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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Merci Nargis Adji. L'ancien ministre de la Culture et de l'Éducation Nationale, Jack Lang, a son nom qui apparaît plus de 600 fois dans les fichiers de Jeffrey Epstein,
00:08fichier publié de Jeffrey Epstein, du nom de l'homme d'affaires américain impliqué dans une affaire pédocriminelle, il s'est suicidé en prison.
00:15Le nom de Jack Lang est donc cité, celui de sa fille aussi, et l'ancien ministre était l'invité de BFM TV. Ce matin, il a plaidé la bonne foi à la naïveté.
00:21– Je ne le connaissais pas du tout, je ne savais rien de lui. L'homme était d'un commerce agréable. Je n'ai pas l'habitude de cracher sur ceux que j'ai connus à une époque
00:33qui plus tard se trouve, dans son cas, se trouve accusé de crime.
00:39– Pardon, mais ça n'est pas plus tard. Il avait déjà été condamné lorsque vous le rencontrez.
00:42– On m'a dit ça, mais moi je ne le savais pas. – Je ne le savais pas. Je ne passe pas ma vie dans les chroniques judiciaires, etc.
00:50– Il y a bien un moment où vous avez su quand même.
00:52– Mais rien, ce monsieur, était un autre que le criminel que l'on décrit aujourd'hui.
00:59C'est Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Quel acte révérenciel, je ne commis aucun. Je me sens blanc comme neige.
01:08– Il se sent blanc comme neige. Antoine Léomant, bonsoir. Vous êtes député de la France Insoumise de l'Essonne.
01:13Vous demandez, vous réclamez une commission d'enquête parlementaire sur le volet français, on va dire, de cette affaire Epstein.
01:18– Vous avez été convaincu par les arguments de Jack Lang, on vient de l'entendre, qu'il plaide la bonne foi,
01:24qu'il dit qu'il le connaissait pour d'autres raisons, bien entendu, et qu'il est blanc comme neige, pour reprendre son expression.
01:31– Je ne suis pas procureur, donc ce n'est pas à moi de donner le pour et le contre de ces argumentaires.
01:38Maintenant, ce que je constate, c'est justement qu'il y a un grand nombre de personnalités françaises
01:42qui sont citées dans cette affaire et que je pense que l'un des risques principaux qu'on peut avoir,
01:48c'était d'ailleurs le risque au départ parce que le traitement médiatique de l'affaire
01:53était moins important que ce qui pouvait exister dans d'autres pays,
01:56notamment de l'Union européenne et aux États-Unis.
01:57Maintenant, je m'empresse de dire que ce n'est plus le cas et je me satisfais du fait
02:01qu'il y ait un traitement médiatique qui soit élargi par rapport à ce que c'était au début.
02:05Et je pense qu'il doit y avoir aussi un traitement politique de l'affaire.
02:08Et c'est pourquoi, moi, ce que je propose, c'est que ce soit une commission d'enquête transpartisane.
02:12Par essence, les commissions d'enquête sont transpartisanes.
02:14Mais ce que je voudrais, c'est qu'on soit des co-signataires de cette proposition de résolution
02:17pour qu'on puisse la présenter dans une semaine transpartisée.
02:19– Mais pourquoi ne pas laisser faire la justice ?
02:21– Justement, une commission d'enquête, de toute façon, ne peut pas s'intéresser
02:24à des affaires qui sont traitées par la justice.
02:26– Est-ce que vous cherchez à savoir ?
02:28– Ce qu'on pourrait essayer d'obtenir comme élément, c'est dans les échanges de mails qui ont pu avoir lieu.
02:33Il est question, par exemple, de financement de la vie politique française.
02:35Ça, c'est un sujet qui intéresse de très près les parlementaires français, normalement.
02:39Et il faut faire très attention à quelque chose.
02:41C'est que M. Epstein, il est mouillé dans des affaires de pédocriminalité,
02:45de traite des êtres humains, de viols, potentiellement.
02:50– Rappelons qu'il est mort, il a été retrouvé mort dans sa cellule.
