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  • il y a 1 semaine
Jean-Paul Garraud, eurodéputé RN et ancien magistrat, répond aux questions de Dimitri Pavlenko.

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00:00La grande interview Europe 1 C News, notre invité ce matin, Jean-Paul Garraud.
00:04Bonjour Jean-Paul Garraud.
00:05Bienvenue sur Europe 1, député Rassemblement National au Parlement Européen.
00:08Vous y présidez la délégation française au sein du groupe Identité Démocratie.
00:12Vous êtes également magistrat.
00:14Justement, on va commencer par la justice.
00:16Vous êtes croyant Jean-Paul Garraud ?
00:19Oui.
00:19Vous croyez au miracle ?
00:21Il ne s'agit pas, je vois évidemment de quoi vous voulez parler,
00:24il ne s'agit pas à une question de miracle.
00:25Non, non, pas du tout.
00:26Non, je précise parce qu'hier se tenait l'ultime audience du procès en appel d'idées
00:30des assistants parlementaires du Front National.
00:32Et la date de la décision est prévue désormais pour le 7 juillet.
00:35Comment vous abordez cette échéance, sachant que c'est peut-être
00:38la mort politique de Marine Le Pen qui sera prononcée ce jour-là ?
00:40C'est évidemment très lourd de conséquences.
00:42Si vous voulez, l'analyse que j'en fais,
00:44avec tout le respect que je dois bien sûr à la justice,
00:46que je connais bien, je suis magistrat moi-même,
00:49et d'une famille d'ailleurs de magistrats,
00:51c'est que par rapport à ce dossier,
00:53je suis absolument persuadé
00:55que Marine Le Pen n'a jamais voulu
00:57commettre la moindre infraction.
00:59Je la connais très bien, c'est quelqu'un d'honnête.
01:01Donc il y a ce qu'on appelle l'élément intentionnel
01:03de l'infraction.
01:04L'enfer n'a pas de bonnes intentions, Jean-Paul Garraud.
01:06Non, non, mais c'est quand même
01:09fondamental, si vous voulez, sur le fond.
01:11Parce qu'en réalité, dans cette affaire,
01:13c'est un problème qu'il y a,
01:14c'est un litige que nous avons avec le Parlement européen.
01:18Un litige, en réalité.
01:19Le Parlement européen veut qu'on leur restitue finalement
01:22le salaire des assistants parlementaires,
01:26parce que le Parlement européen estime
01:28que les assistants parlementaires ont travaillé
01:30non pas pour le Parlement européen,
01:31mais pour le Parti Front National.
01:33Bon, c'est aberrant, parce que,
01:35si vous voulez, les assistants parlementaires
01:37ne sont pas des fonctionnaires européens.
01:40Les députés européens ne sont pas des fonctionnaires européens.
01:43Le député européen est aussi un militant politique.
01:45L'assistant parlementaire est aussi un militant politique.
01:48Alors, comment faire la différence, si vous voulez,
01:50entre la durée de travail
01:52en tant qu'assistant parlementaire proprement dit
01:54et la durée de travail en tant que politique ?
01:57La semaine prochaine, je vais faire une réunion
01:58à Bordeaux, strictement politique.
02:00Quand on m'appelle, quand on cherche à me joindre,
02:03on tombe sur mon assistant parlementaire
02:04qui doit faire
02:06« Ah non, mais ce n'est pas Parlement européen,
02:08donc je raccroche. »
02:08Si vous voulez, ce n'est pas possible.
02:10On ne va pas refaire les plaidoires
02:11de la défense de Paul Garoumé.
02:13Politiquement, techniquement,
02:14il faudrait que la peine d'inéligibilité,
02:16si elle est prononcée,
02:17soit inférieure à deux ans.
02:18Est-ce que vous y croyez ?
02:20Est-ce qu'au Rassemblement national,
02:21vous faites aujourd'hui le deuil
02:22d'une candidature de Marine Le Pen ?
