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Télématin reçoit la comédienne Clémentine Célarié, à l'affiche de la pièce "Potiche" au théâtre Libre à Paris à partir du 12 février 2026.

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Transcription
00:00C'est une pièce incontournable du Théâtre de Boulevard
00:02dont elle s'apprête à tenir le rôle titre.
00:05À partir du 12 février, cette pièce, c'est potiche.
00:07Notre invitée, c'est Clémentine Selle-Laville.
00:10Bonjour Clémentine, ça va bien ?
00:12Très bien, avec ce bout de temps.
00:16C'est bien pour réviser, pour répéter les dernières...
00:18C'est en intraveineuse, c'est la drogue.
00:21Parce qu'on est le 3, ça débarque le 12 février ?
00:25Vous êtes à fond dans le texte, ça répète, ça répète ?
00:27Oui, et puis on répète tout le temps.
00:28Mais c'est génial, c'est une espèce de bateau qui avance,
00:31avec tous les camarades, c'est génial, on a beaucoup de chance.
00:37On en parle dans un instant, on va voir des images.
00:40Clémentine, on commence par du tacotac,
00:41une minute de petites questions dans tous les sens,
00:43vous me répondez de manière courte, s'il vous plaît.
00:45Histoire de mieux vous découvrir.
00:47On y va ?
00:48Oui.
00:49Vous êtes plutôt matinale ou grâce matin ?
00:51Très tôt, enfin n'importe quoi.
00:55Réveillé à 5h, on vous va.
00:56L'acteur qui vous ferait perdre la tête, Clémentine ?
01:02Français ou international ?
01:04International ?
01:05Que vous aimez bien.
01:06Gary Holman, que j'adore.
01:08Un homme qui pleure, ça vous fait fondre ou ça vous fait fuir ?
01:12Ça me fait fondre.
01:14Ça dépend de l'homme, enfin sur près.
01:17Évidemment.
01:18Il faut le voir sur pied.
01:19Il pleure, il s'en va.
01:22Il s'en va.
01:22S'il est chouette.
01:23Très bien.
01:24Le matin, devant votre miroir, Clémentine, vous vous dites quoi ?
01:27Rien.
01:28Je ne rentre pas dans ce truc.
01:29Non, tout le temps, je me dis que j'ai une tête de cul.
01:32Et un jour, il y a une copine qui m'a dit que si le cul était comme ta tête.
01:36Très bien, c'est un très bon tacotac.
01:38Il sent très bon ce tacotac.
01:40Bordélique ou ordonné ?
01:41Très bordélique.
01:41À l'heure ou en retard ?
01:44Il paraît qu'il faut arriver dix minutes en retard.
01:47J'ai appris ça de…
01:47Donc, vous êtes toujours un peu en retard.
01:49Un petit peu en avance.
01:51Et enfin, en amour, faut-il toujours tout se dire ?
01:55Ah oui, pour moi, oui.
01:56Donc, transparence totale ?
01:58Oui, sinon, à quoi ça sert ?
01:59Oui, il y a certains qui cachent un peu des trucs.
02:02Oui, mais alors, qu'ils partent ?
02:04Ah, oui.
02:05Non, mais je veux dire, soit on s'aime et on est vrai, soit on part.
02:09Je ne sais pas.
02:10Merci Clémentine pour ce tacotac.
02:12Très bon.
02:13De rien.
02:13C'est un très bon tacotac.
02:14Allez, donc Potiche, c'est la pièce de Barry et Grédy, pièce incontournable.
02:18Oui.
02:18C'est un classique, c'est tellement drôle.
02:21Ça commence le 12 février au Théâtre Libre à Paris.
02:24En amour, il va y avoir des images.
02:26Donc, Potiche, c'est l'histoire de Suzanne.
02:27Oui.
02:28Enfin, oui.
02:29Pas que d'elle.
02:30Non, bien sûr.
02:31Mais il faut démarrer par quelque chose.