02:54– Et de même que M. Brunel, en France, qui s'est suicidé,
02:56qui était l'un de ses rabatteurs, j'aime pas trop le mot,
02:59mais c'est le mot qui est utilisé fréquemment.
03:02Mais donc, il y a un sujet qui est le sujet de la pédocriminalité.
03:05Et d'abord, ce que peut faire aussi une commission d'enquête,
03:07parce qu'on traite politiquement un sujet,
03:09c'est permettre de faire émerger en partie la parole de victime
03:12qui n'aurait pas encore parlé.
03:13Parce que quand on commence à traiter la question de manière sérieuse par le Parlement,
03:17ça peut aider à faire émerger la parole.
03:19Donc ça, c'est un premier élément.
03:20Et puis, il y a un autre volet.
03:21Et il ne faut pas mélanger les deux.
03:23Et c'est un peu le problème quand on vient mettre les noms les uns à la suite des autres,
03:26c'est que certaines personnes, pour le seul fait qu'elles ont eu des échanges de mail avec Jeffrey Epstein,
03:32ensuite sont accusées d'être des pédocriminels.
03:35Ce n'est pas ça qu'il faut faire.
03:36Précisément, ce que peut faire en partie une commission d'enquête,
03:39c'est aider à éclaircir, à faire la lumière sur un sujet,
03:42de la même manière que vous le faites vous, les journalistes,
03:44en traitant les sujets un par un au fur et à mesure que les documents sont étudiés.
03:48Mais c'est ça, d'abord, que ça peut permettre de le faire.
03:50Les fichiers sont accessibles pour tout le monde.
03:52Est-ce qu'à la France Insoumise, vous allez regarder ces fichiers ?
03:55On a regardé.
03:56En fait, comme vous voyez, je ne sais pas si vous avez regardé sur les réseaux sociaux,
04:00il y a beaucoup de choses qui circulent.
04:01Oui, bien sûr.
04:01Et par ailleurs, c'est très facile de produire défauts.
04:05Particulièrement avec l'IA générative.
04:06Donc, il y a un enjeu qui est un enjeu d'abord, à mon avis, de travail médiatique
04:10et de vérification citoyenne.
04:12Mais précisément, c'est là aussi un des risques.
04:14C'est qu'il y a beaucoup de gens qui partent dans des théories complotistes
04:16et qui, parfois, viennent même plaquer des complots antisémites sur cette histoire-là.
04:22Et donc, il y a un enjeu majeur à faire en sorte que cette affaire soit traitée de manière sérieuse.
04:26Et ça, il y a à la fois un aspect médiatique et à la fois un aspect politique.
04:29Concernant Jack Lang, qui était chez nous ce matin pour s'expliquer
04:33« Aucune charge ne pèse contre Jack Lang aujourd'hui ».
04:36Son nom est cité, effectivement, dans de nombreux mails.
04:41Je crois que la mention de son nom apparaît à 673 reprises.
04:46Il a eu des liens d'intérêt avec le financier américain.
04:48Il y a des pensions, il y a des échanges directs.
04:50Il a demandé de l'argent, d'ailleurs, à Epstein pour financer un film à sa gloire,
04:56un film sur les années Lang Mitterrand.
04:58Et sa fille, Caroline Lang, par ailleurs, a fait des affaires.
05:02Elle a monté une société offshore aux Îles Vierges avec Epstein.
05:05Et elle apparaît dans le testament.
05:07Ça, c'est plus surprenant.
05:07Il y a une quarantaine de personnes dans le testament du milliardaire américain.
05:11Et son nom apparaît.
05:12Elle pourrait d'ailleurs toucher 5 millions de dollars.
05:14Mais elle dit qu'elle n'était pas au courant et que cet argent ne l'a pas touché.
05:17Voilà ce que disent les langues, la famille Lang.
05:20Ce qu'il faut savoir, pour revenir sur ces fichiers,
05:23mais Raphaël les a parcourus bien plus que moi.
05:26Et donc, pour y revenir dans le détail, il y a plusieurs types de fichiers.
