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un documentaire Arte (2026)

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00:06La vie en prison depuis le 7 octobre, aucun humain ne peut l'imaginer.
00:14On a été soumis à toutes les tortures.
00:18Des coups, des positions insoutenables, des grenades assourdissantes.
00:23Ils nous torturaient à coups de choc électrique.
00:28Ils l'achèrent des chiens énormes sur nous.
00:33Ni toilettes, ni eau, ni nourriture, et pas le droit de dormir.
00:38Les coups, les interrogatoires, la torture, j'en ai perdu la vue.
00:44Ils nous ont dit, ici, c'est l'enfer.
00:48Et c'était vrai.
00:58Shadi Abou Sido est un photojournaliste gazawi.
01:02Le 18 mars 2024, il est dans ce bâtiment, l'hôpital Al-Shifa, Gaza City.
01:08Il y filme les victimes des bombardements quand l'hôpital est pris d'assaut par l'armée israélienne.
01:15C'est à cet endroit que j'ai été arrêté.
01:20On est sortis par là.
01:23Des journalistes, des médecins, rien que des civils.
01:27Ils nous ont alignés juste là.
01:29Il y avait des caméras et on était en rang.
01:32Ici, il y avait un bulldozer et des mitrailleuses, des avions, des quadcopters et plein d'hommes d'efforts spéciales.
01:41C'était terrifiant.
01:42On était pétrifiés.
01:46Là aussi, il y avait des chars et ça tirait dans tous les sens.
01:51Et nous, on était juste là.
01:57Quand un des soldats découvre que Shadi est journaliste, il le prend à part et l'amène à cet endroit.
02:04Ici, c'est encore une autre histoire.
02:08Il m'a déshabillé.
02:10Il avait un point américain.
02:12Voilà, c'est comme ça que j'ai eu les côtes cassées pour la première fois.
02:17Il m'a tabassé et il m'a jeté là.
02:21Exactement à cet endroit.
02:25J'étais menotté, comme ça.
02:28J'étais tout nu.
02:30On était en mars, il faisait froid, il pleuvait.
02:34Et ce côté-là était cassé.
02:39Je me tordais de douleur par terre.
02:43Et je suis resté là, gisant et grelottant sous la pluie, pendant plus de dix heures.
02:56Après, ils ont amené un camion là-bas.
03:00On était entravés.
03:03Dans le camion, il y avait de la place pour 20-30 personnes maximum.
03:09Mais le soldat nous a empilés les uns sur les autres.
03:1470 personnes attachées, les yeux bandés.
03:17On suffoquait.
03:19Et on est restés comme ça un jour et demi sans une goutte d'eau.
03:23Certains s'évanouissaient.
03:25On n'avait pas d'oxygène.
03:27Le camion a pris par là.
03:29Vers la torture, la détention, la souffrance.
03:42Dès les premiers mois de la guerre, ce genre d'image commence à circuler sur les réseaux sociaux.
03:51Des arrestations de masse par l'armée israélienne et, toujours plus nombreuses,
03:56des familles gazaouies signalent la disparition de proches et accusent Israël d'enlever des civils.
04:06Les combattants du Hamas, on l'a documenté tout au long de cette guerre,
04:10se déguisent délibérément aux civils.
04:12On va bien sûr déterminer qui doit être détenu et jugé comme terroriste et qui ne l'est pas.
04:20Des milliers de Palestiniens sont détenus en Israël sans aucune procédure légale.
04:27Qui sont-ils ?
04:28Ils sont tout le monde.
04:29Des profs, des médecins, n'importe qui.
04:32Les soldats israéliens débarquent dans un endroit, un hôpital, une rue, et raflent tout le monde,
04:37les entassent dans des camions et les ramènent dans des camps de torture en Israël.
04:48L'armée israélienne a appliqué une politique de disparition forcée.
04:53C'est-à-dire que personne ne pouvait obtenir d'informations sur les Gazaouis qu'ils détenaient.
04:57Qui sont-ils ? Que leur est-il arrivé ? Où sont-ils détenus ?
05:01Ce sont des otages aussi, des milliers de personnes.
05:10Un quart seulement des détenus Gazaouis seraient du Hamas selon une enquête de ces trois médias d'investigation
05:16qui ont accédé aux données de l'armée israélienne sur les 19 premiers mois de la guerre.
05:23La vaste majorité, donc, sont des civils.
05:26Israël les détient grâce à une loi, la loi sur les combattants illégaux.
05:32Elle permet d'incarcérer indéfiniment tout Gazaoui soupçonné d'avoir participé à des hostilités
05:37ou menacé la sécurité d'Israël.
