- il y a 1 jour
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00d'éplucher les épisodes, les rebondissements dans l'affaire Epstein.
00:04Alors ça se passe aux Etats-Unis en ce moment avec l'audition devant le congrès de la ministre de
00:09la Justice,
00:10Madame Pam Bondy, pour savoir si l'administration Trump, même si elle a été obligée,
00:16parce que la loi lui imposait de publier ses documents, si elle a étouffé, cherché à cacher des noms ou
00:22pas.
00:22Dans tous les cas, aujourd'hui, ça rebondit en France avec un scandale qui touche le quai d'Orsay.
00:28En fait, il s'agit de Fabrice Edan, qui a été cité à plusieurs reprises dans ses dossiers,
00:34parce qu'il aurait transmis au criminel sexuel américain des informations diplomatiques,
00:39il lui aurait rendu aussi service, et il aurait consulté des fichiers pédopornographiques.
00:44Ça se passe en 2013, et il y a un signalement du FBI, les agents fédéraux américains,
00:50aux Nations Unies, et ensuite au quai d'Orsay, Ulysse Gosset.
00:53Oui, absolument. Ce qu'il faut préciser, c'est que l'affaire éclate lorsque le diplomate en question
00:58ne travaille pas directement pour le quai d'Orsay.
01:01Il est détaché, comme l'on dit, auprès des Nations Unies,
01:05et c'est dans ce cadre-là, donc ne travaillant pas pour la mission française aux Nations Unies,
01:08c'est important de faire la différence,
01:10il travaille pour les Nations Unies, et c'est dans ce cadre-là qu'il entre en contact avec Jeffrey
01:15Epstein,
01:15et qui lui rend effectivement de nombreux services,
01:18les plus importants étant, par exemple, des transferts financiers, jusqu'à 250 000 euros,
01:22ou des petits services, comme par exemple donner les pointures des amis Jeffrey Epstein
01:28pour qu'ils puissent acheter des chaussures et leur faire des cadeaux.
01:30Vous voyez, ça va du très haut au très bas.
01:34Et effectivement, lorsque les Nations Unies sont alertées,
01:38et lancent l'enquête à l'intérieur des Nations Unies,
01:40et que le FBI prend le relais, il est, comment dire, soupçonné d'être un habitué des sites pédopornographiques.
01:49Et c'est à ce titre que le FBI lance une enquête.
01:52Quand cela est connu, la décision est prise de l'exfiltrer.
01:57Alors cette fois, c'est là où l'ambassadeur de France aux Nations Unies intervient,
02:00en tant que patron de la France aux Nations Unies, Gérard Haro,
02:05il décide de lui demander de partir.
02:08Gérard Haro, aujourd'hui, dit, je ne sais pas comment il est parti,
02:11mais ce que l'on sait, c'est qu'il est parti, non pas par un vol régulier pour la
02:15France,
02:15mais qu'il a dû passer par la frontière canadienne pour réviser les contrôles.
02:19Il est parti au Canada, et ensuite il a pris l'avion pour la France.
02:23Ensuite, l'histoire ne s'arrête pas là.
02:24– Oui, parce qu'il a été récupéré par le Quai d'Orsay, en quelque sorte.
02:27– Non, non, il revient à Paris, et là, il est détaché à nouveau,
02:30et il travaille pour l'UNESCO, toujours pas pour le Quai d'Orsay.
02:34Il travaille pendant plusieurs années pour l'UNESCO,
02:36et ensuite, il quitte l'UNESCO, et il est toujours détaché, si j'ose dire,
02:41et il travaille cette fois pour un groupe privé, pour le géant de l'énergie, ENGIE.
02:45La question qui est posée, c'est pourquoi, lorsqu'il rentre à Paris,
02:48alors qu'il est l'objet d'une enquête du FBI,
02:50qu'on accuse de crimes très graves ?
02:53– Pourquoi il ne se passe rien ?
02:54Pourquoi le Quai d'Orsay n'ouvre pas immédiatement une enquête administrative ?
02:57Pourquoi il est toujours dans les effectifs, même s'il est en congé sans solde, du Quai d'Orsay ?
