00:00L'autre information très importante du jour, il est 18h25, on est en direct sur CNews et Europe 1, c
00:05'est ce vote à l'Assemblée Nationale.
00:07Vote à la fois sur le texte de loi sur les soins palliatifs et sur l'aide à mourir.
00:12Maxime Le Guay, Coralie Auberti, bonsoir, vous êtes à l'Assemblée.
00:15Les deux textes ont été votés par l'Assemblée Nationale.
00:22Oui, bonsoir Laurence, effectivement, les deux textes votés il y a une quarantaine de minutes.
00:26Celui sur les soins palliatifs qui faisait consensus, qui a obtenu l'unanimité au sein de l'hémicycle fait rarissime.
00:34Et puis le second texte, plus controversé, clivant sur le droit de l'aide à mourir, qui consacre le suicide
00:43assisté,
00:44qui a obtenu 299 voix pour et 226 contre.
00:48Une majorité certes, mais une majorité moindre par rapport à la première lecture,
00:52parce que durant cette seconde lecture, les inquiétudes des députés se sont faites grandissantes,
00:56parce que, aussi, l'équilibre du texte promis par le gouvernement a peu à peu volé en éclats.
01:02Ce soir, la droite républicaine, notamment, dénonce une rupture anthropologique majeure
01:06et l'ouverture d'une boîte de Pandore.
01:09Les défenseurs du texte, eux, espèrent désormais une adoption définitive du texte avant la fin de l'été.
01:14Mais avant cela, le texte devra poursuivre sa navette par le banterre.
01:18Il est attendu au Sénat pour une seconde lecture.
01:20Ce sera fin mars, début avril.
01:22Merci beaucoup, Maxime Lebeguet.
01:24Caroli Auberti, à l'Assemblée nationale.
01:25Très rapidement, on écoute deux réactions.
01:27Celle de Yael Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale,
01:30et du député modem Olivier Falorni, qui est à l'origine de cette proposition de loi sur l'aide à
01:34mourir.
01:36Nous avons adopté le texte sur les soins palliatifs à l'unanimité.
01:41C'est important parce qu'il vient compléter la stratégie décennale du gouvernement en la matière.
01:46Il faut que chacun puisse, sur le territoire, accéder à ses soins palliatifs.
01:50Et nous en avons beaucoup débattu.
01:52Et puis, nous avons à nouveau, à une très large majorité à l'Assemblée nationale,
01:58adopté cette proposition de loi qui vise à ouvrir un droit nouveau, celui d'une aide à mourir.
02:04J'ai vraiment eu le sentiment d'un moment décisif dans le processus qui va nous amener,
02:12j'en suis maintenant convaincu, vers l'adoption définitive de cette loi.
02:16C'est un moment décisif.
02:18Et ceux qui se sont exprimés à la tribune l'ont dit également.
02:24Nous vivons, à travers ce débat, probablement, le débat sur une des plus grandes réformes de société
02:33depuis la loi de 1974 sur l'IVG.
02:37Voilà pour Olivier Falorni. Rapidement, Paul Amart.
02:39C'est très très personnel, mais la formule même, aide à mourir, me gêne terriblement.
02:43Moi, dans ma culture méditerranéenne, judéo-chrétienne, on m'a appris à aider à vivre.
02:47Oui, oui.
02:48Voilà. Et à respecter les seniors, à les aider jusqu'au bout du bout du bout, et pas à abréger
02:53leur vie.
02:53Et donc, c'est très personnel et c'est très compliqué.
02:56Ils sont froids, les jeunes.
02:58Le député qu'on vient de voir, Olivier Falorni, ce n'est pas n'importe qui dans cette histoire.
03:01C'est un partisan, évidemment, de l'euthanasie depuis toujours.
03:04C'est un compagnon de route de l'ADMD, l'Association pour le droit à mourir dans la dignité,
03:09qui milite depuis 20 ou 30 ans sur ce sujet.
03:11Je vais vous lire une phrase qu'il a prononcée la semaine dernière.
03:13Il a parlé à ses camarades députés qui sont favorables à ce texte,
03:17en appelant à leur sens des responsabilités, en disant,
03:19« Je ne voudrais pas que mardi prochain, donc c'était hier, le vote a été décalé,
03:24que mardi prochain, parce que nous aurions souhaité avoir tout, au final nous n'ayons rien. »
03:28Pourquoi il dit ça ? Parce que le texte était à ses yeux,
03:30alors que c'est un militant, il est quasiment fanatisé sur le sujet,
03:34à ses yeux, était tellement radical qu'il avait peur que des députés de bonne volonté
03:37qui connaissent mal le sujet, finalement, renoncent parce que c'était trop grave.