05:41Sans preuves, ni inculpations, ni procès.
05:44Sans accès à un avocat avant des mois, ni visite de la Croix-Rouge, interdite après le 7 octobre.
05:57Peu importe à quel point j'expliquerai ce qu'on a vécu, les mots ne suffisent pas pour décrire cet
06:02enfer.
06:06Le docteur Abu Ajwa est chirurgien.
06:09Le 18 décembre 2023, raide israélien sur l'hôpital Batiste à Gaza City.
06:15Les soldats l'arrêtent, ici même, dans cette salle d'opération.
06:19Plus de 300 personnels de santé ont été comme lui détenus en Israël en deux ans de guerre.
06:2597 le sont toujours.
06:29Pour lui, le calvaire a duré sept mois.
06:34Il nous aspergeait d'eau, par exemple, et mettait la clim et les ventilateurs en plein hiver.
06:41Après ça, il nous amenait à l'interrogatoire.
06:44Et là, c'est encore une autre histoire.
06:47Vous ne pouvez pas vous imaginer.
06:50Un jour, un des interrogateurs a trempé la brosse des WC dans les excréments.
06:55Et il m'a dit « Toi, tu ne t'es pas brossé les dents depuis longtemps.
07:01Laisse-moi faire. »
07:04Vous imaginez ?
07:05Il m'a brossé les dents avec de la merde.
07:08Moi, j'étais pied et poing liés à une chaise basse sur laquelle je suis resté attaché pendant des heures.
07:17Je suis médecin.
07:18Qu'est-ce que je pouvais leur donner comme information ?
07:21Je ne connais que cette salle d'opération.
07:27Coups violents et répétés.
07:30Attaques de chiens.
07:31Électrocutions.
07:32Simulacres de noyade.
07:34Position de stress prolongée.
07:36Violence sexuelle.
07:38Humiliation comme forcer les détenus à agir comme des animaux ou se faire uriner dessus.
07:44Refus de soins médicaux.
07:46Contraintes excessives causant des amputations.
07:49Chirurgie sans anesthésie.
07:51Froid et chaleur extrêmes.
07:54Privation de nourriture, d'eau, de sommeil, d'hygiène et de vêtements.
08:02Cette liste a été égrénée en novembre dernier devant le comité de l'ONU contre la torture à Genève.
08:11Le comité a été profondément choqué par les descriptions dans un grand nombre de rapports issus de nombreuses sources différentes.
08:17Des organismes internationaux, dont diverses agences de l'ONU, des ONG israéliennes, palestiniennes, internationales et d'autres sources encore.
08:26Tous fournissent des descriptions détaillées et très similaires d'actes de torture et mauvais traitement infligés aux Palestiniens.
08:37Ces deux dernières années, Israël a réaffirmé à maintes fois son engagement à respecter ses obligations conformément à ses principes
08:47et valeurs morales.
08:49Même face aux défis posés par une organisation terroriste qui déclare sans honte qu'elle cherche à faire le plus
08:56de mal possible aux civils à Gaza.
09:03Parmi les rapports d'ONG cités à Genève, il y a celui de Bethselem, une des principales organisations israéliennes de
09:10défense des droits de l'homme.
09:1355 détenus auditionnés de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem-Est, hommes et femmes sur 16 prisons civiles et militaires.
09:23100% des témoins affirment avoir été torturés.
09:29Nous avons conclu qu'il s'agissait de crimes contre l'humanité, commis en toute connaissance de cause et dans
09:35la ligne de l'actuel gouvernement israélien et de son ministre de la Sécurité Nationale, Ben Gvir.
09:44Itamar Ben Gvir, issu de l'extrême droite religieuse.
09:48Il dirige l'administration pénitentiaire et partage volontiers sa vision dans ses vidéos.
09:58Les voilà, les soi-disant héros du Hamas, qui s'en prennent à nos enfants, à nos femmes, à nos
10:04bébés.
10:06Regardez-les.
10:08Condition minimale, mais il faut plus, la peine de mort pour les terroristes.
10:16La proposition de loi sur la peine de mort pour les terroristes a été approuvée en première lecture au Parlement
10:22israélien, Ben Gvir est là pour fêter ça.
10:27Le texte doit encore passer par deux lectures à la Knesset.
10:30S'il est adopté, la peine de mort s'appliquerait à toute personne reconnue coupable d'avoir tué un Israélien,
10:36volontairement ou par imprudence,
10:38par racisme, pour nuire à l'état d'Israël ou à la renaissance du peuple juif.
