00:00Europe 1, Europe 1, 16h-18h, Pascal Proevo.
00:06Caroline Iturbi de Richard Millet, Gilbert Colléard, Gauthier Lebrecht sont là,
00:10et Jean-Baptiste Marty du service police-justice nous a rejoint.
00:14Bonjour Jean-Baptiste.
00:16Bonjour Pascal.
00:16Où en est l'enquête ? Plusieurs suspects ont été identifiés,
00:20dont certains liés à l'ultra-gauche.
00:22Et l'enquête bien sûr, avec la mort de Quentin, 23 ans, tué par l'extrême-gauche.
00:26Il est bien identifié, mais toujours pas interpellé, mais c'est une enquête qui avance rapidement.
00:30C'est ce que m'assure une source très proche du dossier.
00:33Une vingtaine de témoignages ont été recueillis pour l'instant.
00:36Les caméras de vidéosurveillance sont en train d'être visionnées.
00:42On regarde tout ce qui était autour des métros à côté, des commerces.
00:46Sur les six suspects aperçus sur les vidéos en train de lyncher,
00:51où on voit Quentin être lynché,
00:54cinq ont été formellement identifiés.
00:57On peut se demander si les premières gardes à vue vont tomber dans les prochaines heures.
01:03Au niveau des profils, ce sont essentiellement des jeunes hommes
01:06connus pour leur proximité avec les groupuscules d'ultra-gauche.
01:09C'est du moins ce qu'indiquent certaines sources policières.
01:13Ce qui est intéressant dans ce que vous venez de dire,
01:15c'est que des images de vidéosurveillance,
01:17c'est-à-dire que là où le lynchage s'est passé,
01:22est-ce qu'il y avait des vidéosurveillance ?
01:25Alors pas forcément dans la rue même où ça s'est passé,
01:28mais en fait il y a eu un mot d'ordre donné par un meneur
01:31du groupuscule Antifa à la fin du lynchage,
01:35dispersion.
01:35Et là, tous les individus qui ont lynché ou participé à cette bagarre
01:41sont partis dans les rues adjacentes.
01:43Et on peut imaginer que dans les rues adjacentes,
01:45il y a des commerces qui disposent de caméras de vidéosurveillance.
01:49Les individus ont aussi sûrement pris les métros ensuite
01:51pour gagner leur domicile.
01:52Donc c'est tout ça qui est en train d'être épluché.
01:54Donc ça c'est très important parce qu'il n'y a pas que la vidéo
01:57qu'on a vue en l'occurrence sur TF1
02:00qui permet d'avoir les renseignements.
02:02Et ça explique sans doute ce qu'a dit Laurent Nunez.
02:05Ça explique sans doute ce qu'a dit Gérald Darmanin
02:07depuis 2-3 jours.
02:08Et ça c'est votre thèse également, vous qui avez l'habitude, Gilbert Collard.
02:11C'est qu'ils savent.
02:12Ils ne disent pas mais ils savent.
02:13Ils savent, ils savent.
02:14Ah s'ils disent ?
02:14Gérald Darmanin dit la jeune garde tue aujourd'hui à l'Assemblée Nationale.
02:17Vous êtes procureur.
02:18Il ne faut pas être plus clair.
02:19Vous avez raison.
02:20Alors moi j'avais des questions toutes simples à poser.
02:24Ces jeunes gens sont grimés.
02:27Ces jeunes gens sont cagoulés, parfois masqués.
02:30Comment on va pouvoir identifier celui qui donne le dernier coup mortel ?
02:36Alors sur les vidéos de témoins qui ont notamment été transmises
02:39que TF1 a diffusées.
02:41On voit les jeunes gens vraiment mettre les coups de pied en envoi.
02:44Notamment un qui met un coup de pied limite fatal dans la tête de Quentin.
02:48Voilà.
02:49Donc c'est ces vidéos-là qui vont être bien sûr exploitées.
02:52On va les identifier.
02:53On va essayer de retrouver les vêtements qu'ils portaient.
02:55Et les vêtements sans doute depuis 5 jours ont été brûlés.
02:57J'imagine c'est ça qui peut être.
02:59Oui mais j'ai rejeté.
03:00Un vêtement brûlé c'est une preuve.
03:02Oui mais un vêtement brûlé c'est une preuve si tu retrouves l'endroit où il a été brûlé.
03:07Oui mais on va lui demander.
03:09On a les images des vêtements qu'il portait.
03:12Comment on va dire c'est vous ?
03:13Comment on arrive à dire c'est vous qui l'a trouvé après les vêtements ?
03:17Et maintenant il y a un système de reconnaissance aussi.
03:20C'est très nouveau.
03:22Enfin c'est très nouveau.
03:23Moi je l'ai fait utiliser dans une affaire pour retrouver l'agresseur d'une pauvre femme qui a été
03:28tuée.
03:29Du reste il y a des systèmes de reconstruction des comportements, de la gestuelle, de la silhouette.
