00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Il est bientôt 11h47 sur Europe 1, bienvenue si vous nous rejoignez dans Eliott Deval et vous.
00:07Nous sommes toujours en compagnie d'Axel Ronde, Alexandre Devecchio et Georges Fenech.
00:11On continue de parler du meurtre de Quentin à Lyon la semaine dernière par des militants d'extrême gauche
00:16qui jettent de l'huile sur le feu dans ce climat d'extrême violence.
00:19Est en ligne avec nous ce midi Gilbert Collard, ancien député européen, Rassemblement National.
00:23Merci d'être en direct avec nous Gilbert Collard.
00:26Je voudrais avant de vous faire réagir que les auditeurs d'Europe 1 puissent entendre le climat qu'il y
00:34a actuellement à Rennes
00:36avec des militants d'ultra-gauche qui ont décidé de se rassembler.
00:41Pancarte à la main, ici on ne pleure pas les nazis parce qu'à Rennes comme à Lyon on nazifie
00:49son adversaire.
00:51A Lyon ça a des conséquences dramatiques puisque la semaine dernière l'adversaire s'appelait Quentin, il fallait le tuer,
00:58il a été battu à mort.
01:00Écoutez une semaine plus tard ce qu'on a pu entendre dans les rues de Rennes.
01:21Ici, ici on ne pleure pas les nazis et dans l'univers médiatique on appelle ça une manifestation antifasciste.
01:32Les antifas qui se mobilisent contre l'extrême droite.
01:37Voilà ce qui est dit ces premières minutes dans les médias.
01:41Or, ces individus sont des militants d'extrême gauche qui se présentent comme des antifascistes
01:48mais qui emploient toutes les méthodes des fascistes.
01:51C'est comme ça qu'il faut le présenter mais je n'ai pas l'impression qu'on regarde le
01:56réel de la même manière.
01:57Et quand je dis on, c'est tout ce milieu journalistique, Gilbert Collard.
02:02Vous savez, j'ai été parti civil pour des enfants d'Inieux au procès Barbie.
02:09Et j'ai en mémoire la déposition d'Eli Weisel.
02:13Il avait dit, tout a commencé quand on a cherché du côté des fascistes et des nazis à déshumaniser l
02:24'autre.
02:25À déshumaniser l'autre.
02:27Quand vous criez, ici on ne pleure pas les nazis, vous voulez déshumaniser une victime.
02:35Vous voulez lui enlever le droit d'être protégé, le droit de vivre.
02:41Parce qu'elle est qualifiée par vous de nazi.
02:44Ces gens-là sont en train de se laver les mains du sang d'une victime avec des slogans immondes.
02:53Il y a toute une volonté du complexe politico-médiatique pour chercher une justification au crime.
03:03Et cette justification au crime, on la trouve quand on entend crier, ici on ne pleure pas les nazis,
03:10ou quand on entend cette archaïque Ségolène parler de nazion.
03:16C'est une volonté, il faut écouter Elie Weisel, c'est une volonté de déshumaniser la victime
03:23pour rendre le crime défendable, soutenable.
03:27Ce sont des assassins de mots.
03:30Et les médias qui reprennent ces propos sans les condamner sont complices.
03:35Et il va falloir que les tribunaux interviennent.
03:38Parce que c'est ignoble, c'est insupportable.
03:40Et c'est un processus fondamentalement nazi et fasciste.
03:45Je vous renvoie aux minutes du procès de Klaus Barbie.
03:48Le processus de déshumanisation par les mots a été décrit.
03:54Et on y est.
03:56La question qu'on se pose aussi, c'est qui jette de l'huile sur le feu depuis une semaine
04:01?
04:01On a entendu les voeux de la famille d'une grande dignité d'ailleurs,
04:06qui appelle au calme et qui aspire à ce que justice soit rendue.
04:11Ces propos, on les a entendus de la bouche de l'avocat de la famille,
04:15mais aussi des amis de Quentin qui souhaitent se rendre cet après-midi à Lyon
04:20pour marcher quelques centaines de mètres, un kilomètre quatre,
04:25et pour rendre hommage à Quentin.
04:27Qui jette de l'huile sur le feu, Gilbert Collat ?
04:32L'extrême-gauche.
04:34Et toute une classe d'intellectuels intellectuellement corrompus
04:40qui véhiculent, ça va de la gauche à l'extrême-gauche,
04:46cette déshumanisation de l'autre.
04:50L'extrême-gauche, qu'on appelle aussi l'ultra-gauche,
04:53elle veut le chaos.
04:55C'est aussi une théorie de prise du pouvoir.
04:58Ce n'est pas d'aujourd'hui.
04:59Ça remonte à Sorel, ça remonte à Robespierre,
05:01ça remonte à toute l'histoire révolutionnaire.
05:06Ils veulent le chaos.
05:08Ils espèrent arriver à la prise du pouvoir dans un chaos.
05:12Mais ce qui est effroyable, c'est qu'il y a tous les idiots utiles médiatiques
05:16qui leur rendent le service de véhiculer ces propos.
05:21Normalement, quand sur un plateau,
05:22quelqu'un parle de nazi à propos de la victime,
05:26le journaliste devrait intervenir au nom de l'humanité
05:29pour dire, mais enfin quand même,
05:30vous ne pouvez pas parler ainsi d'une victime.