10:47La loi sur la peine de mort est passée en première lecture, mais en réalité elle est déjà appliquée sur
10:51le terrain.
10:52On tue déjà les prisonniers.
10:55On a pu confirmer la mort de 94 Palestiniens détenus en Israël, mais on pense que ce nombre est beaucoup
11:01plus élevé.
11:02C'est une politique d'assassinat systémique.
11:07Ce type de rapport, c'est une fois de plus la preuve des efforts déployés pour diaboliser Israël, comme le
11:15font tant de médias chaque jour.
11:18Si vous voulez parler de ça, alors vous devriez aussi parler des tortures, des mauvais traitements et de la famine
11:24que nos otages ont dû endurer.
11:27Le fait qu'une des parties au conflit viole et méconnaisse les obligations qui lui incombent
11:34ne saurait servir de prétexte à l'autre partie pour violer et méconnaître ses obligations en vertu du droit international.
11:46La fin de deux ans de calvaire pour les 20 derniers otages israéliens encore vivants.
11:52Certains accusent eux aussi le Hamas d'abus, y compris sexuels.
11:57Ils sont libérés le 13 octobre dernier, comme prévu par le plan de paix de Donald Trump.
12:07En échange, près de 2000 prisonniers palestiniens sont libérés aussi.
12:11250 condamnés pour des attentats et 1700 Gazaouis relâchés, la plupart sans charge.
12:17Ils retrouvent leur famille, qui pour beaucoup ignorait s'ils étaient morts ou vivants.
12:27Parmi eux, on retrouve Shadi, le journaliste qui avait été arrêté à l'hôpital Al-Shifa.
12:33Il disait, on a tué vos enfants.
12:35Et Gaza, en rentrant, on a découvert comme une scène du jugement dernier.
12:40Gaza n'est plus.
12:53Quand il revoit Gaza ce jour-là, Fadi est sûre que ses geôliers ont tué sa famille.
13:14Moment incroyable où il retrouve sa femme vivante et ses enfants aussi.
13:29Aujourd'hui, il regarde cette vidéo en famille, le retour à la vie après 20 mois en prison.
13:39Des mois de terreur qui le hantent.
13:44Le soldat m'a dit, on a tué tous les journalistes à Gaza.
13:48Et ceux qu'on n'a pas tués, on les a amenés ici.
13:52Et comme je t'ai fait abandonner ta caméra, maintenant, je vais briser la lentille de tes yeux.
13:57Il a mis ses gants et il m'a frappé l'œil jusqu'à ce qu'il saigne.
14:05Pas une partie de mon corps n'a pas souffert.
14:08Ça me rappelle des choses horribles.
14:17Un jour, il y avait un gars à côté de moi.
14:20Et il criait, on est des civils, on n'a rien fait.
14:25Le soldat lui a dit, je vais t'apprendre à la boucler.
14:30Et il a amené les chiens.
14:35Il lui a dit, enlève ton pantalon, le chien est pressé.
14:39Alors le détenu a baissé son pantalon avec ses mains attachées.
14:42C'est le chien qui lui a arraché ses sous-vêtements.
14:46Et le chien l'a sodomisé.
14:56Et nous, on a vu ça.
15:01Le centre palestinien des droits de l'homme est une ONG Gazaoui qui coopère aux enquêtes de la Cour pénale
15:08internationale.
15:08Ce pourquoi elle a été sanctionnée par l'administration Trump.
15:14Elle a recueilli 320 témoignages de détenus libérés, notamment des cas de viol.
15:22Je ne peux pas décrire ce que j'ai ressenti.
15:24J'ai souhaité mourir à chaque instant.
15:29Ils ont violé notre dignité, notre être et tout espoir qu'on avait dans la vie.
15:36Et là, un cas de viol par un chien.
15:40Les chiens nous ont grimpé dessus et uriné sur nous.
15:43Puis, le chien m'a violé.
15:48Il est entraîné pour faire ça.
15:50Les chiens savent exactement ce qu'ils font.
15:53Le viol par chien est peut-être le plus courant qu'on ait documenté.
15:56Plus que par les soldats ou que le viol avec des bâtons.
16:05Ça fait partie de la déshumanisation.
16:08Si on est violé par des chiens, ça montre qu'on n'est pas des êtres humains comme eux.
16:14Je pense que c'est ça la raison.
16:16Déshumanisation, punition collective pour le 7 octobre et destruction de la société.
16:24Les preuves que nous avons recueillies sur les violences sexuelles
16:28montrent qu'elles n'ont pas été perpétrées par des soldats pour leur satisfaction sexuelle.
16:34Elles étaient systématiques et font clairement partie des procédures opérationnelles standards.
16:50La prison de Zdé Teman, surnommée le Guantanamo israélien.
16:56Une base militaire dans le sud d'Israël, transformée en centre de détention après le 7 octobre.
17:02Il y en a plusieurs comme ça, où les détenus sont gérés directement par l'armée.
17:19C'est dans cette base de Zdé Teman que cette scène a été filmée, début juillet 2024, par des caméras
17:26de surveillance.
17:31Des soldats israéliens isolent un prisonnier palestinien et lui infligent toutes sortes de sévices.
17:38C'est un cas de viol.
17:42Quelques soldats ont été inculpés et c'est un des très très rares cas où il y a eu des
17:47inculpations dans l'armée.
17:48Et pas pour viol.
17:50Ils ont été inculpés pour avoir causé des blessures graves alors que c'était clairement un cas de viol.
18:01Ce qui s'est passé dans ce cas précis, c'est qu'en raison de ces blessures, le détenu a
18:05été transféré vers un hôpital civil.
18:07Et le rapport médical est devenu public.
18:14Ça déclenche une enquête.
18:15Et le jour où la police militaire vient arrêter les suspects des soldats d'une unité d'élite,
18:21une foule de manifestants se rend sur place à la prison de Zdé Teman pour s'interposer.
18:31Dans ce pays, c'est un consensus.
18:33Si quelqu'un touche à nos soldats, on fait barrage.
18:36Personne ne touche à nos soldats.
18:39Le premier ministre Benyamin Netanyahou condamne cette action,
18:43mais des ministres et députés de sa coalition sont parmi les manifestants.
18:50Et le même jour, l'affaire consume les débats dans cette réunion de parlementaires
18:55avec cette intervention d'un député du parti de Netanyahou.
18:59Je ne voterai plus rien tant qu'on ne mettra pas fin à cette folie.
19:03Que quelqu'un au bureau du procureur pense qu'on puisse arrêter des soldats
19:07pour ce qu'ils font aux terroristes du Hamas.
19:12Insérer un bâton dans le rectum de quelqu'un, c'est légitime ?
19:15Si c'est un terroriste du Hamas, tout est légitime.
19:19Tout !
19:21C'est dans ce contexte tendu que la vidéo est diffusée sur une des chaînes les plus regardées en Israël.
19:27Suite à une fuite, elle a été transmise à ce journaliste, Guy Pelleg.
19:35Les actes de violence commis par les accusés ont causé des blessures graves aux détenus.
19:41Sept côtes fracturées, perforations du poumon gauche, déchirures du rectum, blessures au corps et au visage.
19:47Et suite à une blessure par arme blanche, il a subi une chirurgie pour basculer son colon vers la paroi
19:52abdominale.
19:54Voilà ce qui a été fait selon l'acte d'accusation.
19:57Et certains osent défendre ces pratiques.
20:03Plus d'un an après la fuite, scandale en Israël.
20:07La procureure de l'armée, Yifa Tomer Yeroul Chalmi, admet avoir transmis la vidéo à la presse.
20:12Elle démissionne, assignée à domicile, traquée.
20:16Elle fait deux tentatives présumées de suicide et risque des poursuites.
20:23Guy Pelleg, le journaliste qui a diffusé la vidéo, est lui aussi la cible de l'extrême droite.
20:29Harcelé, menacé, il vit sous protection policière.
20:36Les auteurs présumés du crime, eux, remis en liberté en attendant leur procès,
20:41sont apparus masqués sur la chaîne d'extrême droite Channel 14.
20:46Nous sommes fiers.
20:47Nous avons été choisis pour une mission complexe, celle de faire face à ces sous-humains.
20:58Audience de la Cour suprême sur la fameuse fuite de la vidéo,
21:01les accusés sont accueillis en héros.
21:07Ce n'est pas un cas isolé.
21:10Ce n'est pas un cas isolé.
21:12Mais dans tous les autres cas, personne n'a été inculpé.
21:16A notre connaissance, aucune enquête concernant les morts en prison n'a été ouverte
21:20contre aucun soldat, gardien ou médecin de prison.
21:28L'État d'Israël ne veut ni ne peut enquêter sur lui-même.
21:34Car les abus et autres crimes contre l'humanité sont partie intégrante de sa politique.
21:49Dans l'enclave dévastée, la quête de leurs proches manquants consomme des milliers de familles.
21:55Sont-ils sous les décombres ?
