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  • il y a 22 heures
La pratique est ancestrale et n’a soulevé aucun débat pendant des siècles… S’abstenir de manger pendant plusieurs heures, parfois pour des raisons religieuses, parfois pour des raisons d’hygiène, parfois pour reposer un peu notre appareil digestif… Mais ces dernières années, la pratique du jeûne est devenue plus courante, elle est devenue un sujet sociétal et même scientifique, en tous cas dans les pays riches. En se démocratisant, le jeûne pose de fait beaucoup plus de questions. Est-il bon pour la santé ? Est-il dangereux ? Pourquoi cet engouement récent ? Et pourquoi des médecins et nutritionnistes émettent ils des réserves sur le jeûne thérapeutique ? La France est-elle plus frileuse que les autres ? Ou plus prudente ? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :

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Transcription
00:00Le Jeune enquête sur un phénomène signé Sylvie Gillement et Thierry de l'Estrade.
00:05Voilà un film qui tout en questionnant sans détour le jeûne thérapeutique en fait aussi une pratique vertueuse.
00:12On entend que le jeûne pourrait améliorer l'état de santé, enlever les effets secondaires des chimiothérapies.
00:17On entend les mots de protection, voire de guérison.
00:20Un constat qui ne fait pas forcément consensus, on va en parler avec nos invités.
00:23Florence Lassarade, bienvenue.
00:25Sénatrice LR de la Gironde, membre de la Commission des Affaires Sociales,
00:28vice-présidente de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.
00:34Vous êtes aussi présidente du groupe Cancer au Sénat et je précise que vous êtes pédiatre de profession.
00:39Gabrielle Permutter, bienvenue à vous également.
00:41Chef de service d'hépato, gastro-entérologie et nutrition de l'hôpital Antoine Beclerc de Clamart.
00:46Vous êtes professeur des universités et membre de l'Académie nationale de médecine.
00:49Vous dirigez à l'Inserm, l'équipe de recherche microbiome et maladie du foie, de la susceptibilité au traitement.
00:56Vous êtes l'auteur de très nombreux ouvrages, dont celui-ci,
01:00Jeûner en mangeant, santé, forme, poids, longévité, paru chez Flammarion.
01:04Boris Ancel, bienvenue à vous également.
01:06Vous êtes endocrinologue et nutritionniste, chef de l'unité nutrition-prévention à l'hôpital Bichat à Paris.
01:12Votre dernier ouvrage, c'est celui-ci, Manger l'esprit léger.
01:16Un guide santé pour vous aider à redevenir acteur de vos choix alimentaires aux éditions Michel Laffont.
01:21Je précise aussi que vous animez une chaîne sur YouTube, Pums, pour une meilleure santé.
01:25Éric Birloès, bienvenue à vous également.
01:27Bonjour.
01:28Vous êtes sociologue de l'agriculture et de l'alimentation, ingénieur agronome.
01:32Et votre dernier ouvrage à vous, c'est Le pain, une histoire croustillante aux éditions Kuaé.
01:37C'est comme ça qu'on dit.
01:38Kuaé.
01:38Kuaé.
01:39Merci beaucoup à tous les quatre d'être ici.
01:41Avant d'explorer les bienfaits ou les méfaits du jeûne thérapeutique,
01:44je voudrais, en réaction à ce film, revenir sur ces cliniques qui proposent jeûne, randonnée,
01:50plus tout un tas de services médicaux.
01:52J'ai eu envie de regarder les tarifs de ces prestations, par curiosité.
01:56J'ai regardé ceux de la ville du Burlingen, en Allemagne donc.
01:59Cela varie selon les forfaits de confort de la chambre entre 1 400 euros pour trois nuits
02:04et 14 500 euros pour 28 nuitées.
02:07Que valent ces centres sur le plan médical ?
02:10Gabriel Permutter, je crois que vous l'avez visité, celle du film justement.
02:13Qu'est-ce que ça vaut ? Est-ce qu'on peut avoir confiance ? Est-ce que c'est fiable ?
02:16J'irais deux choses. Premièrement, la façon dont vous annoncez le prix semble chère,
02:20mais quelque part, si on compare ça par rapport à une hospitalisation dans le service que je dirige à l'hôpital Antoine Béclair,
02:26on est sur 1 800 euros par jour, sauf que c'est l'État qui paye, vous ne vous en rendez pas compte,
02:31et quelque part, vous êtes dans des tarifs par rapport aux salariés, aux soins qu'on vous apporte,
02:37c'est vrai que c'est en valeur absolue une somme importante,
02:40mais ce n'est pas plus cher que ce que moi je propose dans le service,
02:44ce que nous proposons dans les services hospitaliers.
02:46C'est cher de soigner une personne.
02:50La clinique que je l'ai visitée, j'étais intéressée parce que j'ai des patients qui vont là-bas,
02:54et nous-mêmes on travaille sur le jeûne, pas le jeûne thérapeutique prolongé,
02:58mais le jeûne intermittent, et les patients sont, ou les personnes qui y vont, sont très encadrées.
03:05D'un point de vue médical, paramédical, recherche, tout ce que j'ai vu,
03:10vraiment m'a paru quelque chose de très bien.
03:12Encore une fois, moi je n'en vois pas de patients là-bas, je ne suis pas du tout en relation interne.
03:15Mais ça me semble sérieux.
03:16Mais ça me semble sérieux par rapport à ce qu'on a pu voir, ce qui se passait en France,
03:22où il n'y avait pas d'encadrement médical ni paramédical,
03:25parce que quand on se met à jeûner, il va y avoir des modifications biologiques
03:29qui vont apparaître au niveau du corps, métaboliques,
03:32et tout le problème, c'est comment on fait après, comment va se faire la réalimentation
03:36pour qu'il n'y ait pas de problème en particulier de syndrome de réalimentation inapproprié.
03:41Donc c'est très important.
03:42Un accompagnement a priori sérieux, vous en aviez entendu parler, c'est une mode, c'est une tendance.
03:46Florence Lassarad, est-ce que vous avez un regard sur ces cliniques ?
03:49Alors moi je dirais qu'en Allemagne, on n'aborde pas du tout la médecine de la même façon.
03:53Il y a beaucoup moins de prescriptions médicamenteuses pour avoir des amis allemands ou autrichiens.
04:00Ils préfèrent se soigner avec un peu d'homéopathie, plantes ou autre.
04:03Donc ils sont spontanément très attirés vers ce type de...
04:07D'accord.
04:08Ce n'est pas anodin que ça se développe là-bas en tout cas.
04:09Je pense que ça se développe mais ça a existé déjà et je pense depuis longtemps.
04:14Alors qu'en France, effectivement, ce sont des...
04:17Moi j'ai des amis qui vont dans des cliniques ou lieux de week-end ou Dieu sait quoi,
04:24il faut un peu de rente-donnée.
04:26On ne leur donne rien à manger à part quelques bouillons, quelques tisanes.
