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  • il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:02La suite de BFM Story qui s'appelle maintenant Marshall et Truchot, mais qu'est-ce que vous voulez, ça
00:07a duré tellement longtemps.
00:08On va maintenant de nouveau s'intéresser à l'affaire Epstein avec cette perquisition qui est actuellement en cours à
00:14l'Institut du Monde Arabe.
00:15Alors c'est le volet Jack et Caroline Lang, si j'ose dire, une enquête ouverte pour blanchiment de fraude
00:21fiscale.
00:22Perquisition, Pauline Revena, bonsoir.
00:23Bonsoir.
00:24Que cherchent les enquêteurs ?
00:25Alors les enquêteurs recherchent des documents et ce sont des enquêteurs hyper spécialisés qui vont retracer tous les flux financiers
00:32de Jack Lang et de sa fille aînée.
00:33Puisque je le rappelle, il y a une enquête qui a été ouverte par le parquet national financier.
00:37C'est le premier fil, si vous voulez, de cette déflagration et de tout ce qu'on a appris dans
00:43ces files.
00:44Et donc ils vont chercher s'il y a des transferts d'argent entre Jack Lang avec la société offshore
00:51qui a été créée avec Jeffrey Epstein
00:54et comprendre s'il y a blanchiment de fraude aggravée.
00:57On le rappelle dans le col pénal français, le blanchiment de fraude aggravée, c'est passible de 10 ans de
01:00prison quand même.
01:01Donc ils vont faire une espèce d'architecture de tous ces flux financiers et comprendre s'il y a eu
01:08des transferts et s'il y a de l'argent qui a transité.
01:10Jack Lang dit « je n'ai rien à me reprocher, je n'ai rien à cacher ».
01:13Je suis blanc comme neige.
01:15Il l'a redit encore dans une interview ce week-end.
01:17Oui, ça c'est sa défense et son avocat aussi est venu à plusieurs reprises sur notre antenne pour dire
01:21qu'il se tenait à disposition de la justice, effectivement.
01:23Mais ils vont chercher des documents, ils vont probablement l'interroger et ils vont essayer de comprendre si fraude aggravée
01:28il y a, si blanchiment il y a
01:29et si ces circuits de financement sont établis.
01:32Je rappelle qu'il s'agissait de promouvoir des artistes via cette société et via la fille aînée de Jack
01:38Lang.
01:39On verra ce que décide la justice et comment va enquêter la justice.
01:42C'est donc le parquet national financier qui est en charge de ce volet.
01:45Alors là, c'est l'un des volets de cette affaire, très très large, très très importante.
01:50Et puis il y a aussi toujours ces accusations d'agression sexuelle qui touchent le millionnaire américain,
01:55mais aussi ses proches et notamment Jean-Luc Brunel, celui qu'on présente comme le rabatteur français de Jeffrey Eshtine.
02:01Nous sommes avec Marianne Schein.
02:03Bonsoir madame.
02:05Vous avez été mannequin, notamment dans les années 80.
02:09Et merci d'être là tout d'abord.
02:10Et vous affirmez avoir été violé par Jean-Luc Brunel.
02:13Dans quelles circonstances ?
02:18Donc j'étais une jeune mannequin en 1986.
02:24Je travaillais pour l'agence Karine.
02:27Et Jean-Luc était le propriétaire de cette agence.
02:32Donc au début, il était tout à fait poli, gentil.
02:36Il me soutenait beaucoup.
02:37Et au bout de quelques mois, j'ai commencé à lui faire confiance.
02:42J'étais invitée à des soirées, des concerts, comme par exemple Chadé, qui était vraiment connu à l'époque.
02:48Et vraiment, je faisais confiance à Jean-Luc.
02:51Et cette confiance s'est transformée en agression ?
03:02Absolument.
03:04Un soir, j'ai été invitée à dîner.
03:06Je m'étais rendue chez lui déjà plusieurs fois.
03:10Il habitait près de l'agence, avenue Hoch.
03:13Et c'était comme les autres soirs, mais ce soir-là, il y avait des gens connus là-bas.