02:32Donc, Suzanne.
02:32C'est une femme soumise à son qui est un peu sous le…
02:36Oui.
02:36C'est un son de Barry qui ne peut pas être plus chiant.
02:38Un industriel.
02:40De parapluie, s'il vous plaît.
02:43Et donc, il est une secrétaire.
02:44Alors, pardon Clémentine, il y a un petit problème.
02:45On va vous apporter un micro parce qu'apparemment, il ne marche pas trop bien maintenant.
02:48Ah ben oui, merci.
02:50Voilà.
02:50Bon, je vais vous chanter une chanson.
02:52Ah ben oui.
02:53Je suis petite.
02:55Je suis petite.
02:55Oui, mais il y a des petits poèmes dans la pièce.
02:57Oui.
02:58Il y a plein de poésie.
02:59Il y a plein de choses.
03:00Il y a de l'innocence.
03:01En fait, c'est une femme, si vous voulez, pour faire court, parce que vous aimez bien.
03:04C'est une femme sur qui tombe le pouvoir, à qui on donne soudain une responsabilité,
03:08alors qu'elle pense qu'elle est bête un peu.
03:12Parce que sa fille lui dit, maman, tu sais ce que tu es, tu es une petite.
03:14Parce qu'elle subit.
03:15Elle subit.
03:17Elle en cuisine, on lui offre de l'éclat d'un âgé.
03:19Voilà.
03:20Et puis, elle encaisse la mauvaise humeur de son mari.
03:23Mais toujours avec le sourire.
03:26Comme ça, comme ça l'affiche.
03:27Et puis, un jour, elle a une responsabilité parce que son mari est malade.
03:32Il a une crise de malade parce que l'usine est en grève, etc.
03:35Donc, ça ne va pas bien.
03:37Elle doit prendre les commandes de l'usine.
03:38Voilà.
03:39Et en fait, elle se révèle.
03:40C'est ça.
03:41C'est-à-dire que le pouvoir, la responsabilité lui tombe dessus.
03:45C'est ça qui est beau.
03:45Elle n'a pas voulu.
03:46Et en fait, elle se découvre.
03:48Elle découvre qu'elle est capable.
03:49C'est incroyable.
03:50Parce que je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui sont comme ça.
03:54C'est-à-dire que si tout d'un coup, on vous dit, tiens,
03:56pourquoi vous ne soyez pas ministre de la culture ?
04:01Non, mais vous voyez.
04:02Et là, peut-être que vous allez révéler quelque chose de vous que vous ne saviez pas.
04:05Donc, c'est chouette.
04:06Et alors, il y a Philippe Puchin qui fait mon mari.
04:08Paloma, Hugo Bardin qui fait la déj.
04:09On va le voir dans la bonne annonce.
04:11Elle est bien faite.
04:12Non, mais ça veut dire fermer votre gueule.
04:13Oui.
04:13Non, mais parce que justement, on va découvrir la distribution.
04:16Je sais que vous riez.
04:18Allez, c'est parti.
04:19Bonne annonce.
04:19Regardez.
04:21Dans cette vie, les hommes décident.
04:24Les femmes sourient, dociles.
04:25Enfin, jusqu'à ce que tout récille.
04:28La femme du patron.
04:29Élégante, décorative.
04:30Une potiche.
04:31Enfin, c'est ce qu'ils se sont tous racontés.
04:33Le patron.
04:34Costume gris, autorité bien installée.
04:36Normal, il est né du bon côté.
04:38La secrétaire.
04:39Invisible, mais essentiel.
04:41Et marbre en façade, en dedans, prête à exploser.
04:44Le fils du patron.
04:45Il pose des questions.
04:46Refuse l'héritage emballé.
04:48Bénie.
04:48Hum, prête à porter.
04:50La fille du patron.
04:51Elle admire, défend, dit tradition.
04:54Nous, reproduction sans révolution.
04:57Le député syndicaliste.
04:58Grande gueule engagée.