02:24Activez-vous déjà le plan B,
02:25le plan Bardella, etc. ?
02:26Non, mais pas du tout.
02:27Parce que moi, je pense fondamentalement
02:28que la relaxe est tout à fait envisageable.
02:30Elle est envisageable, pourquoi ?
02:32Parce que je vous dis qu'il n'y a pas
02:33cet élément intentionnel
02:35et qu'en plus, il s'agit d'un strict litige.
02:39Souvenez-vous, quand M. Dupond-Moretti,
02:42alors ministre de la Justice,
02:43a été traduit devant la Cour de justice de la République,
02:46eh bien, la Cour de justice a dit
02:47oui, oui, tous les éléments de la prise illégale d'intérêt
02:50sont réunis,
02:51sauf l'élément intentionnel, M. Dupond-Moretti,
02:54bien que ministre, bien qu'ayant 30 ans de barre,
02:57donc, en tant qu'avocat,
02:58eh bien, on a dit, ben non,
03:00il n'a pas eu la conscience,
03:03l'intention de commettre une infraction
03:05alors que la prise illégale d'intérêt était constituée.
03:07Si vous voulez, c'est pour vous dire.
03:09Donc, ça fait partie des éléments qui vous donnent un espoir.
03:11Non, mais là, on conteste aussi
03:13la notion même de détournement de fonds publics.
03:15Absolument.
03:16C'est un litige.
03:17Et je pense aussi,
03:18si vous voulez, le fond de ma pensée,
03:20c'est que je pense que cette justice,
03:22notre justice,
03:23a été quand même instrumentalisée
03:24dans cette affaire au départ.
03:25Pourquoi ?
03:26C'est un président socialiste
03:27du Parlement européen de l'époque
03:29qui a lancé cette affaire,
03:30qui a mis en place tous les systèmes
03:32avec l'OLAF.
03:32L'OLAF, vous savez, qui a tous les droits.
03:34Donc, voilà.
03:35Rappelez l'OLAF, l'office ?
03:37C'est cet office qui est en charge,
03:39évidemment, de la répression
03:40de toutes les fraudes
03:41aux affaires financières.
03:43Mais si vous voulez,
03:44nous avons aussi,
03:45par rapport à cela,
03:46beaucoup à dire.
03:47Et puis, il y a une certaine célérité
03:48dans ce dossier qui intervient.
03:50Où en est l'affaire en appel du Modem
03:52avec François Béroux ?
03:53Où en est la même affaire
03:54avec Jean-Luc Mélenchon, si vous voulez ?
03:57Il y a quand même une certaine célérité.
03:58Mais à propos de la justice,
03:59Jean-Paul Grain,
03:59qu'est-ce que vous répondez
04:00à ceux qui vous reprochent
04:01votre deux poids, deux mesures ?
04:03Vous réclamez une justice
04:04toujours plus ferme,
04:05mais crier au complot politique
04:07lorsque c'est l'une des vôtres
04:09qui se retrouve dans les mouchoirs
04:10des juges ?
04:10La première base, si vous voulez,
04:11de la justice,
04:12c'est quand même d'exercer ses droits.
04:13Ses droits.
04:14Et on a le droit de se défendre,
04:16si vous voulez.
04:17Et surtout quand on est innocent,
04:19naturellement.
04:19Donc, on y croit, bien sûr,
04:21à la relaxe de Marine Le Pen.
04:23Si vous voulez,
04:23comme maintenant les magistrats,
04:25et on a bien remarqué
04:26que les débats étaient très différents
04:28des débats de première instance.
04:30Il y avait une certaine sérénité
04:31qui s'est installée
04:32et on a été les premiers
04:33très heureux d'ailleurs.
04:34Bon, je pense que cette sérénité
04:36va se poursuivre.
04:37Il y a une très lourde responsabilité
04:39par rapport à cela.
04:39Et il y a, il faut le dire aussi,
04:41une très lourde responsabilité
04:42par rapport, bien sûr,
04:43à la décision.
