Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00L'image du jour, c'est celle de l'Assemblée nationale qui a tenu à rendre hommage au jeune Quentin
00:06de Rang, 23 ans, lynché dans les rues de Lyon la semaine dernière.
00:10Minute de silence, donc observée à l'Assemblée par les députés, cinq jours après cette agression mortelle.
00:18Et puis ensuite, les débats sont devenus électriques avec des interventions de tous bords et notamment celles attendues du gouvernement.
00:27Je vous propose d'écouter par exemple le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a carrément accusé la jeune
00:34garde, ce mouvement d'ultra-gauche proche de la France insoumise
00:37et tenu pour certains comme responsable de ce qui s'est passé à Lyon. Eh bien il accuse la jeune
00:42garde d'avoir tué.
00:44Il y a une violence incontestable entre la France insoumise et la jeune garde.
00:50Monsieur Mélenchon disait le 30 avril 2025, c'est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis.
00:59Ont-ils fait une seule fois l'apologie de la violence ? Jamais. J'en parle avec passion car ce
01:04sont mes jeunes camarades.
01:05La veille de la mort de Quentin, un communiqué de presse du groupe LFI à l'Assemblée nationale évoqué.
01:10Nous le disons fièrement. La jeune garde est essentielle. La jeune garde tue et la France insoumise devrait le condamner.
01:16Il y avait beaucoup de tensions cet après-midi à l'Assemblée nationale.
01:19Daniel Simonnet, vous y étiez puisque vous êtes député de Paris, ancienne membre de la France insoumise.
01:24Maintenant vous appartenez au mouvement L'après, mouvement de gauche.
01:27Comment vous avez vécu ce qui s'est passé cet après-midi ?
01:29Écoutez d'abord, c'est un drame terrible ce qui s'est passé.
01:33Voilà, la mort de ce jeune Quentin, 23 ans, en démocratie.
01:37On ne doit pas mourir pour ses idées.
01:40Je combats ses idées. Je combats et je combattrai toute ma vie l'extrême droite
01:44et les idées des groupuscules proches desquelles était Quentin.
01:49Mais il n'aurait jamais dû mourir.
01:51Voilà, il n'aurait jamais dû mourir.
01:52Et la violence en politique ne doit pas avoir sa place en démocratie.
01:56Et je suis intimement convaincue qu'on ne battra pas l'extrême droite
02:01par les méthodes violentes de l'extrême droite.
02:03Et vous savez, moi je fais partie du mouvement L'après, on a été purgé par la France insoumise
02:10de Jean-Luc Mélenchon justement parce qu'on porte ce débat sur quelle est la meilleure stratégie
02:14dans la lutte contre l'extrême droite.
02:15Et nous sommes convaincus que c'est celle de l'unité de toute la gauche.
02:18Et nous soutenons l'organisation de primaires pour désigner une candidature commune de toute la gauche
02:23pour empêcher ce tournant très dangereux en France où on a une banalisation de l'extrême droite.
02:29Mais cette jeune garde, vous la connaissiez ?
02:31Je connais très peu.
02:32Et puis je dirais quand même qu'à cette heure, soyons prudents
02:37puisque le procureur pour l'instant n'a pas voulu s'exprimer sur l'implication ou pas de la jeune
02:41garde.
02:41Donc je trouve que le ministre de l'Intérieur soit nous dit qu'il a plus d'éléments que le
02:45procureur.
02:46Mais moi je pense qu'il est préférable d'attendre avant de commenter les faits.
02:50Je n'aime pas l'immédiateté quand le procureur n'a pas encore donné les éléments.
02:55Mais vous avez vu quand même que Raphaël Arnaud,
02:57Raphaël Arnaud, qui est le cofondateur de ce mouvement Antifa, n'était pas présent.
03:01Il est député maintenant du Vaucluse, il n'était pas présent cet après-midi dans l'hémicycle.
03:06Son collaborateur est interdit d'accès par Yael Broun-Pivet.
03:11Est-ce qu'il faut que la France Insoumise fasse le ménage dans ses rangs ?
03:17Alors écoutez, quand on ne sait pas si la jeune garde est impliquée ou pas,
03:20je me demande à bien prendre...
03:23Mais si c'est le cas.
03:24Si c'est le cas, bien évidemment.
03:25Mais ce que je dirais, de toute façon, quoi qu'il en soit,
03:28le débat qui nous est posé aujourd'hui, c'est comment on contribue toutes et tous
03:31à la désescalade de la violence.
03:33Parce que voilà où mène la violence.
03:35Un drame terrible.
03:36La jeune garde est déjà un mouvement qui a été dissous.
03:38Donc de toute façon, il y a déjà suffisamment de preuves, entre guillemets,
03:41pour estimer qu'il faut faire le ménage.
03:43Alors il faut expliquer qu'en fait, effectivement, la jeune garde a été dissous.
03:46On attend une décision du Conseil d'État, elle n'est pas suspensible.
03:49Donc a priori, la jeune garde n'a plus d'existence réelle.
03:53Non, et c'est d'ailleurs son argument de défense.
03:55C'est que la jeune garde dit aujourd'hui, nous avons suspendu toutes nos activités.
03:59Et le seul fait, le lien aujourd'hui entre Jean-Luc Mélenchon de la France Insoumise
04:03et la jeune garde, c'est notamment le choix de Jean-Luc Mélenchon
04:07de contester la dissolution de la jeune garde.