03:01Pourquoi il ne fait pas l'objet d'une procédure disciplinaire ?
03:05Ça, c'est la question qui est posée aujourd'hui.
03:07– Il y a eu des poursuites aux États-Unis du FBI ou pas ?
03:10– Non, il y a eu une enquête, il n'y a pas eu d'inculpation.
03:14Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que, évidemment, Jean-Noël Barreau,
03:18l'actuel ministre des Affaires étrangères, dit…
03:20– On l'écoute.
03:21– C'est absolument scandaleux, mais il ne donne pas les réponses.
03:24Pourquoi le Quai d'Orsay n'est pas intervenu ?
03:25– Justement, on va écouter Jean-Noël Barreau, puis on continue d'évoquer cette histoire.
03:29– Quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré.
03:33Cette fuite de mails par centaines de milliers par millions est effarante.
03:37Et elle soulève des soupçons très sérieux, très graves.
03:40Des soupçons de violences sexuelles à l'encontre de femmes et de jeunes filles.
03:46Des soupçons de malversations financières.
03:48Et des soupçons également de tentatives d'influence et peut-être d'interférence
03:53avec la vie politique de pays européens et peut-être même la vie politique française.
03:58– On dit que cet homme en question est un proche d'Emmanuel Beaune,
04:03qui est l'actuel conseiller diplomatique d'Emmanuel Macron, ce qu'on appelle le Sherpa.
04:08Est-ce qu'il a pu être protégé, en fait, cet homme, qui semble avoir de l'entre-jean
04:12et qui a continué finalement à travailler, détaché, certes ?
04:15– Il était dans la délégation française autour d'Emmanuel Macron au Maroc.
04:18Il y a des photos qui l'attestent.
04:20Donc on se dit, pour quelqu'un qui était peut-être sulfureux
04:24ou qu'on a voulu exfiltrer, il continuait d'avoir ses entrées au Quai d'Orsay.
04:27– Non mais clairement, le Quai d'Orsay a manqué, je dirais, de décisions dans cette affaire.
04:34Il aurait dû faire l'objet d'une enquête administrative, d'une mesure disciplinaire.
04:39Il aurait dû être remercié du Quai d'Orsay.
04:42Et il a effectivement, grâce à ses relations, pu rester dans les arcanes.
04:46Mais encore une fois, lorsque l'affaire éclate, il n'est pas en mission pour le Quai d'Orsay.
04:50Donc ça explique peut-être les choses, mais surtout, il y a eu la volonté d'étouffer un scandale.
04:55– Oui, quand même. – En fermant les yeux. Non mais clairement…
04:57– D'autant que du travail d'enquête avait déjà été fait.
04:59Le journaliste Vincent Jauvert, dans un livre, La face cachée, je pense, du Quai d'Orsay,
05:04ne nomme pas… – Mais parle de cette affaire.
05:07– … parle dans le détail de cette affaire.
05:10Donc le Quai d'Orsay, évidemment, savait qu'il y avait quelque chose.
05:13– À l'époque, c'était Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, en 2013.
05:16Et ici, HRL, bonsoir, vous êtes grand emporteur à la cellule d'investigation de Radio France.
05:20Il y a bien un volet français de l'affaire Epstein.
05:22On a entendu le président Macron qui disait, non, attendez, c'est surtout un problème américain.
05:25On voit quand même qu'il y a un volet français.
05:27– Il y a des volets français, on l'a vu avec Jack Lang, mais au niveau des victimes, il
05:31y a un volet français.
05:32Et notamment, il y a une victime qui a porté plainte il y a deux jours
05:36contre ce qui est peut-être présumé un recruteur de jeunes femmes pour Jeffrey Epstein.
05:43Donc cette femme, c'est une Suédoise qui a aujourd'hui 56 ans, qui en avait 20,
05:47quand elle dit avoir été violée par cet homme qui s'appelle Daniel Siad.
05:51C'est un Algérien qui aurait la nationalité suédoise.
05:55C'est un peu flou, son portrait est un peu flou encore.