03:40Pourquoi ? Parce que je vais vous faire la lecture d'amendements qui ont été refusés la semaine dernière,
03:44que les députés ont discuté avant du texte qui allait être proposé dans l'hémicycle.
03:49Alors, l'amendement visant à dire qu'une souffrance psychologique seule
03:53ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l'aide à mourir a été rejetée,
03:57en commission la semaine dernière.
03:58L'amendement qui consiste à reconnaître que la nécessité d'une souffrance physique
04:03ou psychologique constante pour bénéficier de l'aide à mourir est nécessaire a été supprimée.
04:08S'assurer que le recours à l'euthanasie se fait sans pression extérieure,
04:11ça a été rejeté aussi.
04:12Exiger le plein discernement du patient, ça a été rejeté.
04:15Exiger une demande par écrit, ça a été rejeté.
04:18C'est orienter la personne et ses proches vers un psychiatre, ça a été rejeté.
04:21Créer un délit d'incitation à l'euthanasie pour répondre au délit d'entrave qui est dans le texte,
04:26ça a été rejeté.
04:26C'est pour vous dire, pardonnez-moi pour cette lecture un peu longue,
04:29mais pour vous dire à quel point ce qui a été voté aujourd'hui,
04:32c'est pas comme dit Elbrun Pivet, un droit nouveau, c'est sympathique, c'est gentil, etc.
04:36Surtout, ils veulent pas que vous vous intéressiez à ce qu'on s'intéresse,
04:38à ce qu'il y a réellement dans ce texte.
04:39J'espère que les Français vont le lire dans ce qui reste de navettes parlementaires
04:42pour faire une pression sur leurs députés.
04:44Et j'espère que le Sénat aussi va se rebeller, entre guillemets,
04:47parce que ce qu'on a sous les yeux, ce qui vient d'être voté, c'est gravissime.
04:50Rapidement, Guillaume Perrault, une réaction, je vous demandais...
04:52Ce qui me frappe surtout, c'est qu'une fois, je reviens sur l'exemple de la liberté de conscience,
04:57la clause de conscience qui a été refusée aux médecins dans cette affaire.
05:01Et c'est pour moi, sous l'illustration de l'idée, d'une tendance de la société,
05:07ce qui est que sous prétexte, sous l'apparence de droits nouveaux qu'on octroie,
05:12on est sur d'être applaudis, en fait, on rogne sur certaines libertés pour arriver à nos fins.
05:19Là, on rogne sur la vie.
05:20Et là, on rogne sur la liberté de conscience.
05:23Ça veut dire aussi que des établissements de sensibilité chrétienne
05:26qui voudraient pas le faire vont y être contraints.
05:30Donc concrètement, pour tout le secteur catholique, disons hospitalier catholique,
05:35c'est un vrai sujet, c'est une vraie question.
05:39Et qu'on fasse aussi peu de cas de la liberté de conscience,
05:44ça me paraît très significatif de l'assurance morale,
05:48l'assurance vraiment en faire forger des partisans de cette réforme.
05:52C'est vrai qu'on en parle depuis des années,
05:53mais moi, quand je les entends, je ne suis pas du tout convaincu.
05:55Rachel Kahn ?
05:56Non, moi, je suis un peu inquiète parce que la loi doit être générale
05:59et impersonnelle et on voit à quel point c'est du cas par cas en réalité.
06:03Et après, deuxième point, c'est que d'un point de vue symbolique,
06:07voilà, c'est une loi qui va marquer les deux mandats d'Emmanuel Macron
06:10et que moi, je suis un peu superstitieuse.
06:13Et je trouve que c'est pas très bon.
06:16Oui, voter un texte de mort, c'est pas très bon.
06:17Effectivement, c'est ce que vous disiez aussi, Arnaud Bagné-Détillard.
06:19Oui, le problème, c'est qu'en plus, c'est vrai que ça arrive en fin de mandat,
06:23c'est le moins qu'on puisse dire.
06:24Et symboliquement, c'est un texte qui, quelque part, va renvoyer à ce que vous dites.
06:31Mais bon, Emmanuel Macron voulait un grand texte sociétal.
06:33Maintenant, vous savez, tous les présidents de la République veulent leur grand texte sociétal.
06:38Ils voulaient ce texte sociétal.
06:39Mais c'est un texte sociétal très différent des autres, en l'occurrence, celui-ci.
06:43Parce qu'en effet, il touche à quelque chose qui est la gestion de la fin de chacun.
06:48Et qui renvoie, évidemment, chacun d'entre nous à ses propres convictions.
06:52Et je vous engage tout le monde à lire exactement ce qui a été voté par l'Assemblée nationale
06:56pour bien comprendre n'importe ce qui a été voté
06:59et qui sera sans doute enterriné au bout de la navette parlementaire.
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