00:00On parle des JO, des biathlètes stratosphériques, des danseurs sur glace, en apesanteur, des records, quelques déceptions.
00:06Certes, la délégation française peut être fière de sa quinzaine olympique et se projeter maintenant sur les JO de 2030
00:12en France.
00:13On en parle avec vous, Clément Dossin. Bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Vous êtes chef du service des sports du Parisien aujourd'hui en France.
00:18On va regarder la une d'abord de votre journal ce matin qui met à l'honneur Julia Simon, Lou
00:24Jean Monod, Camille Benet et Océane Michelon.
00:27Elles incarnent la joie française, ces biathlètes. On a vu l'image à l'écran et ces médailles record pour
00:34la délégation française.
00:35Pourquoi avoir choisi de les mettre à l'honneur ?
00:38Parce que le biathlon a vraiment été le sport roi de ces Jeux côté français.
00:42Il rapporte 13 médailles sur les 23, donc c'était une véritable radia.
00:45Et puis c'est vrai que les femmes, en l'occurrence, ont été particulièrement performantes.
00:50On est sur, au final, un résultat de parité.
00:52Il y a autant de médailles qui ont été rapportées par la délégation féminine que par les hommes.
00:55Donc c'est super, ce n'est pas toujours le cas.
00:58Et voilà, c'est vrai que le biathlon a vraiment été un moment très fort.
01:03C'est riche en émotions, c'est une discipline hyper télégénique et on s'est vraiment régalé à regarder tout
01:07ça.
01:07Alors, on vous a demandé de choisir trois souvenirs marquants de ces JO.
01:10Donc le biathlon, on va y revenir.
01:11Mais la première image, c'est la chute de la légende Linsevone que vous avez choisie.
01:15Oui, c'était au tout début des Jeux et c'est vrai que c'est un moment déchirant.
01:18Les Jeux, c'est toujours ça, c'est des joies, mais c'est aussi d'immenses peines.
01:22Linsevone, elle était sortie de sa retraite pour tenter de briguer une nouvelle médaille d'or olympique.
01:2716 ans après les Jeux de Vancouver, l'américaine, spécialiste de descente.
01:32Et puis elle s'était blessée juste avant les Jeux.
01:34Elle avait un genou en titane d'un côté, elle avait un genou sans ligament croisé de l'autre.
01:38Donc c'est quand même un peu compliqué.
01:39Elle a tenté de relever ce pari.
01:41Et puis ça s'est terminé malheureusement dans le fracas d'une chute horrible,
01:44avec derrière plusieurs opérations, des cris de douleur.
01:47Et voilà, je voulais lui rendre hommage parce que c'est une immense championne.
01:51Et malheureusement, le pari est raté, mais elle restera dans nos cœurs après ces Jeux.
01:56Elle a eu cinq opérations pour sa fracture à la jambe.
01:58C'est impressionnant.
01:59Deuxième souvenir, celui qui est devenu l'athlète français le plus médaillé de l'histoire,
02:03Quentin Fillon Maillet.
02:04Oui, Quentin Fillon Maillet, c'est quelqu'un qui est très discret, qui n'est pas très connu.
02:08Je pense que les gens, le grand public ne connaît pas forcément son nom.
02:12Ce n'est pas Léon Marchand, ce n'est pas Teddy Riner.
02:14Mais c'est aujourd'hui l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux, neuf médailles.
02:18C'était sur la Mastart, il a pris une médaille de bronze.
02:22Et c'est le seul métal qui manquait à son palmarès.
02:25Et voilà, c'est un peu la plénitude de l'athlète.
02:29Cinq médailles il y a quatre ans à Pékin, quatre cette fois-ci à Milan Cortina.
02:34Et c'est absolument remarquable.
02:36Immense champion.
02:37Et avec un biathlon qui, maintenant, ce n'est plus une seule génération.
02:41C'est-à-dire que c'est aussi un succès collectif du biathlon et des préparateurs, directeurs techniques.
02:47C'est toute une finale.
02:47Tout à fait.
02:49C'est vraiment une discipline qui a un savoir-faire unique, qui a élevé l'artisanat au rang d'art.
02:56Il y a une transmission aussi qui est hyper intéressante dans cette équipe de France.
03:00C'est-à-dire que les champions du passé donnent leur petit tuyau aux champions d'aujourd'hui.
03:04C'est les Fourcades.
03:05C'est les Fourcades, mais même avant eux, c'est Baï Salin, c'est Raphaël Poiret, etc.
03:10Donc ça fait quasiment 30 ans que ça dure, on va dire, depuis la première médaille au jeu d'Alberville
03:14en 92, avec le relais féminin.
03:17Et c'est absolument incroyable ce qu'ils ont réalisé, parce que 13 médailles, le record pour le biathlon, c
03:22'était 7.
03:22On est passé de 7 à 13.
03:24Et voilà, c'était exceptionnel.
03:27Troisième image, il s'agit d'un bisou sur le front.