05:00Discours bien rodé.
05:01Le progrès, oui, tant qu'il reste de son côté.
05:04Petit.
05:05Quand le monde est des hommes et des vices.
05:07Quand les certitudes masculines s'engoutissent.
05:09Et quand une femme décorative s'immisce.
05:13Ce rôle, vous en aviez envie ?
05:15Vous avez exprimé l'envie de le jouer ?
05:17Comme le pouvoir est tombé sur Suzanne,
05:19ce rôle m'est tombé comme ça.
05:22Jean-Marc Dumontel m'a proposé.
05:23Et je n'ai pas pu dire non.
05:25C'est impossible.
05:26Parce que c'était un sacré défi.
05:28Parce que ça s'est décidé tout ça assez vite.
05:30Et puis, la rencontre avec Charles Templon.
05:32Qui est le metteur en scène.
05:33Qui est absolument génial.
05:34Qui est un acteur aussi génial.
05:36Et qui est très fin.
05:37Ce qui fait qu'on travaille beaucoup.
05:39Mais il a une façon de nous guider.
05:41On n'est pas dans le gros truc.
05:43On essaye d'être vrai.
05:45Et en même temps, c'est une comédie.
05:46C'est merveilleux de jouer.
05:47Moi, ça faisait longtemps.
05:47Depuis, j'avais l'âme sans gêne.
05:48Vous avez fait du Sveig.
05:49Vous avez fait du Maupassant.
05:50Il y avait aussi la maman.
05:51Du David de Lailo.
05:52Ça fait un bout de temps que vous n'avez pas vu dans une comédie.
05:55Et avec une troupe.
05:57J'avais beaucoup de trucs seule.
05:59Et donc là, ça fait du bien.
06:00Et puis, c'est comme...
06:01Il faut devenir un ballon qui rebondit.
06:04Donc, c'est marrant.
06:06Parce que la réjouissance d'un rôle.
06:08Et des camarades, de la troupe.
06:10Il faut beaucoup, beaucoup l'énergie.
06:12La comédie, c'est plus difficile que le drame.
06:15Parce qu'il faut un rythme.
06:17Il faut que ça swingue.
06:19Donc là, on est en train de travailler.
06:21La musicalité.
06:22La musicalité, absolument.
06:24Ça va swinguer ?
06:25Alors, vous savez évidemment que c'est Jacqueline Mayan qui avait créé ce rôle.
06:28Vous l'aviez vue, la pièce à l'époque ?
06:29Vous l'avez revue depuis ?
06:30Je l'ai...
06:31Non, je ne l'avais pas vue à l'époque.
06:32Je n'étais pas né.
06:33Enfin, vous êtes fou.
06:34En 1983, vous me disiez pas né.
06:37Mais pardon, je n'étais pas là, Clémentine.
06:38Quelle erreur j'ai commise.
06:39Non, mais non.
06:40Et donc...
06:42Non, mais j'ai vu.
06:43J'ai regardé, évidemment.
06:45Mais Mayan, c'est Mayan.
06:46Si vous voulez, c'est...
06:48Ça a été joué par d'autres actrices.
06:49Catherine Deneuve dans le film de Ozon.
06:52Mais non, mais en même temps, c'est tentant.
06:56Elle a une espèce de façon de rythmer les choses, une espèce de gouaille.
07:00Mais c'est comme Madame Sangène.
07:01Elle avait joué aussi, Madame Sangène.
07:02Mais non, mais il y a des...
07:05Maintenant, on est parti sur notre bateau.
07:06Vous voyez, il faut qu'on crée notre truc, notre façon.
07:09Et puis, bon, les acteurs, Philippe Puchan,
07:11qui est un acteur qui jouait Napoléon dans Madame Sangène,
07:14et que j'adore.
07:16Et puis Paloma, qui joue Nadège.
07:18Et puis, enfin, voilà, ça va être différent.
07:21Ça va être de notre façon à nous de faire le truc bien chargé.
