,
04:05c'est qu'en réalité, depuis 2017, depuis les états généraux de l'alimentation,
04:08on a là aussi fait en sorte peut-être de se pousser un peu du col en France en disant
04:13« Nous, on doit faire des produits uniquement avec une qualité supérieure ».
04:16Résultat, tout ce qui était en dessous, d'une certaine manière, on a déstructuré certaines filières.
04:20Oui, c'est ce que j'ai appelé à un moment la vuitonisation de notre alimentation,
04:24qui finalement aboutissait à la chaynisation, c'est-à-dire que nous importons, in fine, l'alimentation que nous ne
04:30produisons pas.
04:30Donc effectivement, nous avons beaucoup développé la production très haut de gamme,
04:34et nous devons aussi faire cette montée en gamme, finalement, sur le produit que le français consomme au quotidien,
04:39et notamment dans les nouveaux modes de consommation,
04:42puisque cette consommation française, elle est de plus en plus en dehors du foyer, en dehors de la maison,
04:47et que l'alimentation dont nous avons besoin pour ce type de consommation est un peu différente.
04:51Il y a un point aussi qui alourdit beaucoup, j'allais dire, qui complexifie et qui fragilise la filière agricole
04:58et alimentaire française,
05:00ce sont les négociations commerciales.
05:02C'est le fait que la pression qui est mise aujourd'hui sur les entreprises...
05:06C'est ce que la ministre appelle le chantage mortifère.
05:07Oui, voilà, c'est-à-dire que nous avons une pression énorme aujourd'hui qui est mise sur l'alimentation,
05:12parce qu'il y a évidemment un rythme et un mode de négociation en France
05:19qui met une pression énorme sur les entreprises et qui fragilise cette filière agricole et agroalimentaire.
05:24On demandera justement à la ministre, puisque ces négociations se terminent le 1er mars,
05:29s'ils ont tenu compte précisément de cet appel et s'ils ont mis le hola sur ce chantage mortifère.
05:35Merci beaucoup Dominique Chargé d'avoir été avec nous ce matin,
05:37président de la coopération agricole, agriculteur français également installé en Loire-Atlantique.
05:41Et on a entendu votre appel donc à un grand plan Notre-Dame,
05:44mais aussi à la nécessité bien sûr de laisser se faire construire de grands projets agricoles,
05:48parce que sinon bien sûr il ne faudra pas se plaindre d'aliments de moindre qualité dans notre assiette.
05:53Merci beaucoup en plus de nous accueillir ici sur votre stand en direct du Salon de l'Agriculture.
05:57Il est 7h48.
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