04:44Comment peut-on priver le peuple ?
04:46Vous savez, la Cour suprême,
04:48disait De Gaulle,
04:49c'est le peuple.
04:51Comment peut-on envisager
04:52de priver le peuple
04:53d'un candidat,
04:54d'une candidate favorite
04:55de l'élection présidentielle ?
04:57Vous savez, moi j'étais magistrat...
04:58Est-ce qu'il est remplaçable Marine Le Pen
05:00pour le Rassemblement National ?
05:02Ce qui est parfait, bien entendu,
05:04pour l'avenir de la France,
05:06c'est Marine Le Pen,
05:07président de la République,
05:08et Jordan Bardella, Premier ministre.
05:10C'est ça qu'il faut pour la France.
05:11C'est le plan aujourd'hui.
05:12C'est toujours le plan,
05:13naturellement que c'est toujours le plan.
05:14Et si le 7 juillet,
05:15la décision ne va pas
05:16dans le sens que vous souhaitez ?
05:17Eh bien écoutez,
05:17alors en ce moment-là,
05:18on verra.
05:19Et Marine Le Pen
05:20prendra évidemment sa décision
05:22éminemment personnelle.
05:23Et je peux vous certifier d'une chose,
05:25c'est qu'elle prendra cette décision
05:26en prenant en compte un seul intérêt,
05:28pas le sien,
05:29l'intérêt de la France.
05:30Je vous l'assure,
05:31je la connais très bien
05:32et je vous certifie cela.
05:34Pardon Jean-Paul Garraud,
05:35député Rassemblement National
05:37au Parlement européen.
05:38Parlons de la délinquance
05:39avec ce phénomène
05:40du rajeunissement des auteurs.
05:43La justice des mineurs
05:44vous semble-t-elle encore adaptée ?
05:46Je vous pose cette question
05:47à la lumière de ce sondage
05:48CSA pour Europe 1 C News
05:49et le journal du dimanche
05:50qui nous informe,
05:51la question a été posée hier,
05:52que 77% des répondants,
05:5477% des Français,
05:56donc une proportion écrasante,
05:57estime qu'il faut suspendre
05:59l'excuse de minorité
06:00pour les mineurs
06:01participant à des crimes graves.
06:03Cette excuse de minorité
06:04qui est tout à fait verrouillée
06:06constitutionnellement en parlant.
06:07Est-ce que vous y êtes favorable ?
06:09Est-ce que vous voyez un chemin
06:09en tant que juriste
06:11sur cette question-là ?
06:11Oui, mais bien sûr.
06:12L'excuse de minorité,
06:13tout comme la responsabilité pénale
06:16à partir de 16 ans,
06:18tout ce qu'on a...
06:19Oui, bien sûr,
06:19mais attendez,
06:20ça va beaucoup plus loin
06:21en réalité que cela.
06:22Vous savez,
06:23l'ordonnance de 45
06:23a été déjà changée
06:25à de nombreuses reprises.
06:27De toute façon,
06:28l'excuse de minorité
06:28permet simplement
06:30aux mineurs
06:31d'avoir une peine
06:32encourue,
06:32inférieure à la peine
06:34encourue
06:34pour des majeurs.
06:36Sachant que les peines
06:37des majeurs elles-mêmes
06:38sont souvent bien inférieures
06:39au quantum.
06:40En fait,
06:41le vrai sujet,
06:41c'est la peine.
06:43C'est la peine.
06:44Bon, voilà.
06:44Et en ce qui concerne la peine,
06:46vous savez que pour les mineurs,
06:47il y a à la fois
06:47de l'éducatif
06:48et du répressif.
06:49Mais vous pensez
06:50qu'il faut rebâtir
06:50une philosophie
06:51de la peine,
06:52de la peine de prison,
06:53de la peine judiciaire ?
06:55Vous savez,
06:55là,
06:55il faut quand même reconnaître
06:56qu'on demande à la justice
06:58de réussir
06:59là où tout a échoué
07:00en général.