07:22Mais à un moment, il faut arrêter de regarder ce qui s'est fait
07:24pour pouvoir se projeter.
07:26Plus du tout, oui, parce qu'il faut qu'on s'approprie le truc.
07:29Et puis, il faut que ce soit vrai, quoi.
07:31Parce que ça se passe en 70,
07:32mais puis il y a une espèce d'innocence.
07:35Puis c'est drôle, ce côté, comme ça.
07:37Je connais des gens comme ça,
07:38qui ne veulent jamais que ça se passe mal.
07:40Vous voyez, qu'il y a un conflit dans la famille.
07:41On cache.
07:42Non, non, ça va, mon chéri, oui.
07:44Tout est, vous voyez, c'est...
07:45Oui, oui.
07:46La pièce, évidemment, elle reste dans les années 70.
07:49Tout est 70.
07:49Oui, complètement.
07:50Oui, ça se voit dans la bande-indance.
07:51Tout est complètement 70.
07:53Les cheveux, les machins, les costumes.
07:55Et puis, ça commence par un jogging.
07:56On a un point commun avec Suzanne,
07:58c'est qu'on fait du jogging.
07:59Ah, toutes les deux, du jogging.
08:01Une demi-heure tous les jours,
08:0210 kilomètres en côte.
08:04Ah oui, bon ?
08:05Non, je rigole.
08:06Je ne sais pas ce qu'il veut trop.
08:07Non, mais c'est une demi-heure tous les jours ?
08:08Comment ?
08:09Vous courez tous les jours ?
08:10Enfin, pas en ce moment.
08:11Parce que souvent, je fais du texte, du texte, du texte.
08:13Comment on fait du tapis ?
08:13Du tapis en côte.
08:14Il paraît que c'est très efficace.
08:15C'est excellent.
08:16C'est comme si on montait des escaliers.
08:17Un tapis en côte, c'est magnifique.
08:18Ça fait des fesses en béton, il paraît.
08:19Tous les fesses.
08:20Et ça, c'est génial.
08:22Voilà.
08:22Non, mais là, on rigole.
08:23Mais c'est vrai qu'être sur scène tous les soirs,
08:25vous confirmez, Clémentine,
08:27c'est vraiment une hygiène de vie indispensable.
08:29C'est génial.
08:30Mais c'est épuisant.
08:31Il faut faire gaffe à ce moment.
08:32Que nous soyez épuisants.
08:32C'est physique ?
08:33Non, mais c'est bien.
08:35C'est vivant.
08:35C'est la vie.
08:36C'est de renouveler quelque chose.
08:37Il me semblait que certains comédiens ou comédiennes
08:39vous disent qu'il me faut une hygiène de vie totale.
08:41Je fais gaffe à ce que je mange.
08:41Oui, c'est vrai.
08:42Mais bon, oui, oui.
08:44Là, on n'a pas encore fait de filage, vraiment.
08:46Vous voyez ce que je veux dire ?
08:47Parce que voilà, ça dure 3h12.
08:49Non, ce n'est pas vrai.
08:50Ça dure une heure et demie.
08:51Mais non, c'est un entraînement, après.
08:54Non, puis il y a l'énergie des autres.
08:55C'est vraiment comme du jazz, comme de la saule.
08:59Il y a le public aussi.
09:00Mais oui, bien sûr.
09:01Mais alors ça, on va le découvrir le 12.
09:03On a quelques petits couturières à vendre.
09:06Voilà, mais oui, ça, ça va être dingue.
09:07Au Théâtre Libre, à partir du 12 février,
09:10ça va être évidemment l'événement.
09:11de ce mois.
09:13Mathilde.
09:14Mathilde a ouvert la boîte aux archives
09:16pour revenir sur quelques moments de votre carrière.
09:18Oui.
09:19Et la première fois qu'on parle de vous, Clémentine,
09:21c'est Arlette Chabot.
09:22Je ne sais pas si vous vous souvenez.
