00:00Nous on a notre héroïne française.
00:01Exactement, nous on a des records de médailles.
00:03Et nous aussi on a notre héroïne et elle est avec nous en plateau ce matin.
00:07On est très très heureux de recevoir Périne Laffont.
00:09Bonjour.
00:11Merci de vous être levée tôt pour venir nous voir.
00:13Grand plaisir.
00:14On est hyper fière de vous recevoir.
00:16Merci.
00:20La voici cette médaille de bronze en ce qui nous bosse.
00:23Vous avez fini quatrième dans l'épreuve parallèle.
00:25Vous aviez pressenti que ces Jeux allaient être une succession d'ascenseurs émotionnels.
00:31On peut dire que vous avez été servie.
00:32Oui, mais je pense que j'ai le don de me mettre dans des situations un peu cocasses.
00:36Mais je pense que c'est ce qui rend aussi la médaille belle.
00:39C'est ce qui a ému aussi les Français.
00:41J'ai l'impression, en tout cas, c'est le retour que j'en ai ressenti.
00:44Et aussi, c'est la beauté des Jeux olympiques en fait.
00:47Alors cette médaille de bronze en ce qui bosse, vous êtes allée la chercher très très loin.
00:51Vous nous racontez en quelques mots comment ça s'est passé, comment vous l'avez vécu.
00:55C'est vrai qu'elle n'a pas été simple.
00:56J'étais blessée en début de saison.
00:58Donc j'arrivais sur ces Jeux avec très peu de références en termes de ski, en termes de compétition aussi.
01:04Et du coup, j'étais en quatrième des qualifications.
01:07Donc on se dit, oh là là, le podium, il n'est pas loin, mais il n'est pas prêt
01:10non plus.
01:11Et en fait, en finale 1, je fais une erreur sur le saut du haut, ce qui me met à
01:15la huitième place.
01:16Donc ça veut dire que je passe limite limite pour la deuxième finale.
01:20Et en fait, en deuxième finale, il fallait tout donner et avoir un gros score pour aller chercher le podium.
01:26Donc je suis remontée jusqu'à la troisième place pour avoir cette médaille.
01:29Huit ans après votre titre olympique, vous remontez sur un podium.
01:32Il faut savoir, et on va le rappeler, mais c'est incroyable.
01:35Il y a un mois et demi, vous étiez encore avec des béquilles.
01:39Vous êtes allé la chercher loin, cette médaille, cette blessure.
01:43Elle était bien plus sérieuse que ce que vous aviez annoncé.
01:46Est-ce que quelque part, de ne pas en parler ou de le minimiser, ça vous a aussi un peu
01:50protégé ?
01:51Je pense que c'était aussi un choix du staff médical et un choix personnel aussi,
01:55de vraiment me mettre dans une bulle pour ne pas déjà ressentir cette pression olympique qui est grosse.
02:00Mais aussi, cette pression olympique, en tant que blessée, elle est d'autant plus compliquée.
02:04Donc voilà, on a essayé.
02:06Alors, ce n'était pas forcément de le cacher, mais c'était aussi de me protéger,
02:10de me mettre dans une bulle pour essayer d'arriver le plus sereine possible à ces jeunes.
02:13Et puis, elle est concurrente aussi.
02:15J'imagine qu'elle devait peut-être se dire, hop, elle est blessée.
02:18Oui, c'est ça, exactement.
02:20On ne voulait pas aussi non plus leur dire, bon, c'est bon, la fond, elle ne sera pas là.
02:24Et quand je suis tombée sur les premières étapes de Coupe du Monde, je me suis relevé de suite.
02:28Alors, c'était beaucoup dû à l'ego aussi, mais je me suis relevé.
02:32On a essayé de ne pas montrer que j'avais extrêmement mal pour ne pas fouler tout le monde
02:38et ne pas leur dire que la course allait être facile.
02:41Et le mental, Périne, dans votre sport, vous dites qu'au terme de la première manche,
02:46on va dire, vous étiez donc huitième.
02:48Il se passe quoi ? C'est-à-dire que vous avez cette force de dire, je vais tout donner
02:51et je vais y arriver parce que vous sentez les regards de vos concurrentes sur vous
02:54qui ne sont pas très bien classées ?
02:56C'est sûr que c'était une très mauvaise posture que j'avais pour aller accéder jusqu'au podium.
03:01J'étais quand même assez loin.
03:03Et on va dire que dans mon malheur, j'ai eu un petit peu de chance
03:06parce qu'en fait, du coup, je fais ma première finale, je suis huitième.
03:10Il faut très vite que je remonte au départ.
03:12J'arrive au départ, l'entraîneur me dit, il te reste quatre minutes.
03:15Donc, en fait, j'ai chaussé mes skis.
03:16Je n'ai pas eu le temps de...
03:17Finalement, c'était bien que ça aille vite.
03:18Je pense que ça m'a servi aussi parce que je n'ai pas eu le temps de trop cogiter.
03:22On s'est rappelé un ou deux points techniques que j'avais
03:25où il fallait que je fasse attention sur la piste
03:27et que du coup, en fait, ça m'a permis d'être focus et juste de pousser sur les bâtons.
