- il y a 2 heures
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot confirme que Paris va convoquer l'ambassadeur américain en France suite à un commentaire de l'administration américaine consécutif au décès du militant identitaire Quentin Deranque. "Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame", dit-il.
Retrouvez « Questions Politiques » tous les dimanches à midi sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques
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00:02Générique
00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.
00:14Au lendemain de la marche à Lyon, en hommage au militant d'extrême droite radicale Quentin Deran,
00:19qu'on s'interroge ce midi sur les conséquences politiques, est-on à un point de bascule ?
00:24En tout cas, la pression est maximale sur la France insoumise,
00:27mais on entend aussi certains s'inquiéter que l'on puisse renvoyer à dos LFI et le Rassemblement National.
00:33Et les réactions dépassent les frontières avec des postes sur les réseaux de la dirigeante italienne Georgia Meloni,
00:39mais aussi de l'administration Trump.
00:42Est-ce de la solidarité ou de l'ingérence dans la vie politique française ?
00:47Nous en parlons ce dimanche avec notre invité.
00:49De cela et bien sûr du coup de tonnerre après la décision de la Cour suprême américaine sur les droits
00:55de douane de Donald Trump.
00:57Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud est en direct sur France Inter,
01:02France Info, le canal 16 de la télévision, une émission en partenariat avec le journal Le Monde.
01:08Nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
01:18Bonjour et bienvenue Jean-Noël Barraud.
01:20Bonjour Alexandra Ben Saïd.
01:21Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:23A mes côtés pour vos interviews, je les salue, Alex Bouillaguet de France Télévisions.
01:27Bonjour Alex.
01:28Bonjour Alexandra.
01:29Avec vous tout à l'heure, on fera un portrait fouillé de Jean-Noël Barraud.
01:32Oui parce que Jean-Noël Barraud, rien ne vous prédestinez à devenir ministre des Affaires étrangères.
01:37On va essayer d'en savoir plus sur votre style, sur vos références, mais aussi sur vos ambitions politiques.
01:44Françoise Fressos du journal Le Monde est également sur ce plateau.
01:46Bonjour Françoise.
01:47Bonjour à toutes et à tous.
01:50Alors avec vous, on va se projeter vers 12h50 en 2027.
01:54Une question qui animera les débats de la campagne présidentielle ce midi.
01:57Que pèse encore la France dans le nouvel ordre mondial imposé par Donald Trump ?
02:02Emmanuel Macron a beau se démultiplier, multiplier les initiatives sur toute la scène mondiale,
02:08une vraie doute existe, la crainte d'une marginalisation est là.
02:12On se retrouve tout à l'heure Françoise pour cette séquence France 2027.
02:16Mais d'abord Jean-Noël Barraud.
02:185 minutes entre 4 yeux au sujet de la marche à Lyon.
02:21Hier en hommage à Quentin Deranque, battu à mort par des militants d'ultra-gauche.
02:25On a vu les images de ce rassemblement.
02:27Des groupuscules d'ultra-droite, des jeunes masqués mélangés à quelques familles,
02:31un dispositif de sécurité massif, aucune grande figure politique,
02:35la famille n'y participait pas, voilà pour la photo.
02:38La préfecture du Rhône a annoncé qu'elle compte saisir la justice
02:41au sujet de salut nazi ainsi que d'insultes racistes et homophobes pendant l'hommage.
02:47Jean-Noël Barraud, comment est-ce que vous qualifiez ce que l'on vit depuis une semaine ?
02:51Est-on dans le paysage politique à un moment de bascule ?
02:55Je condamne évidemment les signes, les saluts nazis qui ont été observés hier lors de la manifestation
03:04et la préfecture du Rhône a eu raison de saisir la justice à leur sujet.
03:10Est-ce que nous vivons dans un moment de bascule ?
03:13Ce qui est clair, c'est que la question de la violence et du civisme est aujourd'hui posée.
03:21Et nous avons eu cette semaine, à la suite de ce drame qui touche la communauté nationale,
03:26qui a endeuillé une famille française, des débats qui portaient, à mon sens,
03:31sur la responsabilité ou l'irresponsabilité de certaines forces politiques,
03:35qui par leur discours, par leurs ambiguïtés, par leur manque de clarté,
03:41créent un terreau propice au développement d'autres propos et parfois au passage à l'acte.
03:48À qui pensez-vous ? Jean-Noël Barraud ?
03:49Mais je crois, pardonnez-moi Alexandra Ben Saïd, ce débat a eu lieu,
03:52mais je crois comme le Premier ministre l'a dit,
03:55comme le Premier ministre l'a dit, avec beaucoup de sagesse,
03:57que cette irresponsabilité de certaines forces politiques aux extrêmes de l'échiquier politique français
04:03ne doit pas éclipser la responsabilité civique individuelle.
04:08Ce qui fait la grandeur d'un pays et même d'une civilisation,
04:12c'est sa capacité à repousser, à rejeter la violence
04:16et cela dépend de la capacité de chacun de ses membres à s'opposer.
04:19Sébastien Le Corny a dit que la France insoumise devait faire le ménage dans ses rangs.
04:22C'est cela que vous ne nous met pas ce midi, mais c'est cela dont vous êtes en train
04:26de parler.
04:27C'est la France insoumise que vous visez.
04:29Ce drame provient d'un acte de violence inouïe,
04:34motivé sans doute par des convictions d'extrême gauche,
04:36mais l'extrême droite n'est pas étrangère à des violences
04:41qui ont endeuillé la communauté nationale par le passé.
04:44Tout acte de violence, d'où qu'il vienne, est inacceptable.
04:46Mais ce que je veux dire par là, c'est que nous avons la responsabilité individuelle
04:51de tout faire pour refuser la violence, quelle qu'elle soit.
04:55Dans les mots et dans les actes.
04:57Et si nous formons ensemble un cordon sanitaire pour endiguer et contenir la violence,
05:03nous parviendrons à ne lui laisser aucun oxygène pour pouvoir prospérer.
05:07Quelle est la responsabilité de la puissance publique pour nous parvenir à contenir la violence ?
05:13Eh bien c'est d'abord évidemment de donner tous les moyens aux instruments de la République,
05:18la justice et la police, de qualifier et de sanctionner les faits lorsqu'ils sont établis.
05:23Mais c'est aussi de former des citoyens qui en responsabilité, demain,
05:30parviendront par leur décision, par leur posture, à rejeter la violence d'où qu'elle vienne.
05:35Et ça veut dire la famille, ça veut dire l'école, ça veut dire le démantèlement des réseaux sociaux
05:39tels qu'ils existent aujourd'hui et qui sert pour notre jeunesse de caisse de radicalisation,
05:44ou de radicalité en tout cas, et de caisse de polarisation.
05:49Emmanuel Macron a annoncé une réunion la semaine prochaine pour discuter des groupes d'action violente
05:52avec les ministres concernés.
05:54Il dit qu'il n'y a pas de place pour les ministres, d'où qu'elles viennent,
05:56il faut être totalement intraitable.
05:58Est-ce qu'on n'est pas assez intraitable aujourd'hui avec ces groupuscules ?
06:00Est-ce que c'est cela dont il s'agit ?
06:02Il faut en tout cas tirer les leçons, chaque fois qu'un acte de violence,
06:06comme celui qu'on a observé, qui a beaucoup choqué dans les images qui ont été diffusées,
06:11les Françaises et les Français, tirer toutes les leçons,
06:13pour donner les moyens à la justice, à la police,
06:15mais aussi pour en tirer les leçons, comme je le disais,
06:17pour restaurer le civisme, qui est indispensable pour que la violence reflue.
06:21Vous avez sans doute lu ce poste d'un ancien ministre des Affaires étrangères.
06:26La France traverse un moment de Charlie Kirk,
06:28c'est ce qu'a écrit Dominique de Villepin sur X.
06:30Il fait donc référence à ce militant d'extrême droite américain,
06:33assassiné par un homme se revendiquant de l'antifascisme.
06:36Donald Trump et ses partisans, vous le savez Jean-Noël Barraud,
06:39ont tenté d'en rendre responsable l'opposition démocrate.
06:42Dominique de Villepin fait donc un parallèle et il explique qu'il refuse la symétrie des violences entre gauche et
06:48droite.
06:48Il dénonce une diabolisation de LFI qui prépare la prise de pouvoir de l'extrême droite.
06:54Dominique de Villepin, ça n'est pas un insoumis.
06:56Là, il tire un signal d'alarme sur ce qui est en train de se passer.
06:59Est-ce que vous l'entendez ?
07:00Je n'ai aucune complaisance avec le discours de la France insoumise que je condamne et que j'attaque régulièrement
07:07sur les sujets internationaux, encore la semaine dernière ou cette semaine à l'Assemblée nationale.
07:12Ceci étant dit, il faut se garder, ici comme ailleurs, de toute instrumentalisation à des fins politiques de ce drame.
07:19Il faut s'interroger sur l'époque que nous vivons, la place que nous laissons à la violence.
07:23Et je crois que le constat est clair, c'est que nous avons laissé s'introduire, nous sommes habitués à
07:30une forme d'ambiguïté,
07:31à une forme d'acceptation, de tolérance de la violence, pas toujours par les actes, mais y compris dans les
07:36paroles.
07:37C'est pourquoi je parlais des familles, je parlais de l'école, je parle aussi des réseaux sociaux
07:42qui nous ont imposé une grammaire de la violence et de la radicalité.
07:46Il nous faut à tout prix reprendre le contrôle pour pouvoir rejeter la violence.
07:50La violence, il y en a toujours eu. L'objectif, quand on s'engage, quand on est militant politique et
07:56démocrate, c'est mon cas,
07:57c'est de faire en sorte que la violence, toujours et partout, reflue.
08:01Cette violence, Jean-Noël Barraud, elle a été observée à l'étranger.