05:59En tout cas, ce qu'on sait, ce qu'elle a dit lors de son audition,
06:03c'est qu'il l'a recrutée comme ça dans la rue.
06:05Ensuite, il a posé un traquenard, il lui a dit « Viens donc à Monaco,
06:10j'ai un shooting à te faire passer pour une ligne de baillot de bain ».
06:13Elle, avec ses petits sous, elle y va.
06:14Et quand elle arrive, en fait, le casting, le shooting est déjà passé.
06:17Elle est censée dormir dans une grande et belle maison à Cannes.
06:20La maison est fermée, il lui propose d'aller dormir dans le Poulaous.
06:23Là, il y a un matelas miteux, il la viole dessus.
06:25Ensuite, elle dit « Attends, je n'ai pas de boulot, elle n'a pas d'argent, elle est toute
06:28seule ».
06:28Donc il l'amène à Paris, c'est ce qu'elle dit.
06:30Elle lui présente le grand patron de l'agence Élite,
06:34qui est l'agence où il y a Naomi Campbell et Linda Evangelista, etc. à l'époque.
06:39Et là, quand elle en parle, c'est un peu comme si ce Daniel Siad,
06:43donc supposé recruteur pour Jeffrey Epstein, je vous expliquerai pourquoi après,
06:49il lui livre « cette femme » et qui se fait violer par ce patron de l'agence Élite.
06:55Elle a porté plainte après, la plainte a été classée parce que les faits étaient prescrits.
06:58Et ensuite, elle va à une soirée chez ce monsieur de l'agence Élite avec le fameux recruteur.
07:03Et là, il y a des tas de jeunes filles qui déboulent et il leur demande de défiler en petites
07:09culottes,
07:09les seins nus, etc.
07:10Ensuite, elle monte à Paris.
07:12Et elle retrouve en fait l'identité de ce Daniel Siad qui avait pris une fausse identité
07:16en découvrant sa photo dans l'élu.
07:18Alors, cette jeune femme dont vous parlez, BFM TV, a réussi à la joindre.
07:22Voilà ce qu'elle disait.
07:25Daniel m'a approché avec un groupe de personnes et m'a dit que je pourrais faire une carrière
07:31comme top model.
07:32Et il m'a demandé si j'avais un agent.
07:35Moi, j'ai dit non.
07:37Il m'a dit « tu devrais venir à Paris en France.
07:39Moi, j'ai du travail pour toi ».
07:45Il m'a dit « j'ai un ami qui a une maison, je lui ai parlé, on peut y
07:48aller ».
07:49J'ai pris mes affaires.
07:51Quand on est arrivés, la maison était fermée.
07:53Il n'y avait personne.
07:54Et il m'a dit « ne t'inquiète pas, on pourra dormir dans la cabane de la piscine ».
08:02Il a voulu se rapprocher.
08:04Et moi, je disais « j'ai un petit copain en Suède, garde tes distances ».
08:10Mais il continuait, encore et encore.
08:14Et il m'a violée.
08:18Il m'a violée dans cette cabane de piscine.
08:22Il y a eu plusieurs incidents.
08:24Daniel m'a menacée parce qu'il m'a vu parler à quelqu'un que je connaissais dans la rue.
08:29Et là, il m'a menacée de mort.
08:32Il a menacé de me tuer.
08:34Et forcément, j'étais terrifiée.
08:38Donc, elle a raconté en détail, effectivement, ce qui lui était arrivé.
08:42Viole.
08:42Elle a 20 ans à l'époque.
08:43Elle a 20 ans.
08:44Donc, on est à l'heure.
08:45Daniel Sillade qui se défend.
08:47Oui, il a posté une vidéo.
08:49On l'a diffusée hier.
08:50Il dit « je n'étais pas rabatteur, j'étais juste recruteur ».
08:54Et lui, il dit de toute façon, parce que les accusations, c'est aussi qu'il alimentait Epstein en jeune
09:00fille.
09:00Il dit « mais moi, j'étais au courant de rien ».
09:02Il est où, lui ? Il est en Suède ?
09:03Apparemment, il est en Suède, lui, actuellement.