04:10Il y a beaucoup d'éléments aussi.
04:12Jean-Luc Mélenchon et d'autres proches se sont rendus à des camps d'été de la jeune garde.
04:15En 2023.
04:16En 2023, quelques années.
04:18On peut multiplier à l'infini, mais il y a des liens avérés.
04:20Ils ont investi Raphaël Arnaud.
04:22En 2024, voilà.
04:24En sachant très bien, parce que Raphaël Arnaud souhaitait politiser la jeune garde à ce moment-là,
04:28en sachant très bien le passé contesté de ce jeune homme.
04:32Donc il y a des liens avérés entre la France Insoumise et la jeune garde.
04:36Violente.
04:36Et dans les termes employés aussi, puisque ce qu'on a entendu dans les mots du Premier ministre,
04:40c'est de dénoncer la rhétorique, dit-il, notamment de la confrontation dans les mots, dit-il,
04:46qui peut amener la société ensuite à des affrontements et à infuser dans les esprits.
04:50Lui, clairement, le Premier ministre pointe du doigt la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon.
04:54Vous disiez que vous aviez été, permettez-moi le terme si vous avez employé, purgé de la France Insoumise
04:58parce que vous aviez montré votre désaccord.
05:00Bien au-delà de ce qui s'est passé, est-ce qu'à vos yeux, Jean-Luc Mélenchon a une
05:03responsabilité directe
05:05dans cet affrontement des mots qui, parfois, va jusqu'à un affrontement physique ?
05:09La violence de l'hémicycle qui est infuse dans la société.
05:11Je trouve qu'il y a, comment dire, une récupération assez terrible entre, comment dire,
05:17dans la stratégie d'alliance des droites extrêmes-droites, il y a une volonté de tout englober
05:23et de dire, bon, c'est la jeune garde, alors qu'on ne sait pas encore, peut-être, peut-être
05:26pas,
05:26j'en sais rien, moi, je ne suis pas le procureur, et le procureur a dit que, pour l'instant,
05:29il ne pouvait pas se prononcer là-dessus.
05:30Ensuite, on dit la jeune garde de la France Insoumise, la France Insoumise de la gauche...
05:33On sait que plusieurs suspects sont membres de l'ultra-gauche.
05:35Et vous avez une alliance droite-extrême-droite qui est en mesure de balayer tout ça.
05:39Moi, je dis, calmons les choses, on est sur une situation à Lyon où il faut aussi regarder en face
05:44le problème.
05:45On a un problème.
05:47Oui, mais pardon, vous voulez faire de l'union de la gauche.
05:48Mais l'union de la gauche, ça va d'où à où ? Ça va de la jeune garde au
05:52Parti Socialiste ?
05:53Ce que je ne comprends pas, pardon, dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
05:55c'est de vouloir, à la fois en 2024, faire une alliance avec les partis de gauche traditionnels,
06:01tout en ayant avec lui la jeune garde.
06:04Est-ce qu'on peut avoir l'ultra-gauche jusqu'au Parti Socialiste ?
06:07Justement, en 2024, quand Jean-Luc Mélenchon décide de ne pas renouveler l'investiture,
06:12pour ma part, Alexis Gorbière, Hendrik Davy,
06:16et que vous avez, par exemple, Clémentine Autain et François Ruffin
06:18qui en solidarité aussi quittent la France insoumise,
06:20c'est à ce moment-là que Jean-Luc Mélenchon fait le choix
06:24de donner, par exemple, une circonscription à Raphaël Arnaud de la jeune garde.
06:30C'est un choix stratégique, c'est-à-dire qu'il y avait un choix stratégique
06:34pour nous que nous défendions en interne
06:36et sur lequel nous aurions souhaité qu'il y ait un débat dans toute la France insoumise,
06:38qui est de dire la stratégie unitaire de la NUPES,
06:41la stratégie unitaire du nouveau Front populaire,
06:43c'est ces stratégies-là qui peuvent permettre...
06:45Oui, mais cette stratégie d'aller vers la gauche dure,
06:47est-ce que c'est une bonne stratégie pour récupérer le pouvoir ?
06:50En fait, la stratégie d'union de la gauche,
06:52de toute la gauche et des écologistes,
06:54pour avoir une candidature commune...
06:55Mais cette union de la gauche, elle va jusqu'où ?
06:57C'est ma question.
06:57Attendez, laissez-moi terminer.
06:58Pour qu'il y ait, y compris, une candidature commune
07:00et donc des primaires organisées le 11 octobre.
07:02Elle va jusqu'où ?
07:02Jean-Luc, il s'oppose à cela.
07:04Mais Jean-Luc Mélenchon s'oppose à cela.
07:06Lui, sa stratégie, c'est...
07:07On fait l'alliance des gauches les plus radicales.
07:10Je comprends bien, mais est-ce que vous accueillez
07:11la jeune garde et des mouvements ultra-gauches ?
07:13Pardon, on a demandé au Rassemblement National de faire le ménage.
07:16Est-ce qu'il faut demander à la France Insoumise également
07:17de faire le ménage ?
07:20Alors, faire le ménage...
07:21Ce qui est quand même assez étonnant, c'est que...
07:24Comment dire ?
