00:00Évidemment, revenir une longue partie de cette émission sur les répercussions du meurtre de Quentin Doran.
00:06Je voudrais tout d'abord vous faire écouter Manon Aubry, députée européenne LFI,
00:09qui a estimé que son parti n'avait aucune responsabilité dans cette mort.
00:12Elle était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur CNews et Europe 1.
00:16S'il y a dans notre pays des antifascistes, c'est bien parce qu'il y a des fascistes.
00:20Et tant qu'il y aura des fascistes dans notre pays, il devra y avoir des antifascistes,
00:24mais qui n'utilisent pas la violence.
00:26Nous n'avons strictement aucune responsabilité.
00:28Et je vous mets au défi de trouver le moindre de mes paroles qui appellent à la violence.
00:35Et donc, à partir de ce moment-là, nous ne pouvons être tenus responsables
00:38de faits que nous n'avons pas commandé, que nous n'avons pas applaudi,
00:43que nous n'avons pas demandé.
00:45Et Jean-Luc Mélenchon, comme leader politique dans toute son histoire,
00:49a toujours appelé à l'apaisement, a toujours appelé à ce que le débat démocratique
00:53soit canalisé via les élections, parce que précisément,
00:56nous serons demain les premières victimes de la violence en politique,
00:59Laurence Ferrari, et nous n'avons rien à gagner à cela.
01:01Alors, vous avez noté ce système, j'allais dire, de pensée,
01:05qui est ce qu'on appelle l'inversion accusatoire.
01:07On va y revenir et vous allez nous expliquer.
01:09Mais en gros, s'il y a des antifascistes, c'est parce qu'il y a des fascistes.
01:13Je résume.
01:13Thomas Bonnet, c'est la stratégie de défense de LFI ?
01:16C'est la stratégie des éléments de langage qui ont été distribués visiblement,
01:19parce que le week-end, tout le monde à LFI avait les mêmes,
01:21de Manon Aubry à Mathilde Panot en passant par Manuel Bompard.
01:24Tout le monde avait exactement les mêmes éléments de langage.
01:27Preuve aussi que la démocratie interne à LFI, visiblement, ne va pas très fort,
01:30parce qu'il n'y a aucune voix contestataire.
01:32On pouvait imaginer quand même qu'il y ait au moins des personnes
01:35qui puissent se montrer un peu embarrassées par rapport au maintien de Raphaël Arnaud.
01:38Non, là, c'est tout le monde au front pour aller défendre le soldat Arnaud.
01:43Je vais juste répondre sur un point à Manon Aubry qui dit
01:45« Je n'ai jamais appelé à la violence ».
01:47C'est vrai qu'elle, personnellement, n'a pas vraiment appelé à la violence.
01:50En revanche, elle a parmi ses collègues à l'Assemblée nationale,
01:54Alma Dufour, députée de la France Insoumise,
01:56qui au moment des émeutes qui ont suivi la mort de Naël,
01:58avait dit « La fin justifie les moyens, il faut instaurer un rapport de force ».
02:02Si ce n'est pas un appel à la violence, je ne sais pas ce que c'est.
02:04J'aimerais revenir avec vous, Yvan Riaufol, sur l'inversion accusatoire.
02:09Expliquez-nous un petit peu ce concept.
02:11On est au cœur, là, de la pensée stalinienne.
02:14On est au cœur de la pensée totalitaire.
02:16C'est-à-dire au cœur d'une pensée qui ne reculera jamais.
02:19D'ailleurs, c'est bien ce qu'avait dit un de ces éléments de la France Insoumise,
02:26disant qu'il faut tenir bon.
02:28Et donc, le parti stalinien, à l'époque déjà, le parti communiste de l'époque,
02:31tenait bon.
02:31C'est-à-dire qu'il niait, jusqu'à l'évidence, quand, par exemple, on lui mettait sous le nez,
02:35les morts du oula.
02:36Là, c'est exactement la même chose.
02:38Aujourd'hui, Manon Aubry, effectivement, se dit être le parti antifasciste
02:41parce qu'il y aurait des fascistes.
02:43Donc, elle imprime ce que Orwell avait appelé la novlangue,
02:46c'est-à-dire les mots qui sont maintenant vidés de leur substance.
02:49Et fasciste, aujourd'hui, qui s'oppose maintenant à la France Insoumise,
02:53sans voir que la France Insoumise elle-même,
02:54par, effectivement, cette dialectique totalitaire,
02:58devient précisément ce qu'elle dénonce.
03:00– En fait, il renverse l'accusation.
03:01– Il renverse l'accusation.
03:03Et aujourd'hui, effectivement, comme, vous savez,
03:06qui a un marteau voit des clous partout,
03:08à partir du moment où vous vous désignez comme étant antifasciste,
03:11vous voyez des fascistes partout.
03:12Mais cela, d'abord, cela annule tout esprit contradictoire.
03:17C'est-à-dire que qui contredit maintenant,
03:18et c'est encore une autre caractéristique de la pensée totalitaire,
03:21qui contredit la France Insoumise devient de facto fasciste.
03:24Et surtout, le grand paradoxe de Manon Aubry et de la France Insoumise,
03:27c'est de dire qu'elle joue sur l'apaisement
03:29et qu'elle n'appelle pas à la violence.
03:30Mais quand vous désignez vos adversaires comme étant des fascistes,
03:33vous les appelez précisément à être éliminés,
03:35ce qui avait été le cas de Quentin.
03:37Donc, c'est un discours assumé de guerre civile.
03:40Parce que vous ne pouvez pas dire, d'un côté,
03:41que vous appelez à l'apaisement,
03:42et de l'autre côté, que qui vous contredit est fasciste.
03:45Si vous voulez, si vraiment vous luttez contre le fascisme,
03:47vous luttez contre le fascisme jusqu'à la mort.
03:50Et c'est ceci qui est dit là.
03:52Quand j'entends Manon Aubry,
03:55j'y vois des appels à la guerre civile,
03:59des appels à tuer.
04:01Oui, vous y voyez des appels à tuer.
04:04On va continuer d'en parler,
04:06des suites, des répercussions,
04:07des conséquences politiques,
04:08bien sûr, du meurtre de Quentin Doran,
04:10qu'on verra aussi le dilemme de la gauche.
04:11On entendra à ce propos l'ancien chef de l'État,
04:14François Hollande,
04:15qui parle d'une double faute de la part de la France Insoumise.
04:18A tout de suite, Yvan Rioufoil et Thomas Bonnet,
04:20avec moi en studio pour Europe 1 et Faux.
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