08:04Jeudi, sur les réseaux sociaux, l'administration américaine a dénoncé, justement, la violence de l'extrême gauche.
08:11Une menace pour la sécurité publique est-il écrit dans ce poste que l'ambassade des Etats-Unis en France
08:17a traduit et relayé.
08:18Est-ce qu'à la demande du chef de l'État, vous allez bien convoquer l'ambassadeur Charles Kushner ?
08:23Oui, nous allons convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis en France,
08:26puisque l'ambassade des Etats-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame,
08:31dont je rappelais tout à l'heure qu'il concerne la communauté nationale.
08:34Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame, qui endeuille une famille française.
08:40C'est de la violence ?
08:41À des fins politiques.
08:43Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'international réactionnaire.
08:50Et les analyses de la vie politique, de la place qui occupe la violence, et des violences plus généralement,
08:57nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verbes, nous ne permettons pas que d'autres nous les servent.
09:02Ça ne sera pas la première fois que vous recevrez Charles Kushner ?
09:04Non, bien évidemment, nous avons beaucoup de sujets à aborder avec les Etats-Unis,
09:09y compris, vous le savez, le sort qui a été réservé à un juge français de la Cour pénale internationale,
09:15à un ancien ministre, ancien vice-président de la Commission européenne français, Thierry Breton,
09:20tous deux ciblés par des sanctions américaines qui sont injustifiées et injustifiées.
09:25Emmanuel Macron a écrit une lettre à ce sujet à Donald Trump pour expliquer justement que c'était injustifié.
09:31Est-ce que vous pensez que Charles Kushner va vous apporter des réponses ?
09:34Est-ce qu'il y a déjà eu un accusé de réception à Washington, à cette lettre ?
09:37Je lui disais en tout cas que s'agissant du juge français, Nicolas Guillou,
09:41les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'indépendance de la justice internationale.
09:47Et s'agissant de Thierry Breton, que les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte
09:53à l'autonomie décisionnelle de l'Union européenne,
09:57s'agissant tout particulièrement d'une régulation que la France a soutenue de toutes ses forces
10:02pour réguler les réseaux sociaux et qui n'a aucune portée, comme on dit, extraterritoriale,
10:08c'est-à-dire qui ne concerne pas les Etats-Unis, mais uniquement l'Europe.
10:11Il n'est pas le seul, l'administration Trump n'est pas la seule à avoir réagi.
10:15Il y a aussi un pays européen, l'Italie, Georgia Meloni,
10:19qui vient du parti d'extrême droite fratelli d'Italia.
10:22Sur les réseaux, c'est elle aussi dite choquée par la mort de Quentin de Rank.
10:25Et selon son entourage, Georgia Meloni a été stupéfaite de la réaction d'Emmanuel Macron,
10:31qui a dit que chacun reste chez soi, les moutons seront bien gardés.
10:35Est-ce que là, Jean-Noël Barraud, c'est de la solidarité européenne
10:37ou c'est de l'ingérence de la part de l'Italie ?
10:39Si je file la métaphore agricole, puisque le Salon international de l'agriculture
10:44vient d'ouvrir ses portes, c'est la réponse du berger à la bergère.
10:48Et je crois que l'incident est clos.
10:50Ce que nous demandons simplement à nos partenaires et à nos amis,
10:53c'est de respecter un principe auquel nous nous tenons,
10:56pas d'ingérence dans nos affaires et singulièrement pas dans un drame
10:59qui, une nouvelle fois, je le répète, touche d'abord la communauté nationale.
11:04Allez, Jean-Noël Barraud, on ouvre la conversation avec les questions d'Alix Bouillaguet
11:07et de Françoise Fressoz et cet événement majeur aux Etats-Unis
11:10qui concerne toute la planète.
11:12La Cour suprême américaine a déclaré que les taxes supplémentaires,
11:15les fameux droits de douane réciproques, ainsi que Donald Trump les a appelées,
11:19étaient en fait illégales.
11:39Je traduis Donald Trump, le jugement de la Cour suprême sur les droits de douane
11:42est profondément décevant, dit le chef de l'État américain.
11:46J'ai honte de certains membres de la Cour qui ne font pas ce qu'il faut pour notre pays.
11:51Question de Françoise Fressoz.
11:52Que vont faire la France et les entreprises françaises ?
11:54Est-ce qu'elles vont demander un remboursement des droits de douane qui avaient été imposés ?
11:58Quelle est votre position ?
12:00D'abord, si vous me permettez de qualifier cette nouvelle,
12:03qu'on ne peut pas qualifier de mauvaise nouvelle.
12:05Pourquoi ?
12:06Eh bien parce que les droits de douane, c'est d'abord un impôt sur les foyers
12:11et sur les entreprises américaines.
12:12C'est d'ailleurs les entreprises américaines qui avaient attaqué cette décision du président des États-Unis
12:17devant la Cour suprême qui leur donnent raison.
12:21Et force est de constater que les études dont on dispose aujourd'hui
12:24montrent que c'est bien en grande partie les ménages américains,
12:27les Américains eux-mêmes, qui ont payé la facture.
12:29Bon, mais nous on est quand même aussi impactés.
12:31Et que le déficit commercial américain ne s'est pas résorbé.
12:35Donc difficile de qualifier cette décision de la Cour suprême de mauvaise nouvelle.
12:40Maintenant, le président des États-Unis a annoncé une nouvelle vague de droits de douane.
12:4515%
12:4510% puis 15% dans la nuit.
12:47Nous allons analyser l'impact potentiel de telle décision sur l'économie européenne.
12:54Nous allons essayer de comprendre si cela signifie que l'accord qui avait été trouvé par la Commission européenne
13:02et les États-Unis, vous vous en souvenez, dans un golfe écossais est toujours valable.
13:05Il est permis d'en douter.
13:07Et nous allons prendre les mesures pour répondre.
13:12Mais des mesures en France ou des mesures en Union européenne négociées, concertées ?
13:16Vous savez que c'est la Commission européenne qui négocie au nom de la France
13:20et des autres pays de l'Union européenne les accords commerciaux.
13:24Mais rien n'empêche la France de donner son avis.
13:26Ce que nous ne nous priverons pas de faire.
13:27Mais est-ce que ça veut dire que cette décision, elle va donner la possibilité aux partenaires des États-Unis
13:32de renégocier ces accords signés, notamment pour l'Union européenne ?
13:36Est-ce qu'en clair, on a un coup à jouer ?
13:39De toute évidence, il y a quelque chose à réécrire, à reconstruire.
13:43Je le dis, entre deux partenaires commerciaux, deux premiers plans, l'Union européenne et les États-Unis,
13:49aucun ne peut sortir gagnant de guerre commerciale.
13:52Donc peut-être qu'on peut reprendre sur une feuille blanche, ou en tout cas reprendre les éléments.
13:57Je suis optimiste, parce que là, on voit plutôt l'escalade du côté de Donald Trump.
13:59Mais si j'étais pessimiste, Françoise Fresseau, je ne serais sans doute pas à la place que j'occupe aujourd
14:03'hui.
14:03Ce que je dis simplement, c'est que, de toute évidence, quelque chose doit être repris.
14:08Ensuite, la France n'est pas seule décisionnaire.
14:10Le Parlement européen, qui s'apprêtait à avaliser la semaine prochaine l'accord de Turnberry,
14:16celui qui avait été trouvé en août dans un golfe écossais, va lui aussi se poser des questions.
14:19Bref, tout le monde va se poser des questions.
14:21Et dans ce moment d'interrogation européenne, il faut une position unie.
14:26Et dès demain, je serai pour ma part à Bruxelles, je ferai un certain nombre de propositions sur la balle
14:31des éléments que j'ai.
14:32Est-ce que vous pensez qu'il faut reporter la ratification de cet accord commercial ?
14:36La question s'était déjà posée, vous vous souvenez, puisque c'est la combinaison de la position très forte de
14:45la France,
14:45mais aussi celle du Parlement européen qui a remis en question cet accord,
14:49qui a sans doute amené l'administration américaine à revenir sur ses prétentions telles qu'elles étaient exprimées sur le
14:55Groenland.
14:56Donc les parlementaires européens étaient encore en train de débattre de cette question-là.
15:00Évidemment, ces informations récentes, même si je le dis, il faut se garder de prendre des conclusions hâtives.
15:07Jean-Noël Barron, mais vous ne nous dites pas quelles sont vos recommandations ?
15:09Mais non, parce que j'attends d'avoir les analyses.
15:11Mais j'aurais l'air de quoi ?
15:12Si d'ores et déjà je prenais des recommandations sans avoir une analyse détaillée de l'impact sur les filières
15:17françaises, j'aurais l'air de quoi ?
15:18On sent la fermeté quand même.
15:20Il faut toujours faire preuve de fermeté dans ses affaires.
15:23Ce sont les intérêts français, mais aussi les intérêts de l'Europe.
15:26Sauf que Donald Trump, la fermeté, souvent, il passe outre.
15:28Ce n'est pas son sujet, la fermeté de l'Europe.
15:30Non, mais regardez ce qui s'est passé.
15:32Quand la Cour suprême a annoncé sa décision, est-ce que vous avez observé ce qui s'est passé ?
15:37Les marchés boursiers américains ont rebondi, comme pour saluer la décision de la Cour suprême.
15:43Et c'est bien que, quelque part, l'intérêt américain lui-même est en jeu.
15:49Et ça, le fait que justement la croissance des ménages soit en train de s'effondrer aux États-Unis,
15:54Donald Trump a été élu sur l'équation la vie moins chère.
15:58Est-ce que le président américain peut peut-être changer d'avis sur ses droits de douane ?
16:02J'ai dit tout à l'heure qu'il ne fallait pas faire d'ingérence chez les autres.
16:05Je ne vais pas en faire moi-même.
16:06Mais ce que je constate, c'est que nous sommes deux économies très interconnectées.