09:06Il dit qu'il est prêt à donner des preuves, etc.
09:08Mais enfin, nous, on a essayé de le joindre, puisque j'ai aussi interviewé cette jeune femme hier.
09:12Et il n'a pas répondu.
09:14Ce qui est terrible dans cette affaire, c'est qu'on tire plein de fils.
09:17C'est-à-dire qu'il y a à la fois le volet criminel avec du viol.
09:20On a le volet pédocriminel, parce qu'on a des gens qui sont mineurs.
09:25Il y a le volet financier.
09:26Il y a le volet financier.
09:27Il y a le volet diplomatique aussi, savoir s'il n'y a pas des documents confidentiels qui ont été
09:33transmuts.
09:34Enfin, pour le volet pédocriminel, là, c'est de votre ressort.
09:38Là, il faut encore attendre pour que ce soit étayé, qu'il y ait des preuves, qu'il y ait
09:41des témoignages qui continuent.
09:43Mais en fait, non, c'est scandaleux.
09:46On attend, mais c'est toujours la même chose.
09:48En France, quand on parle de pédocriminalité, ça repose toujours sur les victimes.
09:52Enfin, je veux dire, à un moment donné, on le sait.
09:54Je veux dire, on ne découvre pas combien de personnes...
09:57Évidemment qu'il y a plein de noms qui sont cités, où les choses ne sont pas prouvées.
10:00Sauf que toutes les personnes qui étaient proches d'Epstein le savaient.
10:04C'est toujours la même chose.
10:05C'est-à-dire que c'est un système où il y a ceux qui détendent le regard, ceux qui
10:10en sont complices, etc.
10:12Donc, encore une fois, nous, on demande une réouverture de l'enquête.
10:17Ce qui est aussi assez curieux, c'est que quand il y a eu la perquisition du domicile d'Epstein
10:24en France,
10:25ensuite, le procureur de la République avait sollicité la procureure générale à la Cour d'appel de Paris
10:31en demandant qu'il y ait un travail en lien avec les autorités américaines.
10:38Il ne s'est rien passé depuis.
10:40Je veux dire, on ne découvre pas.
10:41Donc, un peu de dignité et de respect pour les victimes qui, pour certaines, ont le courage de parler,
10:48alors qu'on a affaire à des personnes qui sont extrêmement puissantes.
10:51Et aujourd'hui, le gouvernement a fait appel, justement, en disant que les victimes se manifestent
10:57et qu'elles saisissent la justice.
10:58OK, mais qui les protège, en fait, ces victimes ?
11:00Qui les protège ?
11:01Alors, on parlait de ce diplomate, Fabrice Edan.
11:05Son avocate vient d'envoyer un communiqué de presse, c'est Maître Jad de Doucenin.
11:10Voilà ce que dit ce communiqué.
11:13Son client rejette toutes les informations qui ont été indiquées,
11:19notamment ces prétendus faits de 2013 qui sont totalement purement faux.
11:23Il n'y a jamais eu la moindre consultation de site à caractère pédopornographique.
11:28Le FBI a déjà enquêté et ne m'a jamais poursuivi.
11:32Les investigations menées en France sont arrivées à la même conclusion.
11:36Évidemment, Fabrice Edan se tient à l'entière disposition de la justice pour répondre à ces questions.
11:43Donc, il dément avoir consulté des images à caractère pédopornographique
11:48et rappelle que l'enquête n'avait rien donné.
11:50Ou des soupçons de consultation ?
11:52– Soupçons, c'est bien la grande différence.
11:54Mais ce qui est clair, c'est que lorsqu'il travaillait pour les Nations Unies,
11:58eh bien, le FBI a mené une enquête et a alerté les Nations Unies,
12:02mais il n'y a pas eu de charge retenue contre lui.
12:03Mais lorsque le quai d'Orsay, en la personne de l'ambassadeur de France aux Nations Unies,
12:09pour lequel il ne travaillait pas, ce n'était pas son patron direct,
12:12lorsqu'il a compris qu'il y avait une menace de scandale,
12:14il lui a vertement conseillé de partir.
