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  • il y a 7 heures
Avec Xavier Coumoul, professeur de toxicologie et de biochimie à l’Université Paris Cité

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-02-17##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Le fait du jour.
00:01La loi Duplon est de retour.
00:02Quelques mois après avoir suscité un vaste mouvement de protestation consécutif à une première loi du même nom,
00:07le sénateur LR Laurent Duplon a déposé une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction de plusieurs pesticides
00:13interdits en France,
00:15dont l'acétamipride.
00:17Quels sont les risques et pourquoi cet acharnement ?
00:19On en parle avec le professeur de toxicologie et de biochimie à l'université Paris-Cité, Xavier Koumoul. Bonjour.
00:26Bonjour Xavier Koumoul, merci d'être à l'antenne de Sud Radio.
00:29Aujourd'hui, la loi Duplon, c'est une forme de serpent de mer qui va et qui repart.
00:34Elle suscite des polémiques assez violentes.
00:37Est-ce que je peux vous poser la question de but en blanc ?
00:40Est-ce que la loi Duplon, ce n'est pas le retour des lobbies qui avaient été mis un petit
00:44peu de côté par des politiques agricoles un peu plus conscientes des enjeux environnementaux et de santé ?
00:50Et on sent qu'avec les Républicains au pouvoir, on fait une marche arrière sur les conquêtes environnementales qu'on
00:56avait pu obtenir pour améliorer l'agriculture.
00:59Est-ce qu'on peut le lire d'une façon un peu politique également, ou ce n'est que du
01:02scientifique ?
01:03De toute façon, dans tous les cas de figure, c'est un enjeu politique, c'est-à-dire un enjeu
01:08qui va englober des aspects environnementaux, sanitaires, mais après aussi des enjeux agricoles, sociétaux, etc.
01:16Donc, ce n'est pas une loi qui peut, entre guillemets, s'appréhender de manière simple.
01:21Et ce qui est très important de mon point de vue, c'est que toute l'information soit correctement délivrée
01:26à l'ensemble du public.
01:28C'est pour ça que vous êtes si important, c'est que les journalistes doivent effectivement nous permettre, en tout
01:34cas,
01:35de montrer toutes les données qu'on peut avoir sur cette molécule et que les gens soient informés pour qu
01:39'ils se fassent une opinion.
01:40Le discours du gouvernement, de Mme Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture et du sénateur Duplomb, c'est que nous
01:47repensons la totalité de la législation pour assurer une meilleure souveraineté alimentaire.
01:52Dans la mesure où il y a une concurrence déloyale, eh bien, nous allons évacuer les clauses de cette concurrence
01:56déloyale.
01:57Mais au lieu que ce soit positif, en disant à ceux qui fabriquent de la malbouffe, alignez-vous sur les
02:02valeurs européennes, nous allons nous aligner sur les valeurs de la malbouffe.
02:05Comme ça, on sera compétitif et on pourra exporter.
02:08C'est une totale hypocrisie. C'est un peu le raisonnement qui est tenu. Vous êtes d'accord ?
02:12En fait, en tous les cas, j'estime que la question de la toxicité de la molécule dont on parle
02:18beaucoup, le néonicotinoïde acétamipride,
02:20il devrait être présenté de manière complète à l'ensemble du public.
02:25Et effectivement, on a le sentiment que si la molécule a été interdite à un moment, c'est qu'il
02:29y avait de bonnes raisons de penser qu'il fallait l'interdire.
02:32Donc la remettre effectivement sur le marché pour s'aligner avec les autres pays,
02:37c'est potentiellement réintroduire une molécule toxique sur le marché.
02:41Donc on doit en parler, forcément, de ça.
02:43C'est un moment qui pourrait se faire dans l'autre sens.
02:46C'est-à-dire qu'on pourrait très bien envisager aussi de rediscuter de la toxicité environnementale de la molécule
02:51au niveau européen
02:52et d'avoir de meilleures pratiques aussi pour la santé des agriculteurs.
02:55Nous sommes bien d'accord et c'est pour ça que vous êtes là, pour expliquer à nos auditeurs exactement
02:59quel est l'enjeu, de quoi il s'agit.
03:01Oui, l'idée c'est de dire, si on n'utilise pas cette molécule, la filière agricole est menacée, elle
03:09peut disparaître.
03:10Alors que le même produit, la noisette, c'était Julien Denormandie qui nous disait quand j'étais ministre de l
03:16'agriculture,
03:16j'ai été confronté, c'est un véritable dilemme, c'est déchirant, mais il faut faire un arbitrage politique.
