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  • il y a 16 minutes
Regardez "On refait le monde" avec Philippe Batel, psychiatre addictologue et chercheur chef du service d'addictologie de la Charente, Nicolas Dalibard, consultant pour le cabinet GAE conseil, responsable du pole accompagnement et patient-expert enseignant à l'hôpital Bichat, et Marie Jauffret-Roustide, sociologue, directrice de recherche à l'Inserm.
Regardez On refait le monde avec Vincent Parizot du 24 février 2026.

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Transcription
00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Vincent Parizeau.
00:07Les drogues en France, que faire face à l'explosion de la consommation ?
00:11Les usagers doivent-ils être plus sanctionnés ou au contraire mieux pris sans charge ?
00:14Qui consomme quoi au fait ?
00:16Le bilan annuel de l'Office français des drogues révèle une baisse des saisies de cannabis,
00:20mais une très forte hausse, à savoir un doublement en un an de celle de cocaïne
00:24et des drogues de synthèse type MDMA ou Ecstasy.
00:27Les enquêtes, elles, révèlent que les drogues illicites, en tout cas, sont désormais partout.
00:32Du sommet de l'État aux travailleurs en souffrance, des grandes villes aux petits villages,
00:37des beaux quartiers aux cités.
00:38Alors comment lutter sur le plan médical, sanitaire ou sécuritaire ?
00:43Est-ce qu'il faut taper sur le consommateur, le culpabiliser ou plutôt l'informer, l'aider ?
00:47Le narcotrafic qui vide ce phénomène, profite-t-il aussi de la production locale en Europe des drogues de synthèse
00:53?
00:54Et puis le débat sur le cannabis qui nous accompagne depuis des années, est-il dépassé aujourd'hui ?
00:59Eh bien on en parle avec trois invités.
01:01Bonsoir Philippe Battelle, psychiatre, addictologue, chercheur, chef du service d'addictologie de la Charente.
01:13Excusez-moi. Bonsoir Marie-Geoffray-Roustide.
01:16Bonsoir.
01:16Vous êtes sociologue et directrice de recherche à l'Inserm.
01:19Et puis bonsoir Nicolas Dalibard, expert des addictions en entreprise.
01:23Vous êtes patient expert à l'hôpital Bichat également.
01:27Alors l'état des lieux, commençons par là quand même.
01:29Parce qu'il est dressé par l'Office français des drogues dans son bilan annuel que je viens de résumer
01:33très grossièrement.
01:34Mais je sais qu'Aline Serbe, Marie-Geoffray-Roustide, vous avez aussi dressé il y a un mois un tableau
01:39qui montre l'incroyable percée en France de la cocaïne notamment.
01:43Oui, la cocaïne en fait, la consommation de cocaïne a été multipliée par dix depuis ces trente dernières années.
01:51Depuis le moment où on dispose d'enquêtes, de dispositifs de surveillance qui permettent d'avoir des données.
01:58Donc depuis le début des années 90.
02:01Alors oui, c'est une progression extrêmement importante.
02:04Par contre, il faut avoir en tête quand on parle en valeur absolue.
02:07Qu'on a aujourd'hui un peu plus d'un million de consommateurs de cocaïne.
02:12Mais on a 40 millions de consommateurs d'alcool.
02:155 millions de consommateurs de cannabis.
02:17Donc voilà, il y a une progression très importante.
02:21Il faut remettre les choses en ordre.
02:24Parce que sur le cannabis, il y a une baisse des saisies.
02:27Mais ça reste, et de loin, la drogue illicite, je le précise.
02:31Illicite, numéro 1.
02:3350% des Français ont expérimenté le cannabis.
02:37Alors, il y a aussi un autre élément très important, assez récent.
02:42C'est le boom spectaculaire.
02:45Mais alors là, il faut aussi faire attention parce qu'on se réfère aux saisies.
02:49Or, ce sont des produits qui sont fabriqués en Europe.
02:52Mais là, on parle des drogues de synthèse.
02:53Oui, et en particulier, on parle de l'ecstasie aujourd'hui.
02:57750 000 consommateurs d'ecstasie.
03:00Et l'ecstasie, ce n'est pas une drôle nouvelle.
03:01Elle était présente dans les années 80.
03:03Et elle a disparu un peu dans les années 2000.
03:06Enfin, en tout cas, elle a diminué.
03:07Et là, post-Covid, avec l'envie de refaire la fête,
03:12les occasions de sociabilité retrouvées.
03:15Et puis, une offre très importante et une baisse du prix.
03:18Il y a une augmentation également de l'ecstasie.
03:20Alors, Philippe Battelle, j'imagine que ce qu'on vient de développer à l'instant
03:25avec Marie-Joffrey Rousteed, vous le constatez chaque jour sur le terrain.
03:29Qu'est-ce que vous pouvez nous dire en termes de dangerosité de consommation de ces produits
03:34et puis d'addiction ?
03:35J'imagine qu'elles ne seront pas toutes similaires.
03:38Alors, c'est une vraie question parce qu'on aimerait bien que les politiques publiques en la matière
03:41soient basées sur des faits scientifiques et, par exemple, des comparaisons de dangerosité des produits.
03:47Et ça, ça a déjà été fait.
03:48La dernière fois que ça a été fait à très haut niveau, c'est mon ami David Nutt
03:52qui, dans une commission à laquelle il m'a associé,
03:56nous avons classé la dangerosité de 40 substances psychoactives,
04:01de l'alcool aux champignons hallucinogènes.
04:03Et ce qui est vraiment important de comprendre, c'est que les critères de dangerosité,
04:08ils sont multiples, c'est la toxicité sur le corps, la toxicité sur le psychisme,
04:13la toxicité sociale, c'est-à-dire la dangerosité qui peut entraîner aussi chez les autres.
04:21Et de manière très claire, on a classé l'alcool comme le produit le plus dangereux.
04:26Le cannabis dans une dangerosité qui est moyenne
04:29et les champignons hallucinogènes les plus petits.
04:32Or, quand on regarde les politiques publiques,
04:35on se rend compte que les produits qu'on a classés parmi les plus dangereux,
04:39à savoir le tabac, l'héroïne, mais le tabac et l'alcool,
04:43sont les produits illicites,
04:45alors que la grande majorité des produits illicites
04:49ne sont pas classés en termes de dangerosité.
04:50Je vous arrête là, parce que dans cette émission,
04:53on refait le monde, mais on ne va pas refaire la France.
04:55Et vous savez bien que sur la question de l'alcool, par exemple,
04:59considérer que c'est une drogue, c'est déjà un discours qui a vraiment du mal à passer et être
05:06perçu.
05:07Hélas ! On en a bien conscience.