09:23Dans l'émission Jeunes pratiques.
09:25Arlette Chabot.
09:26Oui, alors regardez.
09:27En plus, elle parle de vous sous votre vrai nom.
09:32Bonsoir.
09:32Je vous l'ai dit, lundi, en commençant cette série,
09:34nous allons essayer pendant l'été
09:35de vous présenter des jeunes qui ont du talent
09:37et qui font des choses intéressantes dans tous les domaines.
09:40Alors ce soir, c'est le Café Théâtre.
09:41Nous allons y aller ensemble pour retrouver
09:43Myriam Célarier et Rémi Bernadak.
09:47Myriam Célarier, donc c'est votre vrai présence.
09:49Myriam, je l'ai souvent dit.
09:52Voilà, je suis née à Dakar.
09:53Vous l'avez troqué ?
09:55Non, c'est Patrick Meyère qui m'a engagé à Radio 7,
09:59qui m'a dit, parce que j'avais fait une maquette,
10:02je voulais faire de la radio, puis je rigolais beaucoup.
10:05Il m'a dit, il faut que tu aies un nom un peu marrant.
10:08Et Clémentine, ça aurait pu être pire, banane ou orange.
10:11Je me disais, non, Clémentine, c'est bien.
10:13Prune ?
10:13Voilà, Prune.
10:15Ça vous va bien, en fait ?
10:16Mais vous avez dit, je m'appelle Myriam.
10:18Mes intimes, maman, mon frère, mes copains, copines.
10:23Non, mes enfants, ils m'appellent maman.
10:25Ah oui.
10:26Mais voilà, mes intimes m'appellent Myriam.
10:30Et puis, dans la pièce, j'aime bien qu'on appelle Myriam.
10:33À la sécu, elle vous appelle Myriam, officiellement.
10:35Ah oui, mais pas qu'à la sécu, j'aime bien.
10:37Enfin, la sécu, je n'y vais pas, déjà.
10:39Mais je la salue.
10:40Mais entre comédiens, vous aimez bien qu'on vous appelle Myriam.
10:43Non, mais quand un projet de groupe,
10:45et qu'on s'aime beaucoup, qu'on se rend compte
10:47qu'il y a un truc sur longtemps, un tournage ou une pièce,
10:50j'aime bien qu'on m'appelle Myriam.
10:51On entre dans un cercle.
10:52Oui, parce que je suis Myriam.
10:55Alors, sur scène, on vous découvre avec un joli teinte de voix
10:58dans une pièce plutôt barrée, sur des chansons de Topor.
11:01On regarde ?
11:02Oui, bien sûr, bien sûr.
11:05Je voudrais des renseignements
11:09sur votre vie, votre carrière.
11:14Est-ce que ça pose des problèmes de mettre en scène
11:16de telles chansons qui ne sont pas des chansons très faciles ?
11:18On pourrait penser que ça pose des problèmes.
11:20Et puis finalement, c'était des chansons qui étaient tellement visuelles
11:23que tout de suite, on a été très, très inspirés.
11:26Quand vous voyez cette jeune fille, qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ?
11:47D'abord, j'ai opéré mon nez, déjà, parce que j'en souffrais
11:50quand j'avais rencontré des gens pour être comédienne.
11:53Enfin, j'ai l'impression qu'ils ne regardaient que ça, alors que c'était moi, en fait.
11:58Vous l'avez affiné ?
11:59Oui, je l'ai affiné, voilà.
12:01Mais voilà, donc ça, ça m'a changé la vie, quand même.
12:03Quand je revois ça, je ne vois pas de…
12:07J'ai l'impression que c'est collé à…
12:10Comment vous dire ?
12:11D'abord, je retrouve Rémi Bernarda, qui était un ami,
12:13que je ne revois jamais, évidemment, vouloir,
12:15parce que je travaillais beaucoup et que j'ai pas mon rêve.