16:11L'économie américaine a un besoin vital de l'économie européenne.
16:14Les géants du numérique font la moitié de leurs profits en Europe.
16:18Et l'épargne européenne finance très largement les entreprises américaines et leurs déficits.
16:24Là, vous pensez à l'instrument anti-rétorsion.
16:26Vous dites qu'on aurait des armes pour tenir la page et haute aux États-Unis.
16:29Une guerre commerciale entre les États-Unis et l'Europe ne peut avoir aucun effet positif bénéfique pour l'économie
16:36américaine.
16:37Et donc, espérons que sur cette base-là, on puisse conclure des accords équilibrés.
16:40Est-ce que vous pensez que tous les pays ont été très prudents ?
16:42Et vous êtes encore ce midi très prudent, Jean-Noël Barron.
16:44Oui, parce que je n'ai pas encore les chiffres.
16:46Et les chiffres 2 ?
16:47Quelles filières ?
16:49On avait un accord tricoté.
16:51Alors nous, on a dit que c'était une première étape, que c'était sans doute pas tout à fait
16:55encore équilibré.
16:56Mais vous savez, chaque filière, il y avait une sorte de taux général, mais chaque filière avait des traitements particuliers.
17:02Tout cet édifice, avec la décision de la Cour suprême, s'effondre.
17:07Et les décisions qui suivent du président américain, c'est de dire je vais mettre 10 ou 15% partout.
17:13Et donc, il faut voir pendant 5 mois quelles sont les filières qui gagnent, qui perdent, qu'est-ce qui
17:18se passe après les 5 mois.
17:18C'est tout ça qu'il faut bien analyser avant de prendre des décisions.
17:23Donald Trump qui avait dit, c'était pendant sa campagne en 2023, que s'il était élu, il pourrait arrêter
17:28le conflit en Ukraine en 24 heures.
17:31Et pourtant, mardi, l'Ukraine entrera dans sa cinquième année de conflit depuis l'invasion de la Russie.
17:36Dans un entretien, vendredi, à l'AFP, Volodymyr Zelensky affirme que l'armée de Kiev a libéré 300 km² dans
17:43le sud du pays.
17:44Vous dites oui ? Vous confirmez cette information ?
17:46Non seulement l'armée ukrainienne vient dans un geste d'un panache et d'un courage inouï de libérer 300
17:56km²,
17:57mais rendons-nous compte qu'après 4 ans, le bilan de Vladimir Poutine, c'est un échec cuisant et humiliant.
18:06Un échec cuisant, il est quand même...
18:08Mais non ! Aujourd'hui, la Russie contrôle la moitié des territoires qu'elle occupait illégalement au printemps d'il
18:16y a 4 ans.
18:17La Russie a perdu plus d'un million, ou a accusé plus d'un million de pertes humaines dans cette
18:24guerre,
18:25c'est-à-dire plus que l'ensemble des pertes soviétiques et russes depuis 1945.
18:29Et aujourd'hui, c'est 1000 soldats russes qui sont tués sur le front pour des gains qui sont microscopiques.
18:36Et quand je dis des soldats, je suis aimable, parce que vos confrères des journaux indépendants russes et ukrainiens
18:44ont démontré que ce que l'on trouve sur le front, ce sont des mercenaires et des repris de justice,
18:50et que parmi ces 1000 pertes humaines russes sur le front, il y en a un nombre considérable qui sont
18:55provoquées par la Russie elle-même,
18:57par des assassinats des chefs militaires russes contre les soldats russes.
19:01Mais nous disons cela, est-ce que ça veut dire que vous croyez que la Russie ne pourra pas soutenir
19:05longtemps cet effort,
19:06et que ça lui coûte trop cher ?
19:08Mais ça lui coûte très cher.
19:10La Russie va entrer en récession.
19:12Les caisses de la Russie sont vides.
19:16L'essence est rationnée dans un grand nombre de régions russes.
19:20Et maintenant, ce sont les télécommunications, les communications, les applications qui sont bloquées.
19:26Voyez où en est réduite la Russie.
19:27Mais Vladimir Poutine, on a le sentiment qu'il a le temps devant lui ?
19:31Je crois que le temps joue contre Vladimir Poutine, et que si les communications sont coupées,
19:38ou si une décision a été prise de bloquer les communications en Russie,
19:40c'est que l'ambiance, l'atmosphère politique en Russie ne va pas si bien que cela.
19:46Et il y a une raison simple, c'est que Vladimir Poutine est en train de ruiner et de discréditer
19:51la Russie.
19:52Et c'est une honte, et ça doit cesser.
19:55Selon l'Express, le chef de la cellule diplomatique de l'Elysée, Emmanuel Bonne,
20:01a rencontré le 3 février dernier, c'est-à-dire il y a deux semaines,
20:04Yuri Utschakov, c'est le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine.
20:08Est-ce que, d'abord, vous pouvez nous confirmer cette information ?
20:11Est-ce qu'il s'agit aussi, avec cette rencontre, de préparer une rencontre ou un échange entre Emmanuel Macron
20:17et Vladimir Poutine ?
20:18La France n'a jamais exclu par principe d'avoir des contacts avec la Russie,
20:23en transparence avec nos partenaires et amis ukrainiens, et à condition que ce soit utile.
20:31C'est trois ans qu'on ne lui a pas parlé ?
20:33Oui, mais à condition que ce soit utile.
20:35Vous nous confirmez que cet échange, cette rencontre a eu lieu ?
20:38À condition que cela soit utile.
20:40Et pourquoi c'est utile ?
20:41Et pourquoi ça peut être utile dans le moment que nous vivons ?
20:44Non, mais que ça soit utile, mais est-ce qu'elle a eu lieu déjà ?
20:46Pourquoi ça peut être utile dans le moment que nous vivons ?
20:48Pas de réponse.
20:49Tout simplement parce que l'Europe est devenue le premier soutien de l'Ukraine,
20:52sans aucune comparaison possible.
20:54Le premier soutien financier, le premier soutien militaire.
20:57Et qu'il est donc normal que l'Europe puisse disposer d'un canal indépendant de contact avec la Russie,
21:02sans avoir à dépendre des autres.
21:03Si vous avez ce canal indépendant, est-ce qu'il s'agit bien là de préparer une rencontre,
21:10un échange entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ?
21:12On a le sentiment qu'Emmanuel Macron dit aujourd'hui, oui, il faut reprendre le dialogue avec la Russie.
21:18Je le redis.
21:18D'abord, il y a eu un échange entre le président de la République et Vladimir Poutine l'été dernier.
21:25Vous vous en souvenez.
21:26Il y a des contacts entre diplomates.
21:29Ça n'est pas nouveau.
21:30Il y a une ambassade ici, il y a une ambassade là-bas.
21:34La raison pour laquelle des contacts indépendants européens peuvent être utiles aujourd'hui,
21:42c'est que je le redis.
21:43D'abord, c'est notre sécurité qui se joue dans le règlement de cette crise.
21:46Et par ailleurs, aujourd'hui, nous sommes les principaux soutiens de l'Ukraine.
21:49Et donc, il est important que nos messages puissent être entendus,
21:53mais qu'on puisse entendre aussi là où en est, je dirais, l'administration du Kremlin.
21:58Alors, attendez, la France se met beaucoup en avant,
22:00mais quand on regarde en pourcentage du PIB l'aide apportée à l'Ukraine,
22:03on n'est pas si bon que ça, en fait.
22:05Le Danemark nous précède, la Lituanie, la Lettonie.
22:09Est-ce qu'on a vraiment les moyens de nos ambitions pesés pour essayer de régler ce conflit ?
22:14Alors, d'abord, notre soutien à l'Ukraine, il ne se limite pas,
22:18mais j'y reviendrai, à nos efforts budgétaires nationaux.
22:22C'est le prêt de 90 milliards d'euros qui vient d'être agréé au niveau européen
22:27et qui permet, disons-le, au moment où les caisses se vident en Russie,
22:31à l'Ukraine d'aborder les deux prochaines années sans soucis financiers.
22:34C'est ensuite la coalition des volontaires,
22:37dont le président de la République est à l'initiative
22:39et qui est un exemple sans équivalent dans notre histoire récente depuis des décennies
22:44de mise en commun à l'extérieur de l'OTAN, en coopération avec l'OTAN,
22:48des forces ou des capacités militaires de plus de 30 pays
22:51pour pouvoir nous assurer que la paix, une fois conclue, soit véritablement garantie.
22:56Ensuite, sur le plan budgétaire, nous avons fait beaucoup depuis le début de la guerre.
23:00Nous avons d'ailleurs cette semaine annoncé le deuxième volet d'un fonds,
23:0571 millions d'euros, qui permet aux entreprises françaises,
23:08des infrastructures, de l'eau, de l'énergie, etc.,
23:11d'aller développer des projets en fonction des besoins ukrainiens.
23:14Donc nous continuons, je dirais, au fil de l'eau,
23:18dans le domaine militaire, dans le domaine civil, dans le domaine humanitaire aussi,
23:21à apporter de l'aide au niveau national.
23:23Mais disons-le, et on y reviendra sans doute sur le dernier point,
23:27la place de la France 2027, etc.,
23:29notre capacité à peser à l'extérieur dépend de notre force intérieure
23:33et des décisions courageuses que nous aurons à prendre.
23:36Alors justement, Jean-Noël Barraud, on a entendu cette semaine des reproches
23:40inhabituellement sévères de la Pologne et de l'Allemagne
23:42sur nos dépenses d'armement plus globales.
23:44Le chef de la diplomatie allemande dit que les efforts de Paris pour la défense sont insuffisants.
23:49En clair, Paris parle beaucoup de souveraineté,
23:51mais n'augmente pas assez vite son budget de défense.
23:53Qu'est-ce que vous leur répondez à la Pologne et à l'Allemagne ?