12:18– Mais ce que dit l'avocat, c'est qu'il y a eu une enquête côté français,
12:21qu'elle n'a rien donné, peut-être que, donc, l'avait de tout soupçon,
12:25il a pu ensuite continuer sa carrière,
12:27et ça expliquerait que le ministère des Affaires étrangères n'a pas donné suite à cette affaire aussi.
12:31– Oui, enfin, à ma connaissance, il n'y a pas eu d'enquête officielle du quai d'Orsay.
12:35Il faudrait vérifier auprès du quai et de l'ambassade.
12:37– Pour savoir s'il a eu lieu aux États-Unis, il n'a pas fait l'objet de poursuites,
12:43mais il a jugé que la situation était, et les diplomates français aux Nations Unies ont jugé aussi
12:47qu'il était préférable qu'il s'en aille pour éviter un scandale
12:50qui aurait évidemment des retombées pour l'image de la France.
12:53– On a Thomas Huchon qui est avec nous, journaliste spécialisé en la lutte contre la désinformation,
12:57et il a écrit ce livre aux éditions First Résisté aux Fake News.
13:01– Tous ces éléments qui s'accumulent, Thomas Huchon, c'est du pain béni pour les complotistes, là.
13:07– Non, en réalité non, je crois que c'est une mauvaise manière de voir les choses.
13:12Je crois qu'au contraire, cette affaire qui éclate et sur laquelle des journalistes sérieux sont en train d'enquêter,
13:18montre bien que seule la grande presse professionnelle peut enquêter sur ce type de sujet,
13:23et que de simples citoyens qui s'improvisent, reporters sur les réseaux sociaux,
13:27et qui sortent des choses souvent en leur sortant de leur contexte,
13:32ou sans avoir de responsabilité à ce qu'ils disent,
13:35ils posent beaucoup plus de problèmes à ce type d'affaires qu'ils n'en résolvent.
13:39Et je voudrais rappeler qu'au début des années 2020, en pleine furie,
13:44quanone aux États-Unis, vous savez ce mouvement complotiste qui imagine l'existence
13:48d'un réseau pédophile sataniste qui dirigerait le monde en secret,
13:52et bien il y a entre 60 et 80 associations et groupes qui luttent contre la pédocriminalité
13:57réellement sur le terrain, qui ont expliqué que les propos complotistes d'Equanone
14:01nuisaient à leur travail.
14:03Donc je crois que les associations sérieuses qui luttent contre la pédocriminalité
14:06ont plus besoin de la justice française et d'un soutien des forces de police
14:11que de complotistes qui disent n'importe quoi sur les réseaux.
14:16– Mais là, quand on voit les documents qui sont caviardés aux États-Unis devant le Congrès,
14:24on dit pourquoi est-ce que vous avez mis les noms des victimes et pas les noms des personnalités,
14:29pas certains noms, là pour les complotistes, vous voyez, ça nous donne raison au contraire.
14:34– En réalité, c'est assez bizarre de la part des complotistes qui ont porté au nu Donald Trump
14:39et son administration de nous expliquer aujourd'hui que sa propre administration
14:42serait en réalité l'auteur d'un complot contre la vérité.
14:46Il y a quelque chose de totalement contradictoire dans cette proposition
14:50et l'idée qu'il y aurait en réalité une volonté aujourd'hui des autorités américaines
14:58de comploter pour faire taire la vérité, ça ne colle pas du tout au narratif des complotistes
15:02qui prétendaient que… Excusez-moi, j'ai mes enfants à côté, je suis vraiment désolé.
15:05– Je vous en prie.
15:07– Ah, c'est la vraie vie, c'est la vraie vie, on est mercredi, oui.
15:12– On est mercredi, effectivement, et il faudrait que les affaires Epstein
15:15se déclarent autre jour que dès mercredi, mais…
15:17– Thomas, on voulait gérer, on va continuer avec Raphaël, allez-y, allez-y.
15:22– Pouvez-moi s'il vous plaît, Olivier, préciser une chose.