12:18Mais je pense à Topor, qui était un mec extraordinaire,
12:23qui était un poète, un rôle en Topor, un homme fantastique.
12:27Et je conseille à tout le monde de lire ce qu'il a écrit.
12:30Et non, mais ça ne me fait rien de…
12:32Je ne vois pas ça comme il y a très longtemps, si vous voulez.
12:36Je vois ça…
12:37Ça m'a façonné, en fait, ça.
12:38Tout, c'était…
12:39On se battait pour faire des spectacles,
12:41c'était dans une petite cave, enfin bon.
12:42Oui, il y avait des sortes où il n'y avait pas grand monde, j'imagine ?
12:45Non, mais du tout.
12:45Ah non, pas grand monde.
12:46Parce que c'était bourré.
12:49Après, on a fait Bercy, qui n'existait pas.
12:51Non, non, mais c'était…
12:53C'est chouette, ça fait partie de…
12:55Vous voyez, de ce qui nous forme, quoi.
12:57De la construction.
12:58Alors après, on vous repère, et vous commencez au cinéma.
13:02En 86, vous enchaînez les rôles partout.
13:04Vous venez même de tourner 37 de le matin,
13:07ce qui vous vaut une invitation au journal télévisé d'Antenne 2,
13:10où vous êtes un petit peu intimidé.
13:13Clémentine Scellarié, c'est la comédienne qui monte,
13:15tout le monde en parle.
13:15C'est vrai.
13:16Vous en avez confiance de ça, quand même ?
13:18On dit, c'est la rumeur, comme ça.
13:20En tout cas, c'est agréable aussi d'être ici.
13:22C'est un peu comme un rêve.
13:23C'est vrai, en ce moment, c'est un peu étrange, oui, comme période.
13:26Vous avez fait quoi ? Des études de théâtre ?
13:27Non, j'ai tout raté.
13:29Je suis très fière de le dire.
13:30J'ai raté le conservatoire, j'ai raté la rue Blanc.
13:32Enfin, je suis très fière, je ne suis pas fière.
13:33Mais j'ai un peu raté des circuits officiels.
13:37Alors, je me suis un peu rabattue sur le jazz, sur du café-théâtre.
13:40Le déclic, ça a été quoi ?
13:42Le déclic, ça a été la rencontre avec Dominique Besnéard.
13:46C'est drôle, parce que vous avez envie de lui dire…
13:50Moi, j'ai envie de dire, Myriam, arrête de dire « Sois, aie confiance en toi »,
13:54alors que je n'ai toujours pas confiance en moi.
13:57J'ai 112 hommes, ce n'est pas grave.
14:00Merci beaucoup, Myriam.
14:01On n'en guérite pas du manque de confiance.
14:04Ce n'est pas grave, en même temps, ça vous…
14:06C'est vous, je pense.
14:09Vous nous disiez, Clémentine, que vos intimes vous appellent par votre vrai prénom, Myriam.
14:14Donc, elle, à mon avis, elle vous appelle, Myriam.
14:17On est très contents d'avoir un petit témoignage de votre maman.
14:21Regardez si c'est trop mignon.
14:23Anecdote.
14:23Quand elle avait 16 ans, je l'ai emmenée voir les contes de la Bécasse de Maupassant.
14:31Ça a déclenché Gisèle un goût pour le théâtre extraordinaire.
14:37Et elle dit que c'est grâce à moi qu'il est emmenée au théâtre à 16 ans
14:42écouter ses contes de Maupassant, qu'elle a eu envie, la vocation,
14:49d'être, de faire du théâtre et d'être comédienne.
14:53Oui, c'est grâce à ma maman absolument que…
15:00Oui, parce qu'elle…
15:01Alors, pourquoi elle l'a fait ?
15:02C'est toujours la question.
15:04Pourquoi elle m'a emmenée comme ça ?
15:06Elle nous a beaucoup, comment dire, enrichies de cultures.
15:10Ouvertes à la culture.
15:11Toujours.