23:56Je dis qu'étant donné l'ampleur des défis et des transformations que nous vivons aujourd'hui,
24:03il est normal qu'avec nos plus proches partenaires,
24:05puisque vous savez que l'Allemagne et la Pologne sont des partenaires très proches.
24:10Le triangle de Weimar.
24:11Exactement. Nous avons même ce groupe que nous formons tous les trois,
24:16qu'on appelle le triangle de Weimar, au sein duquel nous nous coordonnons étroitement.
24:19Et donc, il est normal d'avoir des divergences.
24:21L'importance, c'est que nous puissions parler des débats et le dialogue,
24:26à planir ces divergences et faire des convergences.
24:28Là, c'était sévère. Le triangle de Weimar, il a un petit coup d'un aile.
24:30Mais c'est normal d'avoir de temps en temps des débats entre amis.
24:34Tout le monde en a. C'est normal.
24:35À condition, bien sûr, de pouvoir converger.
24:37De rester amis.
24:37Mais les débats, ils doivent se faire sur la base, disons-le,
24:42de la clarté, de la vérité.
24:45Et quelle est la vérité des chiffres ?
24:48Eh bien, c'est qu'aucun pays de l'Union Européenne
24:52n'a dépensé autant que la France pour sa défense depuis la Seconde Guerre mondiale.
24:56Aucun.
24:56Donc, ils mentent, en fait. Donc, l'Allemagne ment.
24:59L'Allemagne ne dit pas la vérité, la Pologne non plus.
25:02L'Allemagne et la Pologne se sont appropriés une idée
25:11que le président de la République a beaucoup promue depuis dix ans,
25:14qui est celle de la souveraineté, de l'autonomie stratégique,
25:19appliquée désormais à leur défense.
25:20Puisqu'ils voient bien, comme nous le voyons,
25:22la menace augmenter sur notre flanc oriental, à l'est de l'Europe.
25:26Mais aussi ailleurs dans le monde.
25:28Et ils voient bien que le principal partenaire ou allié dans l'OTAN
25:33est en train de faire un pivot et de réduire son niveau d'engagement.
25:37Et donc, ils disent, il faut vraiment que j'accélère
25:39et que je me dote de mes propres capacités.
25:41Mais nous répondons que, pour ce qui nous concerne,
25:44ça fait depuis la Seconde Guerre mondiale qu'on s'y prépare,
25:46en ayant fait non seulement le choix d'être fort,
25:49mais aussi un choix qui est essentiel,
25:51qui est celui de l'indépendance.
25:52L'indépendance, l'indépendance de notre dissuasion nucléaire,
25:56l'indépendance de nos forces armées.
25:58Et cette indépendance aujourd'hui, qui est un vrai modèle
26:01que le monde entier nous envie,
26:03eh bien nous devons pouvoir en faire un exemple pour l'Europe.
26:07Ce que nous voulons, c'est que l'Europe, demain,
26:09soit aussi forte que la France aujourd'hui.
26:11Mais pour ça, il faut s'appuyer sur la vérité historique
26:13et la vérité des chiffres.
26:14C'est de la conviction.
26:16França Spressoz, une question sur l'autre sujet
26:18qui fâche entre Berlin et Paris.
26:19L'avion de combat du futur,
26:21c'était un projet emblématique de la défense européenne.
26:24Il a été lancé en 2017.
26:26Neuf ans plus tard, le chancelier Merz doute en public
26:30du besoin pour l'Allemagne d'avoir le même avion de combat
26:34que défend la France.
26:35L'industriel Airbus évoque déjà une autre solution
26:37entre deux avions.
26:39Est-ce que le SCAF est enterré ?
26:41Ou est-ce que vous pensez qu'on peut encore le défendre ?
26:43C'est un projet essentiel pour la sécurité de la France.
26:47Pour la France, peut-être.
26:48Pour la sécurité de l'Allemagne et la sécurité de l'Europe.
26:50Ça fait huit ans qu'on y travaille.
26:52Et on se battra jusqu'au bout pour qu'il aboutisse,
26:55jusqu'à la dernière seconde.
26:57Est-ce qu'on n'est pas les derniers à y croire, à Paris ?
26:59Parce que quand le chancelier Merz évoque en public
27:02qu'il doute de l'avenir du SCAF...
27:04Quand mon lointain prédécesseur, Robert Schumann,
27:09était le seul à nager à contre-courant en 1950,
27:15cinq ans après la Deuxième Guerre mondiale,
27:16où déjà on entendait le ressentiment monter partout,
27:20à Paris et en Allemagne,
27:22eh bien il a proposé et il a réussi à faire aboutir
27:25un projet de coopération qui a apporté
27:28huit décennies de paix et de prospérité à l'Europe.
27:30Pardon, mais si la France aujourd'hui
27:32renonce à créer avec l'Allemagne
27:34des projets de coopération qui nous engagent
27:36pour des décennies,
27:38eh bien alors nous trahissons l'héritage des pères fondateurs.
27:40Qu'est-ce qui peut encore sauver cet avion ?
27:42Eh bien je crois qu'il faut que les industriels
27:44fassent un pas chacun dans la direction l'un de l'autre
27:46et je crois qu'il faut que nos responsables politiques,
27:49comme le président de la République,
27:51mais ça doit être le cas en France,
27:53mais ça doit être le cas en Allemagne,
27:55voient qu'il ne s'agit pas là simplement
27:57d'un projet d'équipement militaire,
27:59mais qu'il s'agit d'un projet politique,
28:01comme la communauté du charbon et de l'acier,
28:04la communauté européenne,
28:05était avant tout un projet politique.
28:08Ça n'était pas que pour le charbon et pour l'acier,
28:10c'était pour lier nos destins les uns aux autres
28:13et être ainsi plus forts pour affronter les défis
28:16et pour être aussi plus indépendants.
28:17Jean-Noël Barraud,
28:18un nouvel exemple de l'ordre mondial selon Trump.
28:20Jeudi à Washington,
28:21le président américain a réuni pour la première fois
28:23son Conseil de la paix,
28:25censé aider à la reconstruction à Gaza
28:27et à résoudre les conflits armés dans le monde.
28:30Une question d'Alix Bouillaguet.
28:31Bruxelles a dépêché une de ses commissaires
28:34à cette réunion avec pour mission d'évoquer uniquement
28:37le plan de paix et la reconstruction de Gaza.
28:39Sur Twitter, sur X,
28:41vous avez déclaré que la commission
28:42n'aurait jamais dû assister à cette réunion inaugurale.
28:46Pourquoi est-ce que c'est une erreur ?
28:48Je ne veux pas faire toute l'émission sur Robert Schumann,
28:50mais les pères fondateurs de l'Union européenne
28:52en Italie, en France, en Allemagne,
28:55quand ils ont conçu ces institutions européennes
28:57qui sont aujourd'hui si décriées,
28:59ils l'ont fait avec un principe en tête,
29:01un principe fondamental et fondateur.
29:03Ce principe, c'est la subsidiarité.
29:05Chacun s'occupe de ses affaires.
29:08Et certaines affaires sont traitées au niveau européen
29:10parce que c'est plus efficace.
29:11D'autres le sont au niveau national
29:12parce que c'est là qu'elles doivent l'être
29:14et d'autres, enfin, doivent l'être au niveau local.
29:16Du local à l'européen,
29:18le pouvoir doit être exercé
29:20là où il peut l'être
29:21avec le plus d'efficacité et de justice.
29:23Et quand la commission européenne
29:24part assister à une réunion à Washington
29:27sans en avoir reçu le mandat des États membres,
29:30c'est-à-dire en violant en quelque sorte
29:32les règles qui partagent les pouvoirs
29:34entre les États membres et la commission,
29:36c'est ma responsabilité
29:38de successeur de Robert Schumann
29:39de le dire publiquement.
29:40Mais concrètement, il va y avoir des sanctions ?
29:42Il va y avoir, je ne sais pas,
29:43une réunion pour justement dire
29:44qu'il y a eu un faux pas ?
29:46Là, vous accusez Ursula von der Leyen, en fait.
29:48Vous dites que la commission décide.
29:49C'est Ursula von der Leyen.
29:51Ce n'est pas Ursula von der Leyen
29:53qui s'est rendue à Washington.
29:54C'est une commissaire.
29:56Elle est la présidente de la commission européenne.
29:57Elle n'a pas pris ses petites jambes.
29:57Elle y est allée toute seule.
29:59Elle avait une petite idée en tête
30:00et sans doute qu'elle avait prévenu des gens
30:02au-dessus d'elle.
30:03Vous aurez compris que je défends
30:05et défendrai l'Europe,
30:07la construction européenne,
30:08la souveraineté européenne.
30:09Mais dans un moment où les institutions
30:11sont si décriées,
30:14il est indispensable
30:15que les règles de droit,
30:18les règles d'équilibre
30:20entre les institutions européennes
30:21soient pleinement respectées.
30:22Mais il va y avoir des sanctions
30:23pour cette commissaire
30:24qui est allée à cette réunion ?
30:29Je ne peux pas vous faire
30:30l'analyse exhaustive
30:34des conséquences
30:35que peuvent entraîner
30:35une telle décision.
30:36Mais en tout cas,
30:37ça ne doit jamais se reproduire.
30:38Mais ce que vous décrivez,
30:38en tout cas,
30:39c'est une sacrée situation de crise
30:40pour l'Europe.
30:41Je crois que la commission
30:43a beaucoup à faire.
30:44Vous savez,
30:44il y a aujourd'hui,
30:46on a parlé des Etats-Unis,
30:47on a parlé de notre place
30:49dans le monde,
30:50mais tout ça dépend
30:51de notre force intérieure.
30:52C'est vrai pour la France,
30:53c'est vrai pour l'Europe.
30:54La commission devrait se concentrer
30:56dans les 100 prochains jours
30:57à 100%
30:58sur l'unification
30:59et le renforcement
31:00du marché intérieur
31:00pour qu'on se renforce
31:01à l'intérieur
31:02et pour qu'on puisse
31:03faire entendre notre voix
31:04sur tous les grands sujets.