07:01Si vous voulez,
07:02la famille,
07:03l'éducation,
07:04l'école,
07:04etc.
07:05Et la justice récupère
07:07en bout de course
07:08des gens qui sont déjà
07:09très malheureusement,
07:11même très jeunes,
07:11très ancrés
07:12dans la délinquance.
07:13Et on demande
07:14à la justice
07:15miraculeusement,
07:16là aussi,
07:16je reprends votre expression
07:17du début de cette interview,
07:19miraculeusement,
07:20donc de réussir
07:21là où tout le monde
07:22a échoué.
07:22Donc c'est quand même
07:23très compliqué.
07:24Ce qui est certain,
07:25c'est que l'éducatif
07:26a pris le pas
07:27sur le répressif,
07:28mais pas que pour les mineurs.
07:30Pas que pour les mineurs.
07:31Les peines accessoires,
07:34comme les aménagements
07:35de peine,
07:35comme tout ce que l'on connaît,
07:37les alternatives
07:37à l'incarcération,
07:38sont devenues l'essentiel.
07:41Alors que l'essentiel,
07:42et là je parle surtout
07:42pour les majeurs,
07:43mais l'essentiel,
07:44c'est quand même des peines
07:44qui sont redoutées.
07:46Par les délinquants.
07:48Or,
07:48en l'état actuel des choses,
07:50plus les délinquants
07:51connaissent le système pénal,
07:52le système judiciaire,
07:53et moins ils le redoutent.
07:55Si vous voulez.
07:56Et moi,
07:56quand j'étais encore
07:57à l'audience
07:57il n'y a pas si longtemps
07:58que cela,
07:59en cours d'appel,
08:00j'avais dans les audiences
08:01un maximum
08:03de récidivistes,
08:04avec des pages
08:052, 3, 4, 5,
08:0710 pages
08:07de casier judiciaire.
08:08Donc si vous voulez,
08:09c'est là
08:09qu'il faut faire.
08:10Et c'est d'ailleurs
08:11de cette façon-là,
08:12en retrouvant du sens
08:13à la peine,
08:14qu'on va redonner
08:14confiance,
08:15donc à nos concitoyens,
08:17confiance en la justice
08:18évidemment de leur pays.
08:19Jean-Paul Gairaud,
08:20encore une question
08:20d'actualité.
08:21Les dossiers Epstein,
08:23de nouveaux documents,
08:24mettent en cause
08:24un diplomate français.
08:25Fabrice Eddanc
08:26aurait échangé
08:27des dizaines de mails
08:28avec Jeffrey Epstein,
08:29le pédocriminel américain,
08:31alors qu'il était
08:31en poste au Quai d'Orsay.
08:33Jean-Noël Barraud,
08:33ministre des Affaires étrangères,
08:35a saisi la justice.
08:36Il a ordonné l'ouverture
08:37d'une enquête administrative.
08:38Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
08:40Yael Brond-Pivet
08:41disait à ce micro,
08:42il y a deux jours de cela,
08:43au micro de CNews et d'Europe 1,
08:45qu'elle ne voyait pas
08:45l'utilité d'une commission
08:46d'enquête parlementaire.
08:47Est-ce que vous voyez
08:48les choses du même oeil ?
08:49Ben si, bien sûr.
08:50Enfin, je veux dire,
08:51il faut...
08:52Il faut une commission
08:53d'enquête parlementaire.
08:54Bien sûr,
08:54il faut nettoyer
08:55les écuries d'Ogias.
08:56Je veux dire,
08:57il faut assainir le marigot.
09:00Il faut vraiment faire
09:01tout ce qu'il faut.
09:02Vous reprenez l'expression
09:02de Donald Trump, volontairement.
09:03Ah bon ?
09:04Écoutez, je ne le savais pas.
09:06D'ailleurs, en parlant de Trump,
09:09c'est quand même lui
09:09qui a déclassifié
09:10tous ses documents.
