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  • il y a 1 heure
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Moi j'ai une question aussi pour Olivier, est-ce qu'on peut s'étonner en fait de la violence
00:04aujourd'hui de Mélenchon et de ce qu'il représente ?
00:06Parce qu'on oublie qu'il vient de l'OIC, d'un parti trotskiste lambertiste, Pierre Lambert de son nom,
00:12et qu'en 2010 quand il crée le parti de gauche, le slogan que tout le monde a gardé en
00:17tête c'est sa petite phrase
00:18« Je suis le bruit, la fureur et le fracas ».
00:21Donc en fait fureur et fracas, c'est pas de la politique à l'ancienne, ça veut dire ce que
00:26ça veut dire.
00:26Donc en fait il est assez fidèle à ses idées et à ses origines de l'OIC.
00:30C'est ça, en fait je pense qu'effectivement c'est sans doute quelque chose que beaucoup n'ont pas
00:35perçu,
00:36c'est que quand il crée LFI, il va mettre autour de la table des gens qui n'ont pas
00:41de culture politique,
00:42hormis une culture activiste, et donc c'est vraiment des activistes.
00:45Ça explique d'ailleurs la « bordélisation » de l'Assemblée Nationale,
00:47c'est qu'on a avant tout des gens qui venaient des courants de l'OCI, du POI,
00:52des mouvements comme Extinction Rebellion, comme Alternatiba, comme Attaque, etc.
00:57Donc il a réuni plus d'un tiers des gens qui étaient élus la première fois et étaient issus de
01:02ces mouvements-là.
01:03Donc effectivement ils ont une culture politique qui n'est pas une culture du consensus, mais de l'affrontement.
01:09Historiquement on retrouve tous les éléments d'organisation du Parti National Socialiste.
01:19– Il y a effectivement sans doute des différences, mais effectivement on retrouve beaucoup,
01:24notamment dans les mouvements antifas, on retrouve effectivement beaucoup cette violence-là,
01:28et effectivement on a tant le coutume de dire qu'en réalité ils imitent beaucoup plus le fascisme qu'ils
01:33ne le combattent.
01:35– Olivier Vial est avec nous, et je rappelle qu'Olivier Vial est le directeur du Centre d'études et
01:42de recherche universitaire
01:43spécialiste des mouvements antifascistes. Le profil de ces jeunes gens, ils sont en garde à vue aujourd'hui,
01:48dans l'échelon de l'extrême-gauche. Ce sont des gens qui sont perçus comme des cerveaux,
01:54comme des gros bras, comme des activistes. J'imagine qu'il y a une hiérarchie dans toutes ces organisations d
02:01'ultra-gauche.
02:01– Alors effectivement il y a deux choses. Il y a l'ultra-gauche en général, et déjà dans le
02:04milieu des antifas,
02:05la jeune garde est perçue de façon extrêmement négative.
02:09Parce que, historiquement, les mouvements antifas ce sont des mouvements autonomes,
02:13indépendants les uns des autres, et qui sont avec une culture locale très forte.
02:18Raphaël Arnaud, quand il crée la jeune garde en 2018, il décide de créer une marque nationale,
02:21et de faire deux choses, créer un porte-parole à sa gloire,
02:25et de faire en sorte effectivement d'avoir des camps d'entraînement qui soient nationaux,
02:30pour justement… – Mais qui finance ?
02:32– C'est financé. Alors l'ultra-gauche fonctionne avec peu de moyens,
02:35et ils ont souvent besoin d'assez peu de moyens, puisqu'ils vivent beaucoup dans des squats, etc.
02:40Donc effectivement les mouvements antifas étaient très là-dedans.
02:42Après il y a aussi des financements internationaux pour certains mouvements,
02:47notamment pour les mouvements d'ultra-gauche terroristes.
02:49– Mais la jeune garde, par exemple, puisque vous connaissez le financement de la jeune garde,
02:52j'ai vu passer par exemple qu'il y avait 700 000 euros de subventions.
02:56– Les subventions, alors ils ont eu, par moment, je ne sais pas s'ils ont eu des subventions,
02:59il y a eu des partenariats faits avec certaines collectivités sur certaines choses,
03:04je ne suis pas sûr qu'il y ait eu des financements derrière,
03:06mais en tout cas ce qui est sûr c'est qu'ils ont toute une collection de cagnottes,
03:11en fait ils fonctionnent beaucoup avec des cagnottes,
03:13à chaque fois qu'il y a des affrontements, ils ont des réseaux où ils ramassent de l'argent,
03:18donc ça oui, ils arrivent toujours à avoir de l'argent.
03:20– Et c'est combien de personnes la jeune garde ?
03:21– Aujourd'hui les services de renseignement disent 100 personnes,
03:24la jeune garde dit 200 personnes.
03:25– Et c'est uniquement à Lyon ?
03:26– Non, je pense que c'est un mouvement national,
03:29ils se sont nés à Lyon, et aujourd'hui c'est Lyon, Strasbourg, Paris, Lille.
03:32– Mais 200 personnes, c'est même pas un groupuscule, c'est autant de ça.
03:36– Non, c'est une fraction qui est là pour le coup de poing,
03:39donc il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup plus de monde,
03:40ils n'ont pas vocation à faire changer l'état d'esprit des gens.
03:43En fait, Marc Breck est l'un des théoriciens de l'antifascisme,
03:46qui est d'ailleurs une philosophie qui a repris beaucoup la jeune garde,
03:50consiste à dire que puisqu'on ne peut pas faire changer d'opinion ses adversaires,
03:53on peut rendre l'expression de ses opinions trop coûteuse socialement,
03:57économiquement et physiquement.