31:05le commerce,
31:06l'Ukraine,
31:07le Moyen-Orient,
31:08le Soudan,
31:09la République démocratique
31:10du Congo,
31:10tous ces sujets,
31:11si nous avons un marché intérieur
31:12encore plus fort,
31:13encore plus puissant,
31:14si nous donnons
31:14à nos entreprises
31:15les moyens de se développer
31:17et si nous devenons
31:18plus indépendants,
31:19nous serons beaucoup
31:20plus écoutés.
31:21Des questions
31:21sur une autre partie
31:23du monde,
31:23l'Iran,
31:24Jean-Noël Barraud,
31:24parce que de nouvelles
31:25manifestations étudiantes
31:27ont eu lieu hier
31:29à Téhéran
31:30et parce que les Etats-Unis
31:31ont quand même déployé
31:32un arsenal militaire
31:33impressionnant
31:33dans la région.
31:35Françoise,
31:35la France est-elle
31:36pour ou contre
31:37une intervention militaire
31:39américaine en Iran ?
31:40La France considère
31:41qu'on ne change pas
31:41les régimes
31:43de l'extérieur
31:44et par la force.
31:46Cependant,
31:47la France suit avec
31:48évidemment beaucoup
31:49de préoccupations
31:50et d'attention
31:51ce qui se passe
31:52en Iran
31:52en appelant d'abord
31:53à la fin définitive
31:55de la répression,
31:56à la libération
31:57des prisonniers,
31:58des prisonniers politiques,
31:59à l'arrêt des exécutions,
32:01au rétablissement
32:02des moyens
32:03de communication
32:04et à un changement
32:05de posture radicale
32:06de la part
32:07du régime
32:08vis-à-vis
32:09de son propre peuple.
32:09Mais concrètement,
32:10comment elle fait ?
32:11Qu'est-ce qu'elle fait
32:11là en ce moment ?
32:12La France a pris
32:13un certain nombre
32:14de décisions.
32:15Je sais qu'une actualité
32:17en chasse une autre
32:18mais nous avons décidé
32:20et proposé
32:21un certain nombre
32:21de sanctions
32:22au niveau européen
32:23qui ont été adoptées
32:24il y a quelques jours.
32:25Nous avons soutenu
32:27l'inscription
32:27du corps des gardiens
32:28de la révolution
32:29sur la liste
32:30des organisations
32:32terroristes
32:32de l'Union européenne
32:35et nous sommes
32:36très attentifs
32:37à pouvoir apporter
32:38tout le soutien
32:39que nous pouvons
32:41au peuple iranien.
32:42Tout cela,
32:42nous le faisons
32:42en étant attentifs.
32:43qui réclame
32:44une intervention américaine
32:45d'une certaine manière.
32:46Alors,
32:46les avis sont très partagés
32:47puisque nous ne sommes
32:48pas les seuls
32:49à considérer
32:49que les interventions
32:50par la force
32:51ne produisent pas
32:55d'effets
32:57souhaitables
32:57ou désirables.
32:59Par ailleurs,
32:59nous sommes très attentifs
33:00également
33:01à nos intérêts directs.
33:03D'abord en Iran,
33:04nos agents,
33:05nos ressortissants,
33:06nos emprises,
33:07Cécile Colleur
33:08et Jacques Paris
33:08qui sont encore
33:09en sécurité
33:09à l'ambassade de France
33:10mais dont nous exigeons
33:11le retour en France
33:13et la libération définitive.
33:14Nous sommes aussi vigilants
33:16à nos ressortissants,
33:17nos agents,
33:18nos emprises
33:18dans la région
33:19qui pourraient être
33:20entraînées
33:20dans une escalade
33:22extrêmement grave
33:23dans le cas
33:24où une intervention
33:26militaire
33:27interviendrait.
33:28Tout cela,
33:28ce sont des sujets
33:30qui nous mobilisent
33:31beaucoup ces derniers jours.
33:32Parlons à présent
33:32d'une nouvelle politique
33:34pandémique au sujet
33:34de la rapporteuse
33:35de l'ONU
33:36pour les territoires
33:36palestiniens,
33:37Francesca Albanese.
33:39Je cite ce que certains
33:41lui reprochent.
33:41Elle est accusée
33:42d'avoir désigné
33:43Israël comme un ennemi
33:44commun de l'humanité.
33:46Francesca Albanese
33:47dément.
33:47Elle dénonce
33:48une manipulation
33:48de ses propos.
33:49La semaine dernière,
33:51vous avez appelé
33:52à la démission
33:52de Mme Albanese,
33:53Jean-Noël Barraud.
33:55Mais dans une lettre
33:55ouverte mercredi,
33:56150 personnalités
33:58dont une majorité
33:58d'anciens diplomates
33:59néerlandais,
34:00il y a aussi
34:01d'anciens ministres
34:01grecs,
34:02argentins ou encore
34:02danois,
34:03affirment que la rapporteuse
34:05n'a pas qualifié Israël
34:06d'ennemi commun de l'humanité.
34:08Ils appellent donc,
34:08j'y arrive,
34:10le quai d'Orsay
34:11à revenir sur les déclarations
34:14inexactes attribuées
34:14à Mme Albanese
34:15et à les rectifier
34:17publiquement ?
34:17Eh bien non,
34:18parce que d'abord,
34:19je n'ai pas dit
34:22que Mme Albanese
34:22avait dit qu'Israël,
34:23texto,
34:24était un ennemi commun
34:25de l'humanité.
34:26Reprenez mes propos,
34:27ils sont publics,
34:28ils étaient à l'Assemblée nationale.
34:29Donc, cette tribune,
34:30comme beaucoup d'autres d'ailleurs,
34:31se sont fondées
34:32sur une interprétation
34:33de mes propres propos.
34:34Moi, ce que j'ai fait,
34:35parce que ces propos
34:36sont condamnables,
34:37je les ai condamnés
34:38et qui s'ajoutent
34:39à une longue liste
34:40de provocations inacceptables
34:41comme la justification,
34:43la relativisation
34:43du 7 octobre,
34:44pire massacre antisémite
34:45de notre histoire
34:46au cours duquel
34:4651 de nos compatriotes
34:48ont perdu la vie
34:48et que je vais vous dire
34:49plus généralement
34:50ce qu'est ma philosophie.
34:51Si ces propos n'ont pas été...
34:52Ces propos,
34:53donc vous dites
34:53que ces propos sont condamnables
34:55mais ils n'ont pas été prononcés.
34:56Moi, j'ai du mal,
34:56je suis un petit peu perdue.
34:57Écoutez-les et vous verrez.
34:58Et si vous ne voyez pas
34:59pourquoi ils sont condamnables,
35:00eh bien c'est précisément
35:01pour revenir au premier sujet
35:02de conversation aujourd'hui
35:03parce que dans l'ambiguïté,
35:06dans l'absence de clarté,
35:07eh bien se propagent
35:08tous les discours de haine
35:10et en particulier
35:10les discours de haine antisémite.
35:12Et moi, je vais vous dire
35:13pourquoi nous avons fait
35:14la reconnaissance
35:15de l'État de Palestine
35:16l'année dernière.
35:16Parce que nous refusons
35:18que le camp de la guerre
35:19ne l'emporte
35:19sur le camp de la paix.
35:21Et nous refusons en Israël
35:22que les extrémistes
35:23puissent nier
35:24au peuple palestinien
35:25le droit d'avoir la dignité
35:26de se tenir debout
35:27sur la terre
35:28dans laquelle plongent
35:29ses racines.
35:29Nous condamnons
35:30les décisions
35:31du gouvernement israélien,
35:32les décisions récentes
35:33visant à étendre
35:34son contrôle en Cisjordanie.
35:36Mais nous refusons aussi
35:38les extrémistes
35:39de l'autre côté,
35:40ceux du Hamas
35:41et de leur soutien
35:42qui nie à Israël
35:44le droit à l'existence
35:45et à la sécurité.
35:47Et donc moi, pardon,
35:49mais ayant contribué
35:50aux côtés du président
35:51de la République
35:51à faire prendre à la France
35:52une décision capitale
35:53de politique étrangère,
35:55tous les discours de haine
35:57d'où qu'ils viennent
35:58prenant partie
35:59d'un côté ou de l'autre,
35:59Donc vous renouvelez
36:00votre appel à la démission
36:02de Madame Albanese ?
36:04Bien sûr.
36:04Et qu'est-ce qui va se passer
36:05lundi justement
36:06à cette réunion ?
36:07Il y a une session
36:08du Conseil des droits
36:09de l'homme
36:09des Nations Unies.
36:10Au cours de laquelle
36:12la France
36:14réaffirmera évidemment
36:15son attachement viscéral
36:16non seulement
36:17aux Nations Unies
36:18mais aussi
36:18au Comité des droits
36:19de l'homme.
36:19Attendez,
36:20aussi au Comité des droits
36:21de l'homme.
36:21Qu'est-ce qu'il fait
36:21le Comité des droits
36:22de l'homme ?
36:22Parce qu'on parle
36:22beaucoup de choses
36:23et on ne sait pas.
36:24Le Comité des droits
36:25de l'homme,
36:25il mène des enquêtes
36:26et sur la base
36:27de ces enquêtes,
36:28on peut faire
36:28la chasse à l'impunité
36:29et c'est le cas
36:30notamment de la Syrie
36:31où vous vous souvenez
36:32que grâce
36:33à l'exfiltration
36:34par la France
36:34de César,
36:3555 000 photographies
36:37ont pu être
36:38en quelque sorte
36:38rassemblées
36:39par le Comité des droits
36:40de l'homme
36:40pour que les enquêtes
36:41de l'homme.
36:41Demain,
36:42vous demandez sa démission.