07:25On attaque...
07:26Pour l'instant, ils ont plutôt purgé, vous,
07:28et les Corbières, mais ils n'ont pas purgé Raphaël Arnaud,
07:30si je ne comprends rien.
07:31Ils ont fait un choix.
07:32Vous aurez remarqué que M. Darmanin demande à faire le ménage.
07:38On a des dirigeants comme M. Retailleau
07:42qui parle aussi des questions d'antisémitisme,
07:43alors qu'on a depuis trois jours par ailleurs,
07:46en réponse...
07:47Je vous sens embarrassé quand même quand je vous pose la question.
07:49Vous parlez de Retailleau, Le Cornu, moi je vous parle de Jean-Luc Mélenchon.
07:51Mais oui, je vous parle de ça, parce que ce week-end, par exemple,
07:52il y a eu des Croix-Gammes et Place de la République.
07:55Vous avez eu des bandes qui ont menacé
07:57de faire des ratonnages au boulevard.
07:58Je vous parle de Jean-Luc Mélenchon.
07:59Ce boulevard de Ménine-Montant.
08:01Là, ils ont tous été à droite, silencieux.
08:03Donc ils sont dans une seule optique,
08:05c'est de décrédiviser toute la gauche.
08:07Là, je ne garde. Pour ma part, qu'est-ce que ça représente
08:09électoralement dans notre pays ?
08:11Moi, je suis pour rassembler la gauche
08:13et les écologistes, ceux qui souhaitent
08:16faire une politique automatique.
08:16Mais dans ce climat, Jean-Luc Mélenchon est-il celui
08:19qui peut apaiser les Français ou au contraire
08:21les diviser ?
08:23Il y a une stratégie qui peut apaiser,
08:25ça serait celle d'être pour l'unité.
08:27Je pense qu'une stratégie
08:29pour l'unité serait apaisante.
08:31Je ne suis pas d'accord stratégiquement
08:34avec le choix de Jean-Luc Mélenchon.
08:35Mais par contre, il y a une stratégie
08:37qui n'est pas non plus du tout apaisante,
08:39qui est celle qui instrumentalise,
08:41au mépris d'ailleurs du souhait de la famille,
08:43et qui laisse un déferlement de violence
08:47qui a commencé par ailleurs sur la ville de Lyon
08:49depuis plus d'une décennie.
08:51Plus d'une décennie, on a eu des arrestations
08:55liées au terrorisme d'extrême droite
08:56qui ont été en hausse très fortement.
08:59Et sur Lyon particulièrement,
09:01avec plus d'une centaine d'agressions
09:04en quelques années.
09:05Donc il y a un véritable problème à Lyon.
09:07La solution de l'antifascisme violent
09:09qui attaque n'est absolument pas...
09:12Ce n'est pas la violence qui va répondre à la violence.
09:13La violence à la violence,
09:14elle ne fait que le jeu de l'extrême droite,
09:15c'est une impasse.
09:18Mais il faut à la fois
09:19tous condamner les violences
09:21qui ont conduit à la mort de ce jeune homme,
09:23mais il faut aussi être très clair
09:25contre les violences de l'extrême droite
09:26qui se propagent sur Lyon depuis trop longtemps.
09:29Je voudrais qu'on reste sur ce qui s'est passé
09:30cet après-midi à l'Assemblée nationale.
09:32Et je voudrais vous faire entendre
09:34cet échange musclé
09:35entre Mathilde Panot,
09:37qui est la chef de file des députés
09:38et LFI à l'Assemblée nationale,
09:40et le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
09:42Ceux qui instrumentalisent ce drame
09:44pour nous salir doivent cesser.
09:46Leurs manœuvres sont indignes.
09:48Aucun insoumis n'est impliqué
09:50ni de près ni de loin dans ces violences.
09:52Monsieur le Premier ministre,
09:54faire peser sur notre groupe
09:55une responsabilité morale imaginaire
09:57ne parviendra pas à éclipser
09:59votre réelle responsabilité politique.
10:01Pourquoi aucun dispositif n'a été prévu
10:04ouvrant la voie à tous les débordements
10:06alors que les renseignements territoriaux
10:08étaient avertis,
10:09à l'heure où nos permanences sont attaquées,
10:11nos parlementaires menacés de mort et de viol ?
10:14Nous vous disons solennellement,
10:16les institutions démocratiques
10:18ne doivent jamais céder.
10:20Pourquoi tout le monde doute de votre sincérité
10:22et pourquoi personne ne veut vous croire ?
10:25Tout simplement parce qu'il est temps
10:27que vous fassiez le ménage,
10:28Madame la Présidente Panneau.
10:29Le ménage dans vos propos,
10:32le ménage dans vos idées
10:34et surtout le ménage dans vos rangs.
10:38Alors, vous avez entendu Mathilde Panneau
10:40qui reproche au Premier ministre
10:41finalement un deux poids deux mesures.
10:43On rend hommage à un militant d'extrême droite tué.
10:46On ne le fait pas forcément
10:47s'il s'agissait de l'extrême gauche.
10:49Alors, on a voulu regarder cela de plus près
10:52avec Nargis qui est de retour.
10:54Nargis, l'émotion est-elle à géométrie variable ?
10:58Eh bien, d'abord, je vais vous donner
10:59l'exemple de Clément Méry.