15:25En fait, je trouve qu'il y a quelque chose de paradoxal à imaginer aujourd'hui
15:31que la révélation de ces affaires Epstein, qui est une vraie affaire,
15:35avec des vrais faits documentés, sur lesquels il faut enquêter,
15:37sur lesquels il y aura certainement beaucoup de temps avant qu'on arrive à démontrer des choses,
15:41eh bien, ce serait la preuve que le système est pourri.
15:43En réalité, je crois que c'est plutôt l'inverse.
15:46Ça montre bien que quand il y a des documents, eh bien, on peut travailler.
15:49Après, que l'administration américaine ait essayé de caviarder un certain nombre de choses,
15:55ça me fait penser à la stratégie de Steve Bannon, vous savez, le conseiller de Donald Trump,
15:59qui est d'ailleurs très cité dans les documents Epstein,
16:02c'est l'idée de « flood the zone with shit »,
16:06c'est-à-dire de répandre tellement de choses que tout le monde a l'air pourri
16:09et que tout le système a l'air pourri.
16:11La réalité, c'est pas exactement ça.
16:13Il faudra du temps, il faudra des journalistes sérieux pour travailler sur ces questions,
16:16mais ne laissons pas les complotistes dicter la marche à suivre sur ce sujet-là.
16:22Au contraire, je pense que ça serait faire une énorme erreur,
16:24notamment pour les victimes, qui sont celles qui méritent aujourd'hui la vérité sur ces sujets.
16:29– Merci Thomas Huchon, Raphaël Grabli.
16:30– Merci à vous.
16:31– En fait, la difficulté, c'est qu'on est dans une fenêtre temporelle assez compliquée.
16:35Pourquoi ? Parce qu'il y a tous ces documents qui sont révélés
16:37et qui donnent beaucoup de travail aux journalistes.
16:39Et donc, on se donne, on est en plein dans une fenêtre où on apprend.
16:42Alors, ça va vite, les journalistes travaillent quand même plutôt vite,
16:44il y a beaucoup d'articles qui sortent quand même.
16:45Mais on est dans une période qui va durer plusieurs semaines, plusieurs mois,
16:50peut-être plusieurs années,
16:51où il y a ces documents qui posent beaucoup de questions
16:53et on n'a pas encore les réponses.
16:56Et où ces complotistes disent, mais vous voyez bien,
16:59on a des noms, on a une idée de qui peuvent être les complices
17:02et les médias ne disent rien.
17:03Oui, mais les médias ne disent rien.
17:04Déjà, les médias, je pense, racontent cette histoire et expliquent cette histoire,
17:08mais les médias ne disent rien concernant les gens
17:10qu'on ne peut pas non plus jeter en bâture.
17:11– Oui, mais on est face à des manipulations, des photos truquées,
17:14face à des faux vidéos aussi.
17:15– Exactement, et par ailleurs, il y a les vrais documents
17:18et il y a aussi des faux, effectivement, qui viennent en plus.
17:21– Vous en avez trouvé sur Twitter ?
17:22– Oui, alors, le problème, c'est que vous avez autant de théories complotistes
17:25que de complotistes avec cette histoire,
17:27tellement vous avez de sources et de matières premières.
17:31Par exemple, je suis tombé sur cette publication Twitter
17:35qui est extrêmement relayée,
17:37qui affirme par exemple que Epstein,
17:39alors là, c'est une fausse photo générée par IA,
17:41qui a pris Jeffrey Epstein, qui lui a rajouté de la barbe,
17:43qui serait toujours en vie, si je comprends, en Israël,
17:46et dans les rues de Tel Aviv.
17:47– Oui, alors, exactement, être à Tel Aviv,
17:49ce n'est pas du tout anodin, pourquoi ?
17:50Parce que vous en avez certains qui voient derrière Jeffrey Epstein
17:52la main du Mossad.
17:54Donc, vous avez des publications comme ça
17:56qui reviennent sur les réseaux sociaux,
17:58alors chacun y voit, entre guillemets, ce qu'il veut.