09:11Bon, on peut dire
09:11ce qu'on veut pour Donald Trump.
09:13Vous savez que nous,
09:14on n'est pas atteint
09:15de suivisme particulier
09:16par rapport aux Américains.
09:18Mais ce qui est certain,
09:19ce qui est certain,
09:20c'est que, bien entendu,
09:21il faut tirer
09:21toutes les conséquences.
09:22Alors, il faut se méfier
09:23quand même de l'emballement médiatique
09:25parce que les procès médiatiques,
09:26il faut s'en méfier.
09:27Mais sur le fond,
09:29naturellement,
09:29il faut faire toute la lumière
09:30sur ces faits
09:30qui sont évidemment terribles
09:31et sur lesquels
09:32il faut avoir toute la vérité.
09:34Et qu'est-ce que vous espéreriez,
09:35vous, d'une commission
09:36d'enquête parlementaire
09:37sur cette...
09:38D'abord, il y a deux choses.
09:39C'est-à-dire qu'à partir
09:40du moment où la justice est saisie,
09:42la commission d'enquête parlementaire
09:43ne peut pas s'intéresser
09:44aux faits eux-mêmes.
09:45Donc, c'est à tout
09:46l'environnement de ces faits,
09:47à tous les réseaux d'influence,
09:49peut-être à beaucoup de choses
09:50qui sont relatives à cela.
09:52Donc, je pense que
09:53ça serait intéressant.
09:54Est-ce que le Rassemblement national
09:55va pousser la question ?
09:56On va demander...
09:58Pour l'instant,
09:58nous n'avons pas pris
09:59de décision.
09:59Vous êtes au Parlement européen, bien sûr,
10:00mais je pose la question
10:01en tant que membre du parti.
10:02Là aussi, on m'a refusé
10:03quelques commissions d'enquête.
10:04Dans d'autres sujets aussi
10:06très importants.
10:07Mais enfin, je pense que
10:07toute la lumière, évidemment,
10:08doit être faite manifestement
10:09sur une affaire qui dépasse l'énorme.
10:11Bon.
10:11À propos de l'actualité européenne,
10:13puisque c'est au Parlement européen
10:14que vous siégez, Jean-Paul Garraud,
10:15on a beaucoup parlé d'agriculture
10:17ces derniers temps.
10:19Les agriculteurs sont toujours suspendus
10:21à l'application ou non
10:22de l'accord de libre-échange
10:23avec le Mercosur.
10:25Alors, la Cour de justice
10:27de l'Union européenne a été saisie,
10:28on s'en souvient.
10:29Le Parlement européen a voulu cela
10:31après la signature du texte.
10:33Ursula von der Leyen,
10:34présidente de la Commission européenne,
10:36a un temps malgré tout
10:37appliqué l'accord provisoirement.
10:39Est-ce que la France est condamnée
10:40à regarder passer les trains,
10:42Jean-Paul Garraud ?
10:42Alors, merci de parler
10:43des sujets européens
10:43parce que ce sont des règlements
10:45qui vont s'appliquer directement
10:46en France sans passer par la case
10:48Parlement national,
10:49sans consulter le peuple.
10:50Et là, c'est un scandale majeur.
10:52Nous avons des accords
10:53évidemment très contestés
10:54et très contestables
10:55qui doivent être normalement
10:57ratifiés par le Parlement européen.
10:59Eh bien, Mme von der Leyen
11:00veut qu'ils soient appliqués
11:01ces accords
11:02avant la ratification.
11:03Une exécution provisoire
11:05d'une certaine manière.
11:05En quelque sorte, oui, tout à fait.
11:06Ce qui est proprement scandaleux
11:08parce que, et c'est nous,
11:09le groupe des Patriotes,
11:10qui avons obtenu
11:12le fait de renverser
11:13des majorités justement
11:14au Parlement européen
11:15pour, on a obtenu
11:16un vote majoritaire
11:17pour qu'on saisisse
11:18justement la Cour de justice
11:19de l'Union européenne
11:20parce que naturellement
11:21tout ceci est complètement
11:22en infraction au traité.