11:01Il y a une Rix en juin 2013
11:03à Paris, près de la gare Saint-Lazare,
11:05entre militant d'ultra droite et militant d'ultra gauche.
11:08L'étudiant de Sciences Po meurt le lendemain
11:11à l'âge de 18 ans.
11:12Eh bien, il y a une minute de silence.
11:14C'est le 6 juin 2013
11:15qui est faite à l'Assemblée nationale.
11:17Mais c'est un cas très rare.
11:19Le 31 août 2024, dans le Nord cette fois,
11:22la victime s'appelle Jamal Benjabala,
11:24Jérôme Day, ancien compagnon de la conjointe
11:26de la victime, réputée militante d'extrême droite
11:29et précédemment accusée de racisme
11:32contre la victime.
11:33Justement, Mathilde Panneau a parlé
11:35de lui hier.
11:36Écoutez.
11:37Elle demande la dissolution
11:38de la brigade française patriote
11:40qui est responsable pour un de ses membres
11:42d'avoir assassiné Jamal Benjabala
11:44à coups en l'écrasant 3 fois
11:46devant sa fille de 9 ans.
11:48Voilà ce qui s'est passé.
11:49Et donc personne ne parle.
11:51Alors, elle le cite,
11:52la présidente du groupe
11:53La France Insoumise à l'Assemblée nationale.
11:55En effet, il n'y a pas eu
11:56de minutes de silence à l'Assemblée nationale.
11:58Mais ni La France Insoumise,
11:59ni aucun groupe d'autres députés
12:01n'a fait cette demande.
12:02Enfin, Federico Martin Arambourou,
12:05vous vous souvenez peut-être de lui.
12:07À Paris, en mars 2022,
12:09l'ancien international de rugby
12:11est abattu après une altercation nocturne.
12:13L'homme qui lui a créé là-dessus
12:14est proche de la mouvance
12:15d'ultra-droite violente.
12:16Aucune minute de silence parlementaire
12:18n'a été faite après sa mort.
12:20pour Aboubakar Sissé ou non plus.
12:22Vous en avez plusieurs.
12:23Oui, mais il n'y avait pas de demande.
12:24Je ne sais pas.
12:25Je pense que pour Aboubakar Sissé,
12:27il y en avait eu.
12:27Il y avait quand même eu au moins 12 morts
12:29et 19 blessés lors d'accrétions racistes
12:32conduites par des groupuscules d'extrême droite.
12:34C'est énorme.
12:34Vous vous rendez compte ?
12:3512 morts.
12:3612 morts.
12:37Je voudrais qu'on aille à l'Assemblée nationale
12:39retrouver un autre député
12:40qui a assisté à cette séance
12:41particulièrement électrique
12:42cet après-midi
12:43après la mort de Quentin Derang.
12:45C'est Philippe Ballard du Rassemblement national,
12:47député de l'Oise,
12:48porte-parole du RN.
12:50Bonsoir, M. Ballard.
12:51Bonsoir.
12:52Vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu
12:54lorsqu'il demande aux insoumis
12:55de faire le ménage dans leur rang ?
12:57Oui, j'ai deux choses à dire.
12:59C'était assez savoureux, malheureusement,
13:01de voir des anciens alliés
13:02s'entredéchirer cet après-midi
13:04à l'Assemblée nationale.
13:06Parce que s'il y a autant de députés LFI
13:08dont certains font partie de la Jeune Garde
13:10et je pense à Raphaël Arnault,
13:11c'est parce que dans l'entre-deux-tours
13:13des dernières élections législatives,
13:14des députés sortants
13:16ou des candidats macronistes
13:17se sont retirés au profit de LFI
13:20pour faire battre un candidat
13:22du Rassemblement national.
13:23Et la réciproque était vraie.
13:25Et puis, deuxième point,
13:26j'entends ma collègue,
13:28Mme Simonnet,
13:28qui est en studio avec vous.
13:30Mais, enfin, pardon,
13:31mais ces explications,
13:32elles ne sont pas claires.
13:33Elle n'est pas du tout à l'aise.
13:34Est-ce que LFI a dans son sein
13:36des gens qui font partie
13:38d'une milice violente ?
13:40La réponse, on le sait,
13:42elle est oui.
13:42Non, mais vous ne arrivez pas
13:44à vous en détacher,
13:45nous, Jorgette,
13:46mais la presse nous le fait
13:47suffisamment remarquer,
13:49que quand on a des candidats
13:50qui n'ont rien à faire
13:51dans nos rangs,
13:52on les vire,
13:53mais dans la minute.
13:54Et ce n'est pas le cas
13:55dans votre coalition,
13:56le nouveau Front populaire.
13:58c'était bien LFI,
14:00les écolos,
14:00les communistes
14:01et les socialistes.
14:03Voilà, c'était ça,
14:03le nouveau Front populaire.
14:05Et là, maintenant,
14:06vous êtes cornerisé
14:07et vous n'arrivez même pas,
14:08pardon,
14:09à ouvrir les yeux
14:09et à dire la vérité.
14:10Alors, puisque vous avez
14:11interpellé,
14:11Danielle Simonnet,
14:12elle vous répond.
14:13Non, mais franchement,
14:14j'ai condamné
14:15de manière très claire
14:16et je condamnerai toujours
14:17l'usage
14:18de la violence en politique.