15:11Elle a emmené aussi mes enfants.
15:13Elle était…
15:14Elle est très…
15:15Elle aurait pu être pianiste, maman.
15:16Elle a beaucoup de talent.
15:18Elle est très fine.
15:19Et je l'embrasse.
15:20Elle est coquine parce que je lui dis, tu sais que demain matin,
15:23je me lève aux oreilles.
15:24Elle me dit, ah bon ?
15:25Bravo, très bonne comédienne.
15:29Non, non, mais c'est une femme…
15:31Voilà, maman, elle fait partie.
15:32Vous voyez, de ces femmes qui auraient pu beaucoup plus exister,
15:38faire ce qu'elles avaient envie de faire.
15:40Mais voilà, elle est d'une génération où c'est…
15:43C'est important de pousser nos mères et de les respecter et de les écouter
15:48et d'entendre leurs témoignages aussi.
15:50Parce que quand elles parlent des hommes, maman, c'est quelque chose.
15:53Moi, je l'ai enregistré, c'est extraordinaire.
15:54Vous êtes pareil avec vos enfants ?
15:56Vous les poussez aussi à la culture, à être…
15:58Oh ben, je les ai toujours…
16:00Enfin, poussés à la culture, on a toujours fait des déguisements,
16:03des rôles, des trucs, des machins.
16:04On a toujours été dans le monde de l'imaginaire, quoi.
16:08La créativité, je les ai un peu trop…
16:11Enfin, un peu trop, quelquefois.
16:12Tout le temps, créer, créer…
16:14Merci en attendant à Martine, la maman de Clémentine.
16:17Oui, merci.
16:17Elle est trop mignonne de votre maman.
16:18Ah oui, merci, c'est un petit bonbon.
16:20Oui, ça se voit.
16:21C'est un copain qui se dit « Ah, c'est mon petit bonbon. »
16:24Adrien, vous allez plonger dans les souvenirs d'enfance de notre invité.
16:28Mais oui, on reste dans ce qui est rassurant, l'enfance, les souvenirs.
16:32Et j'ai créé pour vous une petite boîte à souvenirs
16:35dans laquelle se trouvent quelques petits souvenirs,
16:39quelques objets qui peut-être vous rappelleront quelque chose.
16:42Je veux bien que vous en choisissiez un pour démarrer.
16:45Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous interpelle ?
16:46Prenons la croix.
16:47Alors, la croix.
16:48Le crucifix, parce que j'ai lu qu'à 13 ans,
16:51vous vouliez devenir bonne soeur.
16:53J'étais en pension aux Ursulines à Saint-Germain-en-Laye.
16:58Et maman et papa et mes frères étaient au Gabon
17:02parce que j'avais été virée du lycée.
17:05Enfin bon, bref.
17:06Et pour un malentendu avec un élève africain,
17:12j'avais été très traité de raciste.
17:14Enfin, un truc horrible parce que mon rêve.
17:15Et donc, j'étais en pension et j'avais...
17:18Je faisais ma profession de foi, tout ça.
17:20Je suis profession catholique.
17:22Et j'ai eu comme un truc qui m'a...
17:25Une épiphane.
17:26Troublé quelque chose.
17:27Ça m'a beaucoup attiré.
17:29Et donc, j'ai demandé à une soeur
17:31comment on fait pour être bonne soeur.
17:32Elle m'a dit Dieu t'appellera.
17:33Non, mais vraiment.
17:35Et dans le dortoir, moi, j'attendais que Dieu vienne me dire
17:37« Mériem, j'ai confiance en toi.
17:40Tu es pur. »
17:40Enfin, je ne sais pas.
17:41Il ne vous a jamais appelé.
17:41Il n'est pas venu.
17:42Non, mais il n'est pas venu dans mon...
17:43Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
17:44Donc, bon, voilà.
17:46Vous regrettez parfois de ne pas être devenue bonne soeur ?
17:48Non, quand même pas.
17:48Non, je ne regrette pas.