03:31Et en fait, en sport de haut niveau, on parle beaucoup de mémoire musculaire.
03:36C'est-à-dire qu'en fait, votre corps, vous l'avez tellement travaillé,
03:38vous avez tellement répété le mouvement
03:40que vous n'avez pas besoin de beaucoup réfléchir pour faire ce qu'il y a à faire sur la
03:43piste.
03:43C'est ça.
03:44Mais quand même, ce corps, il a été malmené.
03:46Je reviens sur cette blessure.
03:47Et il y a deux mois, est-ce qu'à un moment, vous avez douté ?
03:52Vous vous êtes dit, je ne suis pas sûre de pouvoir les faire.
03:53Est-ce que votre staff médical a douté ?
03:55Est-ce qu'il a fallu les convaincre ?
03:58Alors, je pense qu'eux, ils étaient plus convaincus que moi
04:00parce qu'en fait, je suis une athlète, je touche du bois,
04:02qui n'a pas été beaucoup blessée pendant sa carrière.
04:05Donc, c'était quelque chose d'un petit peu nouveau
04:06d'être mise de côté pour des compétitions, de louper des départs.
04:10Et je pense qu'ils étaient plus sereins sur mes capacités à revenir
04:14et à retrouver le podium comme moi.
04:17Oui, j'ai quand même beaucoup douté.
04:19Et cette flègue, vous avez un flègue qui est assez impressionnant.
04:22Vous voyez, vous êtes souriante.
04:23On parle de blessures quand même assez graves.
04:24Est-ce que cette détermination, vous l'avez depuis l'enfance ?
04:27Je pense que oui, je l'ai depuis que je suis toute petite.
04:30C'est la manière dont j'ai été éduquée aussi.
04:32Mes parents, voilà, ils m'ont éduquée d'une manière
04:35à ne jamais rien lâcher, à rêver grand aussi.
04:38Et je pense que c'est ce qui fait mon caractère
04:40en tant que sportive de haut niveau.
04:41Après, je suis d'octobre, je suis scorpion aussi.
04:44Donc ça ne l'a jamais, le scorpion.
04:45Il y a l'astrologie.
04:47J'y crois un petit peu aussi.
04:49Et je sais que j'ai un caractère bien trempé de par ça.
04:52Donc je pense que ça fait un bon combo explosif pour le sport de haut niveau.
04:56Oui, mais en même temps, vous avez vu, il y a eu des larmes aussi.
04:59D'ailleurs, chez vous et chez d'autres athlètes depuis le début de ces JO,
05:02un mot peut-être de l'ambiance, de ce qui se passe.
05:04J'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus d'émotions
05:07avec des histoires personnelles qu'on raconte davantage.
05:10Que vous, les athlètes, vous le livrez aussi beaucoup plus.
05:12Et ça fait du bien aussi de voir ça pour nous, publics.
05:15Oui, je pense que c'est beau aussi de les partager, ces émotions.
05:19Et même aussi parfois ces larmes, parce que c'est ce qui nous rend humains.
05:22Je pense que le sportif de haut niveau est mis sur un piédestal en tant que super-héros
05:28qui déroule sur la piste, qui ramène des médailles.
05:30Mais non, au fond de nous, on est des humains.
05:32On a un cœur, on a beaucoup d'émotions aussi.
05:35Et le fait d'avoir ce stress, cette adrénaline aussi, je pense que ça les décuple.
05:41Et là, en plus aussi, beaucoup d'athlètes avaient leur famille aussi
05:44qui étaient là, présents, pour les soutenir.
05:46Et je pense que ça a fait un combo explosif d'émotions là-bas.
05:50Et donc d'un mot, Périne, l'après, c'est quoi ?
05:53Et 2030, on vous retrouve aux JO en France ?
05:55Avec plaisir.
05:57Vous en avez 31 ans ?
05:59Oui, voilà, les calculs sont bons pour aller jusqu'à 2030.
06:03Et puis le sujet juste avant montre qu'il y a des athlètes de 35 ans,
06:07maman, qui sont encore très performantes,
06:09qui ramènent des médailles, des titres olympiques.
06:11Donc c'est sûr que ça inspire.
06:12Je pense qu'on repousse encore plus nos limites dans le sport de haut niveau
06:16et de plus en plus aussi l'âge de la retraite.
06:18Vous nous la remonterez une seconde, s'il vous plaît.
06:21Il parle qu'elle est lourde.
06:22Vous voulez la peser ?
06:24Vous dormez avec ?
06:25Vous dormez avec ?
06:26C'était la perche.
06:27C'était la perche.
06:28Vous dormez avec ?
06:28Ah oui !
06:28Hein, Périne, vous dormez avec ?
06:30Les premières nuits, j'avoue que j'ai dormi à côté.
06:33Mais c'est normal, là.
06:34Mettez-la sous l'oreiller, peut-être la petite souris va passer.
06:37Vous aurez un gros billet.
06:39On va vous la rendre.
06:41Merci, Périne.
06:42Merci d'avoir été avec nous.
06:43C'est un bonheur.
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