04:30Et comme ils sont prêts à payer, ils trouvent ça formidable.
04:33C'est un peu comme la psychanalyse, si on paye, on est...
04:37Oui, c'est déjà le début de la thérapie.
04:39Après, je pense que pour certaines personnes qui sont vraiment en surpoids et qui ont des réserves,
04:44je pense que ce n'est pas très compliqué d'amortir quelques jours de jeûne.
04:48Quelqu'un qui pèse 50 kilos, ça va être autre chose.
04:51Boris Ancel, qu'est-ce qu'il faut en penser pour les gens qui ont vu ce film
04:54et qui se posent la question de ces cliniques ?
04:55Alors je pense qu'il y a deux questions.
04:56La première question, c'est est-ce qu'il y a un risque à court terme à jeûner quand on est encadré ?
05:02Et moi, je rejoins ce que disent mes collègues.
05:05Non, il n'y a pas de risque à jeûner.
05:07Le problème n'est pas le risque immédiat quand vous jeûnez.
05:10Le corps est tout à fait adapté pour jeûner.
05:13Vous allez déjà sur le débat du jeûne.
05:15Je voudrais d'abord votre réaction assez clinique, à votre regard.
05:18Le risque, pour moi, quand c'est encadré, il n'y en a pas.
05:22La question qui va se poser, c'est l'efficacité réelle.
05:25Et est-ce qu'on ne survend pas un peu ce qu'on peut faire avec ce jeûne en maison médicalisée ?
05:34Et est-ce qu'il n'y a pas un risque, un moyen et long terme pour des patients qui ont une maladie chronique ?
05:40Et ça, là-dessus, je pense qu'il faut vraiment qu'on en parle.
05:43Parce que ce que je dirais quand même à celles et ceux qui nous écoutent,
05:46c'est qu'on ne peut pas dire qu'une maison médicalisée dans laquelle on fait un jeûne
05:53guérit les maladies chroniques, même si dans le reportage, il y a un certain nombre d'arguments
05:59qui laissent penser qu'on va résoudre tous les problèmes.
06:03Éric Birloise, il y a un aspect marketing aussi, peut-être ?
06:05Sur la question du coût que vous posez, j'ai eu un regard de sociologue, évidemment, en regardant le documentaire,
06:11et je me dis qu'il y a quand même ce paradoxe de notre société,
06:15qu'il y a un jeûne choisi pour un très petit nombre, qui paye,
06:20et puis dans la même société, on a évidemment le jeûne subi.
06:23Je donne juste un chiffre.
06:25Quand vous regardez les chiffres de l'Observatoire de la pauvreté, du Secours populaire,
06:29vous avez entre, selon les années, un Français sur quatre et un Français sur trois
06:33qui déclarent ne pas manger, avoir faim, avoir faim parce qu'il faut un repas pour des raisons financières.
06:41J'ai eu la même réaction que vous, je suis allée plus loin,
06:43je suis allée regarder les chiffres des personnes qui ne mangent pas à leur faim dans le monde.
06:46On est à 733 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim dans le monde.
06:51Et ce qui pose une question philosophique quand même,
06:52c'est-à-dire que là, dans ces cliniques, on paye pour ne pas manger, on paye pour jeûner.
06:56Peut-être que je vous laisse finir, Éric Birlouès ?
06:58Non, non, c'est ça que je voulais dire, c'était ce paradoxe.
07:01On parle de phénomène de société et effectivement, il y a une,
07:04voilà, là pour le coup, une fracture dans la société sur ces questions-là.
07:08Moi, je suis d'accord quant à la fracture,
07:10mais je n'aurais pas comparé ce type de soins de clinique
07:14par rapport aux personnes qui n'ont pas à manger.
07:16J'aurais plutôt comparé ça au fait que nous sommes dans une société d'abondance
07:21où la prévalence du surpoids et de l'obésité en France, c'est plus de 45%
07:26et par contre-coût, par effet de balancier,
07:31on propose ce type de solution à des personnes qui ont des problèmes de santé
07:36liés à l'alimentation dans notre société d'abondance.
07:38J'aurais plutôt comparé à ça par rapport, évidemment, à la dénutrition.
07:42Et d'autre part, le coût n'est évidemment pas lié au jeûne,
07:48le coût est lié à l'infrastructure, au salaire, comme ce qu'il y a à l'hôpital chez nous.
07:52Oui, mais comprenez que les gens se posent la question aujourd'hui
07:54quand on entend parler de faim dans le monde, de pauvreté dans le monde
07:57et que nous sommes dans des sociétés de telle surabondance
07:59qu'on en vient à aller dans des cliniques et payer assez cher pour ne pas manger.
08:02C'est troublant.
08:03Oui, alors, ce qu'on paye ici, ce n'est pas ce que vous mangez.
08:05On l'a bien compris, mais on paye pour trouver des limites.
08:09Alors, on paye des soins, de l'accompagnement, de la bienveillance.
08:13Vous savez, j'ai regardé le site et ce qui m'a un petit peu interloqué,
08:17c'est qu'il y a beaucoup de soins qui relèvent un peu l'ésotérisme
08:20et qui, parfois, sont pointés du doigt par les mi-viludes.
08:24Vous savez, la mission ministère de l'air de lutte contre les dérives sectaires.
08:29Donc, le jeûne, c'est une chose, mais il y a beaucoup d'entourages
08:34avec, comme je vous dis, du soin et des choses...
08:37Ça vous semble nébuleux.
08:38...qui sont, en tout cas, qui ne sont pas le jeûne.
08:43Donc, quand vous sortez de cette structure,
08:45ce n'est pas uniquement que vous avez jeûné,
08:47c'est qu'on s'est occupé de vous.
08:48On le voit bien dans le reportage, avec Stéphane, par exemple,
08:51son peignoir, ses petites papouilles, si je puis dire ainsi.
08:55Il se sent bien quand vous êtes en vacances, qu'on s'occupe de vous.
08:58Et c'est ça que vous payez, finalement.
08:59Ce n'est pas le fait de ne pas manger.
09:01Alors, moi, je crois que le but, c'est justement de redonner à tout le monde
09:05la sensation de faim.
09:08On suralimente la population.
09:10Enfin, il est tout à fait normal d'avoir faim.
09:12Pour un enfant, avoir faim, c'est tout à fait normal.
09:14Ça le rend de mauvaise humeur.
09:16Là, c'est la pédiatre qui parle.
09:17Mais si on veut supprimer...
09:19Moi, je pense que c'est vraiment mélanger les choses
09:22que de dire la faim dans le monde, ce n'est pas normal par rapport à ça.
09:25C'est physiologique d'avoir faim.
09:27Celui qui ne ressent pas la faim, ça veut dire que, déjà,
09:29il est, sur le plan métabolique, pas tout à fait dans un cheminement normal.