05:32Et s'il y a des poursuites,
05:33les tribunaux devraient être extrêmement sévères.
05:36C'est là aussi où on attend les juges.
05:38Vous avez parlé de Cécolaine Royal
05:40pour les auditeurs d'Europe 1 qui nous écoutent
05:42et qui n'ont peut-être pas lu son long message.
05:44Je vais vous citer une partie.
05:47Elle revient et elle fait le parallèle
05:49entre la situation aujourd'hui et celle de 1933.
05:52Le parti national socialiste prend prétexte
05:55de l'incendie du Reichstag
05:56pour interdire le parti communiste
05:58et les organisations de gauche
06:00et accélère la montée du nazisme.
06:03Ne répétons pas ce basculement.
06:05Elle dit que la présidente de l'Assemblée nationale
06:08se précipite pour faire une minute de silence
06:10à un militant présumé néo-nazi et antisémite
06:15interpelle aussi condamnable
06:17que soit cet assassinat.
06:20Elle présente Quentin
06:23comme un présumé néo-nazi et antisémite
06:27et elle fait le parallèle avec 1933.
06:31Vous qui avez connu, combattu
06:33sur les plateaux,
06:35Ségolène Royal,
06:37est-ce que vous reconnaissez
06:39la candidate à la présidentielle de 2007 ?
06:42Non mais là, écoutez, moi je suis désolé,
06:45je vais être direct,
06:45ça relève de la thérapeutique.
06:49Voilà.
06:50Il faut, je ne sais pas,
06:52mais il faut appeler un médecin,
06:54il faut la soigner.
06:56Non mais il y a des télescopages historiques
06:59qui relèvent de la fracture crânienne.
07:01Bon, elle a un problème, voilà.
07:05À la limite, même,
07:07on a envie de la mettre sous camisole médiatique,
07:11elle est dangereuse.
07:13Non mais à la radicalité de Ségolène Royal,
07:17peut-être que votre réponse
07:19peut être là aussi heurtée certains,
07:23puisque vous dites que la réponse,
07:24elle est thérapeutique.
07:25Vous qui condamnez ceux qui déshumanisent,
07:28peut-être vous pourrez être condamnée
07:30pour présenter votre adversaire
07:33comme n'étant plus apte
07:36de ses facultés mentales.
07:37Vous avez raison d'apporter ces correctifs,
07:40c'est votre rôle,
07:41et je l'approuve,
07:43mais j'attire l'attention de tout le monde
07:45pour que la dialectique soit respectée
07:47sur le fait que,
07:49quand on tient des propos aberrants,
07:52on est dans l'aberration.
07:53J'en suis désolé.
07:56Et oser dire que c'est l'incendie du Reichstag,
08:00quand on assassine à coups de pied
08:02un jeune homme qui atterre,
08:05il faut qu'on ait un problème
08:07de télescopage historique
08:08qui relève du séisme.
08:11D'autant que l'incendie du Reichstag
08:14a été probablement provoqué par les nazis,
08:16donc ce serait un peu comme dire
08:18qu'il a provoqué son programme national.
08:19Rien ne va dans ce discours,
08:21si ce n'est...
08:21Moi, ce que je voulais voir, Gilbert Collard,
08:23c'est que la sensation que ça donne,
08:26c'est que pour la gauche dite républicaine,
08:28je ne sais même pas pourquoi on parle
08:30de gauche dite républicaine,
08:32quand on voit ce genre de propos,
08:34elle n'a qu'une seule boussole,
08:36c'est de considérer l'ERN
08:39comme les prochains fascistes,
08:40et c'est le retour de la peste brune.
08:42Et s'il faut faire le dos rond
08:46quand vous avez à l'Assemblée nationale
08:48la France insoumise
08:49qui tape dans la main de la jeune garde,
08:51et donc de mouvances ultra-violentes,
08:53si c'est au nom de la lutte contre la peste brune,
08:56il faut y aller.
08:57C'est donner un blanc-seing,
08:58en quelque sorte,
08:59à ce qui s'est passé la semaine dernière.
09:00Voilà.
09:01C'est un processus classique.
09:03L'autre est un fasciste,
09:05donc je peux l'éliminer.
09:06L'autre est un nazi,
09:08donc je me donne le droit.
09:10Vous vous rendez compte ?
09:11Vous vous rendez compte ?
09:13Ségolène Royal,
09:15d'où s'autorise-t-elle ?
09:17De quelle histoire personnelle s'autorise-t-elle ?
09:20De quelle expérience s'autorise-t-elle à dire
09:22que cette pauvre victime
09:27aurait été nazie ou en voie de l'être ?
09:30De quel droit il stigmatise ?
09:32Mais de quel droit ?
09:33Et ça, c'est un processus connu
09:36en rhétorique nazie,
09:38en rhétorique fasciste.
09:39Goebbels en a parlé.
09:41C'est la déshumanisation de l'autre.
09:43Non, mais je retiens cette formule
09:44et vous avez parlé du procès Barbie.
09:46Je vous remercie Gilbert Collard
09:47de nous rappeler à ces moments de l'histoire
09:50avec l'idée de déshumaniser.
09:52Quand vous déshumanisez votre adversaire,
09:54libre à chacun ou au plus fragile,
09:58d'aller jusqu'au pire
09:59et de commettre le pire,
10:00c'est-à-dire de les tuer.
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