00:00Moi j'ai une question aussi pour Olivier, est-ce qu'on peut s'étonner en fait de la violence
00:04aujourd'hui de Mélenchon et de ce qu'il représente ?
00:06Parce qu'on oublie qu'il vient de l'OIC, d'un parti trotskiste lambertiste, Pierre Lambert de son nom,
00:12et qu'en 2010 quand il crée le parti de gauche, le slogan que tout le monde a gardé en
00:17tête c'est sa petite phrase
00:18« Je suis le bruit, la fureur et le fracas ».
00:21Donc en fait fureur et fracas, c'est pas de la politique à l'ancienne, ça veut dire ce que
00:26ça veut dire.
00:26Donc en fait il est assez fidèle à ses idées et à ses origines de l'OIC.
00:30C'est ça, en fait je pense qu'effectivement c'est sans doute quelque chose que beaucoup n'ont pas
00:35perçu,
00:36c'est que quand il crée LFI, il va mettre autour de la table des gens qui n'ont pas
00:41de culture politique,
00:42hormis une culture activiste, et donc c'est vraiment des activistes.
00:45Ça explique d'ailleurs la « bordélisation » de l'Assemblée Nationale,
00:47c'est qu'on a avant tout des gens qui venaient des courants de l'OCI, du POI,
00:52des mouvements comme Extinction Rebellion, comme Alternatiba, comme Attaque, etc.
00:57Donc il a réuni plus d'un tiers des gens qui étaient élus la première fois et étaient issus de
01:02ces mouvements-là.
01:03Donc effectivement ils ont une culture politique qui n'est pas une culture du consensus, mais de l'affrontement.
01:09Historiquement on retrouve tous les éléments d'organisation du Parti National Socialiste.
01:19– Il y a effectivement sans doute des différences, mais effectivement on retrouve beaucoup,
01:24notamment dans les mouvements antifas, on retrouve effectivement beaucoup cette violence-là,
01:28et effectivement on a tant le coutume de dire qu'en réalité ils imitent beaucoup plus le fascisme qu'ils
01:33ne le combattent.
01:35– Olivier Vial est avec nous, et je rappelle qu'Olivier Vial est le directeur du Centre d'études et
01:42de recherche universitaire
01:43spécialiste des mouvements antifascistes. Le profil de ces jeunes gens, ils sont en garde à vue aujourd'hui,
01:48dans l'échelon de l'extrême-gauche. Ce sont des gens qui sont perçus comme des cerveaux,
01:54comme des gros bras, comme des activistes. J'imagine qu'il y a une hiérarchie dans toutes ces organisations d
02:01'ultra-gauche.
02:01– Alors effectivement il y a deux choses. Il y a l'ultra-gauche en général, et déjà dans le
02:04milieu des antifas,
02:05la jeune garde est perçue de façon extrêmement négative.
02:09Parce que, historiquement, les mouvements antifas ce sont des mouvements autonomes,
02:13indépendants les uns des autres, et qui sont avec une culture locale très forte.
02:18Raphaël Arnaud, quand il crée la jeune garde en 2018, il décide de créer une marque nationale,
02:21et de faire deux choses, créer un porte-parole à sa gloire,
02:25et de faire en sorte effectivement d'avoir des camps d'entraînement qui soient nationaux,
02:30pour justement… – Mais qui finance ?
02:32– C'est financé. Alors l'ultra-gauche fonctionne avec peu de moyens,
02:35et ils ont souvent besoin d'assez peu de moyens, puisqu'ils vivent beaucoup dans des squats, etc.
02:40Donc effectivement les mouvements antifas étaient très là-dedans.
02:42Après il y a aussi des financements internationaux pour certains mouvements,
02:47notamment pour les mouvements d'ultra-gauche terroristes.
02:49– Mais la jeune garde, par exemple, puisque vous connaissez le financement de la jeune garde,
02:52j'ai vu passer par exemple qu'il y avait 700 000 euros de subventions.
02:56– Les subventions, alors ils ont eu, par moment, je ne sais pas s'ils ont eu des subventions,
02:59il y a eu des partenariats faits avec certaines collectivités sur certaines choses,
03:04je ne suis pas sûr qu'il y ait eu des financements derrière,
03:06mais en tout cas ce qui est sûr c'est qu'ils ont toute une collection de cagnottes,
03:11en fait ils fonctionnent beaucoup avec des cagnottes,
03:13à chaque fois qu'il y a des affrontements, ils ont des réseaux où ils ramassent de l'argent,
03:18donc ça oui, ils arrivent toujours à avoir de l'argent.
03:20– Et c'est combien de personnes la jeune garde ?
03:21– Aujourd'hui les services de renseignement disent 100 personnes,
03:24la jeune garde dit 200 personnes.
03:25– Et c'est uniquement à Lyon ?
03:26– Non, je pense que c'est un mouvement national,
03:29ils se sont nés à Lyon, et aujourd'hui c'est Lyon, Strasbourg, Paris, Lille.
03:32– Mais 200 personnes, c'est même pas un groupuscule, c'est autant de ça.
03:36– Non, c'est une fraction qui est là pour le coup de poing,
03:39donc il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup plus de monde,
03:40ils n'ont pas vocation à faire changer l'état d'esprit des gens.
03:43En fait, Marc Breck est l'un des théoriciens de l'antifascisme,
03:46qui est d'ailleurs une philosophie qui a repris beaucoup la jeune garde,
03:50consiste à dire que puisqu'on ne peut pas faire changer d'opinion ses adversaires,
03:53on peut rendre l'expression de ses opinions trop coûteuse socialement,
03:57économiquement et physiquement.