05:09Et encore que c'est une bataille qui est perdue.
05:11C'est une bataille qui est perdue.
05:11Les Français savent aujourd'hui, et en majorité, quand on les interroge,
05:14ils pensent que l'alcool est dangereux pour la santé,
05:17et non pas l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
05:19C'est-à-dire qu'on ne leur fait plus, ils savent aujourd'hui,
05:22et ils ne savent pas encore, par exemple,
05:24qu'une femme qui boit 10 verres, au-delà de 10 verres par semaine,
05:27elle augmente son risque d'avoir un cancer du sein.
05:29Elle n'est pas forcément addicte, elle n'est pas forcément malade,
05:32elle augmente juste son risque.
05:34La question que je voulais vous poser était sur l'addiction
05:37de ces produits qui sont en plein boom,
05:41cocaïne et drogue de synthèse.
05:42Est-ce qu'il y a une addiction aux drogues de synthèse ?
05:44Oui, bien sûr.
05:45Et ces produits qui sont psychodysleptiques
05:48et qui vont, comme l'a rappelé Mme Roustide,
05:53apporter quelque chose.
05:54Et dans les années 80, c'était les années sida,
05:56et c'était bien qu'il y ait des drogues
05:58qui fassent qu'on se sente beau,
06:00on se sente désirable, et tout le monde est beau.
06:02C'était la drogue de l'amour, on disait.
06:04Exactement.
06:08Mais le potentiel addictogène,
06:09il a été bien regardé,
06:10en particulier sur des drogues de synthèse
06:12qui sont utilisées avec la sexualité
06:15qu'on appelle le chemsexe.
06:16On sait aujourd'hui qu'il y a,
06:18surtout sur des formes qui sont des formes injectées,
06:21un potentiel addictogène,
06:22c'est-à-dire des sujets qui ne vont pas simplement
06:25en prendre de temps en temps,
06:26mais qui peuvent s'engager
06:28dans une véritable dépendance et une addiction.
06:30Le problème à chaque fois,
06:31c'est qu'on connaît rarement le ratio
06:33entre les expérimentateurs,
06:35les usagers occasionnels
06:37et ceux qui en deviennent dépendants.
06:39Voilà, je pense que c'était important,
06:41en tout cas, de dresser un état des lieux
06:43avant d'aller un petit peu plus loin
06:45et de voir, notamment maintenant avec vous,
06:47qui consomme.
06:48Écoutez ce que disait Eric Dupond-Moretti,
06:51à leur garde des Sceaux,
06:52c'était en mars 2024.
06:54Celui qui fume son petit pétard le samedi,
06:57ce pétard-là, vous voyez,
06:59il a le goût du sang séché sur le trottoir.
07:01Si les gens se tuent,
07:03si les gens trafiquent,
07:05c'est parce qu'il y a quelques bobos,
07:08quelques petits bourgeois,
07:10quelques gens qui,
07:11de façon totalement inconsciente,
07:13pensent qu'ils ont le droit
07:14de fumer du chic le samedi soir.
07:16Ça, je veux le redire ici,
07:18c'est l'affaire de tout le monde.
07:21Alors, c'est l'affaire de tout le monde
07:24et en même temps,
07:25il désigne les bobos du samedi soir.
07:29Or, toutes les études,
07:30et là, peut-être on peut en parler
07:33avec vous qui, j'allais dire,
07:35avez travaillé sur le sujet,
07:37notamment en entreprise,
07:38Nicolas Dalibard,
07:39toutes les études montrent
07:40que tous les secteurs sont touchés.
07:44Par exemple, la restauration,
07:47un certain nombre de professions
07:49où on travaille durement,
07:51pendant de longues journées,
07:53difficilement ?
07:54Alors, si on reprend les CSP traditionnels,
07:58et vous évoquiez la progression spectaculaire
08:00de la consommation de cocaïne,
08:01le plus fort taux de progression,
08:03c'est chez les marins pêcheurs
08:04et les agriculteurs.
08:05Donc, on voit bien que,
08:06quand on dit que tout le monde est touché,
08:07l'addiction ne discrimine ni l'âge,
08:09ni la catégorie sociale professionnelle,
08:11ni le genre, ni l'éducation,
08:13quoi que ce soit.
08:13L'addiction, c'est une maladie,
08:15c'est souvent une réponse à...
08:17La consommation d'un produit,
08:18c'est souvent une réponse à un problème,
08:19qui soit d'ordre d'une souffrance,
08:23qu'elle soit psychique,
08:24qu'elle soit physique,
08:25de l'anxiété sociale,
08:26enfin bref,
08:27on rencontre un produit
08:28dans une situation et un environnement,
08:30et tout à coup,
08:31il y a quelque chose qui s'opère,
08:32qui est que ça produit une solution,
08:34ça produit une réponse.
08:35Cette réponse, elle fonctionne
08:36jusqu'au moment où ça dysfonctionne,
08:37et c'est ça la mécanique de l'addiction.
08:39Et vous évoquiez,
08:40donc on peut parler de la cocaïne,
08:41mais tous ces nouveaux produits de synthèse,
08:42aujourd'hui, vous les commandez sur votre téléphone,
08:44ils sont livrés chez vous dans une enveloppe.
08:45Donc on voit bien que l'idée
08:47que les bobos seraient coupables
08:50de quoi que ce soit,
08:51c'est absolument nier la réalité
08:53du pourquoi est-ce que d'abord on consomme.
08:55Il y a beaucoup d'autres facteurs
08:57qui entrent en jeu.
08:58C'est une caricature
09:00qui n'a, à mon sens,
09:02pas de sens,
09:03voire même qui est une insulte,
09:04en réalité, aux consommateurs
09:05et à toutes les personnes
09:06qui sont en difficulté avec leurs produits.
09:07Il y avait un petit côté populiste,
09:08je ne sais pas ce que vous en avez pensé
09:10en écoutant ça.
09:11Même si on peut rajouter
09:13qu'il aurait pu,
09:15le ministre de la Justice à l'époque,
09:17parler d'un président de l'INA,
09:20d'un conseiller du Premier ministre,
09:21d'un directeur régional
09:23des finances publiques d'Île-de-France,
09:24d'un directeur de diocèse,
09:26sans parler évidemment de comédiens
09:29et de, par exemple,
09:30de journalistes aussi,
09:31je vais balayer devant chez moi,
09:34et autres.
09:35C'est-à-dire que c'est tout le monde.
09:37Oui, tout à fait.
09:38En fait, ce qu'on voit,
09:40c'est qu'il y a une baisse des prix.
09:42Donc, en fait,
09:42la baisse du prix de la cocaïne
09:44qui est considérable
09:45quand on compare au prix des années 80,
09:47fait que l'augmentation de la production,
09:49l'accessibilité du produit
09:51avec l'ubérisation,
09:52comme vous le disiez à l'instant,
09:53c'est-à-dire que maintenant,
09:54les produits viennent au consommateur,
09:55le consommateur n'a plus besoin
09:56d'aller voir un dealer.
09:58C'est le dealer qui vient chez les gens,
10:00comme on se fait livrer
10:01de la nourriture chez soi,
10:03fait qu'il y a aujourd'hui
10:04une démocratisation,
10:06une banalisation
10:06de la consommation de la cocaïne.
10:08Alors, ça, c'est vrai pour la cocaïne,
10:10mais est-ce que c'est vrai
10:10pour le cannabis ?
10:12Parce qu'on voit bien
10:12qu'à chaque fois qu'il y a
10:14des règlements de comptes,
10:16qu'il y a des batailles rangées
10:19pour des points de deal.
10:20Alors, ça, c'est deux choses différentes.
10:21C'est-à-dire que pour l'offre,
10:23on a effectivement toujours
10:27des violences très fortes
10:30entre les trafiquants.
10:31Donc, ça, c'est quelque chose
10:32qui a toujours existé.
10:33Aujourd'hui,
10:34on a un nombre de points de deal
10:36plus importants
10:36et donc des violences
10:37qui sont plus importantes
10:38parce qu'ils sont plus nombreux
10:39et qui veulent tous avoir
10:41ces points de deal.
10:42Mais par contre,
10:43sur la question de la consommation,
10:45on a vraiment aujourd'hui
10:46une consommation
10:46qui touche
10:47toutes les classes sociales,
10:49tous les territoires,
10:50donc également le milieu rural
10:51en raison de l'accessibilité
10:53des produits.
10:53Et moi, je voulais revenir
10:54sur cette question
10:55de la responsabilité
10:56du consommateur,
10:57ce discours
10:58qu'on entend aujourd'hui
11:00sur les consommateurs
11:01ont du son sur les mains.
11:01Moi, je pense qu'il est important
11:04aussi de penser
11:05à la responsabilité
11:06de l'État.
11:07C'est-à-dire,
11:07vous disiez pourquoi
11:07les gens consomment.
11:08Les études le montrent.
11:10En fait,
11:11les consommations
11:12se font aussi
11:13dans des environnements
11:13sociaux donnés.
11:15Et les études montrent
11:16que dans les sociétés
11:18qui sont marquées
11:18par les inégalités sociales,
11:20où il y a de la souffrance sociale,
11:22où il y a peu d'investissements
11:24dans les quartiers populaires,
11:25par exemple,
11:26ça augmente la consommation.
11:28Enfin,
11:28la consommation augmente,
11:29le trafic augmente.
11:30Donc, moi, je trouve
11:31qu'on devrait aussi parler
11:32de la responsabilité
11:33de l'État
11:33à investir dans la prévention,
11:35à investir dans les quartiers populaires
11:37pour limiter les violences
11:38liées au trafic
11:39et limiter la consommation.
11:40Alors, les consommateurs,
11:41justement,
11:42comment on arrive peut-être
11:43à modifier
11:45leur comportement ?
11:47Eh bien,
11:47on va en parler
11:48avec vous trois
11:49et puis avec l'un d'entre eux
11:50qui nous fait le plaisir
11:52d'être avec nous
11:53par téléphone.
11:54A tout de suite.
11:54Vincent Parizeau,
11:56on refait le monde
11:57sur RTL.
11:59RTL.
12:00Presque à l'heure,
12:0119h31.
12:03Vincent Parizeau,
12:04on refait le monde
12:05sur RTL.
12:06Et Nathalie Michet
12:06pour l'essentiel
12:07de l'actualité.
12:08Emmanuel Macron
12:09salue un acte
12:10de responsabilité
12:11après la démission
12:12de la présidente
12:13du musée du Louvre.
12:14Laurence Descartes
12:15était sur la sellette
12:16depuis le cambriolage
12:17retentissant
12:18de la galerie d'Apollon.
12:19Elle avait depuis
12:20essuyé des révélations
12:21en cascade
12:22sur les failles de sécurité
12:23dans le musée
12:24ainsi qu'un important
12:25conflit social.
12:26Pour le chef de l'État,
12:28le Louvre
12:28a maintenant besoin
12:29d'apaisement.
12:30Et justement,
12:31un geste d'apaisement
12:32ce soir entre
12:33l'ambassadeur américain
12:34à Paris
12:34et le Quai d'Orsay.
12:36Charles Kushner
12:36et Jean-Noël Barraud
12:38ont eu un appel
12:39amical
12:40selon l'ambassade
12:41des Etats-Unis.
12:42Hier,
12:42le diplomate
12:43ne s'était pas présenté
12:44à une convocation
12:45du ministre
12:46des Affaires étrangères.
12:47Un accord
12:48sur le nucléaire
12:48est à portée de main.
12:49Affirmation ce soir
12:51de l'Iran
12:51juste avant
12:52la tenue
12:52de pourparler
12:53jeudi
12:53avec les Américains
12:54lesquels maintiennent
12:56leur menace
12:56d'intervention
12:57et pendant ce temps
12:58dans les universités
12:59iraniennes
13:00les étudiants
13:01manifestent à nouveau.
13:02Une affaire encombrante
13:04pour le Paris Saint-Germain
13:05à la veille du match
13:05retour de Ligue des Champions
13:06contre Monaco.
13:07Ashraf Hakimi
13:08sera bien jugé
13:09pour viol
13:10dans les Hauts-de-Seine.
13:11Il dénonce
13:11une accusation
13:12mensongère.
13:14Commentaire succinct
13:14de la part
13:15de l'entraîneur
13:16du PSG
13:16pour Louis Senriquet
13:17c'est entre les mains
13:18de la justice.
13:19Merci Nathalie
13:20à tout à l'heure
13:2120h.
13:23RTL
13:23on refait le monde
13:25Vincent Parizeau
13:26Et moi j'en ai ras-le-bol
13:29d'avoir des jeunes
13:30qu'on pleure
13:31et dans des quartiers
13:32d'avoir d'autres gens
13:33qui considèrent
13:34que c'est festif
13:35d'aller acheter de la drogue.
13:36Mais maintenant
13:37on va changer drastiquement
13:38sur deux trucs.
13:39Un, les procédures
13:40de recouvrement.
13:41On va mettre
13:41les commissaires de la République
13:42pour aider les finances publiques
13:44et la justice
13:44à aller recouvrer.
13:45Deux,
13:46on va le passer
13:47à 500 euros l'amende.
13:48500 euros
13:49parce qu'il faut taper
13:49au portefeuille
13:50ce qu'on attrape
13:51avec de la drogue.