21:57Détenus en Israël, morts ou vivants, plus de 11 000 Gazaouis sont portés disparus selon l'ONU.
22:07Dans le cadre du plan de paix de Donald Trump, Israël a rendu, via la Croix-Rouge, 345 corps de
22:14Palestiniens.
22:17Des sacs, des numéros, aucun nom, 99 corps seulement, ont pu être identifiés.
22:28Certains corps qu'on a reçus étaient complètement nus.
22:31Certains portaient des marques de tir par arme à feu.
22:34D'autres portaient des marques d'hémorragie sous-cutanée et autres traumatismes.
22:40Il y a de nombreux cas où les bras étaient ligotés dans le dos et deux corps avec des nœuds
22:46coulants autour du cou.
22:55Ahmed Der dirige le département de médecine légale à l'hôpital Nasser de Ragnounès, ou plutôt, ce qu'il en
23:02reste.
23:04Voilà notre département de médecine légale.
23:07C'est cette pièce et tout ce qu'elle contient.
23:09Et c'est le seul endroit pour la médecine légale dans tout le sud de Gaza.
23:19Des centaines de cadavres à identifier alors que les infrastructures de santé à Gaza sont largement détruites.
23:25Pas de laboratoire fonctionnel ni de matériel pour les analyses ADN,
23:29les dossiers médicaux ou dentaires des disparus souvent perdus,
23:33même la conservation des corps est un casse-tête.
23:41On nous a donné des camions à crème glacée pour les préserver.
23:44On n'a pas de véhicules frigorifiques pour les cadavres.
23:48Les employés n'ont même pas de voiture pour venir travailler.
23:51Et un de nos collègues a dû ramener son propre écran de télévision qu'il avait sous sa tente pour
23:55la projection.
24:01Il parle de cette projection.
24:04Ces familles de disparus sont venues scruter les photos des corps qui défilent à l'écran
24:09à l'affût du moindre détail qui permettrait d'identifier un fils, un mari, un frère.
24:20Il n'y avait aucun détail fourni pour les corps qu'on a reçus.
24:23Mais cet homme a subi un épisode de suffocation.
24:27On voit ici que ses mains sont attachées derrière le dos avec des attaches en plastique.
24:37Cette femme recherche désespérément une trace de son mari disparu.
24:44Tout le monde dit « c'est mon fils, c'est mon fils », mais on ne sait rien.
24:46J'espère que quelqu'un peut contacter l'armée israélienne pour qu'il nous dise
24:49qui ils détiennent vivants ou morts et qu'ils nous donnent les noms.
24:52On n'a que des numéros.
24:59Des numéros jusque dans la tombe.
25:02Ceux qui n'ont pu être identifiés, la majorité, sont enterrés dans des fosses communes comme celle-ci.
25:13C'est une manière de briser la société palestinienne.
25:19Les palestiniens vivent dans la peur constante de ce que ce régime d'apartheid peut leur faire subir sans aucune
25:25procédure légale.
25:26Et je dois le dire, en toute impunité, sous les yeux de la communauté internationale.
25:36C'est la face cachée du génocide, ce qui se passe en prison.
25:40Il faut que ça cesse.
25:42Immédiatement.
25:43Et ça n'arrivera pas sans intervention internationale.
25:50Nous, ce qu'on veut, c'est justice pour les victimes.
25:53Que les responsables répondent de leurs actes.
26:05Et puis, il y a les traumatismes du retour.
26:08A sa libération, Nassim a retrouvé Sama, sa fille.
26:12Mais sa femme et ses trois autres enfants ont été tués par un missile israélien durant sa détention.
26:19Il vit désormais ici, avec Sama.
26:27Nassim est hanté par ce jour en prison où un de ses geôliers lui propose de collaborer.
26:33Il refuse.
26:35Il m'a dit, je te briserai le cœur.
26:36On s'occupera de ta femme et de tes enfants.
26:43En prison, il avait réussi à leur broder en cachette ses cadeaux, avec une clenche et un clou.
26:51J'ai travaillé dur pour celui-là.
26:53Je l'ai fait pour les miens.
26:56J'ai écrit, vous êtes ma joie, la famille c'est tout pour moi, je vous aime,
27:01avec les initiales de ma femme et les noms de mes enfants.
27:16Sama, maintenant, est toute ma vie.
27:19Et j'espère que tous ceux qui sont encore détenus en Israël seront libérés.
27:25Qu'ils puissent eux aussi retrouver ce qu'ils aiment.
27:28Revoir la mer et le soleil.
27:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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