03:18Par exemple, Harvey Weinstein, Lombardo, Dorosny et d'autres mannequins.
03:28Et moi, il fallait que je rentre parce que le métro ne fonctionnerait plus.
03:31Et lui m'a dit, non, mon chauffeur va te ramener chez toi.
03:35Et il n'arrêtait pas de me donner des arguments jusqu'à ce que, évidemment, je me suis retrouvée seule,
03:40sans chauffeur.
03:42Alors, je lui ai dit que j'allais prendre un taxi.
03:46Mais je n'avais pas d'argent parce que je faisais du mannequinat, mais je ne gagnais pas beaucoup d
03:50'argent.
03:50Donc, il m'a dit, je te donnerai l'argent pour le taxi.
03:52Et un peu après, il m'a dit, non, je suis désolée, tu vas rester là.
03:58Alors, j'ai refusé.
04:01Mais après, Fabrizio a dit, mais t'inquiète pas, beaucoup de filles restent là.
04:05Sans problème, on a des canapés, il y a la place.
04:09Et donc, les deux, ensemble, m'ont convaincue de rester.
04:13Et les autres mannequins, il y avait deux filles qui étaient là également.
04:18Il y en avait une qui venait de Londres, Jo Kelly.
04:22Elle était vraiment charmante.
04:24Elle m'a dit, moi, je reste là à chaque fois que je viens à Paris.
04:26Donc, ça semblait normal, en fait.
04:28Donc, je suis restée sur le canapé.
04:30On m'a donné un tee-shirt, un oreiller, une couverture.
04:34Et donc, j'ai fini par accepter de passer la nuit.
04:37Et c'est comme ça que j'ai été agressée.
04:39Pourquoi ne pas avoir porté plainte au moment des faits ?
04:43Enfin, juste après.
04:44Je rappelle que ces faits ont eu lieu en 1986.
04:52Oui, ça s'est passé un samedi soir, juste avant Roland-Garros, un match de tennis de Roland-Garros.
05:00Tout le monde était à Paris pour cet événement.
05:04Alors, je me souviens exactement du jour où ça s'est produit.
05:07Et le lundi suivant, je me suis rendue à l'agence.
05:10Je voulais parler à Jean-Luc au propos de ce qui s'était produit, du choc que j'avais.
05:16Il a refusé de me parler. Il a dit qu'il allait appeler la police et qu'il me renverrait
05:20dans mon pays.
05:20Et c'est pour ça que je ne suis pas allée voir la police.
05:22J'étais vraiment terrifiée que je serais renvoyée dans mon pays et que je ne pourrais plus faire du mannequinat.
05:31Jean-Luc était assez intimidant.
05:32Il a dit à mes agents que s'ils me parleraient, ils me renverraient immédiatement.
05:37Et qu'eux aussi seraient renvoyés.
05:41Donc, je me suis retrouvée vraiment isolée d'une minute à l'autre.
05:44Jean-Luc a menacé d'appeler les autorités, de me faire sortir du bâtiment et escorter de la police.
05:52Moi, j'étais jeune, je l'ai cru.
05:55Et j'avais peur de dire quoi que ce soit.
05:57Vous aviez quel âge ?
06:01Il croyait que j'avais 17 ans, mais j'avais 21 ans en réalité.
06:06Je ne lui avais pas dit la vérité sur mon âge, parce que 21 ans, c'était trop vieux pour
06:10faire du mannequinat à l'époque.
06:12Connaissiez-vous Jeffrey Echstein, avant que le scandale éclate ?
06:15Et saviez-vous que Jean-Luc Brunel, celui qui vous a agressé, fournissait des filles pour lui avant que, bien
06:22sûr, que ça soit révélé ?
06:27Non, je ne savais pas qu'il y avait une connexion entre ces deux hommes, malheureusement.
06:33Mais ce soir-là, je sais qu'il y avait d'autres hommes.
06:36Et pour moi, c'était la preuve que Jean-Luc fournissait des filles à des célébrités, bien avant que le
06:42scandale Echstein éclate.
06:43Est-ce que vous avez connu aussi, à ce moment-là, Daniel Siyad, qui était en lien avec le millionnaire
06:48américain ?