11:24Mais est-ce un coup d'épée dans l'eau
11:25vous pensez cette saisine
11:26de la CGU ?
11:27Pas du tout, pas du tout.
11:27La Cour de justice de l'Union européenne,
11:28on va voir si elle est
11:29vraiment indépendante.
11:30Voilà.
11:31Mais il est certain
11:32que c'est capital.
11:32Et sur ce sujet,
11:34là aussi,
11:34tout comme d'ailleurs
11:35sur un autre sujet,
11:36le pacte migratoire
11:37qui est un sujet très important
11:38sur lequel nous avons obtenu
11:39aussi pas mal de victoires,
11:40nous sommes en train
11:41d'essayer de détricoter
11:42ce pacte migratoire
11:44qui doit s'appliquer
11:45en juin prochain.
11:46Alors expliquez-nous justement.
11:47C'est intéressant,
11:48ça intéresse beaucoup
11:49les auditeurs de CNews
11:49et d'Europe 1.
11:50Le Parlement a adopté
11:52deux textes
11:53qui sont destinés,
11:53je le rappelle,
11:54à durcir la politique migratoire
11:56au sein de l'Union européenne.
11:58C'est le fameux pacte migratoire.
11:59L'idée étant de faciliter
12:01à la fois les renvois
12:02et à restreindre l'accès
12:04à la protection
12:05pour certains pays
12:07qui sont jugés sûrs,
12:08les pays pour les migrants
12:10en provenance de ces pays
12:11considérés comme sûrs.
12:12L'immigration, on le sait,
12:14elle a explosé en France
12:15depuis 25 ans.
12:16Est-ce que vous pensez
12:16que ces textes
12:17vont suffire à freiner les flux ?
12:19Qu'est-ce qui vous pose problème
12:20dans ce pacte migratoire ?
12:21Alors attention,
12:22le pacte migratoire en lui-même,
12:24nous le critiquons
12:24vraiment très fermement.
12:26Le pacte migratoire,
12:28en réalité,
12:30transfère à Bruxelles
12:32la politique migratoire
12:33de l'Europe et de la France.
12:35C'est-à-dire qu'on ne va plus
12:36être maître, nous, la France,
12:38donc,
12:39de tout ce qui concerne
12:40l'immigration.
12:41C'est un sujet capital.
12:42Donc, quand vous voyez
12:43les résultats actuels,
12:44est-ce que vous pensez
12:45que ça peut être pire ?
12:46Oui, bien sûr que ça sera pire.
12:48Puisque le pacte migratoire
12:49prévoit une application
12:50à partir de juin prochain
12:51avec une répartition
12:53automatique des migrants
12:54dans tous les pays
12:55de l'Union Européenne.
12:56Avec possibilité de le refuser,
12:57contre-paiement d'une amende.
12:58Mais oui,
12:5820 000 euros
12:59par migrant refusé,
13:02ce qui est évidemment
13:03colossal.
13:03Donc, vous vous rendez compte
13:04dans quel...
13:04Donc, on n'est plus du tout
13:05maître dans notre politique
13:06migratoire.
13:07Et nous, qui sommes partisans
13:08évidemment de la souveraineté,
13:09notamment évidemment
13:09en matière migratoire,
13:10nous sommes fondamentalement
13:11contre ce pacte migratoire.
13:13Alors, par contre,
13:14nous avons mis en place,
13:15puisqu'il va s'appliquer,
13:16on n'y peut rien,
13:16ça a été voté en express
13:18par Mme von der Leyen,
13:19enfin, par le Parlement européen
13:21sous pression de la Commission
13:22à la fin du mandat précédent.
13:24Il fallait vite se dépêcher
13:25de faire, pour elle.
13:26Eh bien, nous sommes en train
13:27de mettre en place
13:28des dispositifs
13:28pour pallier
13:29les conséquences
13:30les plus néfastes
13:31de ce pacte migratoire.
