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  • il y a 6 heures
Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, a accusé la grande distribution d’effectuer un « chantage mortifère pour l’agroalimentaire » dans le cadre des négociations commerciales annuelles sur les prix des produits agricoles. Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc considère que « Il y a chez les industriels des coûts qu’ils voudraient faire passer pour des coûts agricoles ».

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Transcription
00:00On est en pleine négociation annuelle entre la grande distribution et l'agroalimentaire, les industriels, les agriculteurs.
00:06Comment se passent ces négociations ?
00:08D'abord, moi j'aime bien la ministre de l'Agriculture.
00:11Ce n'est pas facile d'être à son poste pendant toutes ces tensions,
00:15alors qu'il y a eu le débat très contradictoire sur le Mercosur.
00:19Et donc je ne lui en veux pas, elle est un peu en posture.
00:22Ce n'est pas facile pour elle.
00:25C'est des postures selon vous ?
00:26Oui, parce qu'évidemment, elle ne peut être que pour la corporation qu'elle défend.
00:31Et la corporation qu'elle défend a l'impression qu'en aval,
00:36industriels et distributeurs empêchent de faire d'augmenter les rémunérations.
00:42Mais dans le prix final, la part de la distribution, dans la réalité, n'est que de 40%, 45%.
00:49Et c'est la matière première industrielle qui fait la différence.
00:54Et donc, il faudra encore que le ministre de l'Industrie défende l'industrie.
00:58Et après, il y a nous, distributeurs.
01:02Et nous, on a le consommateur qui dit, s'il vous plaît, n'augmentez pas trop.
01:06Mais quand elle parle, la ministre, de chantage mortifère pour l'agroalimentaire,
01:10qu'est-ce que vous lui répondez ?
01:11Non, rien. Ce n'est pas les bons mots.
01:14Elle va trop loin ?
01:15Ce n'est pas qu'elle va trop loin, ce n'est pas les bons mots.
01:18C'est quoi les bons mots ?
01:20Parce que c'est une négociation.
01:23Elle a dit qu'elle comprend que les négociations soient dures,
01:25mais qu'elle ne comprend pas que la grande distribution, par exemple,
01:29ne tienne pas compte de la hausse des coûts pour les industriels et les agriculteurs.
01:32Vous entendez cet argument ?
01:33On est obligé, la loi nous oblige à tenir compte des coûts de la matière première agricole et des coûts
01:40agricoles.
01:41Et nous n'avons pas le droit de les négocier.
01:42Donc elle dit faux quand elle dit ça ?
01:44Donc oui, ceux-là, nous les respectons.
01:47Et à ma connaissance, je n'entends pas dans les centres Leclerc, je n'entends pas même d'une manière
01:52générale que quelqu'un les conteste.
01:54Après, il y a des industriels qui voudraient faire passer leurs coûts pour des coûts agricoles,
02:00mais ça n'a rien à voir.
02:01Et surtout des grandes multinationales qui ne garantissent pas d'acheter français.
02:07Le grand reproche qu'on peut faire dans ces négociations-là,
02:09c'est qu'il n'y a pas vraiment de transparence de la part des grandes multinationales.
02:13Et la loi n'a pas prévu l'obligation de transparence.
02:16Donc c'est ce qui rend la chose assez compliquée.
02:18Vous le regrettez ?
02:19Oui, il faudrait plus de transparence.
02:22Il faut changer la loi pour vous ?
02:23– Changer, on en a eu cinq, six, c'est dans la pratique qu'il faut changer.
02:29Et puis alors, cette loi n'est pas appliquée, la distribution est transparente.
02:34Ce qui n'est pas appliqué aujourd'hui, c'est la loi EGalim sur les grossistes,
02:41sur la restauration, qui occupe 55% du débouché du produit agricole.
02:49Et c'est là où il faudrait aussi étendre la loi EGalim,
02:53pour qu'il n'y ait pas plusieurs marchés et plusieurs prix pour les produits agricoles.
02:59– Voilà.
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