00:00Je voulais revenir un peu sur les propos d'Emmanuel Macron ce matin sur Radio-J,
00:03parce que non seulement il vous classe à l'extrême gauche, mais il a des propos très très durs.
00:06Il dit que vous ne respectez pas les principes fondamentaux de la République, notamment sur l'antisémitisme.
00:11C'est la première fois qu'un président de la République accuse LFI d'être un parti antisémite, d'une
00:16certaine manière.
00:17Vous lui répondez quoi ?
00:19Je vais vous répondre sur l'antisémitisme, mais ils prennent un risque considérable, l'extrême-centre,
00:27ou appeler les extrêmes libéraux de faire ça. Parce qu'en juillet 2024, ils n'ont pas refusé nos voix
00:32pour être élus et pour sauver leurs députés.
00:34Quand nous, nous avons appelé à se désister quand nous étions troisième...
00:38Ils le démentent allègrement.
00:39Oui, ils le démentent, mais enfin tous les chiffres le montrent. 72% de l'électorat de gauche a été
00:43voté au deuxième tour,
00:45quand seulement 46% de l'électorat Macron, ça fait l'inverse.
00:49Donc ça, ça ne les a pas gênés à ce moment-là d'appeler au Front Républicain.
00:53Et là, tout d'un coup, nous serions les parias.
00:55Mais vous savez, les électeurs, ils écoutent.
00:57Donc je pense qu'ils jouent un jeu extrêmement dangereux.
01:00Ils vont, à mon avis, risquer de le regretter dans l'avenir.
01:03Ça, c'est une première action.
01:04Sur l'antisémitisme, écoutez, je trouve ça inqualifiable.
01:08Parce qu'on sait ce qu'il y a derrière.
01:09D'accord ? On nous traite d'antisémites parce que nous avons des positions
01:13vis-à-vis du gouvernement Netanyahou et de la politique coloniale et génocidaire de ce gouvernement
01:17qui sont, j'allais dire, refusés par tous ceux qui considèrent en réalité que,
01:23finalement, ce n'est pas si grave ce qui est en train de se passer en Israël.
01:26C'est vous qui dites que c'est une politique génocidaire.
01:28Et qui confondent critique de l'État d'Israël dans sa politique actuelle
01:32et du gouvernement Netanyahou avec l'antisémitisme.
01:35Voilà.
01:35Je regrette vivement que le chef de l'État embraye là-dessus.
01:40Et ce n'est pas nouveau parce qu'il se trouve que, pour aller vite,
01:42la manière de taper un peu la gauche radicale et non pas d'extrême-gauche dans le monde actuellement,
01:47c'est d'utiliser cette espèce d'épouvantail qui est censé, j'allais dire, nous diaboliser définitivement.
01:54Donc voilà.
01:55Mais quand Mme Hassan...
01:56Personne d'entre nous n'a jamais été condamnée pour antisémitisme.
01:58Mme Hassan, le week-end dernier, s'en est pris un confrère du Parisien
02:03sur un article qu'il écrivait sur l'affaire Epstein,
02:06en lui disant que, sans qu'il n'y ait aucune preuve qu'il était de collusion avec l'État
02:11d'Israël,
02:12s'en est suivi des attaques sur les réseaux sociaux,
02:14des appels, des injures antisémites, des appels au meurtre.
02:20C'est des choses très, très graves.
02:22Et Mme Hassan a attaqué après le journal Le Parisien.
02:25Vous vous rendez compte ?
02:26Moi, si vous voulez, si on veut parler d'appels au meurtre aux réseaux sociaux,
02:30je vais vous sortir les appels...
02:32Non mais attendez, c'est un petit rapport.
02:33Des insultes antisémites, M. Coquerel.
02:35Je vais vous dire quelque chose.
02:36Quand M. Macron fait ça à présent de la République,
02:38il nous parle d'antisémitisme vis-à-vis de nous,
02:40ou quand on est attaqué par l'extrême droite,
02:41des gens comme Mataillot, etc., même Berger,
02:43nous mettons des cibles dans le dos.
02:45Je vais vous montrer le nombre de menaces de mort que je reçois sur les réseaux sociaux.
02:48Éric Coquerel.
02:49D'accord, je vais vous montrer ça.
02:51Je comprends votre émoi concernant vos menaces de mort.
02:53Ces gens-là prennent des responsabilités.