36:43Demain,
36:43jeudi,
36:44qu'est-ce qui se passe quand ?
36:46Vous savez,
36:46les rapporteurs spéciaux
36:47sont des experts indépendants
36:48qui sont nommés pour trois ans
36:49et qui sont irrévocables
36:50pendant leur mandat.
36:52Lorsque la question
36:53de son renouvellement
36:54a été posée,
36:54j'ai dit que nous n'étions
36:56pas favorables.
36:56J'ai regretté
36:57qu'elle le soit.
36:58Donc c'est sa décision.
37:00Attendez,
37:00moi je n'ai pas...
37:00C'est sa décision.
37:01Ce que j'ai dit,
37:02pardon,
37:02ce que j'ai dit
37:03à plusieurs reprises,
37:04ce n'est pas
37:05merci de bien vouloir
37:06faire démissionner madame.
37:08Je sais qu'elle n'est pas
37:08démissionnable.
37:10Mais ce que j'ai dit,
37:11c'est que la succession
37:13des provocations
37:15dans un contexte
37:16où nous essayons
37:16de tracer un chemin
37:18vers la paix
37:18devrait l'amener
37:19elle-même
37:19à avoir la dignité
37:21de démissionner
37:22de ses fonctions.
37:23Elle a dit
37:23qu'elle ne démissionnerait pas.
37:25On ouvre un autre chapitre
37:26de l'actualité,
37:26Jean-Noël Barrault,
37:27l'affaire Epstein-Epstein
37:29avec Alex Bouillaguet.
37:31Le nom du diplomate
37:32François Edant
37:33apparaît près de 200 fois
37:35Fabrice Edant.
37:36Près de 200 fois
37:37dans les documents Epstein.
37:39Entre 2010 et 2017,
37:40il était secrétaire
37:42des affaires étrangères
37:42pour l'Orient.
37:43Il aurait transmis
37:44à l'américain
37:44des informations
37:46diplomatiques sensibles.
37:47De quelle nature ?
37:49Alors,
37:52je rembobine.
37:53Comme vous,
37:54j'ai sans doute
37:55et comme beaucoup de Français,
37:56j'ai été effaré
37:57d'apprendre ce que j'ai appris.
37:59Et quand je l'ai appris,
38:00j'ai immédiatement
38:01pris trois décisions.
38:02La première,
38:02c'est de saisir la justice
38:04parce qu'il faut que la justice
38:05puisse faire toute la lumière
38:06sur cette affaire
38:07et qu'elle dispose de moyens
38:08dont je ne dispose pas,
38:09j'ai lancé une enquête administrative,
38:11donc une enquête interne
38:13qui est en cours
38:13avec un certain nombre d'auditions.
38:14Il n'y a pas de retour à ce stade-là
38:15sur cette enquête ?
38:16Elle n'est pas terminée.
38:17Des auditions ont eu lieu
38:18tout au long de cette semaine.
38:20D'autres ont eu à ce projet.
38:20On suppose que vous êtes
38:21un peu au courant
38:21de ces auditions ?
38:22L'enquête est en cours.
38:24Et j'ai lancé une procédure disciplinaire
38:28à l'encontre de M. Fabrice Hédan
38:31qui, elle aussi, est en cours.
38:32Donc il est un peu tôt,
38:33d'abord pour vous livrer
38:35toutes les conclusions,
38:36savoir un peu comment les responsabilités
38:38peuvent être établies.
38:39Mais ce qui est sûr,
38:40c'est qu'il y a ces trois procédures
38:41en cours et qu'on ira jusqu'au bout
38:44et qu'on veillera évidemment
38:46à ce que les responsabilités
38:49puissent être établies.
38:49Vous me posez une question sur ?
38:52Les informations diplomatiques,
38:54qu'est-ce qu'il a transmis concrètement
38:56à Jeffrey Epstein ?
38:58Je ne peux pas vous répondre exactement.
39:00Et il faut bien comprendre
39:01que ça va concerner sans doute
39:03cette affaire-là.
39:04Mais ça va concerner aussi
39:05beaucoup d'autres affaires
39:06de cette nébuleuse Epstein.
39:08Il y a d'autres diplomates
39:09qui sont concernés ?
39:10Non, je vous parle du reste.
39:11Mais les informations,
39:12chacun le sait,
39:13sont extrêmement parcellaires.
39:16Donc il y a des documents
39:18qui soit n'ont pas encore
39:19été rendus publics,
39:20d'autres qui...
39:21Donc je ne sais pas vous dire
39:22à ce stade
39:23la manière dont
39:24ce caractère parcellaire
39:27de l'information
39:28va influer sur le résultat
39:31des enquêtes.
39:31Ce que je peux vous dire,
39:32c'est que ceux qui en ont la charge,
39:34pour ce qui concerne mon ministère,
39:35la justice fait son travail indépendamment,
39:38sont déterminés à faire toute la lumière
39:40et aller jusqu'au bout du travail.
39:41La dernière question
39:42de cette séquence d'actualité.
39:44Vous êtes le ministre
39:44d'Affaires étrangères,
39:45donc on fait le tour
39:46des grands dossiers internationaux.
39:47Il y a eu une visite
39:48du ministre de l'Intérieur
39:49en Algérie,
39:50une visite de deux jours.
39:52Que pouvez-vous...
39:52Est-ce que cette visite
39:53a apporté des informations nouvelles
39:55au sujet du journaliste
39:56Christophe Gleize
39:57qui purge une peine
39:59de sept ans de prison
40:00en Algérie
40:00pour, guillemets,
40:01apologie du terrorisme ?
40:03Nous demandons
40:04la libération immédiate
40:07et inconditionnelle
40:08de Christophe Gleize
40:08et des messages
40:09ont été passés
40:11en ce sens.
40:13D'ailleurs,
40:14nous ne sommes pas
40:15les seuls
40:15à passer des messages
40:16et je veux une nouvelle fois,
40:17comme j'ai déjà pu le faire
40:18publiquement,
40:19saluer l'attitude très digne
40:21de la famille,
40:23mais aussi la mobilisation
40:24de certaines figures
40:25du monde du sport
40:26qui comptent
40:27quand elles s'expriment.
40:29Ensuite,
40:29ce déplacement,
40:30il avait vocation
40:31à obtenir
40:32un réengagement
40:33des autorités algériennes
40:34sur des sujets
40:34qui sont très importants
40:36pour nous,
40:36sécuritaires et migratoires.
40:38Le dialogue a été apaisé.
40:39Maintenant,
40:39il faut qu'il se traduise
40:40en actes.
40:41Nous verrons bien.
40:41Va-t-on vers une renégociation
40:43des accords de 1968
40:44qui ont été évoqués
40:47récemment
40:47par Sébastien Lecornu,
40:49le premier ministre ?
40:49c'est notre souhait
40:50et ce n'est pas nouveau.
40:51Mais est-ce que ça progresse ou pas ?
40:53C'est notre souhait
40:54que ça progresse.
40:55Jean-Noël Barraud,
40:56vous êtes l'invité
40:57de Questions politiques
40:57et on tente encore
40:59de mieux vous connaître
41:00aujourd'hui.
41:01France Inter
41:04Alexandra Ben Saïd
41:08Questions politiques
41:09Avec Alix Bouillaguet
41:10qui veut vous faire entendre
41:11cette archive.
41:12Dans ce temple des Nations Unies,
41:13nous sommes les gardiens
41:15d'un idéal.
41:16Nous sommes les gardiens
41:17d'une conscience.
41:19La lourde responsabilité
41:21et l'immense honneur
41:23qui sont les nôtres
41:24doivent nous conduire
41:26à donner la priorité
41:28au désarmement
41:29dans la paix.
41:31Et c'est un vieux pays.
41:34la France d'un vieux continent
41:36comme le mien.
41:37l'Europe
41:38qui vous le dit aujourd'hui.
41:42Jean-Noël Barraud,
41:43vous avez d'illustres
41:45prédécesseurs
41:45au Quai d'Orsay.
41:46On vient d'entendre
41:46Dominique de Villepin,
41:47c'était le 14 février 2003
41:48à l'ONU,
41:49un discours pour dire non
41:51à la guerre en Irak,
41:52un discours qui a marqué
41:53les esprits
41:54bien au-delà
41:54des frontières françaises.
41:56On se souvient aussi
41:57d'Hubert Védrine
41:58avec son franc-parler,
41:59son indépendance,
42:00sa portée médiatique.
42:01Et vous ?
42:02Quel est votre style,
42:04votre marque de fabrique
42:06et même votre référence ?
42:10Ce que je peux vous dire
42:11en tout cas,
42:12c'est que dans les fonctions
42:14qui m'ont été confiées
42:14par le président de la République,
42:15il y a une décision
42:17qui a été préparée
42:18pendant plus d'un an
42:19et qui aura très largement
42:20structuré mon action
42:21au sein du ministère
42:22des Affaires étrangères,
42:23qui est une décision
42:24capitale de politique étrangère,
42:26qui est la reconnaissance
42:27de l'État de Palestine.
42:28Mais ce n'est pas vous
42:28qui avez fait le discours
42:30aux Nations Unies ?
42:32J'en ai fait un,
42:33puisque la reconnaissance
42:35par la France
42:36de l'État de Palestine
42:37ne s'est pas inscrite
42:38dans un vide.
42:39Elle s'est appuyée
42:39sur une déclaration,
42:41la déclaration de New York,
42:43qui a été conçue
42:46au mois de juillet dernier,
42:48qui a été adoptée
42:48à l'écrasante majorité
42:49des Nations Unies
42:50et que j'ai portée,
42:52et qui, pour la première fois,
42:54post-7 octobre,
42:55qui a été quand même
42:55un événement très traumatique
42:57dans la région,
42:58mais au-delà,
42:59ramenait, si vous voulez,
43:00ensemble des objectifs
43:02qui, jusqu'à présent,
43:03ou des parties prenantes
43:05qui s'affrontaient.