09:34Oui, pour compléter ce que dit madame la sénatrice,
09:38si vous voulez, il y a une chose qu'on sait,
09:39et on a l'impression que ces jeunes, c'est un petit peu une nouvelle manière
09:44de parler de ça de manière plus sexy.
09:45Ce qu'on sait depuis 1935, grâce à Clave McKay,
09:50c'est que quand vous vous faites une restriction calorique,
09:53une sous-nutrition sans malnutrition,
09:55où vous diminuez ce que vous mangez,
09:58eh bien, vous augmentez la durée de vie.
10:00Initialement, ça a été montré chez les rats, plus 50%,
10:03et puis ensuite, Roy Valford, il faut le citer,
10:06qui était un des précurseurs aux Etats-Unis
10:08de ce concept de restriction calorique,
10:11a montré, comme ce qu'on voit dans le reportage, finalement,
10:16que quand vous vous mettez en restriction calorique,
10:18et donc vous avez un peu faim,
10:20vous améliorez tous les paramètres,
10:22et vous soignez les maladies chroniques.
10:25– Alors, on va en venir à cette question du jeûne thérapeutique
10:27promu par beaucoup dans ce documentaire.
10:29On sort du film quand même avec l'idée qu'il a de nombreux bienfaits,
10:32au-delà de baisser le taux de cholestérol,
10:34le gras potentiel de notre foie ou le nombre de kilos sur la balance,
10:37le jeûne, ou diabète imitant le jeûne,
10:40puisque c'est aussi une expression employée dans le film,
10:42réduis-t-il vraiment, par exemple,
10:44les effets secondaires liés à la chimiothérapie ?
10:46Peut-on même envisager un jour que ce jeûne guérisse des pathologies lourdes ?
10:50La question peut faire hurler certains,
10:52mais elle est posée dans le film, écoutez.
10:55– Alors qu'au départ, on cherchait à protéger le patient,
11:00aujourd'hui, on vise sa guérison.
11:03C'est une énorme différence.
11:04Et c'est un moment passionnant,
11:07parce qu'on parle à présent de mécanismes d'adaptation
11:10à la privation de nourriture.
11:13De quoi s'agit-il ?
11:14En fait, cette diète imitant le jeûne accule le cancer dans un coin.
11:20Le cancer active alors deux ou trois mécanismes de survie,
11:24et nous, on utilise des médicaments pour bloquer ces mécanismes.
11:28Et ça fonctionne très bien chez les souris.
11:31– Gabriel Permutter, quand on sort de cet extrait et de ce documentaire,
11:35on se dit « waouh, méthode miracle ! »
11:36– On ne dit pas encore « waouh » parce que là, c'est des souris.
11:39– En tout cas, on est plein d'espoir.
11:39– Et vous n'êtes pas une souris, mais on est plein d'espoir, effectivement.
11:43En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que quand vous vous mettez
11:45en période de jeûne, vous changez votre métabolisme.
11:48Pour être assez simple, vous fabriquez des corps cétoniques
11:50qui ont démontré des propriétés anti-inflammatoires, anti-cancéreuses.
11:56Et donc, il est possible, mais on ne le sait pas chez l'homme,
11:58que dans certains cancers, c'est possible,
12:01et il y a beaucoup de recherches en cours,
12:03en modifiant son alimentation, en limitant les sécrétions d'insuline,
12:07qui est aussi un facteur de croissance,
12:08on puisse améliorer l'efficacité de certains traitements.
12:12Encore une fois, il ne faut pas…
12:13Mais on ne le sait pas aujourd'hui, en 2026, on ne le sait pas.
12:17Donc, on ne peut pas dire ça, on n'est pas une souris.
12:19Et il ne faut pas confondre non plus,
12:21nous-mêmes, on soigne beaucoup de cancers digestifs ou du foie,
12:24le jeûne par rapport à la dénutrition.
12:26Si vous entraînez un jeûne chez une personne
12:28qui a besoin de traitements lourds,
12:31qui entraîne des troubles digestifs,
12:33et vous aboutissez à une dénutrition,
12:35le jeûne, ça va être contre-productif.
12:37Est-ce que dans d'autres types de tumeurs, ça peut être utile ?
12:40Peut-être.
12:41Et c'est tout l'intérêt de la médecine et de la science,
12:43vers où on va pour potentialiser l'effet thérapeutique de certains traitements.
12:48– Et ça ne se substitue pas au traitement,
12:50et c'est clairement mis dans la Chine.
12:51– Par exemple, pour moi qui travaille sur le microbiote,
12:53est-ce que modifier son alimentation,
12:55limiter les apports en sucre,
12:56vont modifier le microbiote,
12:58l'immunité du tube digestif,
12:59améliorer l'efficacité de l'immunothérapie ?
13:01Je pense que oui,
13:02mais ce que je pense, ce n'est pas de la science.
13:03Encore, faut-il qu'on le démonte.
13:05– Oui, mais alors, on sort du film,
13:06on a l'impression quand même que ça fonctionne,
13:08même si toutes les études ne sont pas encore claires,
13:10et pourtant, on a le Conseil de l'Ordre en France qui dit non,
13:13qui pose un veto.
13:14– Parce que le niveau de science, de preuve, est faible.
13:17– On n'a pas assez d'élu.
13:17– Mais de façon pragmatique,
13:20quelqu'un qui a une chimiothérapie en cours,
13:24perte d'appétit, vomissement,
13:26on n'aurait vraiment pas idée de leur proposer un jeûne.
13:29Par contre, la chrononutrition,
13:31moi je crois que c'est très important,
13:32préparer les jours qui précèdent la chimiothérapie,
13:37mais une immunothérapie, c'est différent.
13:40Une vraie chimiothérapie,
13:41et il y a encore beaucoup de patients concernés,
13:43la majorité d'ailleurs,
13:45doit s'accompagner d'une bonne nutrition,
13:48et je pense, y compris sur le plan calorique.
13:50Donc ça me paraît plutôt dangereux,
13:53et surtout d'initier dans la population
13:58que le jeûne fera du bien à quelqu'un
14:00qui est traité par chimiothérapie.
14:02Je crois que là, il va falloir faire très, très...
14:04– Éric Bialouet, c'est toute la complexité du sujet,
14:06c'est qu'on veut envoyer un message d'espoir
14:07et en même temps dire attention, ça fait partie.
14:09– Oui, bien évidemment,
14:10et puis on sait bien que le grand public,
14:12quand il entend parler de résultats magnifiques
14:15sur des souris,
14:16il n'a pas cette nuance que vous apportez,
14:18qu'on n'est pas des rats ou des souris de 75 kg.
14:20C'est une évidence.
14:22Et on voit bien qu'il y a, finalement,
14:24on a envie de rêver,
14:26on a envie d'y croire,
14:28ce qui est tout à fait normal,
14:29tout à fait légitime.
14:30Mais je pense qu'il y a d'autres ingrédients
14:32qui jouent à un autre niveau,
14:34qui expliquent l'attrait que l'on peut avoir
14:36au-delà des aspects médicaux
14:38sur lesquels je ne suis évidemment pas compétent
14:40pour parler.
14:41Vous avez parlé tout à l'heure que,
14:42et c'est très juste,
14:43qu'on vit dans une société d'abondance
14:45et même de surabondance alimentaire.
14:47Autrefois, la précarité, c'était,
14:48il fallait manger suffisamment.
14:50Aujourd'hui, on a le sentiment
14:51qu'on mange trop
14:53et donc certaines personnes se disent
14:54ça, c'est, voilà, premier enjeu.
14:57Et puis je crois également que,
14:59c'était évoqué d'ailleurs dans le reportage
15:01à un moment,
15:02qu'il y a, de la part d'un certain nombre
15:04de pratiquants du jeûne,
15:05finalement une réponse à leur défiance
15:07vis-à-vis de la médecine dite officielle.
15:10Donc, guillemets, en se disant,
15:11mais finalement, on voit des médecins
15:12qui ne savent pas,
15:14qui nous disent des choses contradictoires.
15:16On prend des médicaments qui sont coûteux,
15:18même si on ne les paye pas.
15:19Vous avez raison.
15:20Et puis, finalement,
15:21le jeûne apparaît comme une pratique
15:22qui est simple,
15:24alors qui est personnelle,
15:25par rapport au jeûne d'autrefois
15:26qui était imposé par l'Église, etc.
15:29Donc, c'est une pratique individuelle.
15:30Je reprends mon corps en main.
15:34Donc ça, c'est évidemment très important.
15:37C'est une pratique qui est simple,
15:38enfin en théorie, en tout cas,
15:39ça paraît simple de ne pas manger.
15:41C'est une pratique qui paraît,
15:42évidemment, pas coûteuse
15:43si on ne compte pas
15:44tout l'accompagnement qu'il y a autour.
15:47Et donc, ça correspond à ce désir
15:50et à la fois ces valeurs
15:52qui montent dans la société,
15:54c'est-à-dire à la fois la maîtrise de son corps,
15:56qui est vraiment une valeur très importante.
15:58Aujourd'hui, il y a beaucoup d'injonctions
15:59à « prenez-vous en main », etc.
16:01Certains en font même, comme on dit en sociologie,
16:04un signe de distinction sociale.
16:05Voyez-moi, je sais me discipliner.
16:07Et puis, il y a la notion,
16:08je vais finir par là,
16:09de purification,
16:10qui est une notion, évidemment,
16:12qu'on peut prendre au sens biologique du terme,
16:14mais aussi au sens symbolique.
16:16Beaucoup des personnes...
16:16Voir mystique.
16:17Oui, qu'on interroge,
16:18c'est qu'on vit dans un monde qui est toxique,
16:20alors toxique par l'alimentation,
16:22par l'air qu'on respire,
16:23par les informations qui nous sont balancées.
16:26Et donc, on nous propose une pratique de purification.
16:29On a évolué depuis une dizaine d'années
16:30sur notre regard sur le jeûne.
16:33Et puis, les études évoluent,
16:33montrent des vertus nouvelles.
16:35Peut-être qu'on a moins de craintes aujourd'hui.
16:36Alors, les études évoluent.
16:37Le problème aujourd'hui, c'est la désinformation.
16:40D'accord.
16:40C'est-à-dire qu'on va au-delà de ce que les études disent.
16:44Et on voit bien dans le reportage
16:45que quand vous mettez un peu d'émotion,
16:48le cas de Stéphane,
16:49quelques souris guéries d'Alzheimer,
16:51et puis des cellules où on vous montre
16:53qu'on a tué le cancer,
16:54vous en sortez avec l'idée
16:56que le jeûne va vous guérir
16:59et que la médecine traditionnelle
17:01fait moins bien,
17:03que c'est les lobbies.
17:04D'ailleurs, au passage,
17:06c'est important de préciser,
17:07je n'ai aucun conflit d'intérêt
17:09avec l'industrie alimentaire et pharmaceutique.
17:11Je pense que c'est important
17:12dans un débat comme ça d'en parler.
17:14Surtout que le documentaire,
17:15il fait allusion.
17:15Dans la dernière partie,
17:17il y a une accusation aussi
17:18des lobbies pharmaceutiques.
17:19Absolument.
17:20Mais ça n'arrangerait pas
17:20qu'on promeuve le jeûne.
17:22À force de dire ça,
17:23si vous voulez,
17:23on ouvre la voie
17:25à énormément d'informations,
17:28de désinformations
17:29dans le domaine de la santé en général
17:32et là, de la nutrition en particulier.
17:34Donc ça, ça ouvre la voie
17:35à ce que des influenceurs,
17:37des pseudo-coaches,
17:38des gens qui font du business
17:40autour des compléments alimentaires,
17:42parce que quand vous sortez de ces cliniques,
17:43on va vous proposer des box,
17:44probablement,
17:45pour continuer.
17:47Et puis des compléments alimentaires.
17:48Certaines personnes qu'on a vues ici
17:49vendent des compléments alimentaires,
17:51ont des grandes sociétés de ça.
17:52Et donc ça ouvre la voie
17:53à la désinformation.
17:55Et je pense que c'est très important
17:57aujourd'hui
17:57de dire à ceux qui nous écoutent,
17:59c'est important de regarder ces reportages,
18:01c'est important de regarder
18:02les études scientifiques,
18:03mais il faut savoir
18:04qui nous parle
18:04et ce que dit chaque chose.
18:07Et comme l'a dit
18:07le professeur par le moteur,
18:09voilà,
18:09on n'est pas une souris
18:10et ça a été montré.
18:11Sans études,
18:12fêter la souris,
18:13il y en a 90
18:14qui sont négatives
18:16chez l'homme.
18:17On peut aussi se dire
18:18qu'en France,
18:19on est particulièrement frileux
18:20parce qu'on est aussi
18:21un pays très cartésien
18:22où on aime aussi quand même
18:24la chimie,
18:24les médicaments.
18:25Est-ce que finalement,
18:26on avance un peu plus lentement
18:27que les autres
18:28sur une méthode
18:28qui, a priori,
18:29ne fait pas de mal à la santé ?
18:30Si, elle peut faire du mal à la santé.
18:32Je pense là...
18:33Si elle n'est pas encadrée,
18:34on l'a dit.
18:35aux anorexies,
18:36que l'anorexie mentale,
18:37c'est typiquement
18:38une jeune femme,
18:40une jeune fille
18:40qui va regarder ce documentaire,
18:43elle va se sentir impliquée
18:44et dire oui,
18:45vraiment,
18:45j'ai raison de jeûner.
18:46Donc, c'est très,
18:47très, très dangereux
18:48de divulguer cette...
18:51Cette idée,
18:53cette petite musique.
18:54C'est un mode de vie,
18:55finalement,
18:57très, très peu adapté
18:58à l'enfance.
18:59Tout dépend, en fait,
19:00qu'est-ce que vous voulez proposer
19:02à qui ?
19:03Moi, j'ai des patients
19:04qui viennent me voir,
19:04c'est des patients
19:05qui sont en surpoids,
19:07en obésité,
19:08qui ont un foie gras
19:09et qui ont des anomalies
19:10de la prise de sang
19:12en ce qui concerne le foie,
19:13qui ont un risque d'évoluer
19:14vers une cirrhose,
19:15un cancer du foie.
19:17Et donc,
19:17ces personnes-là,
19:18quand elles diminuent
19:19leur alimentation,
19:20que ce soit un jeûne prolongé
19:22quand ils vont dans ces cliniques
19:23ou un jeûne intermittent,
19:25ils vont voir
19:25leur prise de sang
19:27s'améliorer.
19:28Donc là,
19:28je suis dans une maladie
19:29particulière du foie
19:30et même,
19:31je leur dis,
19:32quand ils ont un crédit
19:33à prendre,
19:33mettez-vous à jeûne
19:34pendant une semaine,
19:35vous allez normaliser
19:35votre prise de sang,
19:36vous n'aurez pas
19:37votre surprime.
19:38Et c'est vrai.
19:39Le problème,
19:40c'est qu'est-ce qu'on en fait
19:41après ?
19:42Est-ce que c'est un levier
19:43pour mieux se sentir ?
19:44Moi, je suis dans une maladie
19:45du foie,
19:46je ne suis pas évidemment
19:47dans l'anorexie mentale,
19:48on va juste aggraver la personne,
19:49donc ça dépend.
19:50Qu'est-ce que vous en espérez ?
19:52Qui vous avez fait ça ?
19:53Pour qui ?
19:54Et les dernières études,
19:55qu'est-ce qu'elles disent ?
19:57Il y a plein d'études,
19:58la dernière,
19:59il y a des études,
20:00si vous faites du jeûne intermittent
20:01en limitant le dîner,
20:03vous allez améliorer votre foie,
20:06d'autres paramètres,
20:07il y a une étude très récente
20:08qui est sortie
20:08sur les colites inflammatoires,
20:10quand vous prenez une alimentation
20:11où 5 jours par mois,
20:13vous avez une alimentation
20:15qui mime le jeûne,
20:17on est encore en relation d'intérêt,
20:18n'empêche que les publications
20:19sont sorties,
20:20vous allez diminuer les médicaments,
20:23enfin vous allez améliorer
20:24la colite inflammatoire,
20:25donc il y a beaucoup d'études dessus
20:27qui se développent,
20:28donc vraiment ça dépend
20:29qu'est-ce qu'on veut faire,
20:30pour qui.
20:31Éric Birouez,
20:31est-ce que quand même en France
20:32on a une tendance à la frilosité
20:34dès que quelque chose de nouveau arrive,
20:36et je parle du jeûne,
20:37mais ça peut être autre chose,
20:38est-ce qu'on arrive mal à...
20:40Oui, c'est vrai,
20:40la société française est un peu connue
20:42pour sa prévention
20:45ou sa réticence
20:46à l'innovation technologique,
20:48par exemple,
20:49c'est-à-dire qu'on va avoir spontanément,
20:50ça a été beaucoup étudié,
20:52en comparaison d'autres pays,
20:53l'idée,
20:54on va penser immédiatement
20:55aux méfaits potentiels
20:57en oubliant complètement
20:58que, certes,
21:00il y a sans doute des méfaits,
21:01il faut les étudier,
21:02mais il peut y avoir aussi
21:03des bienfaits.
21:03On pense très vite
21:04aux dérives, sectaires...
21:05Voilà, et alors après,
21:07effectivement,
21:07il y a tous ces aspects
21:09que vous indiquez,
21:10et puis il y a le point
21:11que Boris Ancel soulignait
21:12qui paraît très important,
21:13qui est effectivement
21:14le risque de captation
21:16d'informations
21:17qui ne sont pas encore
21:18complètement validées,
21:19vous l'avez dit,
21:20par ceux qu'on appelle
21:21des influenceurs,
21:22par les réseaux
21:23prétendument sociaux,
21:24qui peuvent faire,
21:25évidemment,
21:26beaucoup de mal,
21:26parce qu'eux,
21:27ils ne sont pas dans la nuance
21:28qu'on dit les uns et les autres,
21:30ils sont dans le
21:31voilà la vérité
21:32et c'est ça
21:33que vous devez penser.
21:34Boris Ancel ?
21:34Oui, je ne crois pas que...
21:35C'est une question
21:36de peur du nouveau,
21:37si vous voulez.
21:38Le jeune,
21:39tel qu'on l'a vu ici
21:40dans le reportage,
21:42ne fait pas mieux
21:43qu'un régime cétogène,
21:44qu'un régime hyperprotéiné,
21:46qu'une restriction calorique.
21:48Donc, on sait depuis
21:48des dizaines d'années.
21:50Moi, je vois des patients,
21:51ça fait maintenant 20 ans,
21:52qui viennent en situation
21:54d'obésité,
21:54vraiment ma spécialité,
21:57avec un foie gras,
21:58avec des apiés du sommeil,
21:59avec un diabète
22:00ou un pré-diabète.
22:00Des Stéphane,
22:01j'en ai vu des centaines.
22:02D'accord.
22:03J'en ai vu des centaines
22:04qui, effectivement,
22:05au moment où on leur dit
22:06que vous avez un foie gras,
22:07ils disent,
22:07je vais faire quelque chose.
22:09Et ils vont,
22:11dans ce genre de clinique,
22:12j'ai des patients qui sont allés
22:13dans ce genre de clinique,
22:14ça fonctionne très bien.
22:16Moi, je les revois
22:17six mois, un an après.
22:18Et je suis un petit peu frustré
22:19de ne pas savoir
22:19ce qu'est devenu Stéphane.
22:20Parce que qu'est-ce qui se passe ?
22:21Parce que ça,
22:22c'est une réalité qu'on a tous.
22:25C'est que ces patients
22:25qui viennent nous voir,
22:26après la période de jeûne,
22:28après la période de restriction,
22:30la majorité va reprendre les kilos
22:33et les pathologies reviennent.
22:35C'est-à-dire que,
22:36sur le court terme,
22:37on est tous d'accord,
22:38ce n'est pas dangereux
22:38si c'est encadré.
22:39Sur le court terme,
22:40on est tous d'accord,
22:41ça marche très bien,
22:42c'est spectaculaire
22:43et c'est ce qui fait
22:44qu'on a envie de le faire.
22:45Et sur des personnes
22:46qui en ont besoin,
22:47on est bien d'accord.
22:47Absolument.
22:48Comme des régimes,
22:49le régime Ducan,
22:50moi, j'en fais la promotion
22:51si on est capable de le suivre.
22:53Alors que je peux vous dire,
22:54je n'ai pas dit du bien.
22:55C'est le régime hyper protéiné ?
22:56Oui, par exemple.
22:57Mais il faut le tenir
22:57jusqu'à la fin de sa vie.
22:58Mais évidemment,
22:59si vous le tenez.
23:00Mais le problème,
23:01c'est que les patients
23:02qui reviennent,
23:03j'en ai énormément.
23:04Alors, l'anorexie
23:05est une contre-indication,
23:06on l'a vu dans le film.
23:06Mais vous avez,
23:08chez les patients
23:08en situation d'obésité,
23:09à peu près 60%
23:10qui ont des troubles
23:11des conduites alimentaires
23:12et qui ne sont pas détectés.
23:14Et parmi mes patients,
23:15il y en a qui sont allés
23:15dans ces cliniques,
23:16qui avaient des troubles
23:17du comportement alimentaire
23:18non détectés,
23:19qui ont maigri,
23:22qui allaient mieux.
23:23Et je peux vous dire
23:23que 6 mois, 12 mois après,
23:25c'était vraiment terrible
23:26parce que là,
23:26il y a une perte de chance
23:27pour les malades.
23:28Donc, à court terme,
23:29ça marche.
23:30Mais le problème,
23:31c'est que pendant ce temps-là,
23:32les gens vont de régime en régime,
23:33de méthode en méthode
23:34et ils ne se soignent pas.
23:36Et quand je dis se soigner,
23:37ce n'est pas uniquement
23:38avec des médicaments.
23:39Il y a des interventions
23:40non médicamenteuses
23:41qui fonctionnent,
23:42mais c'est moins spectaculaire
23:43que ces méthodes.
23:45Et c'est ça le problème,
23:46la perte de chance à long terme.
23:47Et c'est ce qui nous amène
23:48peut-être à cette question
23:49que pensait ce qu'on appelle
23:50aujourd'hui
23:50le jeûne intermittent
23:52ou jeûne séquentiel.
23:53J'ai lu aussi,
23:56je pense à Carla Bruni-Sarkozy
23:58qui a fait savoir
23:59qu'elle se privait de nourriture
24:00entre 15 et 17 heures par jour.
24:03Repos digestif, dit-elle,
24:04pour pallier les effets secondaires
24:06d'un médicament.
24:07Dans le film,
24:08le sujet est abordé
24:09du jeûne intermittent,
24:10notamment justement
24:11pour prolonger les effets
24:12de cette cure de jeûne.
24:13Regardez.
24:18Nous recommandons
24:19le jeûne intermittent
24:21à presque tous les patients.
24:23Il y a très peu
24:24de contre-indications
24:25au jeûne intermittent.
24:27Nous conseillons systématiquement
24:28un jeûne quotidien
24:29de 14 heures
24:30après un jeûne thérapeutique ici.
24:33Gabriel Permuter,
24:34au fond,
24:35c'est peut-être
24:35le jeûne intermittent,
24:36le bon compromis.
24:37En fait,
24:38dans notre société,
24:39on est toujours sollicité
24:40pour manger.
24:42La publicité,
24:43vous sortez dehors,
24:44toujours vous mangez,
24:44ce qui fait que
24:45vous ne vous mettez pas à jeûne
24:46et vous avez
24:47certaines hormones
24:48comme l'insuline
24:49qui vont toujours être élevées
24:51et qui vont entraîner
24:51ce qu'on appelle
24:52un anabolisme.
24:53Vous allez stocker.
24:54Chez les personnes que je vois
24:55qui sont malades,
24:56je parle des personnes malades
24:58qui mangent tout le temps,
24:59qui grignotent.
25:00Effectivement,
25:01leur métabolisme,
25:02ils sont en anabolisme,
25:04ils stockent
25:05et se mettre
25:0612, 14,
25:0816 heures sur 24.
25:09Tout le monde n'est pas d'accord
25:10là non plus.
25:10Entre 12 et 16 heures,
25:11c'est ça ?
25:12S'il n'y a pas d'accord
25:12ou pas d'accord,
25:13on a un métabolisme différent.
25:14À partir d'une douzaine d'heures,
25:15on va commencer
25:16à changer son métabolisme,
25:17à déstocker.
25:18On a utilisé
25:19toutes les réserves
25:19que nous avions
25:20au niveau du foie en sucre.
25:22On va commencer
25:22à puiser sur le gras,
25:24sur les muscles.
25:25Donc, le métabolisme
25:25commence à changer
25:26il y a 12 heures.
25:26Si c'est 8 heures,
25:2712 heures, 14 heures,
25:28ça n'a pas tellement
25:29d'importance factuellement.
25:31Et donc,
25:32parmi les patients,
25:33je leur recommande,
25:34au vu des données actuelles
25:36en 2026 de la science,
25:38de faire du jeûne intermittent,
25:39c'est-à-dire
25:40à partir d'une certaine heure,
25:41le soir,
25:42de moins manger
25:43pour que ça fonctionne.
25:45Les études sont
25:45globalement d'accord.
25:47Il faut limiter
25:48les apports le soir
25:49pour limiter
25:50les sécrétions d'insuline
25:51et commencer à déstocker,
25:53ce qui fait qu'entre 18 heures
25:55et le lendemain,
25:55le petit déjeuner,
25:568 heures,
25:56on a les heures de jeûne
25:57qui permettent
25:58d'améliorer le métabolisme
26:00jusqu'à arriver
26:01à un nouveau palier
26:02par rapport à une personne
26:03qui mange trop.
26:04Là aussi,
26:05on est face
26:05à une vraie tendance.
26:06C'est plus facile
26:07dans les pays anglo-saxons
26:08où on mange
26:08à 5-6 heures
26:09de l'après-midi.
26:10Nous,
26:10traditionnellement,
26:11en France,
26:12en Espagne,
26:12dans les pays latins,
26:13on se met à table
26:14beaucoup plus tard le soir.
26:16Je ne suis pas sûre
26:16qu'on soit plus
26:17en surpoids
26:18ou en difficulté.
26:20Absolument.
26:20Je suis d'accord.
26:20Ce qui vous montre,
26:21c'est qu'est-ce qu'on mange,
26:23combien j'en mange
26:24et quand est-ce que je le mange ?
26:26Il y a ces trois paramètres-là
26:27qu'il faut mettre ensemble
26:28pour voir
26:29si on va s'améliorer
26:30ou pas.
26:31On dit
26:32dans le jeûne intermittent,
26:33c'est ce qu'on peut voir
26:33sur les réseaux sociaux,
26:34c'est open bar
26:35quand on n'est pas
26:36en jeûne intermittent
26:37au tout moment.
26:38Or,
26:38quand on prend les études,
26:39on voit que les personnes
26:40qui sont en jeûne intermittent
26:41font effectivement attention
26:43à ce qu'elles mangent.
26:44Ce n'est pas uniquement
26:45l'horaire de l'alimentation,
26:46c'est de l'ensemble.
26:47Est-ce qu'on cible
26:48les bonnes personnes finalement ?
26:49Parce que malgré tout,
26:51toutes ces personnes
26:51qui vont se mettre
26:52au jeûne intermittent,
26:53elles auront lu,
26:54regardé,
26:55elles vont se renseigner.
26:56Mais est-ce qu'il n'y a pas
26:57une partie de la population
26:58qui est complètement hermétique
27:01à tout ça ?
27:01Est-ce que ce n'est pas
27:03en plus une inégalité supplémentaire ?
27:06Je pense par ailleurs
27:06comme sénatrice,
27:07c'est vrai qu'on parle
27:07beaucoup des DOM
27:09où les habitudes alimentaires
27:12ne sont pas...
27:12Et le surpoids
27:13prend des proportions,
27:15le diabète important.
27:16Finalement,
27:19ce jeûne,
27:21y compris le jeûne intermittent,
27:23il va toucher des gens
27:24qui sont déjà intellectuellement...
27:26Vous pensez ?
27:27Parce qu'avec les réseaux sociaux,
27:28aujourd'hui,
27:29tout le monde est un peu au courant
27:29quand même de cette mode
27:30et de cette tendance,
27:31non, Éric Berlouet ?
27:31Moi, c'est des patients
27:32que je vois,
27:32donc pour la population
27:34qui n'est pas malade,
27:35je ne sais pas,
27:36mais c'est une des méthodes
27:38parmi d'autres
27:39qui permet d'essayer
27:41d'aller mieux.
27:42Éric Berlouet ?
27:43Oui, à partir du moment
27:44où c'est quelque chose
27:44qui ne coûte rien,
27:45à priori,
27:46on peut imaginer
27:47qu'elles se répandent
27:48dans des couches
27:49de la population
27:49plus larges.
27:52Je pense que
27:53le jeûne intermittent,
27:54et je rejoins ce que dit
27:55le professeur Permetteur,
27:57est probablement
27:59une solution
28:00qui peut être proposée.
28:02À tout le monde,
28:03c'est toi, vous l'idée ?
28:04Je pense que
28:05le message,
28:06c'est manger moins.
28:07À tout le monde ?
28:08Oui,
28:09ça, c'est quelque chose
28:10de consensuel.
28:11Vous ne trouverez pas
28:11un chercheur au monde
28:13qui vous remettra
28:15en question ce concept.
28:15Le message consensuel,
28:16ça fait du bien.
28:17C'est consensuel,
28:18moins manger,
28:19mais manger ce qu'il faut
28:21pour faire fonctionner
28:22notre organisme
28:23et puis aussi
28:23pour le plaisir.
28:25Si c'est du jeûne intermittent,
28:27ça traite du jeûne intermittent,
28:28mais sur les réseaux,
28:29effectivement,
28:30vous allez voir
28:30ceux qui disent
28:31qu'il ne faut pas
28:32prendre de petits-déjeuners,
28:33pas de glucides,
28:34regardez le rapport
28:35de l'ANSES
28:35sur la chrononutrition,
28:38justement,
28:38et qui dit
28:39non, au contraire.
28:39oui,
28:40il faut moins manger
28:42et restreindre
28:43l'alimentation
28:44le soir,
28:45probablement,
28:46en tout cas,
28:46avoir une fenêtre
28:47pendant laquelle
28:48on ne mange pas,
28:49mais elle vous dit
28:49non,
28:50la part des glucides,
28:51la proportion des glucides
28:52doit être plus importante
28:53le matin.
28:54Donc,
28:55vous voyez,
28:55il y a cette notion...
28:56C'est difficile de s'y retrouver
28:57pour les gens
28:58qui nous regardent,
28:58ce n'est pas évident.
28:59C'est fondamental.
28:59Maintenant,
29:00il y a les gens
29:00qui vont pouvoir manger
29:01moins tout le temps
29:03et ceux-là,
29:03c'est ça qu'il faut faire
29:05et il n'y a pas besoin
29:05de faire du jeûne intermittent.
29:06D'accord.
29:07Il y a ceux
29:08qui ont besoin
29:09de se restreindre
29:10le soir
29:11et qui,
29:12grâce à ça,
29:12vont moins manger
29:13la journée,
29:14peut-être ceux
29:14qui vont moins manger
29:15le matin,
29:16je pense qu'il faut
29:16s'adapter
29:17à son ressenti.
29:19Et le dernier point,
29:19pour les personnes
29:20qui ne peuvent pas
29:21faire ça,
29:21moi,
29:22je vous dis la vérité,
29:22la majorité de mes patients
29:24ne peuvent pas suivre ça.
29:25Ils ne peuvent pas se contrôler.
29:26Ils ne peuvent pas suivre
29:28ce type de méthode,
29:29ce n'est pas qu'ils sont
29:30moins forts
29:30ou plus forts que d'autres,
29:32je pense qu'il faut arrêter
29:33de culpabiliser,
29:33de stigmatiser,
29:35de montrer que c'est ça
29:36qu'il faut faire ce régime
29:37ou pas.
29:37Je pense que pour ces personnes-là,
29:39il faut qu'elles arrêtent
29:40justement d'être
29:41multirifiées des vices
29:42des régimes.
29:43Quand vous avez fait
29:43trois méthodes
29:44et qu'à chaque fois
29:45vous avez repris du poids,
29:47ça c'est ma population,
29:48ce que je vois à l'hôpital,
29:50il faut revenir vers
29:50quelque chose de consensuel.
29:52Nous, vous savez,
29:52on a développé
29:53avec l'aide du ministère
29:55une étude clinique
29:57avec un accompagnement
29:59au quotidien
29:59qui s'appelle
30:00Mon Quotilien.
30:01Le but du jeu,
30:02c'est justement
30:03pour toutes ces personnes
30:03qui ne peuvent pas,
30:05c'est leur dire
30:05qu'on va au contraire
30:06vous accompagner
30:07de manière bienveillante
30:08sans vous mettre
30:09dans une restriction terrible
30:10et l'essai clinique
30:11qui vient d'être terminé
30:12est positif.
30:14Ça fonctionne.
30:15Donc il y en a
30:16pour tout le monde,
30:16il y en a pour tous les goûts
30:17et pour tous les tempéraments.
30:19On arrive à la fin
30:19de cette émission
30:20et donc j'ai envie
30:21de poser cette question
30:22un peu simple
30:22en conclusion.
30:23Est-ce qu'il ne faut pas
30:24retrouver une forme
30:25de bon sens alimentaire ?
30:27Manger quand on a faim
30:28ou pas manger
30:29quand on ne ressent pas
30:29la faim,
30:30Eric Birlois ?
30:31En tout cas,
30:31c'est ce que j'avais envie de dire
30:33en écoutant Boris Sancel,
30:34c'est-à-dire un discours
30:36manger moins,
30:38ne pas manger à toute heure,
30:39manger varié,
30:40ce sont des choses
30:41de bon sens
30:42mais qui sont en plus
30:43efficaces,
30:44me semble-t-il.