06:55Oui, absolument. Non, je n'étais pas impliquée avec Daniel Siyad.
07:02Je l'ai rencontré à un dîner, mais j'ai eu de la chance, je n'ai jamais été directement
07:05en contact avec lui.
07:07Avant Jean-Luc Brunel, je travaillais avec Claude Haddad pour une autre agence.
07:15Et donc, il y a eu des recruteurs avant que je sois à Karen.
07:20Et j'avais quitté cette agence parce que Claude m'avait agressée aussi sexuellement.
07:25Depuis la révélation de ce scandale, est-ce que vous êtes en contact avec d'autres mannequins de l'époque
07:31qui auraient vécu la même chose et qui témoigneraient donc d'un système mis en place ?
07:41Absolument.
07:44Je suis avec un groupe de femmes.
07:47Le titre de ce groupe, l'intitulé, est « Les anges victorieux ».
07:52Et toutes ces femmes ont été agressées par Gérald Marie, Epstein, Haddad, etc.
07:59Et cela a été vraiment un grand soutien parce que moi, je me sentais très isolée dans ce que j
08:03'avais vécu.
08:04En 88, Diane Sawyer a fait un reportage de 60 minutes.
08:09Elle a essayé d'interviewer Jean-Luc Brunel.
08:13Et j'ai vraiment ressenti ce soutien, le fait de voir que ces femmes s'exprimaient,
08:18parce qu'à l'époque, j'avais encore très peur de parler de mon expérience.
08:21Les faits que vous nous révélez ce soir sont prescrits.
08:25Mais qu'attendez-vous quand même de ce témoignage, de vos témoignages et témoignages qu'on recueille,
08:31et de la justice, même s'il ne pourra pas y avoir d'enquête précisément sur ce que vous avez
08:36vécu, vous ?
08:42Alors moi, j'espère vraiment que toute cette attention médiatique ne s'avère pas juste du sensationnalisme,
08:50mais qu'elle permette de créer vraiment un espace sûr pour les jeunes mannequins vulnérables,
08:56même encore aujourd'hui, un espace d'échange, parce que chaque fille s'entend dire qu'elle est extraordinaire,
09:03qu'elle est belle et que potentiellement, elle va réussir.
09:06Et c'est vraiment un système qui traite les filles comme des êtres interchangeables.
09:11C'est vraiment une contradiction d'un point de vue psychologique.
09:13C'est très déstabilisant.
09:15Et ce système maintient les filles dans un état de quête, d'une quête pour une approbation.
09:22Et il faut vraiment qu'il y ait davantage de transparence dans le secteur,
09:25que ce soit le mannequinat ou les actrices, ou les deux,
09:32en particulier pour les étrangères, comme moi, je n'avais pas les papiers,
09:35les bons papiers pour travailler.
09:37J'étais très vulnérable.
09:38Je dépendais sur eux pour tout, pour le logement, pour tout.
09:43Ces gardiens, ces hommes très puissants.
09:46Et d'un moment à l'autre, on pouvait tout m'enlever.
09:48Donc j'avais très peur.
09:50Et je pense vraiment qu'il faut mettre en place des sauvegardes
09:53pour aider les jeunes femmes, pour soutenir ce secteur que nous aimons tous.
09:58Une dernière question.
09:59Est-ce que vous pensez que cette époque est révolue ?
10:11Alors, j'aimerais que ce soit le cas.
10:15Mais malheureusement, je crois que des gens haut placés
10:21se sentent au-dessus des lois.
10:24Et s'ils continuent à s'en sortir comme ça,
10:26eh bien, les choses continueront comme ça.
10:29Et je crois que cette interview d'aujourd'hui
10:32et les autres, tout ce qui est sorti
10:34depuis la sortie des dossiers Epstein
10:36montrent qu'il faut vraiment
10:38que cette impunité cesse,
10:41cette société patriarcale cesse
10:42pour que les femmes dans ce secteur
10:44soient plus en sécurité
10:45et les autres personnes vulnérables.
10:47Merci, merci madame d'avoir été en direct avec nous.
10:49Merci pour ce témoignage ce soir.