43:06Et cette vision-là
43:08d'équilibre,
43:09de rejet des discours de haine,
43:11je crois que c'est...
43:12D'où qu'ils viennent,
43:13d'ailleurs,
43:13sans prendre parti,
43:15sans mettre en concurrence
43:16les souffrances,
43:17je crois que c'est ce que j'ai apporté
43:19dans ce processus
43:20qui nous a conduit
43:20à prendre...
43:21Sur le fond,
43:21mais là,
43:22je vous parle de votre style.
43:24Vous avez un référent en tête ?
43:26On a entendu
43:27Dominique de Villepin,
43:28je vous ai parlé
43:29d'Hubert Védrine.
43:30Mais je...
43:32Mon histoire familiale
43:34et politique
43:36explique bien
43:37des prises de positions
43:39qui sont les miennes,
43:39notamment sur ce conflit-là.
43:41La diplomatie ?
43:42C'est celle des pères fondateurs
43:46de l'Europe
43:47qui ont surmonté
43:48le confort,
43:49la facilité du ressentiment
43:51pour avoir la hauteur de vue
43:52de proposer aux anciens ennemis
43:54des voies de coopération.
43:55C'est celle des justes
43:56et des résistants
43:57qui ont fait objection
43:59de conscience,
44:00qui ont objecté
44:02ou opposé
44:02à la violence
44:03qu'on voulait leur imposer
44:05les armes de l'esprit.
44:06Et c'est ça
44:07qui m'inspire au quotidien.
44:08Vous êtes un jeune ministre
44:09puisque vous avez 42 ans.
44:11Vous vantez votre proximité
44:12avec Emmanuel Macron.
44:13Il paraît que vous l'avez même
44:14au téléphone
44:15à toute heure
44:16du jour et de la nuit.
44:17Mais vous êtes aussi
44:17dans l'ombre quelque part
44:18d'un président
44:19qui est hyperactif
44:20et beaucoup sur ces dossiers-là.
44:22Est-ce que c'est possible
44:22d'exister aux côtés
44:23d'Emmanuel Macron ?
44:24Ça, c'est aux autres
44:25qu'il faut le demander
44:26parce que moi,
44:27je ne fais pas ça
44:27pour exister.
44:29Je me suis engagé
44:31pleinement
44:31sur le sujet
44:32de la Palestine
44:34que j'évoquais là.
44:35Je m'engage aussi
44:36pleinement
44:37pour la transformation,
44:40la modernisation
44:41de mon ministère
44:42qui en a besoin,
44:44qui avec ses 14 000 agents
44:46fait un travail remarquable
44:47mais qui doit continuer
44:48de se réformer,
44:50de s'armer
44:50face aux défis.
44:52Et puis je crois
44:52qu'on en a un
44:53de défi
44:53qui est considérable
44:55qui est devant nous
44:55et qui en fait
44:56est sous-jacent
44:57à toutes les discussions
44:57que nous avons eues
44:58aujourd'hui
44:59qui est l'Europe.
45:00Quelle Europe ?
45:01Et on va avoir
45:01la discussion
45:02dans quelques instants.
45:03En 2027,
45:04quelle Europe ?
45:04Juste pour conclure,
45:07vous êtes aussi
45:07un ambitieux,
45:08un ambitieux politique.
45:12Vous entretenez
45:13une relation
45:13de filiation politique
45:14avec l'ex-premier ministre
45:16François Bayrou.
45:17Il se dit
45:17que vous rêvez
45:18de prendre sa suite
45:19à la tête du Modem.
45:20Est-ce que c'est tabou
45:21d'évoquer sa succession ?
45:23Je ne suis pas un ambitieux,
45:24je suis un militant.
45:26Un militant
45:27de la démocratie,
45:28un militant
45:29de la justice,
45:31un militant aussi
45:32de l'espérance.
45:33C'est un certain nombre
45:34d'engagement,
45:36de cause
45:38que j'ai défendu
45:39et que je défends encore
45:40et que je continuerai
45:41de défendre
45:42aux côtés
45:42de François Bayrou.
45:43Mais vous dites
45:44qu'il faut aussi
45:44un centriste candidat
45:46à la présidentielle
45:46en 2027.
45:48François Bayrou,
45:48il aura 75 ans.
45:50Est-ce que vous pouvez
45:51être ce candidat-là
45:52à la présidentielle ?
45:53Je crois que la période
45:53de réserve
45:54pour les élections municipales
45:55s'est ouverte aujourd'hui
45:56donc je vais y répondre
45:56avec un tout petit peu
45:57de retenue.
45:58Mais oui,
46:00ce grand courant
46:01de la vie politique française
46:02doit être représenté
46:04dans ses idées,
46:05dans ses femmes
46:06et dans ses hommes
46:07à l'élection présidentielle
46:08de 2027.
46:09Il a des réponses
46:10à apporter.
46:10Mais non !
46:11Des idées
46:13et la force
46:13des convictions.
46:14Jean-Noël Barraud,
46:16vous êtes venu
46:17avec votre carte blanche,
46:18militant.
46:18Sur quel thème
46:20voulez-vous braquer
46:21les projecteurs
46:22ce midi ?
46:22Bien sûr,
46:23les réseaux sociaux.
46:23J'en ai dit un mot
46:24tout à l'heure
46:24mais je me suis réjoui
46:26que lors de son déplacement
46:28en Inde,
46:29le président de la République
46:29ait obtenu
46:31du Premier ministre indien
46:33qu'il se joigne
46:33à cet effort
46:34qui maintenant rassemble
46:35plusieurs dizaines de pays
46:36pour restreindre
46:37l'accès des plus jeunes
46:39aux réseaux sociaux.
46:40Je me félicite
46:41que cette prise de conscience
46:46nationale, internationale
46:47progresse.
46:48Maintenant,
46:48il va falloir passer aux actes
46:49et j'entends déjà
46:50un certain nombre
46:51qui disent
46:51que ce sera impossible
46:52parce que les plateformes
46:53sont trop puissantes.
46:54Parce que les Etats-Unis
46:55ne veulent pas
46:55de gouvernance mondiale.
46:56Moi, je dis
46:57que c'est possible
46:58et je l'ai démontré
46:59dans mes fonctions précédentes
47:01lorsque j'étais chargé
47:02du numérique
47:03en bloquant
47:05les sites pornographiques
47:07qui ne vérifiaient pas
47:08l'âge de leurs utilisateurs.
47:10Et un an après,
47:10puisqu'on peut faire le bilan,
47:12les résultats sont là.
47:13La fréquentation,
47:14l'exposition
47:15des mineurs
47:16dans notre pays
47:16aux sites pornographiques
47:18a baissé de moitié.
47:19Donc, c'est possible.
47:20Jean-Noël Barraud,
47:21nous allons parler
47:21de France 2027,
47:23l'Europe,
47:23la place de la France
47:24dans le monde.
47:25Mais d'abord,
47:25je voudrais vous faire réagir
47:26à cet urgent
47:27qui vient de tomber
47:28au sujet de la Russie.
47:30La Hongrie
47:31va bloquer
47:32le 20e paquet européen
47:34de sanctions
47:34contre la Russie.
47:36C'est ce qu'on apprend
47:36de Budapest.
47:37Quelle est votre réaction ?
47:39Que ce sont des blocages
47:41qu'on doit pouvoir surmonter
47:42comme on l'a fait
47:43par le passé
47:44puisque ça fait 20 fois
47:46qu'on y parvient.
47:47Donc, pas d'inquiétude
47:48sur le 20e paquet ?
47:50Je vais sans doute
47:51prendre connaissance
47:52des raisons invoquées
47:54et consacrer une partie
47:56de mon après-midi
47:57à tenter de lever
47:58ce blocage.
47:59Allez, Françoise Fresseuse,
48:00une question qui sera
48:00au cœur du débat public
48:01et de la présidentielle
48:02dans deux ans.
48:03La question de la place
48:05de la France dans le monde,
48:06autrement dit,
48:06sa capacité à porter
48:07une voix singulière,
48:09ce qui a toujours été
48:10sa vocation
48:10depuis le général de Gaulle.
48:12Alors, on voit Emmanuel Macron
48:13qui se démultiplie
48:15sur tous les fronts,
48:15l'Europe, l'Ukraine,
48:16la Palestine.
48:17Il cherche de nouveaux partenaires
48:19avec son récent voyage
48:20en Inde.
48:21Il se bat pour contrer
48:23le nouvel ordre mondial
48:24que tente d'imposer
48:25Donald Trump.
48:26Mais concrètement,
48:27les résultats apparaissent
48:28minces.
48:29Et ce qui est frappant aussi,
48:30c'est le rapprochement
48:32aujourd'hui entre l'Allemagne
48:33et l'Italie,
48:34leur difficulté
48:35à se couper
48:36des États-Unis
48:36et l'idée au fond
48:38de dire
48:38en 2027,
48:39il n'y aura plus
48:40d'Emmanuel Macron,
48:41donc on se débrouille sans lui.
48:42Est-ce que la France
48:43est déjà enterrée ?
48:44D'abord,
48:45je vais dire un mot
48:46pour défendre ma boutique
48:47parce que dire
48:48que la diplomatie française
48:50que nous conduisons
48:52n'a aucun effet,
48:54c'est quand même
48:55un peu sévère
48:56pour les diplomates français.
48:57que ça n'a pas d'effet.
48:58Non mais regardez,
48:59bien sûr que
49:01chacun est lucide,
49:02chacun voit bien
49:03que le grand défi
49:04géopolitique
49:05de notre siècle,
49:07c'est la rivalité croissante
49:08entre les États-Unis
49:09et la Chine.
49:10L'un voulant rattraper l'autre,
49:12l'autre voulant éviter
49:12que cela ne se produise
49:14et que dans cette équation,
49:16la place de l'Europe
49:17et la place de la France
49:18est posée.