13:52Je trouve ça
13:52complètement effarant.
13:53Ça ne va rien changer.
13:54Si je risque
13:54les 500 euros d'amende
13:55et je vais me foutre
13:56chez moi tout seul
13:56à ma fenêtre
13:57dans le noir
13:57à 3h du matin
13:58je suis juste là
13:58pour m'en fumer
13:59et pas pour le côté festif
14:00justement.
14:00Et en vrai
14:00je pense que c'est débile.
14:01Je ne crois pas
14:01que ce soit
14:02une politique répressive
14:04sur le consommateur
14:05qui changera grand chose
14:05à l'offre de drogue
14:07sur le marché.
14:09Politique répressive
14:09du consommateur
14:10telle est la question
14:11par exemple
14:13on en parle
14:14on débat
14:15de cette question
14:16aujourd'hui
14:17de l'explosion
14:17des drogues
14:18de la consommation
14:19des drogues
14:20en France
14:20et des moyens
14:21de lutter contre
14:22dirons-nous.
14:23On est avec
14:24le psychiatre
14:25addictologue
14:26et chef du service
14:27d'addictologie
14:28de la Charente
14:29Philippe Battel
14:30avec Nicolas Dalibard
14:31patient expert
14:32à l'hôpital Bichat
14:33et Marie Gaufret-Roustide
14:35sociologue
14:36et directrice
14:37de recherche
14:38à l'Inserm
14:39et je vous le disais
14:39avec un consommateur.
14:41Bonsoir.
14:44Bonsoir.
14:45Merci d'être avec nous.
14:46On va préserver
14:47votre anonymat
14:47évidemment
14:50mais dire tout de même
14:51que vous avez 28 ans
14:52et que vous avez décidé
14:54de reprendre des études
14:55reprendre des études
14:56ça veut dire que
14:57la drogue explique
14:59que vous ayez lâché
14:59à un moment ?
15:01Absolument pas
15:01aucun rapport.
15:02C'est aucun rapport.
15:03Bon très bien.
15:04Vous êtes consommateur
15:05de drogue régulièrement
15:07qu'est-ce que vous prenez ?
15:09Eh ben des drogues
15:10festives
15:11donc la cocaïne
15:12et puis il y a
15:13des catinomes de synthèse
15:14qui sont sur le marché
15:15en ce moment.
15:17Quand vous entendez
15:18par exemple
15:20Emmanuel Macron
15:21qui dit
15:21on va mettre 500 euros
15:22d'amende
15:22à ceux qu'on prend
15:23avec de la drogue
15:24qu'est-ce que ça vous inspire ?
15:26Bon je pense que
15:27c'est une féministerie
15:28parce que le Portugal
15:30a prouvé
15:30qu'est-ce qui marche
15:31c'est des politiques
15:31de sensibilisation
15:33parce que ce qui arrête
15:34les gens
15:34c'est de prendre des dangers
15:35pour leur santé
15:35pas de prendre des amendes.
15:37Mais vous-même
15:38vous avez pris conscience
15:39du danger
15:40pour votre santé
15:40ou pas ?
15:42Oui tout à fait.
15:44Ça veut dire que
15:45ce qui est le plus dangereux
15:46c'est la cigarette
15:47par exemple
15:47qui est le plus dangereux
15:48et le plus difficile
15:48à arrêter.
15:50Donc il y a plein
15:51il y a plein de problématiques
15:53qui sont difficiles
15:53à résoudre
15:54bien sûr
15:56mais vous
15:57vous consommez
15:59régulièrement
15:59quand même
15:59cannabis, cocaïne
16:00vous n'avez pas l'impression
16:01d'être dans une addiction ?
16:04Alors non
16:06le cannabis
16:06j'ai arrêté
16:07parce qu'effectivement
16:07j'étais dans une addiction
16:08et à partir de ce moment-là
16:08c'est une mécanique
16:10on ne prend plus de plaisir
16:11et on s'endommage
16:12la santé, le cerveau
16:13ça avait une influence
16:13sur ma vie quotidienne
16:14sur ma vie professionnelle
16:15donc j'ai arrêté.
16:16Je crois que Philippe Battelle
16:18vous pose une question
16:19en tant qu'addictologue.
16:20Non
16:21ma question c'est
16:22je crois que vous avez bien
16:23compris et entendu
16:25que la connaissance
16:26des produits
16:27des bénéfices
16:28des effets
16:29qu'on peut en tirer
16:30mais aussi des dommages
16:31et des risques
16:32est juste essentielle
16:33dans la régulation
16:34de sa consommation
16:35et qu'une politique
16:37intelligente
16:38c'est une politique
16:38qui justement
16:39va
16:41communiquer
16:42expliquer
16:44ce que l'on
16:45peut attendre
16:46d'un produit
16:47et quels sont
16:48les risques.
16:49Et c'est ce qu'on appelle
16:50la politique
16:50de réduction
16:51de risque
16:51qui est juste
16:52absolument essentielle.
16:53Mais ça c'est difficile
16:54avec des produits
16:55qui sont interdits
16:56et illégaux.
16:58Comment parler
16:59dans le domaine
16:59public
17:01de produits
17:02qui sont interdits ?