03:58et c'est ça le rôle de la jeune garde,
04:00c'est de mettre la pression sur leurs adversaires,
04:02où ils sont beaucoup plus violents que ce qui existait il y a une dizaine d'années,
04:05c'est qu'on n'est pas dans une violence spontanée,
04:07où on a des groupes qui s'affrontent parce qu'ils se croisent.
04:10Aujourd'hui, la jeune garde, ils ont mis en place un système de renseignement,
04:13ils fichent leurs adversaires, adversaires politiques mais aussi journalistes,
04:16ils les fichent et ils vont les attaquer dans des endroits où on ne les attend pas,
04:19pour être toujours en surnombre et être sûr du résultat.
04:22Et ça, malheureusement, c'est quelque chose qu'on voit beaucoup,
04:25avec en plus un discours extrêmement violent sur les réseaux sociaux,
04:29il y a un groupe Telegram où il y a tous les antifas,
04:33où par exemple, ce qui est arrivé à Quentin,
04:35ils appellent ça une salade de pénalty.
04:39En fait, de plus en plus, ils mettent des hashtags pour dire,
04:42il faut taper dans la tête.
04:43Ça s'appelle salade de pénalty.
04:45Et ils ont filmé le lynchage de Quentin.
04:47Et qu'est-ce qu'ils font ?
04:49Si Quentin n'était pas mort, il l'aurait diffusé.
04:51C'est-à-dire que quand vous avez des étudiants de l'Uni,
04:53de droits, qui se font lyncher par la jeune garde,
04:56comme c'est déjà évidemment arrivé,
04:58quand il n'y avait pas de mort,
05:00ils diffusaient le lynchage.
05:01Là, ils ne l'ont pas diffusé puisque Quentin est mort.
05:03Ils font moins de des best-ofs.
05:04Alors, vous connaissez bien ces mouvements
05:06et vous connaissez bien la psychologie de ces hommes-là.
05:08Est-ce que ce qui s'est passé là avec Quentin change la donne ?
05:12Est-ce que ça va, entre guillemets, les calmer ?
05:14Alors, je pense qu'effectivement, ce qui peut les inquiéter,
05:18les rendre paranoïaques, oui.
05:19les calmer, non, puisqu'ils sont dans un narratif
05:22où en gros, ils sont les seuls à être la dernière frontière avec le fascisme
05:27et ils considèrent que tout ce qui arrive, c'est la preuve.
05:30Leurs amis risquent la perpétuité.
05:31Oui, mais en fait...
05:32Donc, ça peut quand même changer les choses.
05:33Vous avez vu, malheureusement, par exemple,
05:35le lendemain de la mort de Quentin,
05:36quand les amis de Quentin veulent se recueillir sur place,
05:39ils sont à nouveau attaqués par des mouvements tifards.
05:40Oui, mais c'était le lendemain et là, ça infuse.
05:44Ça infuse dans la société française.
05:46Je pense qu'effectivement, ça va sans doute les rendre plus inquiets.
05:51On l'a vu dans d'autres mouvements d'ultra-gauche,
05:53notamment quand les mouvements des soulèvements de la terre
05:56ont vraiment versé dans la violence et dans les actions de sabotage.
06:00Il y a eu une période où il y a eu une grosse répercussion policière derrière eux.
06:04Et effectivement, il y en a beaucoup qui sont passés dans la clandestinité.
06:06Et donc, effectivement, on les voit moins.
06:08Ça ne veut pas dire qu'ils agissent moins bien.
06:11Et effectivement, ça, c'est la différence entre l'ultra-gauche écologiste radical
06:15qui devient de plus en plus violente et eux.
06:17C'est que pour cette ultra-gauche-là,
06:19ils sont extrêmement difficiles à retrouver.
06:21Quand il y a des grands attentats,
06:23comme ce qui s'est passé pour les Jeux Olympiques,
06:25où on a saboté les lignes de TGV
06:27ou les réseaux électriques au moment du festival de Cannes,
06:30on ne les a pas retrouvés.
06:31Je suis d'accord avec vous.
06:32Là, les antifas, on les retrouve tout de suite.
06:33Je suis d'accord avec vous,
06:34parce que là, on n'a jamais effectivement Cannes.
06:36On ne sait pas ce qui s'est passé.
06:37On ne sait pas, parce qu'effectivement,
06:38eux sont dans la clandestinité réellement.
06:40Bon, Éric Revelle vous posera une question.
06:43C'est passionnant de vous écouter.
06:44Oui, justement, j'ai ouvert un truc en nous écoutant
06:46que je voudrais que vous précisiez.
06:47Eh bien, vous allez le préciser après la pause.
06:48Il est 17h12, nous sommes sur l'antenne d'Europe 1
06:51et nous sommes évidemment sur ce sujet majeur,
06:54ce basculement de la société française
06:56avec la mort de Quentin et la prise de conscience.
06:59Pourquoi je dis basculement ?
07:00Parce qu'il y a prise de conscience
07:01et il y a des yeux qui sont déciés.
07:04La Macronie, notamment, a été remarquable.
07:06puisqu'elle a dit les choses,
07:08et notamment Sébastien Lecornu.
07:10Il manque juste la prise de parole de Gabriel Attal.
07:12Oui.
07:13Pour regretter son vote au second tour après la dissolution.
07:16Écoutez, il est 17h13,
07:18on peut l'appeler Gabriel Attal si vous voulez, comme ça.
07:21Il ne veut pas s'exprimer sur ce sujet.
07:22Eh bien, on ne l'appellera pas, alors.
07:23Ça lui apprendra.
07:24Ça lui apprendra.
07:25À tout de suite.
07:25Sous-titrage Société Radio-Canada
07:25Sous-titrage Société Radio-Canada
07:26Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires