00:00Le carrefour de l'info sur Arabel.
00:06Et c'est l'heure de notre pause technique avec Hamza Benakbir. Bonjour.
00:10Bonjour Tariq.
00:10Merci d'être avec nous sur Arabel. Alors Hamza, bien évidemment, 600 jours sans gouvernement régional et enfin, dirait-on,
00:16une fumée blanche.
00:17Nous avons donc une déclaration de politique régionale. Soulagement ?
00:23Soulagement, disons plutôt un atterrissage tardif, très tardif.
00:27Donc un duron trop tardif.
00:29Bruxelles a attendu plus de 600 jours, 600 jours d'atermoiements, de jeux d'appareils, de calculs minuscules pendant que
00:36les enjeux, eux, ils étaient gigantesques.
00:38Et au bout du tunnel institutionnel, un document de 24 pages naviguant entre du très vague et du trop précis.
00:4424 pages pour une capitale européenne en crise budgétaire, sociale, climatique et démocratique.
00:49C'est court quand même.
00:51Trop court pour la hauteur du vertige.
00:53Quand l'histoire bégaye, on ne répond pas par une brochure.
00:56Alors vous trouvez la déclaration insuffisante ?
00:59Je dirais qu'elle est plutôt concentrée.
01:01Elle dit vouloir se focaliser sur les plus grands chantiers, très bien.
01:04Mais quand on lit le chapitre budgétaire, on comprend vite la ligne directrice.
01:08Retour à l'équilibre budgétaire en 2029.
01:1180% de l'effort budgétaire par la maîtrise des dépenses et 20% par l'optimisation des recettes fiscales.
01:19En clair, l'essentiel de l'ajustement passera par des coupes et des réformes structurelles dans les services publics.
01:254-5ème de l'effort budgétaire sur la dépense, c'est massif.
01:29Et quand on sait que le ministre tiendra les cordons de la bourse, les Bruxellois et les Bruxelloises auraient tort
01:34de dormir tranquille.
01:36Une capitale qui taille d'abord dans ses services publics pour se redresser prend le risque de scier la branche
01:42sur laquelle elle est assise.
01:43Alors Hamza, il y a quand même des choix forts dans cette déclaration de politique générale, mobilité, simplification, emploi ?
01:50Oui, il y a des choix, je ne le nie pas.
01:51La suspension du métro 3 vers Bordet, la diminution de la dotation du musée Canal.
01:56Oui, la fusion de quelques administrations en pilier, logique d'efficience, moratoire sur le personnel en 2026.
02:03On parle de rationalisation, de monitoring, de plafond d'endettement.
02:07Le vocabulaire reste quand même celui de la discipline.
02:10Je ne nie pas la contrainte budgétaire que vit Bruxelles.
02:13Bruxelles est à un moment budgétaire très critique.
02:16Mais les finances d'une ville ne sont pas gérées comme ceux d'un ménage.
02:20Alors Hamza, pourtant, certains progressistes diront que c'est déjà quand même une victoire d'avoir écarté la N-VA.
02:26Alors soyons justes, oui.
02:28Le parti nationaliste et séparatiste du Premier ministre ne dirigera pas notre capital, ce n'est pas rien.
02:34Dans un contexte où le gouvernement fédéral est maire engagé.
02:36La N-VA annonce les mesures qui vont précipiter des dizaines de milliers de Bruxellois dans la pauvreté.
02:42Éviter une mise sous tutelle idéologique était indispensable.
02:46Mais ne confondons pas absence du pire et présence du meilleur.
02:50Ce n'est pas parce que la N-VA ne gouverne pas Bruxelles que Bruxelles gouvernera nécessairement d'une manière
02:56courageuse.
02:57Alors vous souhaitiez un attelage, disons, plus en confrontation avec notre gouvernement fédéral ?
03:02J'attendais quand même au moins un rempart. Un gouvernement bruxellois capable de résister frontalement à une politique fédérale qui
03:08fragilise les plus précaires.
03:10Or, à la lecture de cette déclaration, je vois surtout un gouvernement qui promet l'équilibre budgétaire, l'attractivité économique,
03:15la simplification administrative.
03:17Ce sont des objectifs légitimes.
03:20Mais quand 40 000 Bruxellois risquent de basculer dans la pauvreté, on ne peut pas répondre uniquement par un comité
03:27de monitoring.
03:27Alors quand même, dans le texte, on parle du social.
03:30Le texte parle de cohésion sociale, de lutte contre le sans-abris, de santé de proximité, de logement accessible.
03:36Très bien.
03:38Mais ces ambitions devront survivre à la contrainte des 80% d'efforts sur la dépense.
03:43Si les économies touchent prioritairement les services publics, les politiques sociales et les outils de proximité,
03:50alors la cohésion sociale deviendra un slogan creux.
03:53Et Bruxelles ne peut pas se permettre des slogans à l'heure actuelle.
03:56Voilà, c'est la conclusion de la pause technique d'Amza Belakbir.
03:59Merci d'avoir été avec nous sur Aram.
04:00Merci Tariq, à la prochaine.
04:01A la prochaine.
04:02On se retrouve dans quelques instants pour la suite de votre Café de la Faux.
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