17:03Alors on le fait
17:04par la prévention
17:05bon déjà
17:05il faut rappeler
17:06qu'il n'y a pas
17:07de société sans drogue
17:08il y a
17:09depuis l'antiquité
17:11il y a toujours eu
17:11voilà
17:12c'est pas souhaitable
17:12parce qu'en fait
17:14les drogues remplissent
17:15aussi des fonctions
17:16d'automédication
17:18elles permettent
17:19l'expérimentation
17:20de sensations
17:21enfin le problème
17:21c'est les dommages
17:22liés aux substances
17:23donc c'est pour ça
17:24que ce qui est extrêmement
17:25important
17:25c'est la prévention
17:27et c'est la délivrance
17:29d'informations
17:30claires
17:31sur les effets
17:32des produits
17:32et des mesures
17:33de réduction
17:33des risques
17:34pour faire en sorte
17:35que la consommation
17:36de substances
17:37et c'est ce qu'on voit
17:37pour l'alcool
17:38par exemple
17:38entraîne
17:40le moins
17:41de dommages possibles
17:42là vous parlez
17:43des dommages sanitaires
17:44alors il y a
17:45les dommages sanitaires
17:45il peut y avoir
17:47les dommages sociaux
17:47également
17:48mais la répression
17:49va augmenter
17:50les dommages sanitaires
17:51et les dommages sociaux
17:52et d'ailleurs
17:53monsieur l'auditeur
17:54tout à l'heure
17:54il est toujours là
17:55voilà la question
17:56du Portugal
17:57c'est un exemple
17:58extrêmement intéressant
17:59le Portugal
18:00en 2001
18:01a décidé
18:01d'avoir une politique
18:02très différente
18:03de celle de la France
18:04c'est à dire
18:06décriminaliser
18:07l'usage
18:07de toutes les drogues
18:08donc faire en sorte
18:08que l'usage de drogue
18:09ne soit plus un délit
18:10mais soit traité
18:11comme une question sanitaire
18:13et comme une question sociale
18:14le Portugal
18:15a des niveaux
18:15de consommation de drogue
18:17trois à quatre fois
18:18inférieurs à la France
18:19qui a une des politiques
18:20les plus répressives d'Europe
18:21vous pensez que ça
18:22ça peut aussi aider
18:23parce qu'une autre conséquence
18:25c'est le narcotrafic
18:26avec tous les dégâts
18:26que ça fait régulièrement
18:28alors le narcotrafic
18:29en fait
18:30ce qui se passe
18:30c'est que pour limiter
18:32le marché illégal
18:33c'est pas la dépénalisation
18:35d'usage
18:35qui est quelque chose
18:36d'extrêmement important
18:37pour l'accès aux soins
18:38mais par contre
18:39pour limiter le trafic
18:42et les violences liées
18:43au trafic
18:43c'est la légalisation
18:45c'est-à-dire
18:46mettre en place
18:47un marché légal
18:48et c'est ce que font
18:49ce qu'ont fait les Etats-Unis
18:50le Québec
18:51sur le cannabis
18:52mais on voit bien
18:53que par exemple
18:54sur la cocaïne
18:55on a une explosion
18:56on va pas légaliser la cocaïne
18:57alors les Pays-Bas
19:00la maire d'Amsterdam
19:01a annoncé la possibilité
19:04d'encadrer
19:05la consommation de cannabis
19:07et en Suisse
19:07il y a des programmes
19:08de traitement
19:09de la cocaïne
19:10oui j'ai dit
19:10de la cocaïne
19:11oui de cocaïne
19:12mais en tout cas
19:12la légalisation
19:13ne règle pas tout
19:14mais en tout cas
19:15la décriminalisation
19:17de l'usage
19:18ça toutes les études
19:19le montrent
19:19est meilleur
19:21pour la santé
19:22et pour la sécurité publique
19:23aussi
19:23et pour les comptes publics
19:25que la répression
19:26voilà
19:26je pense que
19:27c'est pas un discours
19:27qui est forcément
19:29audible
19:29pour tout le monde
19:32notamment chez les politiques
19:33mais on va y revenir
19:36on vous retrouve
19:37j'allais dire
19:38auditeur anonyme
19:39comment vous
19:40vous fournissez
19:42les produits
19:44et bien
19:44ça dépend des produits
19:46puisqu'il y a
19:47des chaînes d'approvisionnement
19:48qui sont différentes
19:49si c'est pour
19:50le cannabis
19:51par exemple
19:51la cocaïne
19:52ou pour les autres drogues
19:53de synthèse
19:53qui sont fabriquées
19:53de façon plus artisanale
19:55c'est à dire
19:57par exemple
19:58c'est les réseaux sociaux
19:59c'est
20:01oui c'est à travers
20:01ça dépend
20:02ça peut être
20:02des gens
20:04qu'on connait directement
20:04ou par les réseaux sociaux
20:06par le téléphone
20:07par des groupes
20:08qui sont sur
20:09Telegram
20:10Signal
20:10tous les messages
20:11récryptés
20:12ou non cryptés
20:13c'est tous les
20:14tous les canaux normaux
20:15de communication
20:15vous allez encore
20:16sur des points de deal
20:18comme on dit
20:20alors non
20:20ça c'est très spécifique
20:21au cannabis
20:22les points de deal
20:23parce que c'est des
20:24grands volumes
20:25qui sont vendus
20:26donc qui peuvent
20:26se permettre
20:26d'installer des magasins
20:27on va dire
20:28pour les autres drogues
20:29je pense qu'il n'y a pas
20:30de volume suffisant
20:31pour que ce soit intéressant
20:32de faire ce genre
20:32d'organisation
20:33est-ce qu'aujourd'hui
20:34ça sera ma dernière question
20:35parce qu'on va poursuivre
20:36ce débat
20:36est-ce qu'aujourd'hui
20:37vous êtes dans une démarche
20:40d'arrêter la consommation
20:41de produits
20:44non pas spécialement
20:45puisque
20:46tant que j'ai l'impression
20:48de contrôler ma consommation
20:49de savoir pourquoi
20:50j'en prends
20:50quand j'en prends
20:51je ne ressens pas
20:52le besoin d'arrêter
20:53contrairement par exemple
20:54à la cigarette
20:55ou le cannabis
20:56où je me force
20:58à arrêter
20:59parce que j'ai l'impression
20:59de ne plus être en contrôle
21:00justement de la situation
21:01merci beaucoup en tout cas
21:02de nous avoir éclairé
21:03on n'était pas là
21:04pour juger
21:05pour vous juger
21:05mais plutôt
21:06pour vous entendre
21:07est-ce que
21:08là Nicolas Dalibar
21:09je me tourne vers vous
21:11est-ce que cette information
21:12elle ne devrait pas
21:13être plus présente
21:14dans les entreprises
21:14parce que là
21:15on parlait beaucoup
21:16effectivement
21:17que tous les milieux
21:18étaient concernés
21:19tous les sites de boîte
21:20on ne parle jamais de drogue
21:21dans les entreprises
21:22on en parle un peu au lycée
21:23j'imagine
21:24parce qu'il y a la communication
21:25auprès des jeunes