14:21Moi, je vais vous dire,
14:22vous avez choisi
14:23que ce soit la députée RN
14:24Tiffany Joncourt
14:25qui pose la question
14:27d'actualité au gouvernement.
14:28Nettoyez devant votre porte
14:29parce que vous savez
14:31très bien comme moi
14:32que son mari,
14:35ancien candidat RN,
14:36sur la question de la violence,
14:37il en connaît un rayon
14:38pour avoir été condamné
14:40à ce propos.
14:41Non, je pense qu'il faut,
14:43bien qu'on comprenne,
14:44qu'il faut combattre
14:46et combattre sans relâche
14:48l'extrême droite
14:49et ses idées nauséabondes.
14:50Mais par contre,
14:51la fin ne justifie pas
14:52les moyens.
14:52Voilà.
14:53Donc moi,
14:53je condamnerai toujours
14:55les recours à la violence
14:57en politique,
14:58en démocratie.
14:59Voilà.
14:59Et je pense que c'est
15:00dans les urnes
15:00qu'on doit permettre
15:02d'empêcher l'extrême droite
15:03de prendre le pouvoir.
15:04Et je le redis,
15:06c'est par l'unité
15:07la plus large,
15:08politique,
15:09sociale,
15:09associative,
15:10citoyenne,
15:11qu'on pourra battre
15:12l'extrême droite.
15:12Que ce soit
15:13lors des prochaines élections
15:14présidentielles en 2027
15:15ou lors des prochaines
15:17municipales,
15:18en essayant de vous empêcher
15:19de prendre les mairies
15:20caroncelles,
15:20la réalité de la politique
15:21que vous conduisez
15:23quand vous avez
15:24les rênes.
15:25C'est-à-dire qu'on sait
15:25les idées racistes,
15:26antisémites que vous développez.
15:27On sait que c'est les associations
15:29de défense des droits de l'homme
15:30qui sont les premières
15:31attaquées.
15:31Est-ce que, par exemple,
15:33la France insoumise devrait exclure
15:34Raphaël Arnaud de ses rangs ?
15:37Je ne vais pas m'exprimer
15:37pour la France insoumise.
15:39Mais enfin, déjà,
15:40il n'aurait jamais dû être
15:41élu député.
15:43Il est quand même temps
15:44qu'on prenne la mesure.
15:45Mais alors,
15:46on vit, nous,
15:46à l'Assemblée nationale.
15:47Vous n'avez pas le temps
15:49de voir,
15:49parce qu'on siège
15:50de 9h à minuit,
15:51mais toutes les phrases,
15:52les mots,
15:52les mots tuent.
15:54Et parfois,
15:54elles sont prononcées
15:55dans l'hémicycle
15:55avec une violence inouïe.
15:57Et tout ça,
15:57ça infuse
15:58dans la société française.
15:59C'est repris par...
16:01Oui,
16:01quand il nous dit
16:03qu'il fait du soleil sur Paris.
16:03Il a dit la violence
16:04de l'Assemblée
16:05infuse dans la société.
16:06Bah oui,
16:07mais malheureusement,
16:08c'est la vérité.
16:09Voilà,
16:09ce n'est pas parce que
16:09c'est le Premier ministre
16:10qui le dit
16:10que je dois m'inscrire en France.
16:11Je pense qu'il pensait aussi à vous.
16:13Je pense qu'il mettait
16:14dans le même bain,
16:15si j'ose dire,
16:16le RN et les filles.
16:17Alors moi,
16:18j'attends du concret.
16:20Quelle phrase,
16:20quel propos,
16:21quel député
16:22tient de tel propos ?
16:24C'était pas un encouragement
16:25à la haine raciste,
16:26ça ?
16:26Non, non, attendez.
16:27Ça, c'était un encouragement
16:29à la haine raciste.
16:29Non, non, non.
16:30Attendez,
16:30je ne peux pas vous lui dire ça
16:31parce que moi,
16:31j'étais juste à côté
16:32de Grégoire de Fournace
16:34quand il a présent
16:35pour prononcer ses propos
16:37et il faisait référence.
16:38C'était un député LFI.
16:39De mémoire,
16:40c'était...
16:41Enfin,
16:42je vais dire une mériture.
16:43C'était un député
16:44qui posait une...
16:45Voilà, c'est ça, oui.
16:46Qui posait une question
16:47sur un bateau
16:49SOS Méditerranée
16:50qui n'avait pas la possibilité
16:52d'accoster en France.
16:54Et la phrase
16:55de Grégoire de Fournace
16:56et il parlait du bateau,
16:58c'était...
16:58Non, c'est que c'est pas ça.
16:59C'était pas forcément
16:59la meilleure des phrases,
17:01j'en conviens.
17:01Mais il parlait du bateau
17:03qui devait rentrer dans l'Afrique.
17:04Voilà.
17:04Là, vous en êtes servis
17:05parce que vous faites
17:06de la manipulation intellectuelle.
17:07Voilà.
17:08C'est pas possible.
17:08Merci.
17:09Merci, M. Ballard.
17:10On va pas refaire le débat.
17:11Merci, M. Ballard,
17:12d'avoir été en direct.
