00:00Europe 1, Eliott Deval, et vous ?
00:02Midi 20 sur Europe 1, dans la République, aucune violence n'est légitime.
00:06Ce sont les mots d'Emmanuel Macron qui appellent au calme en marge de la marche blanche organisée à Lyon
00:10pour rendre hommage à Quentin cet après-midi.
00:13Qui jette de l'huile sur le feu dans ce climat d'extrême violence ?
00:16C'est le fil rouge de cette émission.
00:18En studio pour en débattre avec nous le duo d'éditorialistes de ce samedi,
00:21Alexandre Devecchio et Georges Fenech, invités également aujourd'hui,
00:25Axel Ronde, président du syndicat de police CFTC.
00:27Alors que la préfète de la région a pris la parole il y a quelques instants
00:32pour annoncer des effectifs très importants pour protéger cette manifestation,
00:39la préfecture qui anticipe également une contre-manifestation du côté de Lyon.
00:45Imaginez donc, vous avez des garçons, des jeunes femmes, des amis de Quentin
00:51qui ont une volonté, c'est de rendre hommage en marchant, silencieusement,
00:58en rendre hommage à Quentin qui a été battu à mort la semaine dernière.
01:02Et vous avez des individus qui considèrent que c'est non pas une marche blanche en hommage à Quentin,
01:08mais la réunion de nazions et de fachos,
01:13à tel point qu'ils veulent faire une contre-manifestation.
01:16Imaginez ce climat dans lequel on vit aujourd'hui du côté de Lyon,
01:21il ne faut pas être dupe non plus,
01:23puisque pourrait s'agréger aux honnêtes gens et aux copains de Quentin
01:29qui ont envie de se mobiliser dignement,
01:31pourrait s'agréger, c'était l'alerte des renseignements territoriaux,
01:35plusieurs centaines d'éléments radicaux associés à de la mouvance d'ultra-droite.
01:40Donc il ne faut pas être dupe non plus.
01:42Mais de tout englober et de considérer donc que c'est une marche de nazions,
01:48il y a quelque chose d'odieux et on pourra écouter d'ailleurs l'émotion de Charlotte Dornelas.
01:53Je vois que sur les réseaux sociaux, son message et son appel
01:57à respecter la mémoire de Quentin est massivement relayée
02:03et elle demande aux incendiaires, politiques, militants, de se taire.
02:08On est en direct avec Marie et avec Laetitia,
02:11puisque vous connaissez la règle de cette émission.
02:13La priorité c'est bien sûr de donner la parole aux auditeurs.
02:17Mais avant cela, je voudrais vous faire écouter Olivier Faure.
02:20Olivier Faure qui craint ce climat actuel
02:24et que ce qui se passe aujourd'hui se transforme en guerre civile.
02:28Je ne voudrais pas que cette manifestation soit l'occasion de nouvelles échauffourées
02:33et que la logique de groupe puisse conduire à un moment
02:38à ce qu'on ait droit à la revanche, puis après-demain à la belle
02:42et qu'on ait en réalité une forme de guerre civile organisée
02:47par des ultras qui cherchent à s'entretuer.
02:52Guerre civile organisée, dit-il.
02:56Laetitia et Marie sont avec nous.
02:58On va aller du côté de Rouen et saluer Marie.
03:00Bonjour Marie.
03:02Oui, bonjour. Merci de prendre mon appel.
03:04Mais c'est la moindre des choses.
03:06Oui, je voulais témoigner parce que moi je fais partie
03:09de cette catégorie professionnelle
03:15qui est vraiment en prise directe avec la réalité
03:21au sein de l'éducation nationale,
03:22puisque je suis professeur en lycée.
03:24Et je trouve que moi, je ne suis absolument pas étonnée
03:27par ce qui se passe, parce que, si vous voulez,
03:31je pense que vraiment, le problème, ce ne sont pas seulement
03:34les universités, c'est vraiment l'ensemble
03:36de l'éducation nationale.
03:38Parce que, si vous voulez, il y a quand même une espèce
03:40de calotte de gauche qui règne en maîtresse,
03:43qui fait que lorsque vous êtes vous-même enseignant
03:46et que vous n'adhérez pas à ces idées-là,
03:50vous êtes nazifiés, extrême-droitisés,
03:52évidemment, automatiquement.
03:56Et je suis absolument catastrophée,
03:59parce qu'effectivement, vu l'affaissement abyssal
04:03du niveau, si vous voulez, d'exigence en matière académique,
04:08les élèves, les étudiants sont quand même assez fragiles
04:12et très malléables.
04:13Donc, il y a une espèce de conditionnement tel
04:15que ce qui se passe aujourd'hui n'est absolument pas étonnant.
04:19Ça ne peut que se passer comme ça.
04:22Puisque, si vous voulez, il y a une grille de lecture
04:25qui est systématiquement appliquée.
04:27Et même au sein des établissements, si vous voulez,
04:31il y a une ambiance, si vous voulez, qui est...
04:34Là, pardonnez-moi, chère Marie, c'est très intéressant
04:37d'avoir le regard d'une professeure enseignante au lycée.
04:41Mais cette semaine, c'était les vacances.
04:46Je serais curieux de savoir comment ce drame,
04:54est-ce que ce drame a été traité dans les écoles ?