03:35Vous pensez qu'il n'y a pas de soucis par exemple qu'à partir des images qu'on a
03:38vues
03:38vous pensez que ces jeunes gens pourraient être identifiés ?
03:40Oui oui sans problème.
03:42Parce que les services police-justice et les journalistes avec qui j'échangeais justement sur ces questions n'étaient pas
03:47aussi...
03:47Si on a de bonnes images, attention, la condition de base elle est là.
03:53Là mais on parle des images de vidéosurveillance ou des images qu'on a vues par exemple de TF1 ?
03:57Les images de TF1 on ne peut pas les qualifier de bonnes images.
04:00Non on parle des images de vidéosurveillance.
04:01D'accord.
04:02Et je pense que la documentation que la police est en train de mettre en place
04:08est reliée aux images de vidéosurveillance.
04:12C'est là qu'il va...
04:14Et puis alors, très peu, très peu de gens tiennent le coup en garde à vue.
04:21Très peu.
04:22Je vous assure.
04:23Et ça m'étonnerait fort.
04:25Oui mais ils peuvent faire des erreurs.
04:26Là le laps de temps qu'ils ont en ce moment, c'est peut-être aussi pour les laisser faire
04:30des erreurs.
04:30Mais bien sûr, on ne va pas leur donner de conseils.
04:32C'est intéressant ce que vous dites.
04:33C'est-à-dire que vous qui avez je ne sais combien d'expérience
04:36et qui avez été avec des caïds, sans doute vous avez défendu des caïds,
04:40vous dites que vous avez vu des caïds s'effondrer en 48 heures.
04:43Ah oui.
04:44Pas les vrais caïds.
04:46Pas les vrais...
04:46Parce que ça dure 48 heures une garde à vue.
04:48Là le pètre, comme on est quand même avec des circonstances d'association de malfaiteurs,
04:53ça peut connaître des prolongations.
04:55Mais si vous choisissez par exemple de ne rien dire en garde à vue,
04:58vous vous taisez pendant 48 heures ?
05:00Oui, mais c'est très...
05:01Vous savez, vous n'avez pas...
05:02Il y a un avocat au genre de garde à vue.
05:03Oui, oui, oui.
05:03Vous dites je tais.
05:04Oui, oui, oui.
05:05Toutes les questions qu'on vous pose, vous ne répondez pas.
05:07Oui, oui, mais vous n'avez pas de montre, ça dure.
05:11On vous convoque, on vous reconvoque, on vous pose...
05:13Vous ne répondez pas.
05:15Et puis, vous ne répondez pas, mais quand même les questions, vous les entendez.
05:18Si je vous dis, mais quand même, tu ne veux pas répondre,
05:21mais ton copain, il t'a mis en cause.
05:24Alors lui, il a eu l'intelligence de parler,
05:27il va mieux s'en tirer que toi.
05:29Et puis, dans la salle à côté, il y a ta copine.
05:32Et que dit l'avocat à côté ?
05:33L'avocat, il ne peut rien dire, il n'a pas le droit de parler.
05:35Il n'a pas le droit de parler, l'avocat ?
05:36Non, non, non.
05:37Ah non, il n'a absolument pas le droit de parler, l'avocat.
05:40C'est pas comme dans les séries américaines.
05:41Donc, l'avocat, il est là pour quoi ?
05:43L'avocat, il est là pour éviter qu'on foute sur la gueule, en gros.
05:47Parce que...
05:48Quand vous avez commencé le barreau, l'avocat n'était pas en garde à vue.
05:54Ah, pas du tout.
05:55Ça a 15 ans maintenant ?
05:5620 ans à peu près, 20 ans, c'est la loi Guigou.
05:59Vous trouvez que c'est une bonne chose ?
06:01Oui, oui, oui, parce que maintenant...
06:02C'est une bonne chose pour les avocats ?
06:03Non, c'est une bonne chose pour les avocats.
06:05Même pas, parce que ce sont des avocats de permanence,
06:08souvent, qui assurent les garde à vue.
06:11Mais ça évite quand même qu'il y ait la suspicion de violence.
06:15Voilà.
06:15Et il y avait des violences, jadis ?
06:17Oui, oui, oui.
06:18C'est-à-dire qu'on pouvait...
06:19J'en ai jamais vu beaucoup glisser dans les escaliers, moi.
06:21C'est-à-dire qu'on pouvait forcer dans les années 70 ou 80 ?
06:24Oui, il y avait quelques...
06:25Il y a un film comme ça, c'est Aspecteur de la Bavure,
06:28je ne sais pas si vous vous souvenez.
06:29Non, mais c'est extraordinaire, parce que dans les PV,
06:30on lisait, on lisait, on lisait...
06:34Dupont, entendu ce jour, présente de multiples échymoses,
06:38suite à une glissade malencontreuse dans l'escalier.
06:40C'est vrai ?
06:41Ah oui, c'est vrai, oui, oui, oui, oui.
06:42Et on savait tous ce que ça voulait dire, quoi.
06:45Et puis il y avait les coups de bottin aussi.
06:48Réalisé par Neo035.
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