02:55Stéphane Dupont, des échos, qui représentent le groupe Les Échos dans lequel il y a le Parisien.
02:58Le groupe Les Échos, le Parisien.
02:59C'est Meux, c'est Meux, son confrère,
03:02qui a reçu des insultes antisémites de la part de Rima Hassan.
03:05C'est ça.
03:05Vous savez, le groupe...
03:06Non, non, non, c'est pas c'est ça, c'est qu'est-ce que vous répondez ?
03:10Qu'est-ce que je réponds ?
03:11Je n'ai pas les éléments, donc je répondrai quand je les verrai.
03:14Moi, j'ai le groupe Les Échos, il y a quelque temps,
03:16qui a abrité un éditorial d'une éditorialiste dans son supplément de week-end
03:20qui me traite de tous les noms d'antisémites, etc.
03:23J'ai demandé un droit de réponse, je ne l'ai même pas eu.
03:25Quelle est la réponse du groupe Les Échos par rapport à ça ?
03:28Donc, si vous voulez, on peut comme ça aller dans les éléments.
03:31Donc, un peu de...
03:34Dans la présente querelle, il y a un terme qui s'est imposé il y a quelques années
03:37qui a changé de sens complètement dans le débat politique,
03:39c'est le mot sioniste.
03:40Auparavant, il voulait dire la volonté pour le peuple juif
03:42d'avoir son État indépendant dans sa terre historique.
03:45Et aujourd'hui, c'est presque devenu une insulte.
03:47Est-ce que pour vous, le mot sioniste est un gros mot ?
03:49Est-ce que c'est une insulte aujourd'hui ?
03:49Non, c'est une caractérisation politique qui change avec le temps.
03:52Qu'est-ce qu'il veut dire aujourd'hui ?
03:53Parce que moi, par exemple, sioniste, j'entends le droit de le peuple juif d'avoir son État.
03:57Aujourd'hui, pour tous ceux, en tout cas, qui défendent la politique de M. Netanyahou,
04:00on voit bien qu'en réalité, l'anti-sionisme est devenu, finalement,
04:05toute critique de la politique actuelle des États-Unis.
04:07C'est quoi la politique actuelle ? Ils le disent eux-mêmes.
04:09Et d'ailleurs, la France le conteste.
04:11C'est de faire en sorte que, définitivement, il ne puisse plus y avoir d'État palestinien.
04:14Donc, vous continuez les colonisations accrues en Cisjordanie,
04:18y compris de manière meurtrière.
04:19Et sur Gaza, on a bien vu, c'est l'idée d'effacer un peuple.
04:22C'est-à-dire le peuple palestinien pour faire une rivière.
04:24C'est ça. L'anti-sionisme, si vous voulez, il a cette évolution.
04:27Le sionisme en lui-même, c'est un problème ?
04:29Aujourd'hui, par exemple, aujourd'hui dans le monde, plus personne, ou presque,
04:32plus personne ou presque, en tout cas dans les mouvements que moi je côtoie,
04:37un État d'Israël. Voilà.
04:38Mais par contre, la politique de M. Netanyahou, telle qu'elle est faite pour lui,
04:41Donc, ce n'est pas un champ que nous avons eu, comme a pu le dire Mme Assam.
04:45Elle est génocidaire, elle est colonisatrice.
04:47Et les gens qui, en réalité, protègent cette politique,
04:50assimilent cette critique-là, sous le terme d'anti-sionisme, avec l'antisémitisme.
04:54Je dis que c'est une erreur.
04:55Et je rappelle d'ailleurs à M. Macron, puisque là, lui, il me semble,
05:00qu'il a fait la promesse récemment, quand il a reconnu l'État de Palestine,
05:03qu'aussitôt qu'il n'y aurait plus un seul otage détenu par le Hamas,
05:08il ouvrirait une ambassade en Palestine.
05:11Voilà. Je ne l'ai pas vue tout à l'heure.
05:12Quand Mme Albanès, par exemple, dit d'Israël que c'est presque l'ennemi du genre humain...
05:16Non, elle ne l'a pas dit. Vous le savez très bien.
05:17Ah non, je sais qu'elle l'a dit.
05:18C'est un fake news. Vous le savez très bien.
05:20Mais si, même le cas d'Orsay l'a reconnu, c'est un fake news.
05:22C'est un fake news alimenté par Mme Yadon.
05:27Donc, c'est un fake news.
05:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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