13:33Notamment,
13:33nous avons imposé
13:34cette liste des pays sûrs
13:36qui permet, en réalité,
13:37et sommes rentrés
13:37dans des détails
13:38un peu complexes,
13:39de faire en sorte
13:40que les demandes
13:40de statut de réfugiés
13:41ne soient plus traitées
13:42en France,
13:43mais dans des pays
13:44dont la liste est établie
13:45à l'extérieur
13:46de l'Union Européenne.
13:47C'est-à-dire que les individus,
13:48même s'ils pénètrent
13:49sur le sol européen,
13:51eh bien, s'ils n'ont pas
13:51fait leur demande
13:52là où il fallait,
13:52si je puis dire,
13:53eh bien, ils seront renvoyés
13:54dans ces pays-là.
13:55Donc, c'est quand même
13:56un élément très important.
13:57Et c'est nous qui avons obtenu
13:58un vote majoritaire là-dessus.
14:00Nous avons de plus en plus
14:01des votes majoritaires,
14:02nous.
14:03Parce que, si vous voulez,
14:04tout ce que vous avez dit
14:04sur ce pacte migratoire
14:06qui va renforcer
14:07les contrôles, etc.,
14:08ça ne s'est pas fait comme cela.
14:09Parce que nous sommes face,
14:10évidemment,
14:11à une majorité,
14:12toujours au Parlement européen,
14:14immigrationniste.
14:15Fondamentalement immigrationniste.
14:16Tout comme, d'ailleurs,
14:17M. Macron, ici,
14:18qui a une politique mondialiste
14:19dans ce domaine aussi.
14:21Donc, c'est là aussi,
14:22vous avez d'un côté
14:23les mondialistes
14:23et de l'autre côté
14:24les nationaux
14:24qui, sans être repliés heureux,
14:26font quand même
14:26beaucoup de choses.
14:27Jean-Paul Garraud,
14:28une question aussi
14:29sur un sujet,
14:30alors qui est assez peu abordé,
14:31qui n'est pas très grand public.
14:32Mais je sais qu'il intéresse
14:34beaucoup certains auditeurs,
14:36certains téléspectateurs aussi.
14:38Les eurodéputés
14:39ont adopté
14:40deux amendements décisifs
14:41en faveur de l'euro numérique.
14:43Alors, est-ce que vous êtes favorable
14:44d'abord à cette euro numérique ?
14:46Est-ce que vous y voyez,
14:47comme certains le disent,
14:48une sorte de perte
14:49de souveraineté monétaire
14:51et financière in fine ?
14:52Si vous voulez,
14:53là, on est dans un autre domaine
14:55où, là aussi,
14:57l'Union européenne,
14:58la Commission européenne
14:59veut tout maîtriser.
15:00Mais qu'est-ce que ça va changer
15:01par rapport à l'euro numérique ?
15:02L'euro numérique,
15:03les contrôles, etc.,
15:05ce qui seront évidemment
15:06tout à fait possibles partout.
15:07On n'aura plus de liberté.
15:09Puis, souvenez-vous,
15:10souvenez-vous
15:10ce qui s'est passé en Espagne
15:11il y a quelques mois.
15:12la grande panne d'électricité
15:14en Espagne qui s'est passée.
15:15Eh bien, là,
15:15on s'est rendu compte
15:16que tous ceux
15:17qui n'avaient que
15:18des cartes bancaires ou autres
15:20se seront trouvés
15:21dans des difficultés considérables.
15:24Et je crois même
15:24que la Cour des comptes
15:25a émis un avis
15:28en disant qu'il fallait garder
15:29quand même un peu d'espèces.
15:30Parce que dans des cas
15:31comme celui-là, par exemple,
15:33où tout est désorganisé,
15:34il faut garder
15:35et sinon on ne peut plus vivre
15:36en réalité.
