00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Midi 33 sur Europe 1, merci si vous nous rejoignez dans Eliott Deval et vous,
00:06toujours en compagnie d'Alexandre Devecchio et Georges Fenech,
00:09duo du samedi.
00:10Dans cette émission, on revient largement sur la question sécuritaire
00:13autour de la marche blanche organisée à Lyon pour Quentin,
00:16une semaine après son décès.
00:17Et la préfète de la région a pris la parole, je vous propose de l'écouter,
00:20c'était il y a quelques instants.
00:22Une réunion de plus que je viens de faire avec toutes nos forces de l'ordre
00:25qui vont être très mobilisées, vous le savez, cet après-midi,
00:28pour suivre cette marche et les événements qui pourraient se passer
00:32en périphérie, bien sûr, de cette marche.
00:36Et puis aussi préciser que toutes les conditions de sécurité ont été prises
00:40pour que cette marche reste une marche et que les habitants
00:45ne subissent pas du tout les conséquences de cette marche.
00:49Il y a eu des contrôles prélables actuellement encore, et c'est normal,
00:55on veut savoir qui sera là, donc ça se passe.
00:58Bien sûr, les réseaux sociaux, nous n'avons pas détecté de rassemblement
01:02vraiment organisé à ce stade-là.
01:04Je parle plutôt d'une contre-manifestation, vous le comprenez bien.
01:08Néanmoins, on a prévu qu'il pouvait y avoir une contre-manifestation.
01:12C'est notre travail de prévoir et d'anticiper les choses.
01:16Donc on a un dispositif s'il y avait une contre-manifestation
01:20qui s'organiserait au dernier moment.
01:21Voilà un message qui est clair.
01:24La préfète parle de marche.
01:25Elle ne parle pas de manifestation, elle parle d'une marche.
01:29Et une marche qui va se dérouler dans un contexte sécuritaire XXL,
01:35mais aussi pour permettre aux Lyonnais et aux Lyonnaises
01:39qui ont envie de rendre hommage à Quentin,
01:42de pouvoir marcher avec les proches de Quentin.
01:45D'accord ?
01:45Et puis en face, vous allez avoir potentiellement une contre-manifestation.
01:49C'est important, les mots ont un sens encore une fois.
01:52Une contre-manifestation.
01:53Donc des individus qui, guidés par la volonté de nuire
01:59à des gens qu'ils considèrent comme étant des nazis, des fachos,
02:04eh bien ils vont tenter de perturber cette manifestation.
02:08Voilà le climat dans les rues de Lyon.
02:10Georges Fenech, ville que vous connaissez parfaitement bien.
02:14– Oui, je connais évidemment bien cette ville de Lyon.
02:17Vous savez, tout à l'heure, Gilbert Collard vous parlait du procès Barbie
02:22qui m'a rappelé effectivement des souvenirs,
02:23puisque j'étais en poste à ce moment-là à Lyon.
02:25Mais j'ai vécu aussi à Lyon toute la période de terrorisme proprement dit,
02:30action directe, qui a fait des morts.
02:32Le général Delfos, on se souvient, tous ces crimes commis
02:36par des mouvements d'extrême gauche qui étaient passés à l'acte suprême, le terrorisme.
02:40Et là, ce sont des petits héritiers, en ce moment,
02:42ce qui est en train de se passer à Lyon,
02:44de ces mouvances qui existaient dans les années 70-80,
02:48et qu'il va falloir tuer dans l'œuf le plus tôt possible.
02:50Quand on parle de gangrène, moi je pensais à la justice tout à l'heure,
02:53je ne dis pas que la justice est complice,
02:56mais que fait la justice ?
02:57Quand vous voyez que la plainte,
02:59je me souviens de la plainte de François-Xavier Bellamy
03:01contre Rima Hassan pour menace de mort,
03:04elle avait mis une cible sur lui publiquement.
03:07cette plainte date de juillet 2024.