04:57Est-ce qu'il y a eu un moment d'échange
04:59pour parler justement du débat d'idées, de la démocratie,
05:03de pouvoir échanger, débattre avec des gens
05:05qui ne partagent pas forcément les mêmes opinions,
05:08d'un retour au calme et à l'apaisement.
05:10Mais effectivement, on est en période de vacances.
05:13Mais on est en période de vacances.
05:14Mais même, si vous voulez, après des faits aussi choquants,
05:17par exemple, même que l'assassinat de Dominique Bernard,
05:21de Samuel Paty, etc., je peux vous dire que ce sont des sujets
05:23qui ne sont jamais traités en salle des profs.
05:26En revanche, vous avez des collègues,
05:29qui sont d'ailleurs les premiers, c'est assez savoureux,
05:32à mettre leurs enfants en école privée
05:34pour éventuellement les protéger de l'idéologie
05:38qu'ils promeuvent à H24.
05:42Eh bien, ces gens-là, si vous voulez,
05:44s'ils ont vu la veille sur une chaîne quelconque,
05:48une émission sur les trade-wise aux États-Unis,
05:50ils sont, mais en transe.
05:52Et si vous voulez, récemment, moi, j'arrive en salle des professeurs,
05:56j'entendais une jeune collègue qui se roulait par terre
06:00parce qu'elle voyait l'extrême droite progresser
06:02avec, évidemment, une consternation.
06:05Donc, si vous voulez, ça,
06:06bon, que chacun ait ses opinions, ce n'est pas le problème,
06:08mais si vous voulez, les élèves, les étudiants,
06:12parce qu'il y a aussi du post-bac dans les lycées,
06:14ils sont quand même assez sensibles à ce genre de discours.
06:18Et on le voit, parce que moi, je vois que lorsque je fais cours,
06:21bon, j'estime que le devoir de réserve ne doit pas être bafoué,
06:24donc ce n'est pas ce que je fais,
06:25mais je suis quand même factuellement souvent obligée
06:29de remettre l'église au centre du village.
06:32Par exemple, moi, j'ai des étudiants qui découvraient
06:33que le stalinisme avait fait quand même un nombre de morts considérable.
06:37Des millions de morts.
06:38Ils me disent, mais ça, on ne nous le dit jamais en cours d'histoire.
06:40Je dis, ça, ça m'étonnerait quand même.
06:42Mais si vous voulez, ce ne sont pas des choses qui sont...
06:44Alors, c'est une ambiance, vous voyez,
06:46tous les choix programmatiques, si vous voulez,
06:49d'exposition, de sortie, sont toujours remplis.
06:53Et c'est très bien...
06:54Non, mais ne vous excusez pas, Marie,
06:56parce que c'est très intéressant de voir des cas pratiques
06:59de cette mouvance de gauche radicale
07:05et après des 50 nuances de gauche
07:08qui, au fond, partagent le même combat,
07:12c'est-à-dire qu'il y a un extrémisme à droite
07:16qui représente le danger absolu
07:19et il faut le faire tomber par tous les moyens possibles.
07:22Et quand, finalement, des individus violents
07:26mettent à exécution cette idée-là,
07:28et c'est-à-dire vont jusqu'à tuer...
07:31Il y en a qui condamnent, mais tout en rajoutant un mais.
07:35Il y en a d'autres qui ne condamnent pas
07:38et vont aller sur l'inversion victimaire.
07:41Et puis, il y a ceux les plus lâches
07:44qui vont détourner le regard
07:45et qui vont regarder ailleurs.
07:47Alexandre Devecchio, on vous remercie, cher Marie.
07:49C'était vraiment très intéressant d'avoir le regard d'une professeure
07:52parce qu'on a parlé du système médiatique,
07:55du système universitaire, du système politique.
07:59Mais les enfants, l'éducation nationale,
08:02là aussi, c'est tout aussi important
08:04et il est gangrané, système judiciaire.
08:07Mais en fait, c'est un mammouth.
08:09Je ne sais pas combien de temps ça prendra
08:14pour retrouver un certain équilibre
08:16et une certaine raison.
08:17Alexandre Devecchio ?
08:18Oui, on voit que c'est aussi un combat idéologique à mener,
08:22mais malheureusement à mener à l'intérieur de l'État
08:25puisque différents, j'allais dire, services de l'État,
08:30je ne sais pas, ou corps de l'État,
08:31sont effectivement gangrénés.
08:33Il y a l'université, mais il y a aussi la justice,
08:35mais il y a aussi l'éducation nationale.
08:39Il va falloir beaucoup de courage pour affronter ça,
08:43puisque l'affronter, ça signifie s'exposer à des critiques
08:47du type ne pas respecter l'indépendance des juges,
08:50du type de ne pas respecter la liberté académique dans l'université.
08:54Mais je crois qu'il va falloir poser toutes les questions.
08:57Ce sera aussi un enjeu de la présidentielle
09:00et justement être très fort pour déconstruire le narratif
09:05qui est en train d'être construit
09:07et qui va de l'extrême gauche,
09:09mais jusqu'à la gauche classique
09:11et même au centre où on reprend à son compte
09:15une partie de ce narratif-là.
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