05:28C'est-à-dire qu'il y a des e-mails,
05:30qui est le volet qui est le plus exploré aujourd'hui,
05:32des e-mails où Jeffrey Epstein parle de la France, parle d'autres pays,
05:36parle de certaines personnalités, évoque des dîners avec les uns,
05:39des rencontres qu'il souhaiterait avoir avec les autres.
05:42Il y a des SMS qui l'échangent.
05:44Il y a des mails produits par le département de la justice.
05:47Il y a des billets d'avion.
05:48Et donc, dans toute cette somme de documents,
05:50effectivement, il y a des échanges directs avec Jack Lang,
05:54notamment des échanges sur des vacances au Maroc,
05:57où Jeffrey Epstein lui demande s'il est au Maroc, s'il n'est pas au Maroc.
06:00J'y étais, je compte y revenir.
06:01J'ai des projets avec l'Institut du Monde Arabe, etc.
06:04Donc, il y a des échanges directs entre les deux.
06:07Et il y a des textos, notamment, avec l'une des éminences de Donald Trump,
06:12à savoir Steve Bannon, où Jack Lang est évoqué par Epstein
06:15comme étant quelqu'un avec qui il est en contact régulier, un proche, etc.
06:19Mais à aucun moment, le nom de Jack Lang apparaît dans le volet pédocriminel.
06:25Il y a l'email, si j'ose dire, celui qui soulève le plus de théories.
06:32C'est celui où il est évoqué des enfants, de la sexualité.
06:36Mais je crois que l'objet du mal, c'est l'intitulé, c'est Petit Prince.
06:41Il est écrit, l'enfant doit-il être initié à la religion ?
06:45Nouvelle pratique sexuelle, doit-il être testé ?
06:47A quelle fréquence ? Test standardisé ?
06:49Exemple de projet, etc.
06:50Que répond Jack Lang là-dessus, alors ?
06:52Il répond qu'il pourrait s'agir d'un projet de film
06:55ou d'un scénario qu'il n'aurait plus en tête.
06:57Pour le coup, ce qui plaide en faveur de Jack Lang,
07:01c'est que dans cette somme de documents, il y a aussi beaucoup de photos.
07:04Beaucoup de photos sur l'île privée du pédocriminel.
07:07On voit des personnalités qui y sont.
07:09Jack Lang, à ma connaissance, n'y est pas.
07:11Jack Lang qui a connu l'homme via Woody Allen.
07:13Qu'il dit avoir connu via Woody Allen et avoir été charmé par son intérêt pour les arts,
07:17lui, qui de fait était en termine de la culture et président de l'Institut de Conrad.
07:21En fait, c'est Dr. Jekyll et Mr. Hyde et Epstein.
07:23Donc, il a connu Dr. Jekyll et il n'a pas connu Mr. Hyde.
07:27C'est un peu ce que dit Cédric Villani aussi.
07:29C'est-à-dire, il dit...
07:29Ancien député...
07:30Ancien député Macron, il dit j'ai rencontré quelqu'un
07:33qui me parlait de mathématiques et je n'ai pas du tout eu d'éléments.
07:36Et c'est pour ça.
07:37Moi, je redis, mais il y a une dimension qui peut être intéressante
07:40dans une commission d'enquête,
07:41parce que précisément, on peut convoquer des gens
07:43et leur poser des questions les unes à la suite des autres.
07:45Mais par exemple, qui voudriez vous dire ?
07:47Ceux qui sont cités dans les différents échanges de mails.
07:50Tous ceux qui sont cités, c'est-à-dire pas forcément ceux avec lesquels il y a un échange,
07:53mais il suffit que...
07:53Ceux avec lesquels il y a des échanges qui sont des échanges qui posent question.
07:57Là, le mail que vous avez cité est un mail qui pose question, potentiellement.
08:00Les mails qui sont échangés sur la question du financement
08:04de campagne électorale de Bruno Le Maire,
08:07il y a un sujet parce qu'à un moment donné,
08:09il dit qu'il veut être candidat à l'élection présidentielle pour bien détailler.
08:11Il veut être candidat à l'élection présidentielle.
08:14On est, je crois, avant 2017.
08:15Donc, il se prépare, il cherche des financements.
08:17Là, ça pose plein de questions.
08:18Pardon, mais un financement d'une personne, normalement, c'est interdit.
08:22Si jamais c'est un financement d'une personne morale, c'est interdit.
08:24Si jamais c'est des financements qui sont des financements depuis l'étranger,
08:28ça pose une question d'ingérence.
08:29Et puis au final, il n'a pas été candidat.
08:31Donc, que s'est-il passé ?
08:32Je veux dire, il y a des sujets qui sont posés.
08:34Et moi, encore une fois, je ne suis pas là pour faire de la polémique.
08:36Ce n'est vraiment pas du tout mon objet.
08:38Chacun s'explique.
08:38Ce n'est vraiment pas du tout mon objet.
08:39Mon objet, c'est que collectivement, la représentation nationale puisse décider
08:43qui, y compris c'est intéressant de faire venir,
08:45et d'essayer de faire émerger la vérité.
08:47Alors, Raphaël Grablie, vous avez rien appelé les réseaux sociaux,
08:49les réactions des uns et des autres.
08:50C'est vrai qu'il y a beaucoup de noms jetés en pâture.
08:52Il faut être prudent.
08:52Il faut être prudent.
08:54Vous venez d'y dé...
08:55Par exemple, Cédric Villani, c'est très différent de Jack Lang.
08:59Jack Lang a échangé longuement, effectivement, avec Geoffrey.
09:00C'est un échange de...
09:01Cédric Villani, il s'en explique, d'ailleurs, dans Libération.
09:05Il dit, on m'a contacté un certain Jeffrey, dont je ne connaissais pas le nom de famille.
09:09Il m'a contacté.
09:10Il m'a parlé de mathématiques, parce que Jeffrey Epstein, à la base, a une formation en mathématiques.
09:14Il a été recommandé.
09:15Il m'a cité des noms de proches mathématiciens.
09:18De fait, c'est vérifié dans le mail ?
09:19Voilà.
09:20Il est dans les mails, ça atteste cette chronologie-là.
09:23Il se rend à Paris, chez Jeffrey Epstein, sans savoir qui il est.
09:26Il dit, à Libération, j'ai l'impression de voir quelqu'un d'assez vantard.
09:30Et je sors.
09:31Et en sortant, j'apprends son nom.
09:33Je le google.
09:34Et là, je me rends compte de qui est cette personne.
09:36Et il dit, je cite, je me fais engueuler par mon équipe.
09:39Et j'arrête de répondre à ses sollicitations.
09:41Donc, c'est pour ça que quand on parle de Cédric Villani, il faut faire attention.
09:45Vous citez Bruno Le Maire.
09:46Bruno Le Maire n'est jamais en contact avec Jeffrey Epstein non plus.
09:49Non, non, non.
09:49Mais il y a une question de financement.
09:53Oui, mais il y a un parti que vous ne citez pas, vous, mais que certains députés LFI citent,
09:58c'est le Rassemblement National.
09:59Et vous parlez parfois de faire des analogies.
10:03Vous dites, attention au complotisme.
10:05Là, c'est un visuel qui a été partagé par votre collègue Alma Dufour.
10:08Le RN dans les dossiers Epstein.
10:10Il écrit quoi sur le tweet ?
10:12Alors, oui.
10:14Raphaël a une très bonne vue.
10:15En fait, je lis en bas.
10:16Le Rassemblement National a-t-il des liens avec Jeffrey Epstein ?
10:18Epstein, en 2018, Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, rencontre Louis Alliou, numéro 2 du RN.
10:24Il demandera à Epstein de financer le parti.
10:26C'est une question quand même, non ?
10:27Oui, mais dans les mails, à aucun moment, Steve Bannon ne demande de l'argent à Jeffrey Epstein.
10:31Alors, la question, moi, ce que j'ai vu dans les échanges...
10:33C'est raccourci, c'est ce qu'on va dire raccourci.
10:35Je peux vous dire ce que j'ai vu dans les échanges.
10:36Il y a un échange.
10:37Il y a des échanges qui concernent le financement russe du Rassemblement National.
10:40Et ensuite, il y a, semble-t-il, un conseil qui est fait au Rassemblement National de faire des prêts de personnes physiques dans le cadre de la campagne européenne de 2019.
10:49Et ça, c'est des éléments où il n'y a pas forcément des choses qui sont...
10:52Mais ce n'est pas des révélations.
10:54Il n'y a aucune révélation.
10:54Ce n'est pas des révélations.
10:55Pardon, mais de savoir que c'est Steve Bannon qui a recommandé au RN et Jeffrey Epstein qui aurait recommandé au RN.
11:02Non, non, non, Jeffrey Epstein n'a rien recommandé au RN.
11:05Attendez, je ne vais pas me faire la vocale du RN, mais il y a un moment, il faut revenir sur les faits.
11:07C'est une rencontre entre Louis Alliou et Steve Bannon.
11:11Et je dis ça parce que vous avez un discours, y compris Jean-Luc Mélenchon hier soir,
11:15laissant entendre que la presse cacherait la vérité,
11:18alors qu'on en parle.
11:19C'est hier soir, un tweet.
11:20Mais il n'a pas dit que la presse cacherait la vérité.
11:23Si, si, si.
11:23En France, les médias n'en parlent pas ou très peu.
11:27Hier soir, un truc ici, on cachait quelque chose.
11:29Non, non, non, non, et attendez, c'est pas la même chose.
11:31Attendez, excusez-moi.
11:32Non, mais on a l'impression que vous faites monter un peu la sauce et faire croire que c'est un complot.
11:35Je vous ai dit au point de départ...
11:37Vous êtes plus prudents que les tweets d'Alma Dufour...
11:39Mais attendez, je vous ai dit au point...
11:40Elle a été filmée même par Envoyé Spécial en 2019.
11:45Donc, n'allons pas chercher...
11:48On peut aussi parler de complément d'enquête en 2025
11:52qui avait révélé l'existence d'une autre personne,
11:54qui est un autre français, qui s'appelle Daniel S.
11:56C'était un complément d'enquête de 2025.
11:58C'est même pas dans les documents qui sont là.
12:00C'est même pas dans les documents qui sont sortis.
12:01Un Daniel S. qui aurait servi lui aussi d'intermédiaire auprès de M. Epstein
12:07pour faire rabatteur lui aussi.
12:09Et ce monsieur est introuvable.
12:11Donc moi, je ne sais pas, mais en fait...
12:12Vous êtes en train de vouloir faire monter la mayonnaise ?
12:14Ce qu'il faut bien comprendre...
12:15Mais ce n'est pas moi qui fais monter la mayonnaise.
12:17C'est que les gens, globalement, ils voient une masse de documents
12:21qui est une masse de documents considérable
12:22où chacun peut aller faire les recherches à l'intérieur
12:24et où on avait l'impression au point de départ...
12:26Et je le redis, c'est au point de départ, j'ai trouvé que le traitement médiatique...
12:29Pardon, c'est ma liberté de citoyen aussi de critiquer
12:32la manière dont la presse couvre les événements.
12:34J'ai trouvé que c'était faible par rapport à ce que je voyais dans d'autres pays.
12:37Je ne dis pas que c'est le cas aujourd'hui.
12:39Je dis qu'aujourd'hui, justement, là, vous êtes en train...
12:41Vous avez interrogé Jack Lang ce matin.
12:43Il y a d'autres personnalités qui devraient, à mon avis, être aussi interrogées.
12:48J'en finis d'un point.
12:49Mais la presse n'est pas un tribunal.
12:52Une commission d'enquête n'est pas un tribunal.
12:53Les tribunaux, c'est leur rôle de gérer la partie judiciaire de l'affaire.
12:56Certaines commissions d'enquête, parfois, ressortent des tribunaux.
13:01C'est des enquêtes, donc, parfois, quand on obtient des éléments...
13:05Non, mais d'ailleurs, si on obtient des éléments qui sont des éléments d'ordre judiciaire,
13:10on est obligé de les signaler au procureur de la République.
13:12Bien sûr.
13:12C'est notre devoir.
13:13On regarde avec Nargis Hadji, maintenant, justement, à travers ses documents,
13:17les personnalités qui sont citées dans ces Epstein-Files.
13:21Eh bien, d'abord, la France.
13:23Caroline Lang, vous en avez parlé, la fille aînée de Jack Lang,
13:27qui a quitté ses fonctions lundi.
13:29Elle dirigeait, depuis quelques semaines, un syndicat de producteurs de cinéma.
13:33Et ce que révèlent les documents Epstein,
13:35eh bien, ce sont des liens d'intérêts présumés, entre autres.
13:37Alors, notamment, ça a été évoqué, mais une transaction immobilière,
13:40ou au Maroc, ou encore une société fondée dans un paradis fiscal.
13:44La princesse héritière norvégienne, métémarite,
13:46elle est sous pression en cause des échanges, cette fois encore,
13:49avec le criminel sexuel révélé, donc, par ces documents.
13:52Et la conséquence immédiate, eh bien, le Premier ministre norvégien,
13:55qui ne se mêle jamais des affaires de la famille royale,
13:58lui a demandé de s'exprimer publiquement
14:00et d'expliquer précisément le contenu de ces échanges.
14:03Au Royaume-Uni, l'affaire prend beaucoup de place.
14:06Elle ne concerne pas que le prince Andrew.
14:09Dimanche, Peter Mandelson a démissionné du parti travailliste.
14:12Il était membre de ce parti.
14:13Il avait déjà été écarté de son poste d'ambassadeur à Washington en septembre dernier.
14:19pour les mêmes raisons.
14:20Et d'ailleurs, cet après-midi, le Premier ministre britannique
14:23a pris la parole à ce sujet.
14:24Il a dit regretter, eh bien, de l'avoir nommé au poste d'ambassadeur à Washington.
14:29Qu'est-ce qui lui est reproché ?
14:30Eh bien, plusieurs choses, mais notamment,
14:32des courriels révèlent qui suggèrent à Jeffrey Epstein
14:34de menacer légèrement un ministre britannique des Finances.
14:38L'objectif, eh bien, obtenir une réduction de taxes.
14:41Ce n'est pas tout.
14:41La police londonienne a décidé d'ouvrir une enquête hier,
14:45criminelle, une enquête à son encontre.
14:47L'autre conséquence, eh bien, concerne le couple Clinton
14:50qui, eux, ont décidé de rétro-pédaler.
14:53Lundi, ils ont annoncé qu'ils accepteraient, finalement,
14:55de témoigner sous serment devant la commission de chambre des représentants
14:59qui sont chargés, donc, de cette affaire sur Jeffrey Epstein.
15:03Et ils seront entendus, on le sait, on l'a appris tout à l'heure,
15:05les 26 et 27 septembre prochains, février prochain, pardon.
15:09Enfin, Bill Gates, lui aussi, est nommé le patron de Microsoft.
15:14Eh bien, selon des notes attribuées à Epstein,
15:16il aurait eu des relations sexuelles extra-conjugales,
15:19notamment avec des jeunes femmes.
15:21Réaction immédiate du représentant du milliardaire
15:23qui dément formellement.
15:25Il a répondu au New York Times,
15:27il a expliqué que tout cela était totalement faux.
15:30Il y a la trousse.
15:31Pour le moins vertigineux en consultant ces documents,
15:34c'est que le réseau de Jeffrey Epstein était colossal.
15:37Et pour le coup, vraiment, partout dans le monde,
15:39on a évoqué un volet, finalement, très occidental.
15:42Il avait aussi des ramifications dans un certain nombre de pays
15:44au Moyen-Orient, en Afrique du Nord.
15:47Donc, pour le coup, on est sur un réseau qui est colossal.
15:50Et là où je vais vous donner un point, Antoine Léaumant,
15:55c'est que c'est vrai que, par conséquent,
15:56on s'interroge aussi sur la profondeur de son réseau en France.
15:58On se dit, ce n'est pas possible de connaître autant de gens
16:00dans autant de pays.
16:01Il avait un logement en France.
16:03Il avait un logement en France.
16:04Il avait un agent traitant dont on a cité le nom précisément.
16:08Sur le cas de Peter Mendelssohn,
16:10il y a évidemment les menaces suggérées à Jeffrey Epstein sur un ministre.
16:15Il y a aussi des échanges qui tendraient à prouver un délit d'initié.
16:19À l'époque où ce monsieur était conseiller, je crois,
16:23de Gordon Brown, de mémoire,
16:24il aurait donné des informations d'origine financière
16:27à Jeffrey Epstein pour pouvoir faire un certain nombre d'opérations
16:30avant l'ouverture des marchés.
16:31C'est ce qu'on appelle un délit d'initié.
16:32Je vous donne des informations.
16:33Vous avez de l'avance sur les marchés.
16:35Est-ce que ça fait partie d'un volet que vous souhaitez explorer ?
16:38Parce que pour l'instant, je vois beaucoup de choses dans votre commission d'enquête.
16:41Je n'ai pas encore très bien compris où vous vouliez atterrir.
16:43Précisément.
16:44Mais en fait, je veux dire, il faut être humble dans ce genre de situation.
16:47Il y a tellement de choses en même temps.
16:48Les documents, ils ont été révélés vendredi dernier.
16:51Le début du commencement de traitement un peu solide, je trouve, par la presse.
16:56On est sur dimanche soir, lundi.
16:58Donc là, on est en train, au fur et à mesure, de découvrir ce qui se passe.
17:01Par exemple, l'article de Mediapart sur la famille Lang,
17:04sur les affaires liées au financement d'une société.
17:08Bon, c'est des éléments qu'on découvre au fur et à mesure.
17:11Moi, je n'avais pas vu ça dans les documents.
17:12Donc, c'est bien que la presse fasse ce travail-là.
17:14Donc, je pense que précisément ce que peut faire une commission d'enquête,
17:16sachant que là, les délais compte tenu de l'agenda de l'Assemblée,
17:19ce serait plutôt une commission d'enquête qui se mettra en place
17:21au courant potentiellement avril, si jamais on arrivait à faire ce travail-là.
17:26Donc, c'est au fur et à mesure qu'on arrive à obtenir des informations
17:29et qu'on peut circonscrire un peu ce qu'il faut faire dans cette commission d'enquête.
17:32Je dis juste un dernier truc, mais il y a quelque chose qui m'a fait rire.
17:34Enfin, je ne sais pas si on peut en rire, mais...
17:36Jean-Luc Mélenchon est évoqué une fois sur le risque potentiel de victoire
17:40de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.
17:42Et là, c'est typiquement un conseil qui est donné
17:44de miser sur la faillite des banques françaises.
17:48Vous voyez à quel point ça terrifiait apparemment les puissants américains
17:51que Jean-Luc Mélenchon a l'élection.
17:52C'est vrai que cette affaire, on lit et on voit beaucoup de choses sur les réseaux sociaux.
17:58Et puis, au moment où vous-même vous avez demandé la commission d'enquête parlementaire,
18:01on a été surpris de voir publiquement une insinuation,
18:04une accusation d'une militante qu'on connaît, qui est chroniqueuse,
18:08qui s'appelle Fatima Benomar, militante de gauche, féministe,
18:11et qui vous répond, ce n'est pas bien, par exemple, de te servir.
18:14Elle vous tutoie, Antoine, au moment de ton statut pour faire des avances
18:16à une militante insoumise mineure, en sachant cette donnée,
18:19via ce réseau social alors qu'elle voulait juste militer.
18:22Tiens-toi tranquille, vous dit-elle.
18:24Un jour, elle va grandir et avoir les ressources pour parler.
18:26Eh bien, je l'invite à publier le document,
18:29puisque si elle dit qu'il y a un échange Twitter,
18:31eh bien, je l'invite à le faire.
18:33Moi, je sais ce que j'ai fait.
18:35Jamais de ma vie, je n'aurais essayé de séduire une personne mineure.
18:39Vraiment, ce n'est pas le genre de choses qu'elle fait.
18:41C'est une accusation grave.
18:42C'est une accusation extrêmement grave.
18:43Et pour tout vous dire, j'ai hésité à porter plainte en diffamation.
18:46Et pourquoi vous hésitez ?
18:47Parce que je n'ai pas envie, moi, de jeter en pâture des gens
18:49comme elle le fait, elle.
18:50Et je trouve que c'est vraiment odieux de faire ça.
18:52Et pourquoi elle vous accuse Fatima Benomar ?
18:54Je ne sais pas. J'aimerais bien le savoir.
18:55Vous devriez, à mon avis, lui poser la question.
18:57Moi, je n'ai pas envie de porter l'affaire devant un tribunal.
18:58Là, c'est sur la place publique, du coup.
19:01Oui, c'est sur la place publique.
19:02200 000 personnes qui ont lu...
19:04Vous avez raison. Je suis extrêmement choqué de ce type de méthode.
19:08Et je signale une chose, parce que c'est quelque chose de très important pour moi.
19:11Moi, quand des personnes sont victimes d'agressions sexuelles
19:14et quand des gens parlent d'agressions ou de choses de ce type-là,
19:19moi, mon point de départ, c'est de croire ce qu'il est dit.
19:22Vous savez que ce message-là...
19:23Moi, je suis allé regarder tous mes messages Twitter
19:26pour voir si, d'une manière ou d'une autre,
19:28j'avais pu avoir un échange avec quelqu'un.
19:30Vous n'avez rien trouvé.
19:30Je n'ai rien trouvé.
19:31Donc, moi, mon point de départ...
19:33Mais en général, on dit « on vous croit ».
19:35Donc là, on ne croit pas.
19:36Mais précisément, mon point de départ, c'est de dire
19:38« bon, si elle parle d'un message Twitter »,
19:40c'est quand même assez facile à vérifier.
19:41Enfin, je suis désolé.
19:42Si jamais j'ai eu des échanges Twitter avec quelqu'un...
19:44Vous lui demandez de montrer ce message Twitter pour trouver...
19:46J'aimerais bien savoir de quoi on parle exactement.
19:48Parce que moi, jamais de la vie,
19:50je n'aurais essayé de séduire
19:52ou même d'avoir des échanges insidieux
19:55avec une personne qui est une personne mineure.
19:56Merci.
19:58Je ne sais pas, mais je suis extrêmement choqué de voir ça.
20:02Je vous remercie d'une certaine manière
20:03de m'avoir permis d'y répondre.
20:05Parce que pour être parfaitement honnête,
20:08j'hésitais à répondre parce qu'en répondant,
20:10ça donne de l'audience à quelque chose.
20:12Et en même temps, mon nom est sali.
20:13Oui, parce que l'accusation est publique sur les raisons sociaux.
20:15L'accusation est extrêmement grave.
20:16Mon nom est sali.
20:17Et honnêtement, qu'on en soit là,
20:20à ce compte-là, il faut publier des documents.
20:22Je veux dire, il y a une différence entre croire des victimes
20:25quand elles disent quelque chose
20:26et là, parler d'un échange qui est normalement quelque chose de vérifiable,
20:29d'assez simplement vérifiable.
20:30Et donc, moi, je dis, s'il y a quelque chose,
20:32eh bien, il faut en informer la justice, par ailleurs,
20:34puisque ce sont des actes qui, à ce compte-là,
20:36seraient des actes délicuels ou criminels.
20:37Donc, merci Antoine Léaumant,
20:40on est à la trousse,
20:40c'est Raphaël Grabli.
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