30:45Le problème,
30:45c'est que ce sont
30:46des messages simples
30:47et finalement,
30:48ce qui rassure les gens
30:49qui ont plein d'angoisse
30:50de tous les ordres,
30:51ce n'est certainement
30:52pas des messages simples,
30:53trop simples,
30:54mais des messages complexes.
30:55C'est toute la difficulté
30:56et on sait
30:57que les habitudes alimentaires,
30:59elles sont extrêmement,
31:00comment dire,
31:01difficiles à faire changer.
31:02D'abord parce qu'on les a souvent
31:04depuis qu'on est tout petit.
31:05Oui, c'est ce que j'allais dire.
31:05Donc il y a cette inertie
31:08qui est incroyable
31:08et toute la difficulté,
31:10d'où l'intérêt
31:10de l'accompagnement,
31:12c'est accompagner les gens
31:13vers davantage de bon sens,
31:15de les rassurer.
31:16Finalement,
31:16je pense que c'est l'anxiété
31:18qui est mauvaise conseillère.
31:19Il y a peut-être
31:19toute l'importance
31:20du discours parental aussi,
31:21Florence Lassarade ?
31:21Oui, il faut simplifier les choses,
31:23préparer à manger
31:24parce que je pense
31:25que le temps de préparation
31:26du repas,
31:26y compris pour celui
31:27qui le prépare,
31:28permet de saliver
31:32de trouver un temps
31:34d'adaptation au repas.
31:36Moi, je repense
31:37en vous écoutant
31:38à Michel Guérard,
31:40à Eugénie Lebin,
31:41dans les Landes,
31:42puisque je suis landaise,
31:43qui, dès les années 70,
31:44avait préconisé
31:45un mode d'alimentation
31:46beaucoup plus sain
31:48et c'est un endroit
31:52qui persiste
31:53dans ces cures
31:54un petit peu qualitatives.
31:56Moi, je pense qu'il faut
31:57que l'alimentation,
31:58ça soit un plaisir
31:58et pas une restriction.
32:02difficile,
32:03mais il faut...
32:05Il n'y a pas d'une habitude
32:05systématique.
32:06Il faut un temps
32:07de préparation
32:08et plus on fait appel
32:11à sa propre imagination
32:12pour savoir
32:12ce qu'on va manger
32:13et on choisit
32:15dans sa tête...
32:16Moi, je suis au Sénat,
32:17par exemple,
32:17je me dis,
32:18tiens, qu'est-ce qu'il y a
32:18à midi au restaurant
32:20et je regarde un petit peu
32:21pour ne pas me lancer
32:23sur les repas
32:24hyper caloriques
32:25et c'est vrai
32:26que quand je rentre
32:26en Gironde,
32:28c'est soupe, salade,
32:29etc.,
32:29parce qu'on doit soi-même
32:30un petit peu intellectualiser
32:32aussi ce qu'on va manger.
32:34Je trouve que la...
32:35Plutôt que de subir,
32:36il y a beaucoup de gens
32:37qui mangent à l'extérieur
32:39et qui subissent
32:40un petit peu
32:40ce qui se présente.
32:41Moi, je pense
32:42que se reprendre en main,
32:43c'est aussi choisir,
32:45y compris dans la chrononutrition
32:48et puis le temps
32:49qu'on passe à table
32:49ou pas, enfin voilà.
32:50Et peut-être ne pas manger
32:51parce que c'est l'heure
32:52de manger, absolument,
32:53je ne sais pas,
32:53professeur Le Bermutter ?
32:54C'est compliqué
32:55parce que là,
32:57vous êtes sur des personnes
32:58qui ont l'air en bonne santé,
32:59qui n'ont pas de problème
33:00de poids
33:01et vous avez des personnes
33:02qui ont des troubles
33:03du comportement alimentaire
33:04comme moi,
33:05je vois des personnes
33:05qui ont aussi des troubles
33:07de la consommation d'alcool
33:08qui se rejouillent vraiment
33:09furieusement
33:10l'un par rapport à l'autre
33:11et donc,
33:12parfois,
33:13des simples conseils,
33:14ils n'y arrivent pas,
33:15c'est au-dessus de leur force,
33:16ils ont, je dirais,
33:17une addiction
33:18à l'alimentation
33:19et calment leurs angoisses
33:20en mangeant
33:21comme quelqu'un
33:22qui prend de l'alcool
33:22qui calme ses angoisses
33:23en prenant de l'alcool
33:24et donc,
33:25il y a toute une prise en charge
33:26thérapeutique globale
33:28qui dépasse largement
33:29le jeûne intermittent
33:32et peut-être que
33:33quand on les accompagne,
33:34on va leur permettre
33:35d'aller mieux
33:36comme ce qui est fait
33:36dans la clinique,
33:37comme ce qu'on fait
33:37dans nous,
33:38dans les services hospitaliers,
33:39bien évidemment
33:40et c'est quelque chose
33:42qui pourrait être simple
33:43mais comme vous l'avez dit,
33:44qui peut vraiment être compliqué aussi.
33:46En un mot,
33:47pour conclure ?
33:47Oui, oui, non,
33:47je pense que le maître mot
33:48c'est accompagnement
33:49et surtout se déconnecter
33:51de toute l'influence nutritionnelle
33:54que nous avons
33:54et c'est pour ça que nous,
33:56quand on fait un accompagnement
33:57en ligne
33:57avec le professeur Nataf
33:58avec qui on a monté
33:59ces outils
34:00à l'université,
34:02à la PHP,
34:03mon quotidien,
34:04ça veut dire
34:04qu'on a un lien quotidien.
34:06On dit à nos patients
34:07déconnectez-vous
34:08de tout ce qui pollue
34:09finalement
34:10votre nutrition,
34:13votre envie de faire ceci,
34:14de faire cela
34:15et soyez accompagnés
34:17parce que vous êtes malade
34:18par une équipe
34:19au quotidien
34:20dans la bienveillance
34:21et qui va vous amener
34:22vers quelque chose
34:23de vertueux
34:23et si à un moment donné
34:25le jeûne intermittent
34:25sera la solution,
34:27on vous le proposera
34:27parce qu'on le connaît.
34:28Bien sûr.
34:29Merci, merci beaucoup
34:30à tous les quatre
34:30pour cet échange constructif.
34:31J'espère que nos téléspectateurs
34:32auront trouvé des clés
34:33pour mieux manger,
34:34pour avoir des comportements
34:35alimentaires qui leur font du bien.
34:37Merci en tout cas
34:38à tous et merci à vous
34:39de nous avoir suivis
34:39émissions et documentaires
34:40à retrouver en replay
34:41sur notre plateforme
34:42publicsénat.fr.
34:43A très vite.
34:44Merci beaucoup.
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