17:13Guillaume Daré,
17:14quand même, moi,
17:14ce que j'ai noté,
17:15ce sont les mots très durs
17:16de Gérald Darmanin
17:17qui va plus loin
17:19que le procureur
17:20puisqu'il dit carrément
17:20que la jeune garde a tué.
17:22Oui, parce que
17:23si on décrypte un petit peu
17:24politiquement aussi
17:25le positionnement
17:26de Gérald Darmanin,
17:27c'est vraiment un marqueur
17:28de son identité politique.
17:30Il est allé plus loin.
17:31Ces derniers jours,
17:32il a dit que, visiblement,
17:34l'ultra-gauche avait tué.
17:36Et c'est un marqueur politique
17:38qu'il envoie aux Français,
17:39mais y compris dans son camp.
17:40Parce que, rappelez-vous,
17:41ça date pas d'hier.
17:42À la limite,
17:43sur cette question-là,
17:44on peut pas faire un procès
17:45en opportunisme
17:46à Gérald Darmanin
17:47au moment de la dissolution
17:48de 2024.
17:49Il y avait un affrontement
17:51extrêmement dur
17:51qui l'avait opposé
17:52à Gabriel Attal.
17:54Rappelez-vous,
17:54sur l'attitude à adopter
17:55face au Rassemblement national.
17:57Gabriel Attal avait dit
17:58qu'il faut battre
17:59le Rassemblement national
18:00quitte peut-être,
18:01finalement,
18:01à utiliser un bulletin LFI.
18:03Dans la journée,
18:04dans la journée même,
18:05Gérald Darmanin avait dit
18:06je suis en profond désaccord
18:08avec cette position.
18:09À mes yeux,
18:10c'est ni Rennes,
18:11ni LFI.
18:12Donc, avec les mots
18:13qu'emploie Gérald Darmanin
18:14depuis plusieurs jours,
18:15il y a une volonté sincère
18:16de dénoncer ce qui s'est passé,
18:18mais il y a une volonté aussi
18:19de rappeler son identité politique
18:20à lui et de dire
18:21moi, Gérald Darmanin,
18:23je me pose
18:23comme un des premiers
18:24opposants politiques
18:25à la France insoumise.
18:26Alors, rappelons
18:26que ce qui s'est passé à Lyon,
18:27c'était en marge
18:28d'une conférence
18:29donnée par Rima Hassan
18:31à Sciences Po Lyon.
18:32Et ça a des conséquences
18:33puisque le ministre
18:34de l'Enseignement supérieur
18:35a décidé
18:36d'arrêter
18:37ces meetings-conférences
18:38ou ces conférences-meetings
18:39dans les universités
18:40en cas de risque de trouble.
18:42Écoutez-le.
18:44Avec les risques
18:46qu'on a aujourd'hui
18:46qui sont maintenant
18:49tristement très très clairs,
18:50évidemment,
18:50non,
18:51il n'y aura pas
18:51d'autres meetings
18:52de ce type-là
18:53évidemment dans les établissements.
18:55Je veux dire,
18:55ce n'est pas possible
18:55puisque les troubles
18:56à l'ordre public
18:57qui sont malheureusement,
18:58et pardon de le dire comme ça,
19:00mais avérés
19:01de manière extrêmement brutale.
19:03Et donc,
19:03je veux dire,
19:03évidemment,
19:04ce n'est pas possible
19:04et c'est bien l'objet
19:05de la circulaire
19:05au préfet et au recteur
19:07que nous avons fait conjointement
19:08avec le ministre de l'Intérieur
19:09hier.
19:09Il n'y aura plus
19:11de réunion de ce type.
19:12Ce n'est pas possible.
19:13La décision,
19:13à la fin,
19:14c'est la décision du président
19:15de l'université,
19:15mais c'est évident
19:16qu'aujourd'hui,
19:17les troubles à l'ordre public
19:17y sont avérés.
19:18Voilà,
19:18Philippe Baptiste
19:19est le ministre
19:19de l'Enseignement supérieur.
19:21Alors justement,
19:21nous avons un étudiant,
19:22Maxime Lotte,
19:22qui est avec nous.
19:23Bonsoir Maxime,
19:24étudiant à Sciences Po,
19:25référent université
19:26printemps républicain
19:27à Sciences Po.
19:27Il a raison,
19:28le ministre,
19:28de dire maintenant
19:29on va arrêter
19:31lorsqu'on pense
19:32que la venue
19:33de telle ou telle
19:34personnalité
19:34risque de créer
19:36du désordre.
19:36Eh bien,
19:37on annule l'invitation ?
19:39Écoutez,
19:40nous à Sciences Po,
19:41ça fait plusieurs années
19:41maintenant qu'on vit
19:42dans un climat
19:43de tensions extrêmes
19:45lorsque des députés
19:46de la France insoumise
19:47sont invités à Sciences Po.
19:48Moi,
19:48je veux avoir
19:49une pensée émue
19:51pour Quentin
19:51parce que ce garçon,
19:52il a 23 ans,
19:53il a mon âge
19:54et moi,
19:54ça m'est arrivé
19:55d'aller protester
19:56contre la venue
19:56de Rima Hassan
19:57à Sciences Po
19:58et ce garçon-là,
19:59il a été assassiné,
20:00il a été tué
20:01par des militants
20:02d'extrême-gauche
20:02et ce qui lui est arrivé,
20:03ça aurait pu arriver
20:04à mes camarades
20:05et ça aurait pu arriver
20:06à moi.