03:21Si on n'autorise pas le néonicotinoïde, eh bien une filière peut disparaître et malgré tout, les importations, la grande
03:31distribution continuera à importer des noisettes qui elles sont contaminées, s'appropriées.
03:35C'est un choix politique à faire.
03:37Vous, vous êtes formel, vous êtes formel, il y a un choix, vous êtes médecin, vous êtes chercheur, vous êtes
03:42scientifique, il faut privilégier, enfin médecin peut-être pas,
03:45enfin en tout cas vous êtes chercheur, vous êtes médecin, vous êtes un scientifique qui étudie et fait de la
03:52recherche biochimique,
03:54donc il y a un impact sur notre santé. Pour vous, la présence de cette molécule est un danger public.
03:59Elle devrait être considérée comme un élément nocif pour la santé publique.
04:03Alors, il n'y a aucun doute, la molécule est dangereuse, parce qu'il y a une différence entre le
04:07danger et le risque.
04:08C'est-à-dire qu'on est, typiquement, cette molécule est dangereuse, la question après c'est de savoir, est
04:13-ce qu'en y étant exposé,
04:14on va développer un risque pour la santé. Donc, c'est très très important de rappeler une chose,
04:18c'est que quand une molécule est mise sur le marché, elle a passé tout un tas de barrières imposées
04:24par les agences sanitaires,
04:25elle est mise sur le marché et ensuite, il y a une science académique qui se met en marche
04:31et qui va produire des données que la science réglementaire ne produit pas pour une raison simple,
04:35c'est que, par exemple, on va émettre de l'acétamitrite dans les champs, les gens vont être exposés,
04:39on va avoir des données qui sortent sur les populations qui sont exposées,
04:43sur les abeilles qui vont être exposées, et ces données-là ne peuvent pas être appréhendées en amont.
04:48Donc, on essaye au mieux, au niveau des agences, de faire de la prédiction de toxicité,
04:52on sait que la molécule est dangereuse, on estime que le risque pour la santé, il est faible,
04:57et du coup, on la met sur le marché, mais les données qui sont générées ensuite
05:01par la science académique montrent qu'il y a des signaux d'alerte qu'on ne peut pas négliger.
05:06Et c'est ça qui devrait être, du côté de M. Duplomb ou du côté des entiers acétamiprides,
05:12il serait très important que l'ensemble des données, elles soient correctement présentées.
05:16Alors là, il y a de vraies questions sur notamment la neurotoxicité de cette molécule pour l'humain
05:22et aussi pour les abeilles, par exemple.
05:25Est-ce qu'il est question de seuil, de dosage, de degré d'intensité ?
05:30Est-ce que c'est nocif dès le départ ou il faut franchir une certaine quantité de molécules
05:34pour qu'il y ait une dangerosité sanitaire ?
05:36C'est une très bonne question parce qu'on dit souvent que la molécule est la moins toxique
05:41des autres néonicotinoïdes du fait de ses effets dont on l'applique tout de suite,
05:47ce qu'on va appeler les effets aigus.
05:48Mais sur le long terme, lorsqu'on applique régulièrement la molécule,
05:52on se rend compte déjà qu'elle migre beaucoup dans l'environnement,
05:56donc elle ne reste pas là où elle a été épandue.
05:59Et deuxièmement, elle va avoir des effets sur le long terme,
06:02notamment sur le comportement des abeilles.
06:04Elles vont être complètement désorientées
06:05et elles vont potentiellement être moins à même de pouvoir polliniser,
06:10par exemple aussi, des cultures qui pourraient être importantes d'un point de vue agricole.
06:14Donc, il faut considérer cet aspect-là.
06:16Et cet aspect-là, il est souvent invisibilisé.
06:19Xavier Comoul, est-ce qu'il y a des cas dans l'agriculture
06:22où on peut se passer d'une molécule parce qu'on peut en trouver une autre
06:25ou une autre forme de traitement ?
06:27Et est-ce qu'il y a des cas où il n'y a qu'un médicament pour cette maladie
06:30?
06:31Et si on ne peut pas l'utiliser,
06:32c'est effectivement un risque de mettre la filière concernée en danger.
06:37Alors, là, moi, je ne suis pas spécialiste agricole,
06:39mais je sais qu'il y a des cultures bio de noisettes
06:41et des cultures bio de betteraves.
06:43Donc, typiquement, c'est des cultures qui n'utilisent pas cette molécule.
06:46La molécule en question, elle n'est pas utilisée actuellement en France
06:49parce qu'elle a été interdite.
06:51Apparemment, semble-t-il, il y a des baisses de rendement.