03:58et c'est ça le rôle de la jeune garde,
04:00c'est de mettre la pression sur leurs adversaires,
04:02où ils sont beaucoup plus violents que ce qui existait il y a une dizaine d'années,
04:05c'est qu'on n'est pas dans une violence spontanée,
04:07où on a des groupes qui s'affrontent parce qu'ils se croisent.
04:10Aujourd'hui, la jeune garde, ils ont mis en place un système de renseignement,
04:13ils fichent leurs adversaires, adversaires politiques mais aussi journalistes,
04:16ils les fichent et ils vont les attaquer dans des endroits où on ne les attend pas,
04:19pour être toujours en surnombre et être sûr du résultat.
04:22Et ça, malheureusement, c'est quelque chose qu'on voit beaucoup,
04:25avec en plus un discours extrêmement violent sur les réseaux sociaux,
04:29il y a un groupe Telegram où il y a tous les antifas,
04:33où par exemple, ce qui est arrivé à Quentin,
04:35ils appellent ça une salade de pénalty.
04:39En fait, de plus en plus, ils mettent des hashtags pour dire,
04:42il faut taper dans la tête.
04:43Ça s'appelle salade de pénalty.
04:45Et ils ont filmé le lynchage de Quentin.
04:47Et qu'est-ce qu'ils font ?
04:49Si Quentin n'était pas mort, il l'aurait diffusé.
04:51C'est-à-dire que quand vous avez des étudiants de l'Uni,
04:53de droits, qui se font lyncher par la jeune garde,
04:56comme c'est déjà évidemment arrivé,
04:58quand il n'y avait pas de mort,
05:00ils diffusaient le lynchage.
05:01Là, ils ne l'ont pas diffusé puisque Quentin est mort.
05:03Ils font moins de des best-ofs.
05:04Alors, vous connaissez bien ces mouvements
05:06et vous connaissez bien la psychologie de ces hommes-là.
05:08Est-ce que ce qui s'est passé là avec Quentin change la donne ?
05:12Est-ce que ça va, entre guillemets, les calmer ?
05:14Alors, je pense qu'effectivement, ce qui peut les inquiéter,
05:18les rendre paranoïaques, oui.
05:19les calmer, non, puisqu'ils sont dans un narratif
05:22où en gros, ils sont les seuls à être la dernière frontière avec le fascisme
05:27et ils considèrent que tout ce qui arrive, c'est la preuve.
05:30Leurs amis risquent la perpétuité.
05:31Oui, mais en fait...
05:32Donc, ça peut quand même changer les choses.
05:33Vous avez vu, malheureusement, par exemple,
05:35le lendemain de la mort de Quentin,
05:36quand les amis de Quentin veulent se recueillir sur place,
05:39ils sont à nouveau attaqués par des mouvements tifards.
05:40Oui, mais c'était le lendemain et là, ça infuse.
05:44Ça infuse dans la société française.
05:46Je pense qu'effectivement, ça va sans doute les rendre plus inquiets.
05:51On l'a vu dans d'autres mouvements d'ultra-gauche,
05:53notamment quand les mouvements des soulèvements de la terre
05:56ont vraiment versé dans la violence et dans les actions de sabotage.
06:00Il y a eu une période où il y a eu une grosse répercussion policière derrière eux.
06:04Et effectivement, il y en a beaucoup qui sont passés dans la clandestinité.
06:06Et donc, effectivement, on les voit moins.
06:08Ça ne veut pas dire qu'ils agissent moins bien.
06:11Et effectivement, ça, c'est la différence entre l'ultra-gauche écologiste radical
06:15qui devient de plus en plus violente et eux.
06:17C'est que pour cette ultra-gauche-là,
06:19ils sont extrêmement difficiles à retrouver.
06:21Quand il y a des grands attentats,
06:23comme ce qui s'est passé pour les Jeux Olympiques,
06:25où on a saboté les lignes de TGV
06:27ou les réseaux électriques au moment du festival de Cannes,
06:30on ne les a pas retrouvés.
06:31Je suis d'accord avec vous.
06:32Là, les antifas, on les retrouve tout de suite.
06:33Je suis d'accord avec vous,
06:34parce que là, on n'a jamais effectivement Cannes.
06:36On ne sait pas ce qui s'est passé.
06:37On ne sait pas, parce qu'effectivement,
06:38eux sont dans la clandestinité réellement.
06:40Bon, Éric Revelle vous posera une question.
06:43C'est passionnant de vous écouter.
06:44Oui, justement, j'ai ouvert un truc en nous écoutant
06:46que je voudrais que vous précisiez.
06:47Eh bien, vous allez le préciser après la pause.
06:48Il est 17h12, nous sommes sur l'antenne d'Europe 1
06:51et nous sommes évidemment sur ce sujet majeur,
06:54ce basculement de la société française
06:56avec la mort de Quentin et la prise de conscience.
06:59Pourquoi je dis basculement ?
07:00Parce qu'il y a prise de conscience
07:01et il y a des yeux qui sont déciés.
07:04La Macronie, notamment, a été remarquable.
07:06puisqu'elle a dit les choses,
07:08et notamment Sébastien Lecornu.
07:10Il manque juste la prise de parole de Gabriel Attal.
07:12Oui.
07:13Pour regretter son vote au second tour après la dissolution.
07:16Écoutez, il est 17h13,
07:18on peut l'appeler Gabriel Attal si vous voulez, comme ça.
07:21Il ne veut pas s'exprimer sur ce sujet.
07:22Eh bien, on ne l'appellera pas, alors.
07:23Ça lui apprendra.
07:24Ça lui apprendra.
07:25À tout de suite.
07:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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