03:09Ça fait un an et demi que François-Xavier Bellamy,
03:12que j'ai entendu d'ailleurs, il y a quelques jours,
03:14dire je ne sais pas où on est ma plainte.
03:15C'était chez nous, Georges Fenech.
03:17C'était chez nous.
03:17C'était la semaine dernière.
03:18Voilà, j'étais ici, effectivement.
03:20Et donc, voilà, que fait la justice ?
03:23Pourquoi ce silence ?
03:24Si la procédure avait peut-être prospéré,
03:27peut-être qu'il y aurait eu peut-être une condamnation,
03:29et peut-être autre chose à la clé.
03:31Vous voulez dire que, en cas de condamnation,
03:35Rima Hassan n'aurait pas été reçu en majesté
03:37à Sciences Po Lyon la semaine dernière.
03:40Ça n'aurait plus entraîné une inéligibilité.
03:42Je vais vous dire, il y a plus intéressant.
03:45Déjà, la première question, c'est qu'est-ce que faisait Rima Hassan à Sciences Po ?
03:48Pourquoi était-elle reçue aussi starifiée ?
03:52Et d'ailleurs, si Sciences Po Lyon,
03:54elle avait été interdite de Sciences Po Paris, Rima Hassan.
03:57Et de Strasbourg aussi.
03:58Et de Strasbourg également.
04:00Donc, il y a mille questions qui doivent se poser.
04:02Et je me souviens aussi du garde des Sceaux, M. Dermannal,
04:04qui disait, j'ai demandé un point sur tous les articles 40
04:09qui ont été déposés.
04:10On l'attend toujours, ce point.
04:12Et moi, j'attends aussi d'avoir les précisions de Raphaël Arnaud
04:15sur ses assistants parlementaires,
04:17dont l'un d'entre eux est derrière les barreaux,
04:19placés en détention provisoire,
04:21car suspectés, mis en cause dans le meurtre de Quentin.
04:25Où est Raphaël Arnaud ?
04:26La question se pose depuis un peu plus d'une semaine.
04:29Laetitia est en direct avec nous.
04:31Elle nous appelle de Sancerre.
04:32Bonjour, Laetitia.
04:36Laetitia, vous m'entendez ?
04:37Ah oui, je vous entends.
04:38Très, très bien, même.
04:40Merci de réagir en direct sur Europe 1
04:42avec ce numéro 01-80-20-39-21.
04:46Je vous ai entendu dire « Ah ! »
04:48J'imagine que c'est parce que vous avez un peu attendu.
04:50Et je vous présente mes excuses, chère Laetitia.
04:53Ce n'est pas grave du tout.
04:55Je suis dans le week-end, en famille en plus.
04:58D'ailleurs, je crois qu'ils sont en train de m'écouter de l'autre côté.
05:01Je suis déjà un peu à l'écart.
05:02Donc, il n'y a pas de souci.
05:03Je suis déjà passée à l'antenne.
05:05Je sais ce que c'est.
05:06Et à ce genre de sujet,
05:08je sais surtout que beaucoup de personnes veulent intervenir.
05:11Laetitia, pourquoi vous avez voulu prendre la parole aujourd'hui ?
05:14Est-ce que c'est aussi parce que ce drame,
05:17j'imagine, vous a sidéré, choqué ?
05:19Et finalement, à travers ce drame,
05:23c'est aussi le personnage de Quentin
05:26qui bouleverse les Français.
05:28Dans quelques instants,
05:29je relirai le message des amis de Quentin
05:32qui nous avait été adressé la semaine dernière
05:34au moment où Quentin décédait.
05:38C'était samedi après-midi des suites de ces blessures.
05:41Tout à fait.
05:43Moi, j'avoue que les mots me manquent.
05:45Et je me pose une seule question aujourd'hui
05:47dans notre pays qui est la France.
05:49Est-ce qu'aujourd'hui, on a le droit,
05:51on a le droit d'être encore français,
05:54d'avoir des idées,
05:56d'affirmer ces idées en toute liberté
05:59sans être menacé verbalement, physiquement,
06:03voire même tué comme ce pauvre jeune homme
06:05qui venait certainement en toute quiétude,
06:09qui n'avait rien de mal.
06:11Et moi, franchement,
06:13vous voyez, je vais avoir 4 ans,
06:17j'en ai les larmes aux yeux.
06:19J'en perds mes mots parce que ce pays,
06:21je ne sais même plus ce qu'il est en train de devenir,
06:24mais c'est une catastrophe.
06:25Une catastrophe.
06:26Moi, je suis longtemps baignée là-dedans.
06:29J'aime beaucoup les informations,
06:30j'aime beaucoup m'informer.
06:31Mon papa était fonctionnaire de police.
06:34Aujourd'hui, il a 74 ans.
06:36Il a été en retraite à l'âge de 52 ans
06:38puisqu'il a eu la chance d'être reparti en retraite très jeune.
06:42Et moi, je me rappelle, quand j'étais petite,
06:44j'écoutais déjà, quand il rentrait de déplacement,
06:46parce qu'il était sous mon absence,
06:47ce qu'il racontait.
06:48Il était déjà dégoûté de tout ce qui se passait
06:50parce que la gauche était déjà très présente.
06:53Cette gauche méchante
06:56où vous n'avez plus le droit d'exprimer vos idées,
06:58où il faut vraiment penser comme eux,
07:01dire comme eux, faire comme eux.
07:03Et moi, je dis aujourd'hui,
07:04mais où est la justice ?
07:06Où sont les lois ?
07:08Pourquoi on ne les appelle pas ?
07:09Pourquoi on ne fait pas taire ces gens ?
07:10Pourquoi on ne dissout pas toutes ces personnes ?
07:15Je ne sais pas.
07:15Je suis perdue.
07:17Je ne comprends plus.
07:18Je ne comprends plus.
07:19On a un président de la République
07:20qui, à part s'occuper du reste du monde
07:22et faire donner la leçon aux autres,
07:24en disant, les moutons sont bien gardés,
07:26mais regarde dans ton pays,
07:29mais nettoie ton palier.
07:31Tu as un bouleau monstre.
07:32Tu n'as rien fait pendant 7 ans.
07:34Et là, ça continue.
07:36C'est une catastrophe.
07:37Eh bien, on entend votre colère, Laetitia.
07:40Et quand vous dites que les mots vous manquent
07:44pour qualifier aussi ce qui s'est passé pour Quentin,
07:48cette émotion a été partagée,
07:50notamment par Charles Dornelas ce matin,
07:52avec un message absolument bouleversant.
07:54Avant la courte pause, je voulais vraiment vous lire
07:57le portrait de Quentin qui avait été transmis
08:00par l'entourage amical et non familial
08:02samedi après-midi.
08:03Quentin, à 23 ans, il est converti au catholicisme
08:07il y a quelques années
08:08et est attaché au rite traditionnel.
08:11Il a entraîné ses parents vers la foi,
08:13était très impliqué dans sa paroisse
08:14où il faisait des maraudes pour les sans-abris.
08:16Il faisait des études de maths et de finances
08:19en alternance à Lyon.
08:20C'est un jeune homme sportif, intelligent,
08:24qui aimait lire, se cultiver sur les questions
08:26religieuses et politiques.
08:27Il était très pieux et il participait à la formation
08:30des plus jeunes au service du bien commun.
08:33Il était toujours au service des autres,
08:35à proposer son aide,
08:37un district et fiable comme peu le sont,
08:39un jeune qui méritait de vivre
08:41et qui ne demandait qu'à servir les siens
08:44encore longtemps.
08:45Voilà le message.
08:46Vous devriez l'envoyer à Ségolène Royal,
08:48ce portrait.
08:49Mais pas que, ils sont des dizaines.
08:51Non mais c'est pour vous dire
08:51que ça devient vraiment insupportable.
08:53Mais oui.
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