10:52Et puis, lorsqu'on parle d'Epstein,
10:54on revient bien sûr sur les conditions de sa mort en prison,
10:58ce doute.
10:59Alors, ce n'est pas un doute pour le frère d'Epstein,
11:01Jeffrey Epstein, Raphaël Grabli, bonsoir,
11:03parce qu'il est persuadé que son frère a été tué,
11:06qu'il s'agit d'un faux suicide.
11:08Je vous propose de l'écouter.
11:11À ce stade, je sais qu'il a été assassiné.
11:15Ils sont sortis de l'autopsie
11:17et ils ont dit qu'ils ne pouvaient pas conclure
11:19à un suicide parce que ça ressemblait trop
11:21à un homicide.
11:22Sur le certificat de décès initial,
11:24à la rubrique « cause du décès »,
11:26il était indiqué en attente
11:28d'études complémentaires.
11:31J'accuse le ministère de la Justice
11:33d'avoir dissimulé le meurtre de Jeffrey.
11:39Est-ce que c'est plausible ?
11:41En tout cas, ce qui est vrai,
11:42c'est qu'il y a beaucoup de questions
11:43qui se posent depuis le 10 août 2019,
11:45depuis le jour de la mort de Jeffrey Epstein.
11:47Pour comprendre un petit peu l'origine de tout ça,
11:49c'est qu'il y a une autopsie,
11:51une médecin légiste qui autopsie le corps
11:53de Jeffrey Epstein, qui conclut un suicide
11:55et il y a les avocats de Jeffrey Epstein
11:57qui envoient un autre médecin légiste
11:59en tant qu'observateur.
12:00Et en fait, tout le débat,
12:01pour dire les choses très concrètement,
12:04c'est sur l'analyse des os au niveau des cervicales
12:07pour savoir si les fractures de ces os
12:09sont compatibles avec une pendaison
12:12ou si ce serait plus une strangulation
12:14et donc un assassinat.
12:16Le médecin légiste de la famille Epstein
12:20estime que ça n'est pas possible,
12:21que c'est forcément une strangulation.
12:23Ce qui contredit la version
12:25de la médecin légiste officielle,
12:26celle qui a fait l'autopsie,
12:27mais il y a aussi, évidemment,
12:29depuis d'autres médecins légistes spécialistes
12:31qui ont été contactés notamment par les médias
12:33et qui estiment que si, notamment,
12:35en fait, à un âge de 66 ans,
12:37les os à ce niveau-là sont plus fragiles
12:40et donc ce serait compatible.
12:41Mais en fait, ce n'est pas qu'une histoire
12:42de médecin légiste,
12:43c'est aussi tout, on va dire,
12:45le contexte, c'est-à-dire des gardes
12:46qui devaient faire des rondes,
12:47des rondes qui n'ont pas été faites
12:49à ce moment-là.
12:50Les caméras de vidéosurveillance
12:52qui étaient en panne.
12:53Des caméras de vidéosurveillance
12:54qui étaient dysfonctionnelles.
12:56Après, il y a eu une enquête,
12:57il y a eu une enquête de 2000 pages,
12:59notamment du Bureau fédéral des prisons
13:01et qui, en fait, conclut surtout
13:03un immense manquement général,
13:05c'est-à-dire des manquements
13:06à tous les étages.
13:07Jeffrey Epstein devait notamment être
13:08avec quelqu'un dans sa cellule,
13:10justement, pour des raisons de sécurité.
13:11Cette nuit-là, la nuit du 9 au 10 août 2019,
13:14il est seul et donc c'est plus,
13:16on va dire, aux yeux de la justice américaine.
13:19On n'a pas suffisamment surveillé.
13:21Si ce n'est quand même,
13:22je rappelle qu'à l'époque,
13:23le 10 août 2019,
13:24il y a quand même un homme
13:25qui retweet un message
13:26qui, lui, est totalement complotiste
13:27qui estime que Bill Clinton
13:28a fait assassiner Jeffrey Epstein.
13:30C'était Donald Trump
13:31qui était président des États-Unis.
13:32Merci Raphaël et Grable.
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