06:53Là, je ne suis pas spécialiste de la question.
06:54Mais en tous les cas, on est capable de produire de la betterave et de la noisette
06:57sans acétamipride, ça, c'est sûr.
06:59Après, la question, c'est celle aussi de notre consommation.
07:03Est-ce qu'on va être, par exemple, sur certains produits,
07:07on va devoir peut-être payer un peu plus cher, ça, c'est vrai.
07:09Et c'est une question aussi de pouvoir d'achat.
07:11Mais en tous les cas, on peut s'en passer, ça, c'est sûr.
07:15C'est une question de cohérence.
07:17Il faut savoir ce que l'on veut.
07:19Bon, il est sûr qu'il y a des pays où les cultures aujourd'hui
07:23qui sont en cause en France sont maintenues
07:27parce qu'elles sont respectueuses de l'environnement.
07:29En fait, est-ce que ce n'est pas la défense d'un système économique productiviste
07:32qui a besoin de cette chimie ?
07:36J'adore le terme officiel.
07:38C'est « produits phytosanitaires de protection des plantes ».
07:41On en ferait presque une infusion, tellement c'est rassurant comme formule.
07:44Voilà, on voit bien que c'est quand même pour la défense d'un système agricole
07:47qui n'est pas celui dont la planète a besoin.
07:50Je reconnais qu'il peut y avoir une baisse de production,
07:52donc une montée des prix.
07:53Il y a des choix à faire.
07:54Quand vous êtes chez votre médecin,
07:56chez le pédiatre avec vos enfants et chez le médecin
07:58et qu'il vous annonce une maladie pas sympathique,
08:02on se dit « peut-être que j'aurais peut-être dû renoncer
08:04à telle noisette ou à telle betterave ».
08:06Parce qu'une fois que la fêcherie est devant vous,
08:08c'est plus de vous reassumer.
08:10C'est une très bonne question
08:11parce qu'on oppose souvent écologie et économie
08:14et moi je ne me positionne pas sur le sujet en tant que scientifique.
08:17Mais par contre, vous avez raison,
08:20en fait quand on applique ces produits,
08:21ça a été fait pour d'autres insecticides préalablement.
08:24Les coûts sont mesurables,
08:26notamment lorsque ces produits sont neurotoxiques.
08:28Il y a des pertes de points de QI qui peuvent se mesurer.
08:30Il y a un impact économique qui va y avoir du fait de ces points de QI.
08:34Par exemple, sur une autre famille de pesticides,
08:36on a pu estimer qu'il y avait 150 milliards d'euros par an
08:40qui étaient perdus au niveau de l'Union Européenne.
08:42Alors, en frais de santé, en baisse de productivité
08:45parce que l'intellect est affecté.
08:46Donc vous avez raison.
08:47En fait, ce qu'il faut bien voir,
08:48c'est qu'on peut utiliser ces produits sur le court terme.
08:51Ils ont peut-être un intérêt pour les rendements.
08:53Mais à terme, s'il y a des impacts sur la santé humaine,
08:55on va avoir typiquement les systèmes de sécurité sociale
08:59qui vont être impactés par ça.
09:00Xavier Couboul, est-ce qu'on peut se fier aux avis de l'agence européenne
09:04qui élève ça ?
09:05La Française, c'est l'ANSES.
09:06Je rappelle sans donner la signification
09:10que ce sont des organismes publics qui sont là pour s'assurer
09:12de, j'allais dire, le taux de dangerosité ou pas des produits.
09:18Un élément comme le Nutri-Score,
09:20qui est un élément d'information sur la teneur des aliments
09:24en grande distribution industrielle
09:26qui permet aux gens de faibles revenus surtout
09:29de pouvoir savoir ce qu'ils achètent,
09:31ce qu'ils vont égurgiter.
09:32Est-ce que ces deux organismes-là,
09:33quand ils donnent un avis,
09:35c'est totalement fiable, totalement impartial
09:36ou on peut quelquefois avoir des doutes
09:38sur les avis de l'ANSES ?
09:41Alors, il faut toujours, en tant que scientifique,
09:43il faut toujours douter.
09:44Donc, ces agences, elles jouent un rôle extrêmement important
09:47pour la protection des populations.
09:49Le continent, grâce à ces agences européennes,
09:51c'est sûrement un des mieux protégés du monde.
09:53Après, ce qu'il faut comprendre,
09:54c'est qu'il y a forcément des trous dans la raquette.
09:56Il y a des produits qui ont été autorisés historiquement,
09:59qui ont été ensuite retirés du marché
10:00parce qu'on s'est rendu compte que c'était toxique.