20:06Donc aujourd'hui,
20:07on est dans un climat
20:08de tensions extrêmes
20:08à l'université
20:09où vous avez par exemple
20:10Rima Hassan
20:11qui, il y a deux ans,
20:12je suis allé regarder
20:13son compte Twitter tout à l'heure,
20:14appelait au soulèvement
20:15à Sciences Po.
20:16Soulèvement,
20:17vous traduisez en arabe,
20:17ça donne intifada,
20:18c'est un appel à massacrer.
20:20Donc aujourd'hui,
20:20je pense que,
20:21c'est ce qu'on évoquait
20:22tout à l'heure,
20:22la banalisation
20:23du champ lexical
20:24de la violence.
20:24C'est une erreur,
20:25c'est une erreur
20:26de l'inviter à Sciences Po Lyon
20:28par exemple,
20:28je sais qu'à Sciences Po Paris,
20:29elle n'est plus invitée.
20:30Oui, mais Rima Hassan
20:31attise la haine,
20:32elle souffle sur les braises
20:33de la haine
20:33et de l'antisémitisme
20:34depuis deux ans.
20:35Aujourd'hui,
20:35il n'est pas tolérable
20:36d'inviter des personnalités
20:38comme Rima Hassan
20:38au sein de notre univers.
20:39Mais quand on va manifester
20:42contre la venue
20:43d'une personnalité
20:44comme Rima Hassan,
20:45on prend le risque aussi
20:46qu'il y ait des affrontements,
20:47ce qui, malheureusement,
20:48s'est produit.
20:49Et il y a eu des rixes
20:50et puis ensuite,
20:50ce lynchage.
20:51Oui, mais évidemment,
20:52mais c'est en tant que jeune militant
20:53engagé pour la République
20:54et nos valeurs démocratiques
20:55dans la lutte contre les discriminations
20:57et contre l'antisémitisme,
20:58il est de notre devoir
20:59de manifester notre mécontentement
21:01lorsqu'une personne
21:01comme Rima Hassan
21:02est en train de manifester.
21:02Et manifester comment ?
21:03Avec des armes ?
21:04Non, bien sûr que non.
21:05Avec des points américains ?
21:06Avec des banderoles,
21:07avec des slogans
21:07pour dire que non,
21:08nous, en tant que jeunes,
21:09en tant que jeunes
21:10qui luttons contre les discriminations,
21:12nous n'acceptons pas
21:13qu'un tel personnage
21:14entre dans notre lieu
21:15d'établissement.
21:15Mais est-ce que ce n'est pas
21:16malheureusement
21:17un formidable constat d'échec
21:18pour le débat démocratique ?
21:19Parce que si à l'université,
21:22si à Sciences Po,
21:23on ne peut pas avoir
21:23de débat politique,
21:26même quitte par un épreuve
21:27à s'engueuler,
21:28mais à s'engueuler
21:30en débattant,
21:31quel est l'avenir
21:32de notre pays ?
21:33Je veux dire,
21:33si on est dans...
21:33Parce que ce n'est pas nous,
21:34ce n'est pas non plus nouveau.
21:36Je vais faire mon ancien en combattant.
21:38Moi, j'étais en fac à Nanterre.
21:40J'étais en histoire,
21:40donc bâtiment de sciences humaines.
21:42Ah, quelle année ?
21:43Quelle année ?
21:43J'étais en histoire aussi.
21:44Ah, on était peut-être ensemble,
21:45Daniel.
21:46Ah, attention,
21:46il y a quelque chose
21:46qui se passe.
21:46Alors, c'est les années,
21:47fin des années 80.
21:48J'ai mon bac en 87,
21:49donc ça doit être 88, 89, 90.
21:51Mais par contre,
21:52c'est terrible de dire que...
21:53Écoutez, pardon,
21:54mais à cette époque-là,
21:55il y avait très peu
21:55de personnalités de droite
21:57invitées à débattre
21:58dans le bâtiment
21:58de l'anpère de sciences humaines.
21:59Non, mais c'était plutôt la gauche.
22:01Vous aviez le bâtiment de droit,
22:02le bâtiment de sciences éco,
22:03il y avait des débats.
22:05Il y avait des débats.
22:06Quand la droite venait,
22:07c'était pour aller voir
22:07les étudiants de droit
22:08et quand la gauche venait,
22:09c'était voir les étudiants
22:10de sciences humaines.
22:10C'était déjà très clivé.
22:11Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas
22:12débattre sans se taper dessus ?
22:13Parce qu'aujourd'hui,
22:14je vous assure qu'à Sciences Po,
22:15aujourd'hui, le débat n'est pas possible.
22:17Alors, il est de plus en plus facile
22:18depuis la nomination du dernier directeur.
22:19On peut s'engueuler,
22:20on n'est pas obligé
22:20de se taper dessus.
22:21Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
22:22vous avez une minorité d'individus
22:23d'extrême-gauche
22:24qui n'hésitent pas à harceler,
22:25à intimider physiquement.
22:26Moi, j'ai été pris à partie
22:27plusieurs fois.
22:28J'ai le souvenir d'une manifestation
22:29où nous étions venus protester
22:31contre les blocus
22:32puisque des étudiants d'extrême-gauche
22:34nous empêchaient d'accéder
22:35sur le campus.
