- il y a 14 heures
Pendant des décennies, la France et l'Europe ont misé sur la mondialisation. Mais aujourd'hui, la question de la souveraineté économique s'impose : la pandémie, la guerre en Ukraine, les tensions commerciales, les rivalités sino-américaines ont mis en lumière nos dépendances. Industrie, énergie, numérique, défense, santé : avons-nous trop externalisé ce qui est stratégique ? Peut-on encore produire en France et en Europe ? Réponse avec notre invité spécial, Olivier Sichel, le directeur général de la Caisse des Dépôts Notre chance en France, c'est que nous avons de nombreuses PME à même de renforcer notre souveraineté, à l'image d'Elvia Electronics, qui fabrique les cartes électroniques qui équipent satellites, avions, trains et voitures. Reportage à Coutances en Normandie. Année de Production :
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00:09Générique
00:28Bonjour, bienvenue, nouveau numéro de Pourvuxet sur l'émission qui rend les co-responsables sur Public Sénat.
00:34Pendant des décennies, la France et l'Europe ont misé sur la mondialisation.
00:37Mais aujourd'hui, la question de la souveraineté économique s'impose.
00:40La pandémie, la guerre en Ukraine, les tensions commerciales, les rivalités sino-américaines ont mis en lumière nos dépendances.
00:48Industrie, énergie, numérique, défense, santé, avons-nous trop externalisé ce qui est stratégique ?
00:55Peut-on encore produire en France et en Europe ?
00:57Réponse avec notre invité spécial Olivier Sichel, le patron de la Caisse des dépôts.
01:01Et puis notre chance en Europe et en France, c'est que nous avons de nombreuses PME à même de
01:05renforcer justement notre souveraineté à l'image d'Elevia Electronics qui fabrique les cartes électroniques, qui équipe satellites, avions, trains
01:13et voitures et qui nous a ouvert les portes de ces usines.
01:16Vous verrez.
01:19Combien sommes-nous prêts à payer pour notre indépendance et notre souveraineté économique ?
01:23Réponse avec notre invité spécial Olivier Sichel.
01:26Bonjour.
01:27Bonjour David Diaco.
01:27Merci d'être avec nous sur Public Sénat, directeur général de la Caisse des dépôts.
01:31C'est vrai que de la Chine aux Etats-Unis, en passant par l'Europe, on sent que tous les
01:34pays aujourd'hui cherchent à réduire, ou en tout cas à maîtriser, leur dépendance vis-à-vis du monde extérieur.
01:40C'est ça aujourd'hui ? C'est une réalité, cette chasse aux dépendances ?
01:44C'est une réalité. C'est un vrai enjeu.
01:46Et le projet que j'ai proposé pour la Caisse des dépôts, c'est cette défense des souverainetés.
01:51Souveraineté industrielle, souveraineté énergétique, souveraineté numérique, puis souveraineté tout court.
01:56Le retour dans l'industrie de défense, on en parlera certainement.
01:58Nous sommes les vassaux industriels de la Chine et les vassaux numériques des Etats-Unis.
02:02C'est signé d'Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'économie, au-delà de la formule choc.
02:07Est-ce que dans le fond, il a raison ?
02:08Alors, Arnaud Montebourg, il a vraiment raison.
02:10Moi, je me souviens très, très bien qu'Arnaud Montebourg m'avait défendu quand j'étais PDG de le guide
02:15.com
02:15et qu'il était ministre de l'économie et des finances contre la position dominante de Google.
02:19Et l'Europe avait condamné Google pour abus de position dominante à 2,7 milliards.
02:25Parce que Google avait fait quoi ?
02:26Il avait déclassé tous ses concurrents avec un produit qui s'appelait Google Shopping.
02:29Et à l'époque, Arnaud Montebourg était avec Sigmar Gabriel, celui qui a dit
02:33« On ne laissera pas passer ce genre de choses parce que ça écrase nos champions numériques ».
02:38Donc Arnaud Montebourg, c'est quelqu'un qui, très, très tôt, a vu le sujet de la souveraineté
02:42et qui continue d'ailleurs à se battre dans le domaine agroalimentaire
02:45pour qu'on retrouve dans certains produits une véritable capacité à se sourcer en produits qui viennent d'Europe.
02:53Nous avons une vraie dépendance digitale.
02:56Est-ce que c'est possible ou pas de corriger ?
02:59Est-ce qu'on peut retrouver, recouvrer de la souveraineté digitale à l'échelle européenne, on imagine évidemment ?
03:04Alors absolument, moi j'en suis convaincu.
03:06Du côté du groupe Caisse des dépôts, prendre un exemple, le cloud.
03:09On s'est mis avec Dassault Systèmes, très, très belle entreprise, un leader du software, Bouygues Télécom et puis La
03:15Poste
03:16pour créer un cloud de confiance européen, Secnum Cloud, qui est lancé et qui maintenant fonctionne.