10:02Donc, encore une fois, c'est ce que je dis.
10:04Les agences, elles jouent un rôle très important
10:05pour éliminer un certain nombre de molécules
10:07et il y en a certaines qu'elles autorisent
10:09à être mises sur le marché.
10:10Mais ensuite, la réalité environnementale,
10:12lorsqu'on expose les populations,
10:14lorsqu'on expose les animaux, etc.,
10:16fait que les pertes de biodiversité,
10:18on connaît tous ça,
10:19et c'est forcément lié à une utilisation des pesticides
10:22depuis plusieurs années,
10:24eh bien, on se rend compte des années après
10:25qu'il y a forcément eu des trous dans la raquette
10:27et qu'on n'a pas pu anticiper,
10:30malgré toute la qualité du travail des experts
10:32dans les agences,
10:32toutes les retombées en matière sanitaire et environnementale.
10:38Donc, il ne faut pas prendre comme argent comptant
10:40les avis, il faut se dire,
10:41ils ont fait leur travail,
10:42mais après, il faut forcément tenir compte aussi
10:44de ce qui est produit par la suite,
10:45notamment par la science académique.
10:47Vous êtes régulièrement consulté, vous-même,
10:49par ces organismes,
10:50enfin, vous, ou des organismes
10:52auxquels vous seriez lié.
10:54Est-ce que toutes les précautions,
10:56les vérifications sont bien prises
10:57quand on décide que tel produit est nocif
11:00ou n'est pas nocif,
11:01qu'on peut l'utiliser dans telle quantité
11:02ou pas dans telle quantité ?
11:04Est-ce que la vérification scientifique est sérieuse ?
11:06Oui, elle est sérieuse.
11:08Moi, je n'ai jamais interagi avec l'EFSA,
11:10j'interagis régulièrement avec l'ANSES.
11:12L'ANSES, c'est une des agences européennes
11:14qui fait le plus de modernité dans ces approches
11:17parce qu'elles financent des programmes
11:18pour améliorer ces tests,
11:20elles financent des programmes
11:21de toxicologie prédictive.
11:22Donc, ils font vraiment un effort,
11:24entre guillemets,
11:25pour garantir la sécurité.
11:27Mais encore une fois,
11:28ils sont conscients
11:29que les tests qui sont appliqués
11:31peuvent, à certains moments,
11:33laisser passer des molécules
11:34parce que, typiquement,
11:35lorsque, par exemple,
11:37on fait référence à de l'autisme,
11:39je ne parle pas d'autisme
11:40avec l'acétamiprine,
11:41mais si vous prenez l'autisme,
11:42il n'y a pas vraiment de test
11:43qui est capable de prédire
11:44à l'heure actuelle
11:45si un composé va augmenter
11:47le risque de développer un autisme
11:49chez un enfant qui va naître.
11:51Donc, forcément,
11:52il y a des trous dans la raquette,
11:54ils le savent,
11:54ils essaient d'améliorer les choses,
11:56donc ils font preuve de bon sens,
11:57il ne faut vraiment pas
11:58jeter le bébé avec le bain,
12:00mais il faut que les politiques,
12:01par contre, eux, disent
12:03l'ANSES, l'EFSA,
12:05a fait son travail
12:05et il y a d'autres gens, après,
12:07qui ont fait un travail
12:08qui améliore la qualité des données
12:10et ça, ça ne devrait pas
12:11être invisibilité.
12:12Donc, priorité, dépriorité,
12:14information du consommateur,
12:16la loi du plan, admettons,
12:17on reçoit tous les arguments,
12:19il faut qu'il soit étayé
12:20et il faut surtout
12:21que l'on dise tout
12:21dans les moindres détails
12:22la vérité sur les incidences
12:24au consommateur
12:24parce que c'est lui qui choisit
12:25et puisqu'on est censé le défendre,
12:27la meilleure défense du consommateur,
12:29c'est quand même, au départ,
12:30l'information,
12:30qu'il sache exactement
12:31ce qu'il consomme
12:32et ce qu'il y a dans les produits
12:33qu'il consomme.
12:34Merci, professeur Koumoul,
12:35d'avoir été sur Sud Radio
12:36et voilà,
12:36je n'hésiterai pas à faire appel
12:37à vos services
12:38parce que je pense
12:39qu'on aura d'autres occasions
12:40d'avoir décrypter
12:41les lois alimentaires.
12:42Merci, à bientôt.
12:43Et maintenant,
12:44nous allons avec Maud
12:46traiter de quelques sujets
12:48pertinents sur l'actualité,
12:49notamment ces deux magistrates
12:50révoqués.
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