22:36On était donc intervenus
22:37avec des banderoles,
22:38avec des messages pacifistes
22:40et des militants d'extrême-gauche
22:42nous avaient chargé dessus.
22:42Je me suis retrouvé au sol.
22:43Si les CRS n'avaient pas été là,
22:45je ne sais pas ce que ça aurait donné.
22:46Et vous avez vu le niveau
22:47de dérapage sur Internet par ailleurs ?
22:49Les CRS ont dû nous accompagner
22:50jusqu'au métro
22:51pour qu'aucun coup
22:52ne soit porté à notre rencontre.
22:53Puisque là, on est entre
22:54anciens étudiants aussi.
22:56Amandie Attalaya,
22:57vous étiez à Sciences Po
22:58à Paris il y a des années.
22:59Est-ce que c'était comme ça ?
23:00Non, ce n'était pas du tout comme ça.
23:01C'était calme.
23:03Oui, il y avait une ouverture d'esprit.
23:05On acceptait d'accueillir l'autre
23:06et on acceptait de discuter avec l'autre.
23:07C'était parfois tendu,
23:08c'était parfois musclé,
23:09mais ça ne ressemblait en rien à ça.
23:11Et il n'y avait pas non plus
23:12ces campagnes de harcèlement
23:13maintenant qui ont lieu
23:14sur les réseaux sociaux.
23:15C'est terrible.
23:16Il suffit de regarder
23:17ce qui se passe d'ailleurs
23:18en ce moment
23:19autour de l'affaire Quentin
23:20avec une jeune femme
23:21qui est traquée
23:22dont on ne sait pas bien
23:23pour l'instant
23:24si elle a vraiment participé ou pas.
23:25Sa famille est traquée,
23:26ses parents sont traqués
23:27jusqu'à ses grands-parents
23:28qui habitent eux-mêmes
23:28dans le sud-ouest.
23:30Ça prend des proportions,
23:31c'est complètement hors de contrôle.
23:32Donc il y a un dérapage
23:33complet de la violence.
23:35Je peux comprendre parfaitement
23:37cette décision aujourd'hui
23:38du ministre
23:39parce qu'il est en charge
23:40de la sécurité de ses étudiants.
23:43D'ailleurs, il y a une polémique
23:44puisque la France Insoumise
23:46estime que la police
23:47n'était pas suffisamment présente
23:48ce jour-là à Lyon
23:50pour protéger
23:51les abords de l'établissement.
23:52Oui, ça c'est une vraie question
23:53aujourd'hui.
23:54Pourquoi est-ce que l'université
23:55a accepté
23:55de faire présenter cette conférence
23:58puisque à Sciences Po,
23:59notre directeur
24:00a pu interdire
24:01la tenue d'une conférence
24:02de Rimet Hassan
24:02pour trouble à l'ordre public
24:03et c'est une décision
24:04qui a été validée
24:05par le Conseil d'État.
24:06Et j'aimerais revenir
24:07sur la banalisation
24:08de la violence
24:08et du harcèlement
24:09sur les réseaux sociaux
24:09parce que ça, c'est un point
24:10qui me tient vraiment à cœur
24:11pour en avoir été victime
24:12avec plusieurs de mes camarades
24:13à plusieurs reprises
24:15par des membres
24:15de la France Insoumise.
24:16Vous avez aujourd'hui
24:17des gens de la France Insoumise
24:18qui, à Sciences Po,
24:19vous insultent,
24:20vous diffament
24:20sur les réseaux sociaux.
24:22Par exemple,
24:23je cite de Toutou
24:24de l'État israélien
24:25et ensuite,
24:25vous avez des étudiants
24:26que vous remisez dans le...
24:26C'est le conflit israélo-palestinien
24:28également qui a beaucoup...
24:29A cristallisé les tensions
24:30énormément.
24:31Mais derrière,
24:31ça donne des scènes
24:32d'intimidation en physique
24:33mais également
24:33sur les réseaux sociaux,
24:39un appel à la révolte populaire
24:41mais ça ne veut pas dire
24:41un appel au massacre.
24:42Une petite précision
24:43dans la définition.
24:44C'est un appel au massacre
24:45du juif.
24:45Et vous avez d'autres mouvements
24:46qui s'appelaient justement
24:47le soulèvement.
24:48C'est la même soulèvement.
24:49La violence en ligne
24:53et la violence tout court,
24:55il faut traquer cela.
24:56C'est banalisé
24:57à la France Insoumise.
24:58Non mais arrêtez
24:58d'être simplement
24:59dans cette obsession-là.
25:00Mais tout cas,
25:00c'est banalisé à l'extrême droite.
25:01Je suis d'accord avec vous.
25:02Vous condamnez comme moi
25:03le fait que les députés...
25:04Je condamne la gauche identitaire
25:05et la droite identitaire.
25:06Vous savez, le fait que les députés
25:07se retrouvent avec une cible
25:08dans le dos en ce moment
25:09avec leurs permanences
25:11qui sont attaquées
25:12avec des appels à la haine,
25:14avec des insultes et tout.
25:15Moi, ce que je veux dire,
25:16c'est que la solution,
25:17ce sera la démocratie.
25:18C'est réhabiliter les débats
25:20dans les universités.
25:21La démocratie.
Commentaires

Recommandations