17:49De toute façon, être bonne soeur,
17:51c'est être dans une...
17:53Voilà, d'une prière,
17:55dans une...
17:55Et puis, une bonté, une...
17:57Eh bien, on essaye de faire ce qu'on peut
17:59à travers notre métier.
18:00Mais non, non, je ne regrette rien.
18:02Alors, il y a un objet qui peut-être tranchera un peu
18:05avec le fait que vous vouliez devenir bonne soeur.
18:07Oui, le danino.
18:07C'est le danino.
18:08Oui, parce qu'il y a des soeurs qui mangent les danino.
18:11Non, mais parce que j'ai lu, là encore,
18:13vous allez nous dire si c'est vrai,
18:14que vous gardiez vos frères.
18:16Vos parents mettaient dans le frigo trois daninos.
18:19Mais que vous, vous exigiez
18:20que vos frères vous laissent la moitié de leurs daninos
18:23sans que vous les terrorisiez.
18:25Non, non, mais c'est pire que ça.
18:26Non, c'est-à-dire que c'est pas forcément...
18:27Enfin, dans mon souvenir,
18:29il y avait des daninos
18:30et que quelquefois, je prenais...
18:31On rappelle ce que c'est, les daninos ?
18:33C'est ça, c'est ça ?
18:33Une crème glacée.
18:34D'accord, une crème glacée
18:35que tu mets dans le friseur.
18:37D'accord.
18:38Et du coup, c'est glacé.
18:39C'est très, très bon.
18:39Pourquoi ils ont arrêté de faire ça ?
18:41C'était moelleux, c'était souple.
18:43Oui, et puis un peu glacé, ce mortel.
18:44Donc voilà, quelquefois,
18:45le marron suisse aussi,
18:46je le reprenais un peu,
18:47j'étais un peu pas gentil quelquefois.
18:49Et ils se sont rebellés un jour,
18:51vos frères ?
18:51Je sais pas, je sais plus.
18:52Ah oui ?
18:53Ben, on rebellait gentiment,
18:54mais ils n'étaient plus...
18:55Il y a un crabe.
18:57Parce que vous arrachiez
18:58les pattes des crabes
18:59quand vous étiez petit.
18:59Oui, il y a un méchant.
19:00Est-ce qu'il ne serait pas temps
19:01de vous excuser ?
19:02Auprès de tous les crabes amputés.
19:04Oui, oui, pardon.
19:05Non, non, non, il y a longtemps.
19:07Mais en fait, j'ai eu un problème
19:08quand mon frère Laurent,
19:11qui a 4 ans de maman, est né,
19:12parce que j'étais très jalouse.
19:14Donc je pense que je me vengeais
19:15sur les crabes.
19:16Mais bon, j'ai pas non plus
19:17arraché les pattes de tous les crabes.
19:19Il y avait des idées là-dessus.
19:20J'étais petite.
19:21Mais non, mais j'étais petite
19:23et je pense que je me vengeais.
19:24C'était horrible.
19:25Et puis, des fois,
19:26je pinçais mon frère en cachette.
19:28Je me disais,
19:28non, maman, il pleure.
19:29C'est horrible.
19:30Mais j'étais malheureuse, quoi,
19:31de partager mes parents.
19:33Merci beaucoup, Adrien.
19:34Vous l'avez compris.
19:36On en pince pour elle.
19:39Allez applaudir Clémentine Sélarié
19:41pour cette nouvelle aventure théâtrale
19:43Potiche de Barillet-Egrédie
19:44à partir du 12 février.
19:46Donc c'est à partir de jeudi prochain,
19:48c'est au Théâtre Libre à Paris.
19:49Ça va cartonner, c'est sûr.
19:50Ça sent le succès avant même
19:52que ça commence.
19:52Merci, c'est gentil.
19:52La fiche est très belle.
19:53Merci beaucoup, Clémentine.
19:54Merci à vous.
19:55Bonne dernière répétition, surtout.
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