15:37Et des gens seront trouvés
15:38d'ailleurs dans des situations
15:39catastrophiques.
15:40Non, ça c'est encore
15:41une volonté hégémonique.
15:42Ça fait partie
15:43de tous ces volontés.
15:44On peut les décliner
15:44sur tous les sujets.
15:46Cette volonté hégémonique
15:48de la Commission européenne
15:49et des institutions européennes.
15:51Une autre question.
15:52Le droit de vote
15:52des étrangers extra-européens
15:54va être débattu
15:54à l'Assemblée nationale
15:56aujourd'hui
15:56après un vote favorable
15:57en Commission des lois.
15:58C'est la niche parlementaire
16:00des écologistes.
16:01On voit que les Français
16:02à 70%
16:03sont plutôt hostiles
16:04à ce droit de vote
16:06aux élections municipales
16:07des étrangers
16:08non ressortissants
16:09de l'Union européenne.
16:10Les extra-européens.
16:11J'imagine que vous êtes
16:13contre vous également.
16:14Qu'est-ce que vous craignez ?
16:15Je me suis exprimé déjà là-dessus.
16:17Je trouve que c'est
16:17un scandale majeur.
16:20Pour de nombreuses raisons.
16:22Une raison évidente.
16:23Mais il y a eu des tentations
16:24dans le passé
16:25de faire voter
16:25les étrangers non communautaires.
16:27Il y en a eu plusieurs fois.
16:28Ça revient systématiquement.
16:30Systématiquement.
16:31Il y a une raison évidente.
16:33C'est la réciprocité.
16:34Déjà, premièrement.
16:35C'est-à-dire ?
16:35C'est-à-dire la réciprocité.
16:36Comment voulez-vous
16:37qu'on donne plus de droits
16:39à des étrangers en France
16:40que les Français
16:41n'en auraient à l'étranger ?
16:42Si on donne, par exemple,
16:44le droit de vote
16:45aux élections municipales,
16:46je ne sais pas,
16:47à des Marocains,
16:47des Algériens
16:48ou, je ne sais pas,
16:48des Norlégiens.
16:49Vous allez voter au Maroc.
16:50Peu importe.
16:51Peu importe.
16:52Eh bien, on veut les mêmes droits,
16:55nous, les Français.
16:57On va aller voter là-bas.
16:58Bien sûr.
16:59La réciprocité.
17:00Donc, la réciprocité.
17:02Sinon, c'est évidemment
17:04une totale injustice.
17:06Et puis, au-delà de cela,
17:07naturellement,
17:08il y a toutes les questions
17:09de souveraineté.
17:09Pourquoi on veut faire voter
17:11le monde entier
17:12aux élections locales,
17:13chez nous ?
17:14Mais quelle est la volonté derrière ?
17:16J'en avais une idée.
17:16Derrière, c'est de faire perdre
17:17toute l'identité française,
17:19tout ce qui a fait notre histoire,
17:20tout ce qui a fait notre civilisation.
17:22On est d'accord pour accueillir
17:24des gens, bien entendu,
17:24qui respectent tout ce que nous avons
17:26depuis longtemps,
17:26qu'on a mis des siècles à construire.
17:28Du sang a été versé.
17:30Et là, maintenant,
17:30on veut tout dilapider,
17:31comme ça ?
17:32Pourquoi ?
17:32Mais pourquoi ?
17:32Quelles sont les raisons fondamentales
17:33derrière tout ça ?
17:34Et vous en avez une idée ?
17:35Oui, oui, ben voilà.
17:36Donc, nous, on lutte contre ça,
17:37mais vraiment,
17:38une lutte sans merci.
17:39Je peux vous l'assurer.
17:40Merci beaucoup,
17:40Jean-Paul Garraud,
17:42député Rassemblement National
17:43au Parlement européen.
17:44Merci d'avoir été l'invité
17:44de la grande interview
17:45sur CNews et sur Europe 1 ce matin.
17:47Bonne journée.
17:48Merci à vous.
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