03:23Puis je vais vous dire, moi je viens du numérique et de la technologie, ce qui est bien, c'est
03:26que les cartes, elles sont rebattues régulièrement.
03:29Il va y avoir une carte sur le quantique et sur le quantique, avec notre filiale BPI,
03:35on soutient un certain nombre d'entrepreneurs comme Alice et Bob, comme Cantela, parce que la science, elle rebat les
03:41cartes.
03:42Et à un moment, vous pouvez avoir perdu une partie.
03:44On a sans doute perdu une partie sur la recherche.
03:47Mais il faut savoir, re-rentrer dans la partie quand il y a une redistribution des cartes technologiques.
03:53Je vous en cite un sur le quantique, je vous en donne un autre sur le data center, je vous
03:56en donne une autre sur l'intelligence artificielle.
03:58On a notre champion avec Mistral.
04:00Mais alors la condition, David Jaco, c'est aussi qu'on soit capable de commander français ou de commander européens.
04:07Et là, vous luttez contre une espèce d'hypnotisme des grands groupes européens pour la tech américaine.
04:14Vous vous souvenez sans doute, il y avait cette formule « Nobody gets fired when you choose Microsoft ».
04:18C'est-à-dire que quand vous prenez Microsoft, aucun DSI ne se fait virer pour avoir choisi Microsoft.
04:23Avant, c'était IBM.
04:24Eh bien là, moi, ce que je vois, je vois de plus en plus de directeurs généraux, comme moi, et
04:28j'en fais partie, qui disent « Ok, tu me proposes une solution américaine, tu vois mon DSI, et si
04:34demain Donald Trump décide de me couper ça, comment est-ce qu'on fait ? »
04:37Et jusqu'à présent, le DSI, il disait « On prend Microsoft, c'est la meilleure solution.
04:41Il y a certes une solution française, il y a une solution allemande, il y a une solution anglaise possible,
04:44mais quand même, on va se baquer et puis prendre la solution américaine. »
04:48Ça, c'est en train de changer, David Jaco, et ça, c'est très important.
04:51Alors, les États-Unis avec le digital, la Chine aussi, et elle survient un petit peu en arrière, on est
04:55en mars 2023, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a appelé l'Europe à réduire sa dépendance
04:59économique vis-à-vis de la Chine.
05:01Trois ans plus tard, le constat, il est un peu sans appel, que ce soit sur les terres rares, les
05:05puces, les matériaux critiques, on dépend, l'Europe dépend plus que jamais de la Chine.
05:11Oui, mais il ne tient qu'à nous de refuser cela. Je vous donne un exemple très concret, je pense
05:16que vous avez suivi l'affaire Chine et du BHV.
05:19Nous, on s'était intéressés à la rénovation du BHV pour soutenir le commerce de proximité, avec un entrepreneur qui
05:25s'appelait Merlin.
05:26Puis, on a appris par boîte presse qu'il s'agissait de faire rentrer Chine dans ce grand magasin.
05:34On a dit, mais c'est contre nos valeurs, c'est contre nos valeurs environnementales, c'est contre nos valeurs
05:39sociologiques, ce n'est pas un bon bilan carbone, ce ne sont pas des bons produits,
05:43et c'est contre tout ce qu'on lutte pour favoriser un commerce de proximité.
05:47Mais les Français achètent ?
05:49En attendant, nous, on a décidé de ne pas financer le rachat du BHV pour y exploser les produits Chine.
05:54Sur les terres rares, encore une fois, les métaux critiques, là je parle de la France, les microprocesseurs, les composants
06:00électroniques,
06:00est-ce que la France, pour le coup, a trop de dépendance stratégique vis-à-vis de l'extérieur ?
06:05Alors, il faut, dans ces domaines-là, il faut vraiment chaque fois identifier de quelle dépendance on parle,
06:12et après, il se trouve qu'on a notre géographie, on a notre géologie, il est possible qu'on n
06:17'ait pas tel ou tel minerai,
06:18il faut créer des stocks de précautions, on s'y emploie, diversifier les fournisseurs et les approvisionnements.
06:26On a su le faire, par exemple, dans le cas du gaz.
06:28À un moment, quand on a coupé le gaz russe, il a bien fallu diversifier nos approvisionnements,
06:33et rééquiper, réinvestir.
06:34Le groupe Caisse des dépôts y a participé, vous savez qu'on est l'actionnaire de Natran,
06:38qui est le grand opérateur de gaz, en créant des terminaux pour avoir du gaz liquide,
06:45qui vient des États-Unis, pour...
06:47On est passé d'une dépendance russe à une dépendance américaine, par exemple.
06:50Alors, pour le gaz, non, parce qu'il y a une partie du gaz qui vient de la Norvège,
06:52il y a une partie du gaz qui vient de l'Algérie, à l'époque, oui.
06:55Mais on a su investir et diversifier les sources.
06:58Donc, on apprend aussi de nos dépendances en favorisant d'autres co-dépendances.
07:03Les atouts de la France et de l'Europe pour bâtir, pour renforcer notre indépendance stratégique,
07:08les changements nécessaires pour y parvenir, c'est quoi ?
07:11Alors, les atouts de la France, c'est d'abord l'excellence de sa recherche académique et scientifique.
07:17J'étais hier avec le fondateur et le directeur général d'Alice et Bob, dans le domaine quantique.
07:23C'est l'excellence académique et scientifique à la française.
07:27Vous sentez Lavoisier, Carnot, Eiffel, enfin les grands scientifiques français.
07:31Et après, il faut du capital.
07:34Et on en a du capital.
07:35Je rappelle, la Caisse des dépôts, c'est 1 400 milliards de bilans.
07:38Le fonds d'épingle, c'est 440 milliards.
07:40On a des leviers puissants avec BPI pour aider ces entreprises.
07:44Mais je crois que l'une des clés, c'est de revenir au rôle fondamental de la commande publique
07:49et aussi de la commande des entreprises.
07:51Il faut qu'on se fasse confiance.
07:53Ces champions, ils n'émergeront que si on leur fait confiance, que si on leur passe des commandes.
07:58Donc, une préférence européenne inscrite dans les textes ?
08:03Inscrite dans les textes.
08:03Je pense que c'est extrêmement important de faire ça.
08:05Il y a consensus en Europe pour aller vers ça ?
08:07Non, il n'y a pas consensus en Europe.
08:09Vous avez un certain nombre de pays qui disent
08:10« Mais si on fait de la préférence européenne, alors ce que nous exportons,
08:14des voitures allemandes, à tout hasard, on va en pâtir ».
08:18Et je pense que ça, il faut vraiment qu'on sorte de cette naïveté-là.
08:22Je pense que la France est un peu en avance sur d'autres pays.
08:24Des grands ministres, comme Arnaud Montebourg l'avait dit, en préférence européenne.
08:28Il y en a moins exportateurs que les Allemands aussi.
08:30Ce n'est pas pour ça.
08:31C'est facile pour la France.
08:32Oui, mais ça se retourne en ce moment.
08:34Ça se retourne.
08:35Longtemps, l'Allemagne, qui est très orientée vers le véhicule automobile,
08:39vers l'exploitation automobile,
08:40maintenant, elle se retrouve un petit peu, elle aussi, à l'exposition chinoise.
08:44Vous parlez du capital.
08:45La finance, elle a un rôle crucial pour orienter justement les capitaux
08:48vers les priorités nationales européennes
08:50pour accroître notre souventeté et réduire régionaux dépendances.
08:55Elle a vraiment, pour moi, un rôle essentiel.
08:58C'est vraiment le nerf de la guerre.
09:01C'est ce qui irrigue l'économie.
09:03Alors, on a beaucoup traité la partie investissement capital risque,
09:08fonds avec BPI France.
09:09Nous, on va mettre l'accent sur les introductions en bourse.
09:13Là aussi, la Caisse des dépôts est actionnaire d'Euronext.
09:16Je suis l'administrateur moi-même d'Euronext.
09:18Et on voit bien qu'à un moment, pour lever des grosses sommes d'argent,
09:21je vous parle de lever 1 milliard, 2 milliards,
09:23la bourse est le bon véhicule pour le faire.
09:26On a eu très belles introductions en bourse.
09:29Je pense par exemple à ExoSense dans le domaine de la défense.
09:32Et l'engagement que j'ai pris en prenant mon mandat à la tête de la Caisse des dépôts,
09:36c'est qu'on puisse lever 10 milliards en bourse
09:38sur de très belles startups numériques européennes
09:41en apportant nos côtés Caisse des dépôts entre 500 millions à 1 milliard
09:45pour faire cet effet de levier dont on a besoin.
09:47Il y a moins d'introductions en bourse, c'est vrai, depuis maintenant quelques années.
09:50La source est tarie.
09:52Donc ça veut dire indirectement, Olivier Sichel,
09:54qu'il faut ou pas mobiliser l'épargne des Français
09:56pour accroître nos souverainetés industrielles,
09:59en matière de défense, d'aéronautique.
10:01Oui, et on sait le faire.
10:02BPI France a lancé un fonds défense
10:05qui a très très bien marché,
10:06en appelant à l'épargne publique
10:10pour apporter des fonds propres à ces entreprises.
10:13Et c'est aussi un atout de notre pays.
10:15On a beaucoup d'épargne.
10:16Parfois, on se dit, on en a peut-être un peu trop,
10:18il faudrait un peu plus de consommation.
10:19La réalité, c'est que la France a un taux d'épargne très élevé
10:22et cette épargne, elle est mobilisée.
10:25Le livret A que la Caisse des dépôts gère...
10:27Qui rapporte moins maintenant ?
10:28Qui rapporte moins ?
10:29Alors, ce qui fait le malheur de l'épargnant
10:31fait le bonheur de l'emprunteur,
10:33puisqu'il emprunte sur une base du taux du livret A.
10:36Le taux du livret A est depuis hier à 1,5%.
10:40Et donc, pour ceux qui investissent,
10:44je pense aux collectivités locales,
10:45je pense aux entreprises du bâtiment,
10:46et qui viennent nous emprunter,
10:48elles ont des taux très attractifs.
10:50On aurait dû en parler avant, Olivier Sichel,
10:51mais le prix à payer pour réduire nos dépendances
10:53et recouvrer de la souveraineté,
10:55est-ce que s'il faut tout relocaliser, faire soi-même,
10:58ça veut dire des prix plus élevés, plus d'inflation ?
11:01C'est le prix à payer ?
11:02Pas forcément.
11:03Pas forcément, parce que, vous voyez bien
11:06qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas
11:08dans le dispositif.
11:09Comment se fait-il qu'un bien textile
11:10qui vienne de Chine, qui a voyagé,
11:12qui a pris l'avion, qui a pris des bateaux,
11:16soit beaucoup, beaucoup, beaucoup moins cher
11:17que ce qu'on produit en France ?
11:19Il y a parfois des effets de dumping
11:21qui sont importants,
11:22et qu'on va finir par payer après,
11:24qu'on va finir par payer en délocalisation,
11:26qu'on paye aussi en destruction de l'environnement.
11:29Donc, je ne pense pas que, systématiquement,
11:33acheter local signifie acheter plus cher
11:36ou acheter de moins bonne qualité.
11:37Ce n'est pas vrai.
11:38Mais il faut un soutien public,
11:39et il faut aussi, en complément,
11:41de l'investissement du secteur privé.
11:43Il faut que tout ce petit monde
11:44se mette en ordre de bataille.
11:47Après, cette souveraineté,
11:48on parle souvent de la France,
11:49la souveraineté au niveau français,
11:51mais il faut l'articuler, évidemment,
11:52au niveau de l'Europe,
11:54même si l'Europe est lente à bouger.
11:56Oui, mais l'Europe est capable
11:58de faire des accélérations assez fulgurantes.
12:01Regardez, dans le domaine de la défense
12:03qui est en train de se passer,
12:05il y a encore quelques mois,
12:06quelques mois,
12:07on n'aurait jamais imaginé
12:08qu'on parle de relance de l'industrie de défense.
12:11On n'aurait jamais imaginé
12:12les efforts que les Allemands
12:13sont prêts à consentir pour la défense.
12:17Donc, il y a quand même des domaines
12:18dans lesquels vous êtes capables
12:19d'avoir une accélération
12:22absolument fulgurante.
12:23On l'a vu dans la période du Covid.
12:24Donc, moi, je suis un fervent défenseur
12:26de l'Europe,
12:27mais d'une Europe qui ne soit pas naïve,
12:29qui sorte de cette conception
12:30du libre-échange,
12:31qui doit rentrer maintenant
12:32dans une dimension
12:33de politique industrielle.
12:34Cette souveraineté en matière de défense
12:36est aussi, pour vous,
12:37une nouvelle priorité
12:38en tant que patron de la Caisse des dépôts ?
12:40C'est ce qu'on a rajouté comme axe.
12:42C'est une nouvelle priorité.
12:43On avait notre axe...
12:44Parce que le monde a changé, c'est ça ?
12:45Le monde a changé.
12:46On avait notre axe cohésion sociale
12:48et on va continuer à s'occuper
12:49de cohésion sociale,
12:50de logement social.
12:51On avait notre axe
12:54transformation écologique
12:55et environnementale.
12:56Donc, c'est pas au détriment.
12:57Et c'est pas au détriment,
12:58mais il y a maintenant
12:58un nouvel axe supplémentaire
13:00sur la défense de nos souverainetés.
13:01Parce que, vous l'avez dit au tout début,
13:03le renforcement des souverainetés,
13:05maintenant, c'est un axe
13:05de développement stratégique
13:07pour la Caisse.
13:08Après, concrètement,
13:11accompagner, financer
13:12nos entreprises
13:13pour les rendre plus agiles,
13:15plus compétitives.
13:16C'est ça, le sujet ?
13:16On va prendre un exemple concret.
13:17On parle beaucoup
13:18de souveraineté industrielle.
13:20Souveraineté industrielle,
13:20c'est trouver du foncier
13:23pour les usines.
13:24Les usines, elles sont parties,
13:26donc il faut les faire revenir.
13:27Souvent, on nous dit
13:27qu'il n'y a pas de terrain
13:28pour les usines.
13:29Eh bien, à l'angle des territoires,
13:31on a lancé un portail
13:32qui s'appelle France Foncier Plus
13:34qui répertorie en temps réel
13:361 000 sites, 9 000 hectares.
13:38C'est beaucoup 9 000 hectares.
13:39C'est l'équivalent de la surface
13:40de la ville de Paris.
13:43Disponible pour de l'industrie.
13:45Et donc, je suis industriel,
13:47je décide de m'implanter en France.
13:48J'ai une carte.
13:49Il faut imaginer un petit peu
13:49comme un seologer.com,
13:50mais pour du foncier industriel.
13:52Et c'est ça,
13:53les services que les industriels
13:54nous demandent.
13:55Quand les industriels,
13:56on les voit et on les rencontre,
13:56ils disent,
13:57moi, je veux bien relacaliser en France
13:58pour quand même me trouver du foncier.
14:00Et du foncier,
14:01eh bien, on en a un.
14:02Et donc, c'est ce genre
14:03de services pratiques
14:04que l'on fait.
14:04Donc, on finit là-dessus,
14:05on peut réduire nos dépendances
14:07alors qu'on a quand même
14:08une désindustrialisation
14:09qui s'est de nouveau accélérée
14:11en France en 2025
14:11quand on regarde
14:12les statistiques
14:13du cabinet Trendéo.
14:15C'est pas incompatible ?
14:16Non, c'est pas incompatible.
14:17Mais c'est un effort permanent.
14:20Trendéo suit ça
14:21avec beaucoup d'attention.
14:23Et c'est vrai qu'on était
14:24dans une période
14:25où on créait plus d'usines,
14:27on ouvrait plus d'usines
14:28qu'on enfermait.
14:29Là, il y a eu un petit coup de mou
14:31totalement lié
14:32à l'offensive chinoise,
14:34totalement lié elle-même
14:35à la fermeture
14:35des frontières américaines.
14:38C'est parce que Trump
14:41a fermé ses frontières
14:42qu'à un moment,
14:43toute l'industrie chinoise
14:44s'est dit,
14:44où je peux me déverser ?
14:45Quelle est arrivée en Europe
14:46avec l'impact immédiat
14:48sur notre industrie ?
14:49Donc, pour finir
14:50sur une note positive,
14:51on se dit quoi ?
14:51On se dit qu'en fait,
14:53on a les talents,
14:54on a plutôt
14:55les ressources financières.
14:57Maintenant,
14:58il y a un programme
14:59à mettre en œuvre.
15:00Il y a des directions
15:01qui ont été faites.
15:02Il n'y a plus qu'à.
15:03Allez, il n'y a plus qu'à.
15:04Merci à vous.
15:04Et si Chèle,
15:05directeur général
15:06de la Caisse des dépôts,
15:07merci pour cet entretien.
15:08Merci.
15:09Notre souveraineté industrielle
15:10qui repose évidemment
15:11sur des pépites tricolores
15:12à l'image d'Elvia Electronics
15:14qui fabrique en France
15:15les cartes électroniques
15:16qui équipent satellites,
15:17avions, trains et voitures.
15:19Reportage signé
15:20Manuel Degg.
15:22Parmi les secteurs
15:23les plus stratégiques,
15:24il y a l'électronique.
15:26Omniprésente dans l'industrie,
15:28les transports,
15:28la santé ou la défense,
15:30elle a été largement délocalisée
15:32dans les années 90
15:33vers des pays
15:34capables de produire vite
15:36et à bas coût.
15:37Pourtant,
15:38quelques entreprises françaises
15:40ont fait un autre choix.
15:41rester, investir
15:43et s'adapter
15:44pour faire face
15:45à la concurrence.
15:47Direction la Normandie.
15:49Ici,
15:49chez Elvia Electronics.
15:51Ouais, donc là,
15:52on a quand même
15:52beaucoup de points de connexion,
15:53donc celle-là
15:54est quand même hyper non,
15:55ça a testé.
15:55On a fait le choix
15:56de fabriquer
15:57des circuits imprimés
15:58en France.
16:00Des plaques essentielles
16:01qui relient entre eux
16:02tous les composants
16:03électroniques
16:04d'un appareil.
16:06Ça met en jeu
16:07beaucoup de métiers
16:07différents,
16:08donc de la chimie,
16:10mais aussi de l'optique,
16:12de la mécanique,
16:13de l'imagerie
16:14et de la thermique.
16:15Dans les années 90,
16:1730% des circuits imprimés
16:19venaient d'Europe.
16:20Aujourd'hui,
16:21c'est moins de 3%.
16:22Alors,
16:23comment cette entreprise
16:24qui emploie
16:25450 salariés
16:26répartis sur 3 sites
16:28parvient-elle
16:28à se distinguer
16:29face à une concurrence
16:30féroce ?
16:31Nous,
16:32notre stratégie,
16:33c'est une stratégie
16:33de diversification.
16:35On vise la fiabilité,
16:37on vise la haute performance
16:39aux services d'application
16:41où on n'a pas le droit
16:42à l'erreur.
16:42Prenons un exemple.
16:43Si vous prenez l'avion,
16:44vous espérez probablement
16:45que l'électronique
16:46qui gère le réacteur
16:48de l'avion
16:49soit plutôt fiable.
16:50C'est probablement
16:50la même chose
16:51si vous utilisez
16:53un pacemaker
16:54où l'électronique
16:55est implantée
16:56dans votre corps.
16:57C'est là notre domaine,
16:58c'est là nos enjeux.
16:59La fiabilité,
17:01au service
17:01d'une haute performance.
17:03Des circuits imprimés
17:05destinés à la défense,
17:06au spatial
17:07ou à l'aéronautique.
17:08Ils sont conçus
17:09pour résister
17:10aux vibrations,
17:11aux fortes pressions
17:12et aux températures extrêmes.
17:14Et aujourd'hui,
17:15la capacité
17:16de produire
17:17ces pièces en France
17:17est devenue
17:18tout aussi stratégique.
17:20On l'a vu,
17:21nous,
17:21au moment du Covid,
17:23LVIA
17:23est intervenue
17:25sur la production
17:26en urgence
17:26de respirateurs
17:27pour les hôpitaux.
17:29On voit aujourd'hui
17:30nos grandes industriels
17:31français,
17:31fabricants d'avions
17:32ou d'autres équipements
17:33qui souffrent
17:34de pénuries
17:35ou de jeux d'État
17:38qui utilisent
17:39la supply chain
17:40comme un élément
17:40de géopolitique.
17:41Donc,
17:42pour ces grands industriels,
17:43c'est important
17:44que les composants
17:45qui sont incorporés
17:47sur leurs avions
17:48ou autres équipements
17:49soient toujours
17:49produits en France.
17:51produire des composants
17:52en France,
17:52c'est aussi faire le choix
17:53de conserver ici
17:55les compétences,
17:56les ingénieurs
17:56et les décisions stratégiques.
17:59Car dans ces secteurs
18:00critiques
18:00où la fiabilité
18:01est vitale,
18:03maîtriser la conception,
18:04c'est aussi maîtriser
18:05l'avenir.
18:09Comment accélérer
18:10notre souveraineté économique ?
18:12Comment aider
18:12nos leaders français
18:13à se développer
18:13afin de réduire
18:14nos dépendances ?
18:15Réponse avec vous,
18:16Henri Marcoux.
18:17Bonjour.
18:18David, bonjour.
18:19Directeur général
18:19de Ticquet au Capital.
18:20Je me demande souvent
18:21si la souveraineté européenne,
18:23c'est un slogan
18:23ou pas que.
18:24Est-ce que,
18:25quand on écoute
18:25la Commission européenne,
18:26est-ce qu'elle a vraiment
18:27mis au cœur
18:28de sa stratégie économique
18:29les enjeux de souveraineté ?
18:31Parce que la géopolitique,
18:32on le sait,
18:33on l'a compris,
18:33vit un bouleversement.
18:36La souveraineté,
18:37je ne pense pas
18:37que ce soit un slogan.
18:38Honnêtement,
18:39c'est notre capacité
18:40justement à produire
18:41et à limiter les dépendances.
18:43Il y a une véritable
18:44prise de conscience
18:45sur cette souveraineté.
18:47Le monde a changé,
18:49véritable paradigme,
18:50retour de l'unilatéralisme,
18:53retour des États
18:54tout-puissants,
18:55véritable remise en question
18:58globalement
18:58des institutions
18:59au niveau international,
19:01Organisation mondiale
19:02du commerce,
19:03ONU,
19:03OTAN,
19:04et véritable prise
19:05de conscience.
19:06Et je pense qu'aujourd'hui,
19:07jusqu'à présent,
19:07on était peut-être
19:08beaucoup dans les mots.
19:09Je pense que les actions
19:10sont là et les actions
19:11arrivent.
19:12En mars 2025,
19:13on revient un petit peu
19:13en arrière.
19:14La nouvelle Commission européenne
19:15avait lancé son plan
19:16Riarme Europe
19:17avec des chiffres importants,
19:19800 milliards d'euros
19:21de financement
19:21d'ici 2029
19:22pour renforcer
19:23notre sécurité.
19:24On a aussi
19:25les budgets,
19:25évidemment,
19:26des défenses
19:27des pays de l'OTAN
19:27qui, eux aussi,
19:28ont augmenté.
19:29Est-ce que tout ça,
19:30quand on regarde
19:30et qu'on met tout ça
19:31bout à bout,
19:31est-ce que c'est le rang massif ?
19:35Non, l'argent arrive.
19:37Alors, c'est en train
19:38de venir
19:38et c'est énormément lié.
19:40Le plan Riarme,
19:41il est également lié
19:42à l'ensemble
19:42des budgets
19:44de nature militaire
19:45pour les pays
19:46de l'OTAN
19:47en Europe.
19:48On voit que ces budgets,
19:48ils ont déjà pas mal évolué.
19:50En 2018,
19:50on était à peu près
19:51à 260 milliards d'euros.
19:53L'an dernier,
19:54c'était 390 milliards.
19:56Horizon 2030,
19:57600 milliards.
19:58Donc, ce plan Riarme,
19:58il a plusieurs objectifs.
20:00Le premier,
20:00c'est effectivement
20:02faciliter la production
20:03d'armes en Europe.
20:04On sort de
20:0580 ans de paix.
20:07Donc, c'est quand même important.
20:09Ça, c'est le premier élément.
20:10Donner un peu plus
20:10de flexibilité également
20:12à l'ensemble
20:12des pays européens
20:13pour financer
20:14cet armement.
20:15Et puis, le troisième point,
20:16il est central
20:17au sein de ce plan Riarme.
20:18C'est qu'aujourd'hui,
20:19sur l'ensemble
20:20de ce budget
20:20des pays européens
20:21pour la défense,
20:22390 milliards,
20:23concrètement,
20:24il n'y a que 18%
20:25qu'on achète
20:26en Europe
20:27pour ce qui est produit
20:27en Europe.
20:28Et donc, ce plan Riarme,
20:29il introduit une notion
20:30de préférence européenne
20:31qui est un élément clé.
20:33Et ça, c'est un véritable élément
20:34changeant dans le contexte actuel
20:36avec une véritable prise
20:37de conscience
20:37de ces éléments.
20:38Le secteur de la défense,
20:39pendant longtemps,
20:39ça n'était pas considéré
20:40comme de l'investissement
20:42responsable.
20:42Est-ce que,
20:43parce que la donne géopolitique
20:44a changé,
20:45est-ce que les mentalités
20:46ont changé ?
20:48Je pense qu'il y a
20:48une véritable évolution
20:49et,
20:51au risque de vous surprendre,
20:52je pense que tout
20:52ce qui a été fait
20:53en matière d'ESG
20:55sur les dernières années
20:56est très positif.
20:57ESG, environnement,
20:57social, gouvernance.
20:58Totalement.
20:59C'est-à-dire que ça a amené
21:00de la transparence,
21:01ça a amené de la clarification
21:02sur ce qui pouvait être fait.
21:04Nous-mêmes,
21:04nous avons investi
21:05plus d'un milliard d'euros
21:06sur les cinq dernières années,
21:08plus de 30 entreprises,
21:0925 000 emplois en France
21:10sur l'ensemble de ces secteurs.
21:12Et l'ensemble
21:13de cette régulation
21:15de ces normes ESG
21:16ne nous ont pas empêchés
21:17d'investir.
21:17Mais au contraire,
21:18ça a apporté
21:19de la clarification,
21:20ça a apporté
21:20de la transparence,
21:21des exclusions.
21:22Oui, à cet égard,
21:24je pense qu'il y avait
21:24un certain nombre
21:25de communicants
21:25qui s'étaient réfugiés
21:26derrière ces contraintes ESG
21:29pour prendre une excuse
21:30de ne pas investir
21:31dans la défense.
21:32Aujourd'hui,
21:33c'est en train de changer.
21:33Il y a une véritable
21:34prise de conscience
21:36que la souveraineté,
21:38se défendre,
21:39faire en sorte
21:39que nos populations
21:40puissent rester en vie
21:41est un élément fondateur
21:42de notre liberté.
21:43Mais au-delà
21:44de la défense
21:45et l'aéronautique,
21:46si on veut renforcer
21:47notre résilience européenne,
21:48notre souveraineté
21:49réélient et indépendance,
21:50c'est le thème de l'émission,
21:51quels sont les autres secteurs
21:52de l'économie
21:53où il faut
21:54des investissements massifs ?
21:55Je pense spontanément
21:56à la cybersécurité.
21:57C'en est un ?
21:58C'en est un, totalement.
22:00Alors, nous,
22:00nous sommes un gestionnaire
22:02d'actifs.
22:02Donc, notre rôle,
22:03c'est d'orienter l'épargne
22:05vers les besoins de l'économie.
22:06Et ça,
22:07ce sont des éléments
22:08que nous avons pris en compte
22:09dès 2019,
22:10dès 2020.
22:10Nous avons structuré
22:11tout un ensemble d'opérations.
22:13Aujourd'hui,
22:14nous gérons plus de 3 milliards
22:15d'encours
22:15sur l'ensemble
22:16de ces thématiques.
22:17Et effectivement,
22:18la cybersécurité,
22:19les enjeux numériques,
22:21comment limiter au maximum
22:22justement nos dépendances
22:23sur ces thématiques
22:24est un enjeu important
22:26à l'échelle européenne.
22:27Parce qu'aujourd'hui,
22:28les solutions, pardon,
22:29en matière de cybersécurité,
22:30elles sont américaines.
22:31Elles sont américaines.
22:32Vous avez de nombreux Français,
22:33de nombreux Européens
22:34qui sont présents.
22:35Nous-mêmes,
22:36nous soutenons par exemple
22:36sur tout ce qui est
22:38traitement de données
22:38à grande échelle
22:39de manière hétérogène.
22:41Une entreprise
22:41qui s'appelle Chaps Vision,
22:42qui est un champion français.
22:44Vous savez que le leader
22:45américain en la matière,
22:46c'est Palantir,
22:47qui a pris des parts
22:50de marché très importantes.
22:51Donc là,
22:51il faut soutenir ces champions.
22:53Ces champions,
22:54ils ont besoin de ressources
22:55justement pour faire face
22:56à cet environnement.
22:58C'est intéressant,
22:59il y a eu l'an dernier,
23:00je trouve un élément
23:01qui est assez intéressant.
23:02Un juge de la Cour pénale
23:03internationale
23:04s'est vu couper
23:04du jour au lendemain
23:05tous ses accès Microsoft
23:06sur demande des États-Unis.
23:08typiquement,
23:08je trouve que cette anecdote,
23:10elle est révélatrice
23:10de ce qui se passe.
23:11Donc oui,
23:12il faut soutenir ces champions.
23:13Chaps Vision en est un.
23:14Je vais vous en donner
23:15un autre que nous soutenons
23:16très fortement
23:17qui s'appelle Memority,
23:18qui est une entreprise
23:19aujourd'hui européenne,
23:21française,
23:21européenne,
23:21qui va gérer
23:22toute la gestion
23:22des accès,
23:23des autorisations
23:24d'accès aux ordinateurs,
23:25de l'identité
23:26et qui sera une solution
23:27pan-européenne souveraine.
23:29Il y a d'autres pépites
23:30comme ça françaises
23:31qui sont bien positionnées
23:32pour nous assurer
23:33de la souveraineté économique.
23:35Nous, on en a soutenu
23:37de nombreuses aujourd'hui.
23:39On vient de lever
23:39notre troisième fonds
23:40en matière de cybersécurité,
23:42plus de 350 millions d'euros.
23:44Et on a, par exemple,
23:45dans tout ce qui est
23:45système de stockage,
23:47de cloud,
23:47sur l'identité numérique.
23:49Mais le cloud,
23:49les Américains,
23:50ils n'ont pas gagné la batterie ?
23:51Non, ils n'ont pas gagné.
23:51Je pense qu'aujourd'hui,
23:53il y a vraiment
23:54des grosses entreprises
23:54qui sont en train
23:55de se développer en la matière.
23:57Système de stockage,
23:58système de collaboration numérique.
24:00Une entreprise comme Woodrive
24:01est très présente
24:01sur ce secteur.
24:02Et je pense que là,
24:03il y a des véritables enjeux.
24:04Et il y a surtout
24:05une prise de conscience.
24:06Et de la même manière,
24:07quand on parle d'aéronautique
24:08et de défense,
24:09et des achats d'aéronautique
24:10et de défense,
24:11qui ne sont aujourd'hui
24:11que 18% sur des solutions
24:13européennes,
24:14il y a besoin
24:14d'une prise de changement.
24:15Et je pense que
24:17ces changements,
24:17ils sont importants.
24:18Je cite un exemple
24:19qui est intervenu récemment
24:20sur les sujets
24:21aéronautique et défense,
24:22c'est le Danemark.
24:23Le Danemark a dû
24:23prendre une décision
24:24sur ces systèmes
24:25de défense aérienne.
24:27Il n'a pas choisi
24:27le système patriote.
24:28Il a choisi
24:29la solution franco-italienne,
24:30nouveau système.
24:31Et ça,
24:32c'est des changements concrets
24:33qui montrent
24:34qu'il y a une véritable
24:35évolution des mentalités.
24:36Allez, merci à vous
24:36pour cet entretien.
24:37Henri Marcoux,
24:38directeur général
24:38de Tico Capital.
24:39Merci.
24:40Merci David.
24:41Voilà, c'est la fin
24:41de Pourvu que ça dure,
24:42l'émission qui rend
24:43l'éco-responsable.
24:44Émission tournée
24:44depuis le bivouac
24:45de L'Oréal France.
24:46Pourvu que ça dure,
24:47c'est aussi du replay
24:48sur publicsena.fr.
24:50A très vite.
24:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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