21:26ça commence à être un vrai sujet
21:27en réalité
21:28d'abord il y a parce que
21:29il y a une règle essentielle
21:30qui est que
21:31une entreprise doit prendre soin
21:32de la santé
21:32de la sécurité
21:32de ses salariés
21:33et que dans la prévention
21:34des risques
21:35il y a aussi
21:36la prévention du risque
21:37des consommations
21:38liées aux consommations
21:39une substance psychoactive
21:40elle va majorer
21:42ou potentialiser
21:42tous les risques
21:43auxquels sont exposés
21:44les salariés
21:46donc ça fait partie
21:47de son obligation
21:47ensuite il y a
21:48effectivement des cultures
21:50d'entreprise
21:50où même parfois
21:51il est difficile
21:52de parler d'alcool
21:52parce que historiquement
21:53on a toujours fonctionné
21:54comme ça
21:55et donc en plus
21:56quand on vient parler
21:57des produits stupéfiants
21:58des substances illicites
21:59là il y a quand même
22:01parfois des blocages
22:02la réalité c'est que
22:04on l'évoquait
22:05avec les marins pêcheurs
22:05mais c'est vrai aussi
22:07du milieu ouvrier
22:08c'est vrai du bâtiment
22:08et des travaux publics
22:09la pénibilité du travail
22:10fait que maintenant
22:12les salariés
22:13les travailleurs
22:14ont recours
22:14à tout un tas de produits
22:16et notamment parce que
22:17le prix a été divisé
22:17par 20 en 20 ans
22:18ou 30 ans
22:19on rentre sur ces problématiques
22:21de produits type cocaïne
22:22ou autre
22:23le cannabis
22:24il y a un côté générationnel aussi
22:25c'est que vous avez
22:26moins de consommation
22:27d'alcool chez les jeunes
22:28mais plus de consommation
22:29de cannabis
22:29avec des risques en plus
22:30qui sont liés à la différence
22:32et au décalage
22:32entre le petit pétard du soir
22:34et la positivité d'un test
22:35si jamais il y avait
22:36un accident le lendemain
22:37donc il y a beaucoup
22:38beaucoup de pédagogie
22:38à faire là-dessus
22:39et je dirais que
22:41je travaille donc
22:41pour le cabinet GAE Conseil
22:43on a une approche
22:44qui est vraiment
22:46très très neutre
22:46par rapport à la nature
22:48de la substance
22:48qu'elle voit
22:49illicite ou illicite
22:50en réalité
22:51normalement le travail
22:52est censé protéger
22:53des dérives
22:54des conduites addictives
22:55on garde son travail
22:56on a besoin pour fonctionner
22:57c'est l'économie du foyer
22:58c'est du lien social
22:59c'est un motif de fierté
23:00et que quand
23:00les consommations
23:01commencent à venir empiéter
23:03sur le lieu de travail
23:03c'est que bien souvent
23:04c'est très compliqué
23:05dans les autres aspects
23:06de l'individu
23:07mais alors
23:07comment on communique
23:09comment on fait
23:10de la prévention
23:12vous envoyez vous
23:13des messages
23:13à la télé
23:13ou sur les réseaux sociaux
23:15enfin des messages
23:15un peu choc
23:16sur l'addiction
23:17alors la prévention
23:19contrairement à ce qu'on pense
23:20ça a été bien regardé
23:21sur le plan scientifique
23:22on sait ce qu'il faut faire
23:22et on sait ce qu'il ne faut pas faire
23:24et pendant très longtemps
23:25on a fait ce qu'il ne fallait pas faire
23:27dans les écoles françaises
23:28on a mené
23:29un policier
23:30un ancien
23:31un ancien consommateur
23:33alors s'il pouvait avoir eu
23:34un cancer
23:34et parler comme ça
23:35en disant
23:35les petits jeunes
23:36la drogue c'est de la merde
23:38et ça on sait que
23:39non seulement
23:40ça ne fonctionne pas
23:41mais ça augmente
23:42l'effet inverse
23:43ce qu'on sait aujourd'hui
23:44c'est qu'on travaille
23:44sur les compétences sociales
23:45on travaille
23:46avec des programmes
23:47qui ont été validés
23:48et on le fait
23:49dès la troisième
23:50on le fait en seconde
23:51et ce qui est quand même intéressant
23:53et M. Macron
23:54plutôt que
23:55de faire une insulte
23:56à son intelligence
23:57et à son fameux
23:59en même temps
23:59il peut s'enorgueillir
24:01que sur les dix dernières années
24:03sur ces deux quinquennats
24:05on a vu la consommation
24:06d'alcool
24:07et de cannabis
24:08chez les jeunes
24:09diminuer fortement
24:10alors c'est peut-être pas
24:11par la politique
24:12qu'il a mis en place
24:13mais parce que
24:14bonne nouvelle
24:14oui bien sûr
24:15et bien on va continuer
24:16en espérant peut-être
24:17bonne nouvelle
24:18on va continuer
24:19de refaire le monde
24:19sur cette question
24:20la France qui se drogue
24:21à tout de suite
24:21sur RTL
24:22jusqu'à 20h
24:23on refait le monde
24:24sur RTL
24:25avec Vincent Parizeau
24:30bonne soirée
24:31sur RTL
24:36RTL
24:36votre radio
24:39à tout
24:41Vincent Parizeau
24:42on refait le monde
24:43jusqu'à 20h
24:44sur RTL
24:45quand vous fumez
24:46du cannabis
24:46vous comprenez
24:47votre travail de coke
24:48c'est pas festif
24:49c'est souvent les gens
24:49des beaux quartiers
24:50le trafic de drogue
24:51a des conséquences
24:52on exploite des gens
24:53partout
24:53il y a des gens
24:54qui sont exploités
24:55il y a des assassinats
24:57il y a du proxénétisme
24:58il y a du financement
24:59du terrorisme
24:59la consommation de drogue
25:01fait naître le trafic
25:02et s'il n'y avait pas
25:03de consommation
25:03s'il n'y avait pas
25:04de consommateur
25:04il n'y aurait pas d'offre
25:05et donc il n'y aurait
25:06pas de trafiquant de drogue
25:08ben voilà
25:08c'est QFD
25:10Philippe Battelle
25:11s'il n'y a pas de consommateur
25:12il n'y a pas de consommation
25:13il n'y a pas de trafic
25:14pas de bras
25:15pas de chocolat
25:16c'est aussi stupide
25:17que ça
25:17je suis désolé
25:19heureusement que c'est
25:19beaucoup plus complexe
25:20que ça
25:21d'abord
25:22un
25:22l'offre
25:23elle est
25:26illimitée
25:26elle est archi accessible
25:28d'un grand nombre
25:28de produits
25:29et que d'autre part
25:31pour contrôler
25:33le marché
25:34en particulier
25:35le marché public
25:36ça fait 30 ans
25:37qu'on aurait dû faire
25:38quelque chose
25:38sur le cannabis
25:39et aujourd'hui
25:39on en est là
25:41et on voit bien
25:41les pays dans lesquels
25:42ça a été fait
25:43et bien fait
25:43on n'a pas vu
25:44d'augmentation
25:45de la consommation
25:46et on a vu
25:47une diminution
25:47sur certains critères
25:49des dommages
25:50liés au cannabis
25:51qu'est-ce qu'on peut faire
25:53et comment agir
25:55sur le consommateur
25:56peut-être
25:57alors je vois que
25:58demain matin
25:59Thomas Soto
26:00recevra
26:01Jean-Philippe Tanguy
26:02député RN de la Somme
26:03qui a récemment
26:04proposé que
26:06lorsque quelqu'un
26:06est arrêté
26:07pour du trafic de drogue
26:08on prévienne son
26:09employeur
26:10je voudrais savoir
26:12ce que vous en pensez
26:13Nicolas Dalibard
26:14justement
26:15moi juste pour rajouter
26:16sur le pas de bras
26:17pas de chocolat
26:17j'ai envie de vous dire
26:18pas de pierre
26:19pas de palais
26:19pas de palais
26:20pas de palais
26:20c'est un truc
26:21qui est vraiment
26:21tournant rond
26:22et c'est complètement absurde
26:23prévenir un employeur
26:24non en fait
26:25d'abord il y a un truc
26:26qui s'appelle
26:26la vie privée
26:27première chose
26:28que quelqu'un
26:29qui est pris
26:29en flagrant délit
26:30de consommation
26:31ou qui est arrêté
26:32alors qu'il est au volant
26:34en fait la justice
26:34va s'en occuper
26:35avec des retraits de points
26:36ça ne concerne pas
26:37l'employeur
26:38de la même manière
26:39qu'un dossier médical
26:40ne concerne pas l'employeur
26:41sauf quand vous êtes connus
26:41et qu'à ce moment là
26:42tout le monde le sait
26:43ah bah là c'est autre chose
26:44c'est à dire qu'on prend
26:44un risque d'image
26:45mais c'est évident
26:47mais ce que je veux dire
26:47c'est que non
26:48il n'y a pas de raison
26:49à ça
26:50je voudrais qu'on parle
26:51quand même de ce qui fonctionne
26:52alors ce qui fonctionne
26:53c'est l'accompagnement
26:53c'est la répression
26:56ça les études scientifiques
26:57le montrent
26:58ça ne marche pas
26:59et pourtant
27:00je crois que les études
27:01disent à peu près
27:02entre 75
27:03autour de 75%
27:04des français pensent
27:05qu'il faut plus
27:06faire de répression
27:07sur les consommateurs
27:08le problème des enquêtes d'opinion
27:10c'est qu'en fait
27:10quand on fait des enquêtes d'opinion
27:12c'est pas très précis
27:13et donc
27:14la population
27:15va être sensibilisée
27:17à ce qui est produit
27:18par les médias
27:18produit par le politique
27:19donc dans un pays
27:21où vous avez
27:22une rhétorique permanente
27:24autour de la répression
27:25les gens commencent à y croire
27:26mais quand on regarde
27:27les études scientifiques
27:27ou ce qui marche
27:28dans les autres pays
27:29on voit que la répression
27:31produit plus de dommages
27:32et ne fait pas baisser
27:33la consommation
27:34autour de nous
27:34le Portugal
27:35alors ce qui marche
27:36c'est l'accompagnement
27:39c'est déjà
27:40ne pas stigmatiser
27:41les consommateurs
27:42pour qu'ils n'aient pas
27:43honte de leur consommation
27:44parce que quelqu'un
27:45qui a honte de sa consommation
27:46il va consommer encore plus
27:47et il ne va pas
27:48faire une demande de soins
27:50et comment on va
27:50jusqu'au consommateur
27:51parce que le consommateur
27:52on a en France
27:54des dispositifs
27:55il y a des choses
27:56qui marchent en France
27:57donc on a
27:58contrairement à d'autres pays
27:58comme les Etats-Unis
28:00un dispositif
28:01de soins
28:01et de réduction des risques
28:03qui est anonyme
28:04et gratuits
28:04avec des soignants
28:06formidables
28:06des travailleurs
28:07du médico-social
28:08qui sont là
28:08pour accompagner
28:09les personnes
28:09donc on communique
28:11sur le fait
28:12que ces dispositifs existent
28:14comme on est en train
28:14de le faire actuellement
28:16on renvoie les personnes
28:18vers des numéros
28:19d'appel
28:20drogue infoservice
28:21qui peuvent donner
28:22des informations
28:22donc on informe
28:24sur ces dispositifs
28:25et puis
28:26il y a ces dispositifs
28:27financés par l'Etat
28:28anonyme et gratuit
28:29dont je viens de parler
28:30mais il y a aussi
28:31les groupes d'entraide
28:31comme les programmes
28:32narcotiques anonymes
28:33où vous avez des personnes
28:35qui ont vécu
28:36une expérience de dépendance
28:37et qui vont être là
28:38pour entraider
28:39d'autres personnes
28:40pour créer
28:41du lien social
28:43Oui alors
28:43le patient expert
28:44c'est un
28:45un des pans
28:46et un des volets
28:46ou une expression
28:47de ce qu'on appelle
28:47globalement
28:48la grande famille
28:48de la période
28:49En gros
28:49on va faire simple
28:50un patient expert
28:51c'est un ancien
28:53consommateur dépendant
28:54un ancien malade
28:55un ancien patient
28:56qui a connu
28:57le système de soins
28:58c'est très important
28:59il faut être passé
29:00par le système de soins
29:01et qui va valider
29:02cette expérience
29:03à travers une formation
29:04pour se mettre au service
29:06je dirais
29:06des différents dispositifs
29:09de soins existants
29:09donc moi c'est Abicha
29:10il y a Bojon
29:11il y a Xapa
29:12qui accueille
29:13des patients experts
29:13je crois que vous en avez
29:14un aussi
29:15et c'est cette idée
29:16qu'on va valoriser
29:18cette expérience
29:19moi c'était alcool
29:20et cocaïne
29:20pendant des années
29:21on va valoriser
29:22cette expérience
29:22pour permettre
29:23deux choses
29:23la première
29:24c'est faciliter
29:24la rencontre
29:25avec le patient
29:26parce que finalement
29:27à travers un phénomène
29:27d'identification
29:28on va se retrouver
29:29on va se reconnaître
29:30et puis avoir
29:31ce double langage
29:32ce bilinguisme
29:33qui va permettre
29:34d'avoir des échanges
29:35et des discussions
29:35avec les soignants
29:36pour là aussi
29:38encore une fois
29:38mettre une équipe
29:39un peu plus motivée
29:41et consciente aussi
29:42de ce que c'est
29:42que la réalité
29:43d'être malade
29:44c'est intéressant ça
29:46parce que ça veut dire
29:47que Philippe Battelle
29:47que celui qui est
29:50qui consomme
29:51qui est malade
29:52qui est dans l'addiction
29:53il va accepter
29:54plus facilement
29:55de dialoguer
29:56avec quelqu'un
29:57qui a vécu
29:58qui a connu son parcours
29:59bien sûr
29:59parce que c'est une confrontation
30:00quand on va voir un soignant
30:02justement autour de la question
30:03de la culpabilité
30:04ça ne sert à rien
30:05de culpabiliser
30:06un consommateur
30:06et encore moins indépendant
30:07tous les dépendants
30:08ils se lèvent le matin
30:09en disant
30:09aujourd'hui je vais moins boire
30:11aujourd'hui je ne vais pas fumer
30:12de pétard
30:12aujourd'hui je ne vais pas jouer
30:14au RSA
30:16mon RSA au jeu
30:18aujourd'hui je ne vais pas
30:19prendre de l'héros
30:20parce qu'il faut que j'aille
30:21chercher ma gamine
30:21à la crèche
30:22et le soir il se couche
30:23en disant
30:24t'es mauvais
30:24t'es une merde
30:25parce que t'as bu
30:26t'as fumé
30:27t'as pas vu
30:27donc la culpabilité
30:28c'est un des moteurs
30:29de l'addiction
30:30deuxièmement
30:31il y a une représentation
30:32globale en France
30:34qui fait que nous
30:35quand je dis
30:35que je fais de la dictologie
30:36on me prend pour mère Thérésa
30:37on me dit
30:37oh là là t'es gentil
30:38de t'occuper de ces gens là
30:39il y a quelques années
30:40à l'Inserm
30:41on a regardé
30:42l'efficacité
30:43des traitements
30:44de tous les traitements
30:45on ne va pas les détailler
30:46aujourd'hui
30:46globalement
30:47en baclofène
30:48des choses comme ça
30:48pas simplement médicamenteux
30:51mais les approches
30:52cognitivo-comportementales
30:54l'hospitalisation
30:55pas l'hospitalisation
30:56les mouvements d'entraide
30:58globalement
30:59on dit des conneries
31:00on dit
31:00qui a bu boira
31:01ben non
31:01quand il y a
31:02un malade de l'alcool
31:03qui va vers
31:04un dispositif de soins
31:06au bout d'un an
31:06il y en a
31:07un tiers
31:07qui est sorti d'affaires
31:09un tiers
31:09qui va pas bien
31:10et dans ce tiers là
31:11il y en a 4%
31:12qui sont morts
31:12et puis il y a
31:13un tiers intermédiaire
31:14qui boit moins
31:14et qui va mieux
31:15donc il y a 66%
31:17de personnes
31:17qui vont mieux
31:18donc allez
31:19vers un dispositif de soins
31:20choisissez-vous-le
31:22testez
31:24et il y a
31:25une rencontre
31:25qui est souvent faite
31:26et très souvent
31:27par les médiateurs
31:28santé-père
31:29sur ces questions de drogue
31:30est-ce qu'un gouvernement
31:32je vous pose la question
31:32ensemble
31:33et ça sera d'ailleurs
31:34celle de la fin
31:35peut à la fois
31:36gérer la question
31:37sur le plan sanitaire
31:38et en même temps
31:39sur le plan sécuritaire
31:41et géopolitique
31:42et géopolitique
31:43c'est ce que fait
31:44la réduction des risques
31:45par exemple
31:45les politiques de réduction
31:46des risques
31:47avec ce qu'on appelle
31:47les halte-soins-addictions
31:49qui sont des lieux
31:50par exemple
31:50où les personnes
31:51peuvent venir s'injecter
31:52ils améliorent
31:54la santé des consommateurs
31:55qui ne sont plus obligés
31:56d'injecter dans la rue
31:57et ils améliorent
31:58enfin ces halte-soins-addictions
32:00améliorent
32:00la tranquillité publique
32:01parce qu'il n'y a plus
32:02de seringues
32:02qui traînent dans la rue
32:03voilà
32:04donc en fait
32:04ça c'est un exemple
32:05très clair
32:06de dispositifs politiques
32:08qui règlent les deux
32:09et par ailleurs
32:10il y a aussi
32:11tous ces points de deal
32:12qui continuent aujourd'hui
32:13et qui pourrissent la vie
32:14de centaines de milliers
32:15mais là-dessus
32:16il faut aussi travailler
32:18sur investir de l'argent
32:19dans les quartiers populaires
32:21parce qu'en fait
32:22si les trafiquants
32:23vont aussi
32:24prospérer
32:25dans les quartiers populaires
32:26c'est parce qu'on n'a plus
32:29de maison des jeunes
32:30et de la culture
32:32voilà
32:32donc en fait
32:32il y a aussi
32:33des investissements
32:34qui doivent être faits
32:35de l'État
32:35et puis
32:36pour qu'il y ait moins
32:37de trafic
32:39il faut aussi
32:40qu'il y ait
32:41plus de prévention
32:42pour que les jeunes
32:44rentrent moins
32:44dans la consommation
32:45et plus de sorties
32:46c'est-à-dire
32:47plus de soins
32:48pour que les personnes
32:50sortent de la consommation
32:51et se rétablissent
32:52Nicolas Daliba
32:53Oui
32:54je ne vois pas en fait
32:55en quoi
32:56une très bonne prévention
32:57plus de prévention
32:58plus de soins
32:59finalement
33:00ne réglera pas
33:01la question du trafic
33:02en fait
33:02c'est deux sujets
33:03qui sont pour moi
33:03assez disconnectés
33:04parce que
33:06malheureusement
33:06comme vous l'évoquiez
33:07on a toujours consommé
33:08des substances
33:08psychoactives
33:09depuis que le monde
33:09est monde
33:10la question de la légalité
33:11ça c'est vraiment
33:12un truc qui est
33:12au pouvoir public
33:13je trouve
33:13et je pense que
33:14l'initiative portugaise
33:15elle est très riche de sens
33:16très riche d'enseignement
33:17Mais le problème
33:19de la drogue
33:20tel que le vivent
33:21la plupart des français
33:22qui ne sont pas du tout
33:23concernés par la consommation
33:24c'est cet aspect là
33:25c'est cet aspect
33:26Oui et puis la réponse politique
33:28c'est une réponse
33:29toujours à court terme
33:29et c'est une réponse
33:30qui est toujours poussée
33:32par les événements
33:34et la question de la sécurité
33:35et c'est dommage
33:36parce qu'un politique
33:37intelligent et courageux
33:38il pourrait vraiment
33:40renverser la table
33:41et améliorer
33:43considérablement la situation
33:44Merci beaucoup
33:45d'être venu dans cette émission
33:46pour dresser un petit peu
33:47le tableau de cette situation
33:49la France qui se drogue
33:50Philippe Battelle
33:51Nicolas Dalibard
33:52Marie Gaufré-Roustide
33:54Merci beaucoup
33:55et dans un instant
33:57ce sera le grand récit
33:58signé André Dussolier
33:59et André va nous parler
34:01ce soir
34:02de John Travolta
34:03belle soirée
34:06RTL
34:06c'est votre radio
34:08Sous-titrage Société Radio-Canada
34:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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