03:30C'était justement pour illustrer un peu cette transmission dont je parlais.
03:34C'est Ossiane Michelon qui est championne olympique, on voit qu'elle ne le réalise pas vraiment.
03:38Ossiane Michelon a 23 ans.
03:40Et puis c'est Julia Simon qui est plus expérimentée, qui, je ne vais pas dire en fin de carrière,
03:44mais qui est, on va dire, au summum de sa carrière actuellement.
03:48Et qui fait ce petit bisou sur le front, c'est ça la transmission du biathlon français.
03:52Un peu, effectivement.
03:54Je parle sous votre contrôle à tous les deux.
03:56Je crois que les trois quarts des athlètes participaient à des Jeux olympiques pour la première fois.
03:59Donc ça veut dire que c'est aussi cette génération 2030, ce sont aussi les Jeux en France qui se
04:05préparent là, aujourd'hui.
04:06Tout à fait.
04:07On a vu Ossiane Michelon là.
04:08Je peux citer Mathis Desloges, le skieur de fond, qui a 23 ans, qui a remporté trois médailles d'argent.
04:13Il n'était pas attendu à Paris Fête.
04:14On savait que c'était un immense espoir et qu'il serait prêt pour les JO de 2030.
04:18Bon, il était prêt un petit peu avant.
04:19Mais le grand public ne le connaissait pas du tout.
04:21Là, il éclate au grand jour.
04:22Tout à fait.
04:23La passation de pouvoir, de relais, de témoins a été faite hier soir lors de la cérémonie de clôture des
04:29Jeux entre l'Italie et la France.
04:30C'est à nous de travailler maintenant.
04:31Il va quand même falloir aussi faire un peu de ménage dans les rondes du comité d'organisation.
04:36Expliquez-nous, il y a de grosses turbulences.
04:39Oui, en fait, c'est un projet qui est mal né.
04:40Dès le départ, ce n'est pas parti sur les bonnes bases.
04:44C'est un projet qui est très politique parce qu'il est mené par les deux présidents de région,
04:47la région Auvergne-Rhône-Alpes et la région Sud.
04:51Et en réalité, j'ai l'impression que le monde sportif n'a pas encore trouvé réellement sa place dans
04:55ce projet.
04:56Or, on l'a bien vu à Paris, en Paris 2024.
04:58Il y avait une figure qui s'appelait Tony Estanguet, qui était issue du monde du sport.
05:02C'est le cas d'Edgar Gropéron, qui est issu du monde du sport, mais manifestement qui ne fait pas
05:06l'unanimité.
05:06Voilà, qui ne fait pas l'unanimité, qui n'a pas encore trouvé sa place.
05:09Il y a eu des tensions en interne au sein du comité d'organisation très fortes.
05:13Ça a abouti en plein Jeux Olympiques de Milan Cortina, alors que tous les projecteurs étaient braqués sur eux,
05:19qu'ils étaient sous les yeux du comité international olympique.
05:21Ça a abouti au départ du DG Cyril Linette.
05:25Donc, on sent vraiment que c'est très, très compliqué.
05:28Vous dites qu'il n'a pas trouvé sa place.
05:29Est-ce qu'on va lui laisser le temps de la trouver, sa place, à Gare Gropéron ?
05:32C'est une excellente question.
05:34Je n'ai pas de boule de cristal, mais je ne serais pas étonné qu'on écrivait nous cette semaine
05:37que son départ était inéluctable.
05:38Donc, ça semble extrêmement compliqué.
05:41Il va falloir remettre vraiment toutes les choses à plat, en réalité.
05:43Et on a perdu beaucoup de temps, parce que les Jeux ont été attribués il y a un an, déjà,
05:46maintenant, à la France.
05:47Qui est-ce qui pourrait le remplacer ? On a une idée qui pourrait le remplacer ?
05:50C'est la même chose.
05:51Je ne vais pas faire de name-dropping ici.
05:53En fait, aujourd'hui, il y a un regret majeur.
05:55C'est qu'il y avait un athlète qui semblait...
05:59Je cochais toutes les cases, qui s'appelle Martin Fourcade.
06:01Oui, vous l'écriez dans votre édito, ce matin.
06:03Tout à fait.
06:03Et il a refusé le poste il y a un peu plus d'un an.
06:06Pourquoi ? Parce que, justement, il a senti que le terrain était miné, que la place n'était pas nette
06:11pour lui.
06:12Donc, il a refusé le poste.
06:14Maintenant, qui sait ? On verra.
06:15Si les choses évoluent, pourquoi pas ?
06:17Mais non, ce n'est vraiment pas simple.
06:20Et puis, le temps presse.
06:21La carte des sites pour 2030 n'est toujours pas figée.
06:23On est à quatre ans de l'événement.
06:25Donc, il va falloir mettre les bouchées doubles, maintenant.
06:27Merci, Clément Dessin, d'avoir été avec nous.
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