49:18Mais regardez
49:18ce que nous avons fait
49:19l'année dernière.
49:20On a parlé de la reconnaissance
49:21de la Palestine.
49:22Je pourrais parler aussi
49:22de ce que nous avons fait à Nice
49:24où nous avons organisé
49:25la plus grande manifestation
49:26jamais consacrée
49:27à la préservation des océans
49:28et obtenu en deux ans
49:31la ratification
49:32ou l'entrée en vigueur
49:33d'un traité
49:34pour la protection
49:34de l'océan
49:35ou plus précisément
49:36de la haute mer,
49:37c'est-à-dire
49:37toute la partie de l'océan
49:39qui ne dépend pas
49:39des juridictions nationales.
49:40Aucun pays du monde,
49:41je dirais,
49:42de notre taille comparable
49:43ne peut se prévaloir
49:44de tel succès diplomatique.
49:45Maintenant pour la suite,
49:472027.
49:48Quelle sera la place
49:49de la France
49:49dans l'ordre mondial ?
49:50Eh bien,
49:51ce sont les Français
49:51qui en décideront.
49:52Et ils vont décider
49:54en fonction de quoi ?
49:55Peut-être de l'état
49:56des déficits, non ?
49:58D'abord,
49:58je le disais,
50:00la donne principale
50:02c'est la conflictualité,
50:03la rivalité
50:03entre les États-Unis
50:04et la Chine
50:05qui pourrait à un moment
50:05ou à un autre
50:07se transformer
50:08en conflictualité
50:09dans laquelle nous pourrions
50:10d'ailleurs,
50:10selon les choix
50:11que nous ferons
50:11en Europe,
50:12être entraînés.
50:13Et dans cette équation
50:14qui semble déjà résolue,
50:17il y a en réalité
50:18une variable inconnue
50:19et cette variable inconnue
50:20c'est l'Europe.
50:20Je n'y reviens pas,
50:21on en a beaucoup parlé,
50:22l'indépendance, etc.
50:22Mais pour que l'Europe
50:23soit à la maille
50:25pour changer l'équation
50:26géopolitique mondiale,
50:27il faut que la France
50:28soit à la hauteur
50:29de son histoire.
50:31Et donc,
50:31le choix que feront
50:32les Français en 2027
50:33sera essentiel.
50:34Pourquoi ?
50:35Parce que notre capacité
50:36à influer en Europe
50:36dépend directement
50:37et dépendra directement
50:39de notre force
50:40militaire,
50:41diplomatique,
50:42économique,
50:43budgétaire et morale.
50:44Parce que quand on voit
50:45dans le conflit franco-allemand
50:47qu'on voit surgir,
50:48il y a beaucoup
50:49cette question de
50:49la France n'arrive pas
50:50à réduire ses déficits,
50:52la France dépense
50:53beaucoup trop,
50:54la France se cache
50:56derrière l'Europe
50:56pour emprunter toujours.
50:58Vous,
50:58vous dites,
50:592027,
51:00il va falloir
51:00un sacré plan de rigueur ?
51:02Je dis en tout cas
51:03qu'il faudra choisir.
51:05Allons-nous
51:06nous laisser aller
51:07à la facilité
51:11de projets
51:11qui nous seront proposés
51:12par les deux extrêmes
51:13d'ailleurs,
51:14projets de déclin
51:15qui ne diront pas
51:16leur nom,
51:17mais qui seront
51:17des projets
51:17de vassalisation
51:19à ces grandes puissances
51:21États-Unis,
51:22Chine,
51:23je ne mets pas la Russie
51:24dans les grandes puissances
51:25puisque je vous ai dit
51:25qu'elle s'était
51:26totalement discréditée,
51:27mais on voit un petit peu
51:27l'idée.
51:28Ou alors,
51:29allons-nous faire
51:30le choix de la conquête,
51:33du courage
51:33qui emporte
51:35des conséquences
51:36sur l'organisation
51:37des pouvoirs
51:37dans notre pays,
51:38mais aussi sur
51:39le rétablissement
51:40des finances publiques
51:41et qui permettront
51:41à la France
51:42de conserver
51:43la place qui est la sienne
51:44au premier rang.
51:45C'est au fond ça,
51:46le projet des conservateurs,
51:47des clinistes
51:48ou un projet
51:49de conquête
51:50pour notre pays.
51:51La troisième voie,
51:52c'est avec quel partenaire ?
51:53Alors,
51:53on a vu qu'il y avait eu
51:54ce voyage en Inde,
51:55mais on voit l'Inde
51:56au fond qui multiplie
51:57les gestes,
51:59Etats-Unis,
52:01Chine,
52:01France.
52:03C'est quoi nos partenaires
52:04fiables pour incarner
52:05une troisième voie ?
52:06Pour incarner une troisième voie,
52:08il faut d'abord s'interroger
52:08sur nous-mêmes.
52:10Je le disais,
52:10la variable inconnue
52:11de cette équation
52:12qui semble inéluctable
52:13et qui,
52:13comme Sparte
52:15et Athènes
52:17dans la guerre
52:17du Péloponnèse
52:18ont fini par s'affronter,
52:19semble nous condamner
52:21à un affrontement
52:21entre la Chine
52:22et les Etats-Unis.
52:23Donc,
52:23l'Europe peut changer la d'homme
52:24si elle ouvre une troisième voie.
52:25Mais pour qu'elle ouvre
52:26une troisième voie,
52:26il faut d'abord qu'elle se lève,
52:28qu'elle redresse la tête
52:29et qu'elle se défasse
52:31de ses servitudes
52:32et qu'elle se renforce.
52:33Et une fois qu'elle l'aura fait,
52:34une fois qu'elle pourra parler
52:35de manière crédible
52:36et qu'elle sera un acteur
52:38dominant
52:39sur un certain nombre
52:40de sujets
52:40qui touchent à notre voisinage,
52:41on a parlé de l'Ukraine,
52:43eh bien alors,
52:43je peux vous garantir
52:45que la majorité
52:47des pays du monde
52:48s'engouffreront
52:49dans cette troisième voie
52:50parce qu'eux-mêmes
52:51n'ont aucune envie
52:52de devoir choisir un camp.
52:54Ils entendent rester libres.
52:56Et donc,
52:56si l'Europe montre la voie,
52:57alors,
52:57on peut espérer d'abord
52:59avec l'Asie du Sud-Est,
53:03avec cette organisation
53:04qui s'appelle
53:04le CPTPP,
53:05pardon pour l'acronyme.
53:06Oui,
53:07mais c'est en gros
53:07tous les pays du Pacifique,
53:09ça va jusqu'au Canada.
53:10Eux,
53:10ils se disent,
53:11l'Europe,
53:12eh bien,
53:12c'est notre partenaire privilégié,
53:14mais il faut encore
53:15que l'Europe...
53:15L'Afrique voit bien
53:17avec quel cynisme
53:19elle est traitée
53:20par les deux grandes
53:21superpuissances de ce monde.
53:22Et quant à l'Amérique latine,
53:24elle voit bien aussi
53:24que si rien n'est fait,
53:26elle va se retrouver
53:27en quelque sorte
53:29vassaliser
53:29dans un hémisphère
53:30dont elle n'a pas
53:30la maîtrise du destin.
53:32Donc,
53:33toutes ces régions du monde
53:34ont envie que l'Europe se lève,
53:35redresse la tête
53:36et c'est notre responsabilité.
53:37Jean-Noël Barraud,
53:38ce sont les dernières minutes
53:39de l'émission
53:40On se quitte.
53:41C'est le principe
53:42avec un vrai-faux
53:43et vous connaissez la règle.
53:45Alors, je démarre.
53:46Si vous étiez député,
53:48mardi,
53:48vous voteriez contre
53:49le droit à l'aide à mourir.
53:51Vrai ou faux ?
53:51Vrai.
53:52Si le remaniement est repoussé,
53:54c'est parce que Rachida Dati
53:55veut rester encore un peu
53:55au gouvernement.
53:56Vrai ou faux ?
53:59Faux sans doute,
53:59mais ce n'est pas moi
54:00qui décide.
54:01La France insoumise
54:01ne fait plus partie
54:02de l'arc républicain.
54:03Vrai ou faux ?
54:05Je ne sais pas
54:06ce que c'est que
54:06l'arc républicain.
54:08Vous jouez sur les mots.
54:09Oui.
54:10Vrai aussi.
54:11Les comportements
54:11de la France insoumise
54:12s'inscrivent
54:14à l'Assemblée nationale
54:15à l'extérieur
54:15du respect
54:16des institutions républicaines.
54:17Il ne faut pas
54:17renvoyer dos à dos
54:18le RN et LFI.
54:19Vrai ou faux ?
54:21Faux.
54:22Il n'y a pas
54:23des dizaines...
54:23Enfin, pardon,
54:24il ne faut pas
54:25renvoyer dos à dos
54:26LFI et le RN.
54:27Donc, vrai,
54:28à votre affirmation.
54:29Il n'y a pas
54:29des dizaines de milliers
54:30de Français fortunés
54:31qui ne paient aucun impôt
54:33sur le revenu,
54:34mais il y en a bien
54:3413 335.
54:35Et finalement,
54:36on a des documents
54:37à Bercy qui le montrent.
54:38Vrai ou faux ?
54:38J'ai l'impression
54:39que c'est vrai.
54:40Jean-Noël Barraud,
54:41merci d'avoir répondu
54:42à nos questions politiques
54:43et merci à la grande équipe
54:45Fabienne Lemoal,
54:46Marius Serres
54:46et nos équipes
54:48du son et de l'image.
54:50Auditeurs,
54:50téléspectateurs,
54:51nous vous souhaitons
54:52un excellent week-end.
54:53On se retrouve
54:53la semaine prochaine.
54:54Sous-titrage Société Radio-Canada