18:00Et ça, effectivement, alors, ce qui est inquiétant,
18:01c'est que ça, pour le coup, ça a été relayé
18:04par une journaliste du Sunday Times,
18:06donc ce n'est pas n'importe qui,
18:08et elle s'en est excusée, je le précise,
18:09elle s'en est excusée, c'est une fausse photo par IA,
18:12et à gauche de Jeffrey Epstein,
18:14c'est censé représenter Isaac Herzog,
18:15le président d'Israël.
18:16Donc, vous voyez que cette fausse théorie,
18:18ces fausses théories,
18:19là, je prends l'exemple du Mossad,
18:20parce que c'est celle qui est l'une des plus relayées,
18:24mais il y a la piste de la Russie aussi.
18:25Et il y a des éléments qui peuvent...
18:27– À qui profite le crime ?
18:27– Comment ?
18:27– À qui profite le faux ?
18:28– Non, mais en fait, il y a du factuel,
18:30il y a des éléments qui peuvent permettre
18:31de poser des questions,
18:32mais ce que disent les complotistes,
18:33c'est qu'on a déjà les réponses.
18:34– Laetitia Chérel, comment on fait
18:35pour justement s'y retrouver
18:37lorsque, comme vous, on enquête
18:38avec ces 1.6 millions de documents ?
18:40– Ça fait 10 jours qu'on est tous
18:41sur ces files sur Epstein,
18:44et ce que je peux vous dire,
18:45c'est qu'en fait, c'est vrai
18:46qu'il y a des tas d'éléments
18:47qui manquent de contexte.
18:48On a des mails avec un destinataire
18:52qui est biffé en noir,
18:54on a zéro contexte,
18:55quelquefois, on a des messages
18:57du genre « Bonne Pâque »,
18:58on trouve absolument de tout,
19:00et même quand on a un document,
19:01quelquefois, on ne sait pas d'où il vient,
19:03on voit bien que c'est des réponses
19:04à un autre mail,
19:04et le contexte, c'est quand même important
19:06pour établir des faits,
19:08et on manque de contexte.
19:09Donc, on peut taper juste un mot-clé,
19:11mais vraiment, c'est une plongée en apnée,
19:13je veux vous l'assurer.
19:14– Ça participe de la stratégie,
19:16c'est-à-dire que c'est exactement,
19:17c'est pur jus Trump,
19:18la saturation de l'espace média
19:21avec la publication d'un coup
19:24de 3 millions de documents,
19:26et effectivement, on peut y projeter
19:27tous nos fantasmes complotistes,
19:29parce qu'il est possible de faire
19:30avec ce matériel à peu près
19:31tout ce qu'on veut.
19:32Et en attendant, il y a probablement
19:34des gens qui sont au calme,
19:36ils se disent pendant qu'on court
19:37après qu'on ne sait pas le mois.
19:38– Oui, ce que je veux dire,
19:39c'est que quand même,
19:40quand on tire un fil,
19:41quelquefois, c'est le bon.
19:42Par exemple, sur le fameux Daniel Siad,
19:43qui vient d'être visé par une plainte,
19:47on s'aperçoit grâce à ses files
19:48qu'en fait, il est un recruteur
19:50de Jeffrey Epstein,
19:51que lui-même, il a organisé un système
19:53où il va dans des villes,
19:54il repère des mannequins,
19:55il lui donne à Epstein
19:57les dimensions des mannequins,
19:59il lui envoie des photos,
19:59lui, il dit « oui, ça c'est bien,
20:01tu me fais un rendez-vous ».
20:03Donc il y a quand même tout ça
20:04et on arrive à voir
20:05le système d'alimentation
20:07de Jeffrey Epstein.
20:08– Merci, mais ça prend du temps.
20:08– Merci, dans un instant,
20:10on va donner la priorité au direct
20:12à ce qui se passe aussi
20:12au palais de justice à Paris
20:13parce que c'est la plaidoirie
20:15des avocats de Marine Le Pen.
20:17Une plaie de la relaxe,
20:18le procès est en train de se terminer,
20:20donc on va aller voir ce qui se passe
20:22pour celle qui est pour le moment
20:23toujours candidate
20:24à l'élection présidentielle.
20:25– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires